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Festival Heavy MTL : on reviendra à Montréal


Le 11 et 12 Août 2012 est organisé LE festival de Metal du Québec : le Heavy MTL (jeux de mots entre Heavy Metal et MTL, l’acronyme de Montréal). Ce festival est d’ailleurs jumelé avec Heavy TO (Toronto), où certains groupes jouent pour les deux festivals durant le week-end.

Le festival se situe au Parc Jean Drapeau, sur l’île Sainte-Hélène sur le fleuve Saint-Laurent. Le site est facile d’accès, il suffit de prendre le métro directement de la station centrale Berri-Uqam (deux stations sortie Jean Drapeau). On peut aussi y accéder en voiture, mais il ne faut pas oublier que c’est une île donc avec un seul accès, ce qui peut rendre les retours en ville parfois un peu difficile…

De nombreux artistes sont programmés, près de 40 en deux jours, répartis sur trois scènes : la scène principale «HeavyMTL», la scène «Jägermeister» (côte à côte) et la «Scène de l’Apocalypse» qu’on appelle ici Heavy, Jäg et Apo. A peine entré sur le site du festival, il faut faire face aux clichés avec « Enter Sandman » de Metallica en fond sonore… alors suivons plutôt ce grondement de double-pédale qui nous conduit à la scène Apocalypse. Son auteur : le batteur de Fleshgod Apocalypse.

Après la mise en ligne des comptes-rendus du Power Prog And Metal Fest, du Sonisphere Espagnol, du Nancy On The Rocks, du Download, des Métallurgicales, du Hellfest, du Graspop, du Main Square, du Sonisphere France, du Rock d’Ay, de l’Amphi Fest, du festival Léz’Arts Scéniques, de celui de Carcassonne avec Alice Cooper, de la Hard Rock Session et du Motocultor (ouf !), RM vous propose son live report du Heavy MTL 2012.

Festival : Heavy MTL
Date : 11 et 12 août 2012
Lieu : Montréal (Québec)

Fleshgod Apocalypse

Le début de Fleshgod Apocalypse, technical death metal italien, grimé et habillé en redingote, est un peu surprenant et légèrement costaud comme entrée en matière. Le groupe est bon, leur musique très, très musclée et la scénographie à base de headbanging synchronisé des guitaristes et bassiste au premier rang (on pourrait en faire une discipline aux JO) est impressionnante . Mais le public quoiqu’attentif, reste encore ,globalement, un peu calme malgré les tentatives de relances de leur leader Tommaso Riccardi. De plus, la diffusion n’est pas très nette et sature un peu, ce qui fragilise la qualité de leur prestation. Un problème que plus tard, sur la même scène, Goatwhore, groupe black-death de la Nouvelle-Orléans, ne connaitra pas puisqu’il bénéficiera d’un son bien plus clair. Ces derniers offrent un set fort, puissant, rapide et très efficace ! Le chanteur Sammy Duet est présent et charismatique, et il secoue régulièrement un public clairsemé et un peu timide. Serait-ce à cause de la pluie qui commence à se faire de plus en plus persistante ?

George Fisher (Cannibal Corpse) : est-ce qu’on appelle encore ça un cou ?!

Mais éloignons-nous sans tarder de l’Apocalypse car dans quinze minutes commence Cannibal Corpse dans LE LIEU, le centre névralgique du festival, avec ses deux énormes scènes voisines. Le lieu boueux, impressionnant, ressemble à une fourmilière, et donne le sentiment de découvrir un champ de bataille après un conflit. Cette impression est multipliée par la diffusion de la musique des Cannibal Corpse. Le son est lourd, massif et impressionnant, la voix de George Fisher aussi, sa réputation est bien réelle : il est facile d’être subjugué par sa carrure et son cou façonné par plus de trente années de headbanging… Leur live est violent, sûrement un des plus violent du week-end à en juger par la vivacité du moshpit, ambiance que George n’adoucira pas par ces propos : « This song is about shooting blood, FROM YOUR COOOOOOOOOCK! » pour annoncer le titre « I Cum Blood ». Au final, le public est ravi, le groupe le remercie.

Restons du côté des scènes principales pour voir Killswitch Engage. Le groupe ayant retrouvé son ancien frontman Jesse Leach montre très bien qu’ils n’ont pas oublié comment se montrer efficaces ensemble. Leach et ses acolytes promènent donc leur audience sous la pluie avec une prestation efficace qui remue la foule nombreuse devant la scène, agitée et chantant la plupart des titres en chœur.

Deftones

Il ne faudra pas moins de trois minutes à Deftones pour enchainer sur la scène voisine. On sent que le groupe est attendu au vu du nombre de spectateurs, même malgré la météo, mais la sauce ne prendra pas. On sent un Chino Moreno fatigué, un peu mou malgré ses effets habituels et qui n’arrivera pas, en dépit de ses différentes tentatives, à réchauffer la foule sous la pluie, même après avoir proposé très vite un de leur titre phare, « My Own Summer », plutôt efficace.

Chino n’aurait pas dû prendre sa guitare pour chanter « Sextape », son titre neo métal « romantique » car ensuite plus rien n’y fera. Surtout après cette annonce : « Ce n’est que le troisième morceau et je saigne déjà du nez », réponse presque unanime du public : « Ralentis sur la drogue !». Le ton est donné. Il voudra tout de même achever ce combat déjà perdu… Dommage ! Deftones finira avec le titre « Root » pour sortir de scène très rapidement comme pour ne pas avoir à assumer leur prestation en demi teinte…

Five Finger Death Punch : american style

Five Finger Death Punch reprend alors les rênes de ce festival. Le groupe est déjà sur scène, un grondement (qui a bizarrement fait fuir la pluie) annonce le début des festivités, le public crie tellement qu’il a l’air de vouloir se réchauffer suite à la performance bâclée de Deftones. Il s’embrase dès les premiers riffs saturés et la voix rugueuse et mélodique d’Ivan Moody. 5FDP est un rouleau compresseur et ne lâchera rien. Ils annoncent System Of A Down, font participer le public « When I say Five Finger, you say Death Punch »… Un véritable show à l’américaine dans lequel ils ont même leur « slow » maison, « Far From Home », « dédicacé à tous ceux qui ont servis notre Pays » selon les mots de Moody, avec un diaporama de photos de leur Iraq Tour 2010 à la rencontre des militaires US. Le public apprécie même si, au fil du show, l’engouement grandissant pour System Of A Down ,qui joue juste après sur la scène voisine, est perceptible.

Les gens commencent déjà très tôt à s’agglutiner face à la scène Heavy. La densité humaine donne presque l’impression que tout le festival (voire tout Montréal) s’est donné rendez-vous à cet endroit. A ce moment, un immense drap blanc cache encore la scène. « They’re trying to build a prison », entend-t-on, « Prison Song » commence, le drap tombe pour découvrir SOAD, la foule est complètement déchainée , comme si c’était déjà la fin du festival ou qu’il fallait profiter des cinq années passées d’absence du groupe sur scène. Le public sautera, criera, sifflera, chantera, headbanguera, pogotera, slammera pendant 1h30. Serj Tankian est extrêmement à l’aise et danse, se trémousse, sourit et le public le lui rend bien, on sent qu’il est là pour partager, et il le fait très bien. Il invite régulièrement la foule à réagir comme pour la garder avec lui : « Hey, Montreal, have you got a good time ? »

System Of A Down, très attendu ? C’est peu dire.

Et le groupe enchaîne les tubes : « BYOB », « Hypnotize », « War? », « Chop Suey », « Psycho »… et offre une pause bien méritée avec « Lonely Day », interprété brillamment par le guitariste Daron Malakian. Des feux d’artifices sortent même de la foule, un peu comme pour célébrer le retour du groupe en particulier ici à Montréal. Serj Tankian demande un dernier effort au public en amour pour le groupe : chanter « Toxicity » avec lui. Puis il enchaîne avec « Sugar », remercie abondamment le public et le groupe sort de scène, sans rappel. Voici, une soirée où le groupe voulait en mettre plein la vue, défi relevé et remporté.

Le mot du jour pour Iwrestledabearonce : « Jump »

On commence le dimanche comme la veille car le premier groupe de notre programme de la journée se situe sur l’Apo : Iwrestledabearonce. qui était déjà présent sur l’île un mois avant pour le Vans Warped Tour 2012. En mélangeant plusieurs styles, du metal avec des passages bluesy, des solos de guitare, des samples, etc. ils se sont créés un style plutôt original. Le groupe adore jouer ou utiliser d’autres morceaux et rentrent aujourd’hui sur scène sur l’air de « Jump » de Van Halen après nous avoir gratifié le mois dernier d’un « I Like To Move It ». Leur originalité tient aussi dans leur chanteuse qui apporte autant de la douceur sur les passages plus lents et mélodiques que de la puissance par son chant éraillé. C’est toujours assez impressionnant de voir une demoiselle aussi mignonne (pour rappel, Krysta Cameron, enceinte, a récemment été remplacée par Courtney LaPlante) capable ainsi d’en imposer certains chanteurs metal d’un tout autre gabarit.

Gojira

C’est au tour de Gojira, sur la scène Heavy, de divertir la foule venue en masse les soutenir. Le groupe est toujours aussi efficace, et la vivacité du public est là pour en témoigner. Joe Duplantier lance même un : « Vous êtes complètement tarés les Québécois! », avant d’enchainer avec leur dernier né : « L’Enfant Sauvage ». Un live impeccable, très professionnel mais qui manque peut-être un peu de chaleur avec ce set un peu trop rôdé. Mais le public n’a pas eu l’air de s’en soucier, il est nombreux à apprécier ce groupe français dont la prestation était plutôt attendue de ce côté de l’Atlantique prêt à être conquis par les Bayonnais.

Dillinger Escape Plan a le pouvoir

The Dillinger Escape Plan est aussi très attendu car en live, c’est une bombe. Le groupe enchaîne rapidement, les membres de TDEP sont là pour partager un moment avec le public, ça se sent, ça se voit, Greg Puciato, le chanteur saute, crie, son guitariste aussi, grimpe sur les amplis, sur la grosse caisse, les structures de scène, les retours, les crash-barrières, certains musiciens iront même jusqu’à slammer tout en continuant à jouer. Sincérité partagée, le public en redemande. Bilan : un ampli et une guitare cassée, « c’est pas pire » comme on dit au Québec. Le live de Dillinger Escape Plan était peut-être le plus fou de cette édition, les membres du groupe ne laissant aucun répit au public, l’émerveillant par leur intarissable énergie.

Viens t’éclater avec Suicidal Tendencies !

On sent le public déjà bouillonner à l’installation des vétérans Suicidal Tendencies. Ils fêtent les 30 ans du groupe cette année et prouvent leur expérience, en commençant par clamer « You Can’t Bring Me Down ». Mike Muir est particulièrement dynamique et se déplace sur la scène en sautillant dans tous les sens. Les gars sont en plein forme et enchaînent les chansons « Freedumb », « War Inside My Head »… La fosse se transforme en un énorme et violent moshpit. La plupart des titres sont chantées en chœur avec le public, l’échange est parfait. Ils décident de finir par « Possessed To Skate » où le groupe invite des dizaines de fans à venir partager la scène avec eux. Suicidal vient de donner une véritable leçon de musique et un spectacle « old-school » très réussi.

In Flames, reprend derrière sur la scène Heavy, pas facile de rivaliser mais ils ont aussi l’expérience et le font très rapidement sentir. Slam à gogo, moshpit, le chanteur veut absolument voir les gens du fond devant… Nombre de personnes se mettent donc à slammer pour arriver devant la scène, il en arrive de tous les côtés. Le public chante sur la plupart des titres, l’ambiance est très chaude pour une fin de journée et le soleil se couche lentement derrière la scène.

Marilyn Manson

Tout comme SOAD la veille, un grand rideau, noir cette fois-ci, cachait la scène Jäg, ou va se produire Marilyn Manson. Une intro un peu longue annonce l’arrivée de l’artiste et ses comparses. Le rideau tombe pour laisser apercevoir un Marilyn Manson qui chante dos au public. On le découvre ensuite le visage maquillé en blanc avec un bandeau rouge dessiné sur les yeux. « Hey Cruel World », « Disposable Teens » et « The Love Song » font adhérer la foule, même si Manson laisse des silences entre ses chansons. Il use aussi beaucoup d’accessoires, une casquette, un micro poing américain ou couteau de boucherie voire même un boa rose, comme pour masquer ses performances vocales imparfaites…

Ses reprises de « Sweet Dreams » et « Personal Jesus » arriveront tout de même à fédérer le public resté nombreux pour l’applaudir. La mise en scène du titre « Antichrist Superstar », propose un Marilyn Manson avec un nouveau maquillage et une bible qu’il déchiquette, jusqu’à en mâcher des pages… Et au bout d’à peine une heure, « Beautiful People » est proposé en rappel. Le public était plutôt réceptif aux propositions déstructurées de Manson et sa bande, même si ça tenait plus à sa réputation qu’à sa prestation qui ne fut pas des plus inoubliables.

Slipknot

Sitôt le concert terminé, la foule, se précipite vers la scène voisine déjà bien remplie, pour accueillir Slipknot. L’un des groupes les plus attendus de cette édition, à en juger par la présence toute la journée des T-shirts et autres masques à son effigie. Une minute d’intro, le rideau tombe. Le groupe, ses membres masqués et en uniforme comme à leur habitude, lance rapidement « (Sic) » et les premiers feux d’artifice. L’ambiance est définie dès les premières secondes : Slipknot est là pour divertir et va employer tous les moyens pour y arriver. « Eyeless », « Sulfur », « The Heretic Anthem », « Vermillion », « Pulse of the Maggots » ou encore « People=Shit ». Chaque titre fonctionne à la perfection, le public complètement surexcité est en extase. Slipknot livre 1h30 de spectacle presque sans relâche à ses fans, avec comme moment fort, l’hommage rendu à Paul Gray juste avant le morceau « Duality ». Slipknot a réussi le pari de fermer avec brio cette édition du festival, dont le show est sans aucun doute son point d’orgue.

Ce week-end était lourd à MTL, la transformation du Parc Jean Drapeau tient effectivement bien ses promesses de divertissement pour les initiés ou les néophytes, avec, justement, tous les avantages d’un parc avec des endroits avec des tables pour manger, de l’herbe pour s’asseoir Fortement conseillé pour ceux qui souhaiterait un peu changer d’air en août, et venir grossir les rangs des quelques 44000 festivaliers de cette grande-messe québécoise du metal, parmi un public sympa, pas vraiment de gens complètement bourrés (malgré une bière à un prix abordable, pourboire compris, avec vente directement dans le public), dans une très bonne ambiance plutôt festive, où on n’oublie pas non plus les personnes à mobilités réduites qui ont leur places réservées.

En fait, tout ce qui aurait pu un tant soit peu gâcher cela, c’est la pluie, une présence parfois trop poussée de certains sponsors (oui, JägerWorld, c’est toi que je vise), la bouffe un peu chère et les frais sur les retraits d’argent sur les bornes sur le site du festival. Mais franchement, on pinaille.

Compte-rendu du festival : Paco
Source photos : site officiel du Heavy MTL



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