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Chronique   

Fear Factory – Genexus


Fear Factory - GenexusSi la carrière de Fear Factory a pu, fut un temps, être difficile à suivre, aujourd’hui c’est très simple : Fear Factory, c’est un duo constitué du chanteur Burton C. Bell et du guitariste Dino Cazares, garants de l’identité du combo. Tout autre musicien demeure interchangeable (ils ont bien remplacé le mastodonte Gene Hoglan par une boîte à rythmes sur l’opus de 2012) et n’est là que pour faire le travail qu’on lui demande. Tant pis pour Raymond Herrera. Tant pis pour Christian Olde Wolbers. Peut-être font-ils partie du line-up ultime pour les fans, trop de capitaines tendent à faire perdre son cap au navire (surtout lorsqu’ils ne peuvent plus se sentir). Avec ce nouvel opus, intitulé Genexus, faisant suite à The Industrialist et Mechanize qui ont imposé cette nouvelle donne avec le retour de Cazares, on a désormais assez de recul pour comprendre que la formule permet à Fear Factory d’avancer en ligne droite, sur une mer sereine, désespérément plate diront certains, ou presque. Tout est dans le « ou presque ».

Il est clair qu’à première vue, la musique de Genexus présente le parangon de Fear Factory : une musique lourde, tranchante, froide et mécanique. Si bien qu’on se prend immédiatement à lâcher un soupir de lassitude. Il est clair que Fear Factory a une formule signature – c’est eux qui l’ont inventée, même si tant d’autres s’en sont ensuite emparés – et, s’ils ont pu par le passé la décliner de manière plus ou moins heureuse, aujourd’hui ils s’y tiennent fidèlement. Ces riffs monocordes mitraillés sur une grosse caisse en mode robotique, ces bruitages dignes d’une BO de Terminator, ces hurlements qui nous décollent les tympans, ces refrains chantés que Burton C. Bell paraît recycler d’un album sur l’autre… Il y a de quoi éprouver une certaine exaspération à l’écoute des dernières productions de Fear Factory, y compris de ce Genexus. Pourtant, si l’on parvient à dépasser cette sensation et s’ouvrir à ce qu’il a à offrir dans ses entrailles, l’album ne manque pas d’arguments et n’est peut-être pas aussi unidimensionnel et prévisible qu’on pourrait le croire.

Genexus s’offre, avec « Autonomous Combat System », une amorce de premier choix. D’abord atmosphérique, avec une narration sous un effet futuriste, une jolie montée extatique, avant que toute cette grâce ne s’effondre, défoncée par l’entrée de pêches caisse claire/guitare, des bruits industriels agressifs puis un lead de clavier conquérant. On est là en plein cœur du concept de Fear Factory, le rapport homme/machine. A ce titre, Damien Rainaud et Giuseppe Bassi, qui se sont chargés de la majorité de l’électronique, ont largement marqué le disque de leur empreinte, créant l’ambiance industrielle prégnante qui s’en dégage et permet une véritable immersion. Fear Factory montre d’emblée qu’il en a encore sous la pédale lorsqu’il s’agit de proposer des titres percutants, et par là même, qu’une machine ne remplacera jamais l’énergie d’un vrai batteur (en l’occurrence ici Mike Heller). Le summum étant atteint avec le groovy « Soul Shaker » (merci Dean Castronovo qui prend ici les baguettes), aux relents néo-metal. C’est par ailleurs l’exemple même de la chanson où Bell limite à bon escient son chant clair, avec un refrain « jumpy » hurlé qui fera un malheur en live. Idem pour « Genexus », sur lequel le frontman vocifère comme un forcené et offre l’un des refrains les plus défouloirs de l’album. Le chant clair est surtout là pour apporter une lueur d’espoir et d’humanité aux chansons, agaçant lorsqu’il s’enferme dans des schémas et mélodies trop familiers (les trop ordinaires « Anodized », « Dielectric » et « Protomech »), plutôt agréable lorsqu’il parvient enfin à se renouveler sur « Regenerate » et « Battle For Utopia », deux chansons offrant des ambiances aigre-douces au milieu d’un festival de riffs.

Reste à évoquer « Church Of Execution » qui investit le terrain de Meshuggah, avec un riffage sous-accordé et syncopé typique. Et surtout la libératrice pièce finale : « Expiration Date ». Une longue ballade apaisante – salvatrice après quarante minutes de matraquage. Il y a là du Devin Townsend, mais aussi du Killing Joke. Le tout se finissant sur quatre minutes d’ambiance façon générique de fin de film (on pensera à nouveau à Terminator). Comme quoi, après un début d’album trompeur car très classique, Fear Factory prouve avec Genexus qu’il a encore la capacité d’apporter un peu de fraîcheur à sa musique.

Ecouter « Dielectric », « Protomech » et « Soul Hacker » :

Album Genexus, sortie le 7 août 2015 chez Nuclear Blast.



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