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Nouvelles Du Front   

Fermez les portes et laissez entrer la légende


Tel artiste décédé peut-il être remplacé ? Voilà bien une question iconoclaste, voire carrément sacrilège, et plus encore quand il s’agit du chanteur dont le visage est parfois celui du groupe-même. Autant dire qu’on est à la limite de la proposition indécente . Mais « the show must go on » et l’avenir d’un groupe, le faire survivre au-delà de ce genre de tragédie, c’est aussi maintenir ouverte la pompe à fric mais aussi – moins cyniquement – permettre aux musiciens survivants de continuer à jouer la musique qu’ils ont composé, qu’ils aiment et qu’ils aiment jouer.

Paul Rodgers est probablement la meilleure représentation de l’homme qui vous permet que le spectacle continue. Sa participation à la reformation de Queen en 2005, quatorze ans après la mort de Freddie Mercury, a sans doute offert son lot de sensations fortes au public mais l’aura du chanteur historique de ce groupe culte a lourdement pesé sur toute cette affaire et empêcha probablement qu’on jette un regard vraiment objectif sur cette collaboration.

Mais qu’aurions-nous pensé si l’ancien chanteur de Free avait remplacé une autre très grande figure du rock, Jim Morrison ?

La mort du leader emblématique – iconique – de The Doors en juillet 1971 aurait dû sonner le glas du groupe mais il n’en était pas de même dans l’esprit des gens qui tirent les ficelles de ce business (managers et maisons de disques) mais aussi pour les musiciens eux-mêmes qui ne s’attendaient probablement pas à ce que cette aventure s’arrête aussi brusquement. Alors forcément, il fallait trouver un remplaçant à Jim Morrison et Paul Rodgers a récemment appris qu’il aurait pu être celui qui aurait dû entrer dans le futal en cuir du leader de la bande.

Il l’a ainsi raconté à The Pulse Of Radio : « J’ai découvert assez récemment que j’étais bien placé pour rejoindre The Doors. Ça m’a remué. Robby Krieger (guitariste) m’a dit que tout le monde dans les Doors était fan de Free et que, après la mort de Jim Morrison, ils étaient venu me chercher en Angleterre. Le truc, c’est qu’à l’époque j’étais parti m’enterrer à la campagne pour travailler et ils n’ont pas pu me mettre la main dessus. […] Ma mâchoire est tout bonnement tombée comme dans un cartoon quand [il] m’a dit ça. Est-ce que je les auraient rejoints ? J’en sais rien. Difficile à dire maintenant. Mais je pense que non. […] En tout cas, c’était flatteur ! »

Free, le groupe de Paul Rodgers à l’époque, était vraiment à un sommet de sa carrière : le single « All Right Now » et sa participation au festival de l’Île de Wight en 1970 les avaient propulsé dans les plus hautes sphères et le monde de la musique pouvait voir chez le frontman l’une des plus grandes voix du rock en ce début des années 70. Mais cela n’auraient peut-être pas aidé The Doors de remplacer son chanteur car les destins brisés font souvent les meilleures légendes. De plus, Paul Rodgers n’auraient peut-être jamais fondé Bad Company après l’explosion de Free en 1973.

Mais à l’époque, on ne voyait sans doute pas encore à quel point un « destin brisé » pouvait être avantageux pour l’histoire (et les finances) d’un groupe. On n’était encore qu’au début des Seventies, les stars du rock tombaient comme des mouches mais ça ne rapportait encore rien. L’idée de relancer The Doors avec un nouveau chanteur traîna donc encore un moment dans les esprits. En 1974, le meilleur candidat était justement un admirateur de vingt-sept ans (tiens, l’âge de Morrison au moment de sa mort) qui n’avait rien à envier vocalement et scéniquement (ainsi qu’en matière de frasques) à l’idole disparue.

Iggy Pop en 1974.

Pour prendre la place du Roi Lézard Morrison, le manager des Doors, Danny Sugerman, qui s’occupait aussi de faire quelque chose de l’Iguane, alors ex-Stooges paumé, Iggy Pop, mit le chanteur entre les pattes de Ray Manzarek, organiste de The Doors. Mais Iggy était alors dans un état digne des derniers temps de Morrison : plus proche de la mort que de donner un second souffle au groupe californien. Fin du plan de relance.

Finalement, les Doors sont entrés dans la légende du rock et offrent toujours de belles entrées d’argent pour les maisons de disques et Paul Rodgers et Iggy Pop continuent à écrire leur propre histoire avec talent et succès. Nous n’avons donc rien à regretter.

Animalement vôtre.



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  • c’est vrai qu’il n’y a pas eu meilleur « remplacement » que celui de Bon Scott par Brian Johnson. un chant différent mais la même énergie et la même atmosphère

    c’est ce que je reproche à Paul Rogers. même avec une voix différente il aurait put rester plus fidèle à l’esprit et à l’ambiance particulière des lignes vocales de Mercury

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  • Perso, je pense que les cas Doors et Queen pêchent par un côté réchauffé / exploitation bizness. (Les Doors ont fait un Doors of the 21st Century avec Ian Astbury).
    Enfin, s’il y a un public pourquoi pas.
    Exemple changement de chanteur immédiat réussi : AC/DC.
    Le cas Thin Lizzy est intéressant aussi.

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  • personne ne pourra remplacer Jim

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  • Paul Rodgers n’est pas à la hauteur pour Queen, ce n’est pas qu’une question d’aura. certes remplacer Freddy Mercury est quasiment infaisable, mais beaucoup d’autres grands chanteurs de cette génération aurait fait un bien meilleur travail que Paul avec Queen, ne serait-ce qu’à cause de son timbre de voix

    en revanche, je pense qu’il aurait fait un bon successeur à Jim pour les Doors. sa voix colle bien avec leurs compos alambiquées je trouve

    [Reply]

    Je trouve au contraire le travail de Paul Rodgers excellent sur Queen, justement parce qu’il chante d’une manière complètement différente, à sa sauce, les titres de Queen, leur apportant une touche de sensualité et virilité que Mercury n’avait pas.

    L0o

    (aller, j’ai envie de la faire celle-là, vous aurez le droit de me jeter des pierres.)

    « une touche de sensualité et virilité que Mercury n’avait pas »

    sensualité = féminité
    virilité = masculinité
    ni l’un ni l’autre => Freddy était asexué, et c’est pour ça qu’on l’aime. Ou aimait.

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