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Live Report   

La fête d’anniversaire de la Dream Team


En 1992, Dream Theater, accompagné de son nouveau chanteur James LaBrie, sort son second album : Images And Words. Ils ont changé le metal progressif avec cet album et créé un son nouveau et pourtant ancré à jamais dans les années 90. Le groupe décide, un quart de siècle plus tard, d’entamer une tournée anniversaire.

Cela se fait souvent, avec Mayhem, Metallica, Fear Factory… Mais ici Dream Theater ne se contentera pas seulement de jouer leur album en entier, car c’est une setlist beaucoup plus longue avec bien des surprises que nous réservent les américains.

Bien que le Zénith soit dans sa plus petite configuration et ne soit pas entièrement rempli, les fans sont quand même au rendez-vous pour assister à près de trois heures de concert par, probablement, le plus célèbre des groupes de metal progressif.

Artistes : Dream Theater
Date : 12 février 2017
Salle : Zénith
Ville : Paris [75]

Sans première partie, on attaque le concert dès 19h, avec un titre joué par les enceintes pour nous lancer dans une ambiance épique, un célèbre morceau de Two Steps From Hell : « The Colonel ». Tout commence donc avec plein de subtilité. John Petrucci est le premier à fouler la scène sous l’ovation générale du public et démarre par un titre phare de Systematic Chaos : « The Dark Eternal Night », qui permet de mettre en avant les grandes qualités vocales de LaBrie. Celui-ci était semble-t-il malade durant la prestation parisienne, mais malgré cela, il est tout même parvenu à fournir une prestation fabuleuse.

Ce premier set est dédié à quelques titres phares du groupe, tel que « As I Am », qui est d’ailleurs couplé avec un passage d’ « Enter Sandman » de Metallica – comme « Peruvian Skies » le fut à une époque -, étant donnée la dimension beaucoup plus metal du titre. Le dernier album concept du groupe était aussi de la partie car « The Gift Of Music » est enchaîné directement avec « Our New World ». Le groupe était venu défendre l’an dernier The Astonishing dans la très belle salle du Palais Des Congrès, mais cela fait tout de même du bien de pouvoir apprécier le groupe dans une « vraie » salle, avec un « vrai » public. Bien que le concert de l’an dernier était une expérience agréable, qui permettait d’apprécier presque deux heures et demi d’album de bout en bout, on n’aurait pas rechigné à entendre d’autres titres de leur répertoire, et surtout que le groupe se lâche davantage. On avait à l’époque l’impression que James LaBrie était bloqué sur scène, gêné, et mal à l’aise avec le public qui ne pouvait bouger de son siège. Alors que cette fois-ci, la fosse est énergique, et le chanteur se montre bien plus mobile et cesse de respecter ses marquages au sol, afin d’aller voir tout le monde devant lui. Malgré cela, comme à son habitude, lors des nombreux passages instrumentaux, il s’éclipse en coulisse pour ne pas avoir l’air de faire seulement acte de présence.

On se demande par contre si on n’était pas mieux installés au Palais des Congrès. Car bien que la fosse permette une plus grande proximité et intimité avec le groupe, un contact plus authentique, il faut avouer que certaines chansons traînent vite en longueur et que la formule Dream Theater se répète. On connait les multiples solos de Petrucci, les envolées de chant, les parties extravagantes au clavier, et c’est ce qui fait le charme de Dream Theater, car c’est ce que le metal progressif a de plus caractéristique. Mais l’ennui n’est parfois pas loin, et heureusement qu’arrivent là quelques riffs ravageurs qui en font headbanguer plus d’un.

Mais le headbang ne sera tout de même pas assez présent car ce n’est pas forcément les titres les plus efficaces qui ont été sélectionnés, malheureusement. Quitte à choisir une chanson de onze minute, telle que « Breaking All Illusions », peut-être aurait-il été plus judicieux de choisir un « Stream Of Consciousness », comportant certains des riffs les plus efficaces du groupe et un des plus grands solos que Petrucci ait pu nous livrer en studio. A noter également l’absence totale de chansons venant d’Octavarium, ayant pourtant en son sein des titres parmi les plus énergiques et variés du groupe, à l’instar de « Roots Of All Evil », ou encore « Panic Attack », même constat pour Six Degrees Of Inner Turbulence ou les pourtant incontournables Scenes From A Memory et Awake.

La sympathique surprise du premier set, pour les amateurs du genre, sera le solo de basse de John Myung (l’homme qui ne sourit jamais), reprenant un morceau du célèbre bassiste de jazz fusion Jaco Pastorious. Introduit par LaBrie, c’est la chanson « Portrait Of Tracy » qui est à l’honneur, pour ce moment rare où la basse est mise en avant. Et même si dans Dream Theater, cet instrument a toujours eu un rôle important, durant le concert, le son de Myung est presque inaudible, donnant l’impression qu’il agite en vain ses doigts sur les cordes. Le public n’a malgré tout pas l’air plus emballé que ça par la très bonne interprétation du bassiste sur ce morceau d’une douceur et d’une technique rarement égalées. Certains dans la foule vont même jusqu’à crier qu’ils veulent entendre du metal. Malheureux, étant donné les évidentes influences jazz fusion qui parcourent l’oeuvre de Dream Theater.

Finalement ce premier set, c’est un peu comme une première partie. Vous aimez ce que vous voyez, mais il y a plein de petit détails qui font vite monter l’envie de voir la tête d’affiche commencer. Alors même si on prendra beaucoup de plaisir à observer toutes ces lumières, et entendre toutes ces très bonnes chansons, et ce malgré les nombreux smartphones devant nos yeux, bloquant la vue, on a vite envie de voir ce pourquoi on est là : Images And Words.

Après une pause d’une vingtaine de minute, le groupe revient, avec une piste audio diffusée, souhaitant au public la nouvelle année 1992, et passant plusieurs extraits musicaux de The Cure, Nirvana ou encore les Guns N’Roses. Le groupe est prêt à jouer en entier une de ses plus belles réussites, et il commence bien évidemment par le hit « Pull Me Under ». Et bien que celui-ci offre moins d’émotions qu’en studio, notamment lors des envolées lyriques de LaBrie, c’est un bonheur de pouvoir l’entendre, tout comme les autres chansons de l’album, joué en live. « Pull Me Under » a une fin volontairement très abrupte, mais dans le contexte live, la transition se fait plus douce, plus maîtrisée, bien que restant brutale, elle ne choque pas autant que sur son pendant studio. Inversement, nombreuses sont les chansons de l’album ayant une fin en fade-out. « Take The Time » a là le droit à un fantastique solo de guitare fait de façon à conclure comme il se doit le morceau. De même pour « Another Day », avec un solo de clavier par The Wizard : Jordan Rudess, qui tout au long du concert sortira régulièrement de derrière son clavier pivotant pour jouer, tel un guitar hero, de son Keytar.

Jordan qui est donc l’un des deux membres n’ayant pas fait partie du line up originel d’Images And Words, le clavier ayant été à l’époque assuré par Kevin Moore. Tout comme le remplaçant de l’iconique Mike Portnoy, le très technique Mike Mangini, qui a lui aussi le droit à son solo, durant « Metropolis Pt.1 ». Ce solo fut d’ailleurs la parfaite démonstration de toutes les qualités de ce nouveau Mike, ayant à sa disposition autour de lui toute une variété de percussions possibles, offrant une variété sonore rarement entendue dans un solo de batterie. Le fait que le son de sa double grosse caisse ait été augmenté joue également sur le « choc » que l’on ressent devant le solo, cette impression qu’il possède le Zénith, scotchant l’assistance face à sa rapidité et l’énergie qu’il parvient à garder pendant aussi longtemps.

Ce sont, évidemment, des musiciens de grande classe qui composent le groupe, une véritable dream team. Une équipe qui se soutient mutuellement et dont l’alchimie entre les membres se voit facilement. Régulièrement LaBrie s’adresse au public, notamment pour parler de son souvenir du concert du groupe en 1993, à la Locomotive et pour dire à quel point il sentait en arrivant dans la salle qu’avec la France, ils auraient une excellente relation. Il introduit un solo, qu’il annonce comme improvisé, de Jordan au clavier, avec un vrai son de piano, et un unique spot de lumière pour l’éclairer. Ce petit moment de douceur musicale accompagne parfaitement l’introduction de « Wait For Sleep ». Avant que le groupe ne conclue son set sur « Learning To Live ».

Malgré le changement de certains titres de la setlist que l’on aurait aimé retrouver, on finit par se prendre au jeu des solos à répétitions, et à l’ambiance générale devant un show si maîtrisé. Un véritable coup de frais par rapport au Palais Des Congrès, et une setlist allant au-delà d’un simple album. C’est avec plaisir, même si parfois avec un peu d’ennui, que l’on admire les jeux de lumières et LaBrie qui n’arrête de pas de bouger sur la scène.

Alors entre plusieurs sentiments très partagés, on écoute le morceau fleuve « A Change Of Seasons », originellement prévu pour apparaître sur Images And Words avant que la maison de disque n’impose son veto, qui conclut en apothéose ce concert, avec vingt-cinq minutes de ce que le groupe peut faire de mieux, et de ce que le public apprécie le plus.

Quelques photos avec le public, un dernier adieu de tous les membres et c’est la fin. Pendant que, dans les enceintes, est jouée une musique digne d’Hans Zimmer, aux tons épiques beaucoup trop prononcés pour ce genre de situation, mais c’est aussi ce qui fait le charme de Dream Theater : la surenchère. Faire toujours plus progressif, toujours plus long, toujours plus varié, toujours plus alambiqué. Ils peuvent se le permettre, car ce sont des musiciens extraordinaires, et pour cela, on ne cessera jamais de les écouter, ni de venir les voir. En effet : Images, words and beyond.

Setlist :

1er set :

01. The Dark Eternal Night
02. The Bigger Picture
03. Hell’s Kitchen
04. The Gift Of Music
05. Our New World
06. Portrait Of Tracy (reprise de Jaco Pastorius)
07. As I Am
08. Breaking All Illusions

2nd set (Images And Words) :

01. Pull Me Under
02. Another Day
03. Take The Time
04. Surrounded
05. Metropolis Pt. 1: The Miracle And The Sleeper
06. Under A Glass Moon
07. Wait For Sleep
08. Learning To Live

09. A Change Of Seasons



Laisser un commentaire

  • Euh petite question.;

    la tournée précédente a cassé les c » » »lles de beaucoup en obligeant les gens a rester assis.;j’ai vu quelques photos de ce tour ci avec des parterres assis également.;qu’en est il réellement.;parce que voir DT assis, c’est pour s’endormir!!

    merci de vos réponses!

    [Reply]

  • Une set list de première partie discutable, après c’est chacun ses goûts il est vrai…
    j’aurais préféré « Surrender to reason » plutôt que « The bigger picture », et « Bridges in the sky » à la place de « Breaking all illusions », pas de bol en somme 🙂
    « The dark eternal night » ne fait à mon avis pas partie des « incontournables » du groupe. Y avait clairement la place pour des titres plus rarement joués… Reste que si LaBrie était malade, il n’en a pas moins assuré comme une bête sur « Images & words », et puis quel panard de terminer sur « A change of seasons », qui reste de loin le morceaux le plus abouti de leur discographie!!

    Un p’tit mot sur les prix pratiqués pour le merchandising : ben ça devient vraiment n’importe quoi… 🙁

    [Reply]

    WhoDoYouThinkIAm

    Peut-être que si les groupes vendaient leur musique normalement, les prix du merch ne monteraient pas. Question ouverte, je précise.

  • C’est drôle, on dirait que vous vous êtes fait chier tout le concert mais que vous vous sentez obligé de dire que c’était génial.

    Alors, c’était comme, en vrai ?

    [Reply]

    *Comment

    (Évidemment, sinon ça ne veut rien dire :D)

    Matthis Van Der Meulen

    Génial pour les fans tout le long, et un Images And Words comme on l’aurait aimé en studio 😉

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