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Song For The Deaf   

FEAR OF THE DARK, I HAVE A CONSTANT FEAR THAT SOMEONE’S COVERING IT!




Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire, contre une nouveauté toujours un peu barbare, ils sortent de leur trou pour salir la vierge de fer, ces imbéciles heureux qui n’ont pas peur du noir.

Il y a quelque temps déjà, Virginie tirait sa révérence aux commandes de Replica, sonnant ainsi le glas de l’émission. Pourtant le jeu de la reprise est un exercice de style des plus intéressants, au moins tout autant que la confrontation de points de vue qu’elle amorce. La reprise est aussi un moyen de connaître le « degré de cultitude » d’un groupe. Ainsi, il n’est pas étonnant de voir Queen ou Metallica repris à toutes les sauces alors que personne n’irait tenter un quelconque hommage à Wykked Wytch.

Après Thin Lizzy et Pantera, le « jeu des trois reprises » revient donc aujourd’hui avec autre un groupe transpirant de cette « cultitude » par tous ses pores : Iron Maiden[/urlb]. Depuis plus de 30 ans, la bande à Steve Harris nous gratifie de titres aussi puissants qu’accrocheurs. Malgré le nombre important de productions du groupe, il fait partie des rares rescapés des années 80 qui arrivent encore aujourd’hui à produire des albums de haute volée. Le premier titre disponible de leur nouvel album laisse d’ailleurs augurer le meilleur quant à l’avenir proche du groupe. Je suppose que je ne vous apprends rien. Il est pourtant important de pointer la qualité de l’ensemble de la discographie pour appréhender le degré d’ »awesomeness » que certains titres atteignent en se détachants du lot. Parmi ceux-ci il y a l’incontournable « Fear Of The Dark ».

Retournons dans le passé. En 1992 plus exactement. A cette époque, les papys du rock ont la vie dure. Leur son est dépassé et les jeunes réclament plus d’énergie, de violence brute. L’attention est focalisée sur le Grunge et le Death, les nouvelles saveurs musicales à la mode. Même l’insubmersible vierge de fer peine à s’adapter, en témoigne No Prayer For The Dying en 1990, qui se pose comme l’album le moins inspiré que le groupe ait sorti en 30 ans. Fear Of The Dark, le successeur de ce demi-naufrage arrive deux ans plus tard pour redresser la barre. Bien que souffrant de certaines des lacunes de son prédécesseur au niveau de sa globalité, l’album se vend bien (finissant même n°1 des ventes d’albums en France) et renferme plusieurs classiques du groupe.

Fear Of The Dark, le titre éponyme, en fait partie, devenant même le classique parmi les classiques, la chanson que le groupe ne peut pas ne pas jouer en concert. Elle démarre par la mélodie principale du morceau jouée à la guitare. Une mélodie immédiate, plus qu’efficace, taillée pour être hurlée à pleins poumons dans la fosse d’un stade de foot. Pourtant, 27 secondes et 9 mesures plus tard, la guitare saturée s’efface pour laisser place à son alter-ego au son clair et rond. Le riff acéré laisse place à un arpège aérien sur lequel viens se greffer la voix d’un Bruce Dickinson tout en nuances. La chanson ne perd pour autant rien de son côté fédérateur et tout comme les 27 premières secondes, la minute suivante reste gravée dans les mémoires dés la première écoute. De plus, la sensibilité vocale dont Dickinson fait part est prompte à donner la chair de poule à chaque écoute. Puis, une minute plus tard, tout s’emballe à nouveau et le heavy reprend le dessus. La transition finit de mettre au garde à vous la pilosité récalcitrante pour plus de 5 minutes de musique épique, fédératrice et entrainante, avec une forte propension à faire remuer même les têtes plus rigides.

Comme toutes les chansons cultes, une pléiade d’artistes ont cherché à s’y frotter, mais à l’instar d’Icare souhaitant tutoyer le soleil, certains se sont brûlé les ailes. Parmi eux, il y a Van Canto :

Déjà, il faut avoir une sacrée concentration d’éthanol dans le sang pour chercher à monter un groupe de metal a capella. S’il y a deux styles peu aptes à se marier, ce sont bien ceux-là. Mais il faut que cette concentration soit encore supérieure pour qu’un label signe ce genre d’énergumènes quand un groupe merveilleux comme Kalisia reste en touche. Oui mais voilà, Van Canto sont allemands, ils jouent du Heavy Metal et ont bien entendu été signés par Nuclear Blast – le pourvoyeur en bon goût métallique. Résultat des courses, cette insulte à la musique s’est retrouvée matraquée sur toutes les chaines musicales, s’invitant même dans la programmation musicale d’un Burger King dont les défections gustatives trouvent maintenant leur égal dans cette bouillie sonore atroce.

Défection, le mot est lancé. Entendre 4 gus imiter le bruit d’un tracteur au démarrage ne peut renvoyer qu’à l’image de la fange et du fumier. Ce bruit crasse et aliénant s’octroie pourtant le terme de musique. Pire, ils disent vouloir rendre hommage à Iron Maiden. Je pense que le groupe comme les auditeurs se seraient passés sans problème de cette insulte au génie de la vierge de fer et aux produits de Massey Ferguson. Heureusement, tous les groupes ne se sont pas plantés aussi lamentablement et c’est souvent dudit fumier que les récoltes poussent. Mais avant cela, cette lie nauséabonde n’accueille de vivant qu’une légion de vers qui, sans être aussi repoussants que le purin, ne sont pas les organismes vivants les plus esthétiques qui soient. Pour la reprise « pas tip-top mais pas si pire non plus » je vous demande donc d’accueillir Graveworm :

En 2003, Nuclear Blast – toujours eux – publient une compilation en hommage à Iron Maiden nommée A Tribute to The Beast vol.2 . Comme souvent lors de ce genre d’exercice, beaucoup d’artistes d’horizons musicaux différents se succèdent pour présenter leur interprétation d’un titre des anglais ; et c’est au groupe italien Graveworm qu’est revenue Fear Of The Dark.

Tout commençait bien dans cette version : la production est clean et massive sans être écrasante. Le chanteur de Graveworm n’est pas connu pour la beauté de sa voix claire, il laisse donc la place au violon sur l’intro du titre. Un des coups de maître de la chanson est d’avoir réarrangé un peu la métrique des premières mesures. Le résultat surprend mais renforce encore l’atmosphère mélancolique et romantique développée par le groupe sur ce début de morceau. Mais après une minute quarante tout se gâte. Les arrangements instrumentaux black symphoniques ne sont pourtant pas dégueulasses. Suffisamment de place est laissée à tous les instruments, la batterie ne se contente pas de nous asséner un blast continuel, les claviers sont suffisamment en retrait pour ne pas qu’ils sonnent trop cheap – et quand ils entament le solo avec cette sonorité horrible d’orgue bontempi, la groupe a l’excellente idée de les remplacer au plus vite par la cornemuse, puis enfin par la guitare en fin de solo. Le batteur arrive à se mettre en retrait sur les parties plus calmes et le glissement vers la coda au violon est vraiment sublime.

Pourtant, malgré ces éloges instrumentaux, tout n’est pas bon dans cette chanson. Les limites vocales du chanteur sur les voix claires étaient évoquées plus haut. Le fait est qu’il est aussi mauvais en voix gutturales. Il se contente de vomir ses tripes dans le micro sans apporter aucune nuance ni aucune conviction. On a l’impression qu’il n’est capable de crier qu’une note sur deux intonations, faisant passer la tessiture de Grand Corps Malade pour celle d’un ténor. Dans une chanson ou la voix joue un rôle aussi important, ce défaut ruine tout le travail des musiciens. Heureusement, tout comme de la fange peut pousser une fleur, de la larve peut naître un papillon. Et ce papillon se nomme Demonios :

Ce titre est issu de Transilvanian 666, un autre CD de reprises d’Iron Maiden sorti en 1999 et se focalisant sur des groupes originaires de la péninsule Ibérique. Parmi ces titres se trouve cette magnifique reprise de « Fear Of The Dark » par Demonios. Le groupe ne semble rien avoir enregistré d’autre et aucune info à son sujet ne semble disponible sur internet. Pourtant, cette version est une pépite. Même si elle n’égale pas l’originale, sa fraicheur et son humilité lui donnent un charme indéniable. L’abandon de son saturé pour un simple piano-guitare-voix est un choix payant pour ces Espagnols, d’autant que la voix du chanteur arrive à transmettre énormément d’émotion, rappelant parfois celle de Klaus Meine lorsqu’il monte dans les aigus. On pourra toujours argumenter qu’à quelques endroit la guitare n’est plus en rythme ou que le chant n’est pas toujours juste lorsqu’il s’agit de descendre dans les graves, mais la conviction des musiciens l’emporte. A l’heure des productions aseptisées et retravaillées à l’infini par informatique, ces quelques pains arrivent même à donner du charme à cette reprise.

La magie opère de bout en bout sur ce titre et les moments d’émotion s’enchaînent sans répit, comme lorsque le guitariste tente d’hispaniser le solo de la chanson. Cet ensemble nous met face à une relecture quasi parfaite du titre des Anglais où la prise de distance musicale ne trahit nullement la chanson originale. Au contraire, le parti pris d’abandonner son aspect épique permet de sublimer les émotions qu’elle fait passer. S’il ne devait en rester qu’une, ce serait celle-là.



Laisser un commentaire

  • Effectivement, c’est culte xD Mais je trouve celle de Van Canto encore pire 😉

    Mais il y a pas mal de versions intéressantes. Il a fallu en choisir 3, mais j’ai aussi hésité à parler de celle de doro – par exemple. Il faut savoir que je n’aime pas du tout ce qu’elle fait… Pourtant, sa reprise m’a plu… Ou plutôt « presque » plu. Blaze Bayley y est invité et il ruine complètement la chanson. Bref, il y aurait eu des choses a dire 😉

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  • Merci je connaissais pas ces versions là.

    Mais sur Fear Of The Dark vous en avez oublié une qui est devenue vraiment culte. Repris par un grec lors d’une émissions style nouvelle star en grece…
    http://www.youtube.com/watch?v=m8kV7MWaRk0&feature=player_embedded

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  • Merci beaucoup pour cette version que je ne connaissais pas.

    Par contre, je suis moyennement emballé, d’une car le piano est trop carré (soit c’est un synthé donc ca viens de l’instrument, soit c’est un vrai et c’est dommage que le pianiste n’utilise pas les capacités de variations offertes par le piano)

    Et puis passé les limites musicales, sur fotd je trouve la voix de la chanteuse trop sur le fil, ca pourrait être beau si elle ne trébuchait pas si souvent, cassant un peu la magie du titre.

    Mais ce n’est que mon humble avis, et je suis d’accord pour dire qu’en dehors de ça, ca reste une bonne reprise 🙂

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  • Ouaip ben pour moi rien ne remplacera la petite reprise piano voix que j’ai découvert par Lili’s Notes :

    Fear Of the Dark version Piano-Voix-Violon CA, ça déboite !

    chanson 2 du lecteur sur la page :
    http://www.lilisnotes.fr/index_Musique.html

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