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Le Son D'Histoire    Nouvelles Du Front   

FFF réveille le fonck


1997. La France est rock. Trust a disparu avant le début de cette décennie mais d’autres veillent. Noir Désir chante « L’Homme Pressé », chanson issue de son album 666.667 Club sorti l’année précédente et déjà essentiel, et parodie avec son clip la mode des boys-bands qui pourrissent la radio et la téloche avec leurs chemises fluo. No One Is Innocent sort Utopia. Mass Hysteria Le Bien-être et la Paix, son premier méfait. En juin, au Parc des Princes, a lieu le festival Rock à Paris, graine de Rock en Seine, avec David Bowie et Rage Against The Machine parmi les têtes d’affiches mais aussi des No One, Mass, NTM, sans oublier FFF pour montrer que le rock, le vrai (et pourquoi NTM ne pourrait pas être du rock ?), en français peut remuer des stades.

Depuis Trust est revenu avant de re-disparaître (et réapparaître en tant que Kollektif AK-47), Noir Désir s’est dissous autour d’une prison lituanienne, alors que Mass Hysteria et No One Is Innocent partaient confiants vers la deuxième décennie de leur existence (l’un vient de fêter ses vingt ans, l’autre ne devrait pas tarder à le faire après avoir participé au vingtième anniversaire d’autres défenseurs du rock francophone : Tagada Jones), et voilà que FFF revient pour une tournée et déverser sa roche en fusion sur les scènes de France. Et plus si affinités.

FFF, rien à voir avec des mecs en shorts se disputant une balle en cuir. Cette Fédération Française est là pour la représentation du Fonck en Hexagone. « Fonck » : mot-valise fusionnant (c’est le cas de le dire) funk et rock en un seul terme. Le groupe naît dans les dernières lueurs des années 80 avec la rencontre de Marco Prince, DJ s’essayant à l’époque au trombone et au chant, le guitariste Yarol Poupaud, Nicolas Baby qui prend la basse et Christian « Krichou » Montieux qui les rejoint à la batterie, et débarque en 1991 pour éclater le paysage musical francophone avec son Blast Culture. Ils se déclarent d’entrée de jeu comme la « New Funk Generation » avec la bénédiction d’un Bill Laswell à la prod’ (reportage à l’époque) mais aussi, plus important, celle d’un George Clinton (Parliament-Funkadelic), grand parrain de la funk, qui les adoube littéralement dans leur premier clip (cf. ci-dessous) avant de les embarquer en tournée avec lui.

Les années s’ajoutent les unes aux autres et chacune apporte une nouvelle pierre au monument rock français. 1993 : l’album Free For Fever montre encore un groupe touche-à-tout, toujours fusion, jetant aussi dans son alliage (contenant déjà influences africaines et caraïbes) reggae ou musique folk. 1995 : FFF est présent sur la B.O. du film phénomène de Mathieu Kassovitz La Haine avec son titre « Le Vague A L’Arme ». Et puis 1996, avec l’opus éponyme FFF qui, titre à titre, offre le meilleur de ce que sait faire cette bande de « mauvais garçons », avec certaines des chansons les plus incontournables et les plus réussies de leur répertoire, du groove aux textes (sans oublier les petites pastilles enfantines entre elles) : « Barbès », « Le Pire et Le Meilleur », « Morphée », « Act-Up », « Niggalize It »… Titres formant les deux tiers de la playlist de leur seul album live : Vivants, enregistré aux Eurockéennes, sorti en 1997, l’année du Parc des Princes. Mais ce n’est pas encore le somment car en 1998 FFF joue carrément au Stade de France en première partie de Johnny Halliday.

A la cinquième minute : slam princier pour Marco Prince au Parc des Princes.

Mais FFF devait peut-être appartenir aux années 90 : à l’aube des années 2000, le groupe sort son dernier album, Vierge, avant de faire un « break ». Néanmoins de tels musiciens ne pouvaient vivre loin de la musique. En plus de ses propres groupes, Yarol Poupaud, produit ceux des autres (comme l’album de son frère Melvil, en 2002, avec qui il avait monté Mud dans les années 90 et qu’il retrouve aujourd’hui dans Black Minou), touche à la B.O. de film (Prix de la Meilleure Musique au Festival de La Ciotat 2010 pour Bus Palladium) et retrouve finalement (un peu par hasard) Johnny Halliday dès 2012, devenant le guitariste de la star (succédant ainsi à des Mick Jones, Jean-Pierre Azoulay, Brian Ray, sans oublier le Trust Norbert Krief) et même son directeur musical sur ses tournées Jamais Seul et Born Rocker Tour. Nicolas Baby aussi a fait de la composition de B.O. et se retrouve, par exemple, en 2003 au générique du film Le Convoyeur de Nicolas Boukhrief (avec Albert Dupontel et Jean Dujardin). Idem pour Marco Prince avec des films comme Total Western, Le Pharmacien de Garde et Tais-toi!, mais que le grand-public connait peut-être plus particulièrement pour avoir, en 2009, fait partie du jury de la Nouvelle Star mais dès 2010 Prince déclare vouloir mettre fin à la longue pause de FFF, notamment grâce à la lumière jetée sur le groupe avec l’émission de télé-crochet, après avoir déjà démontré que leur bande n’était pas enterrée avec un show de reformation en 2007 au festival Solidays… Reformation qui ne connaît de suite que depuis octobre 2013 et un concert pour la bonne cause au Bus Palladium à Paris au profit du Secours Populaire.

Mais plus question de faire demi-tour, FFF embraye et roule en vitesse vers l’avenir. Retour de la Foncky French Family, à commencer par le côté scène : cette semaine, dès le 14 mars, le groupe part en tournée française, en démarrant à Rennes, en frappant par deux fois Paris (d’abord à la Cigale puis au Bataclan), et commence à organiser ses passages dans plusieurs festivals d’été dès juin (cf. date plus bas) comme le Jardin du Michel, en Lorraine, avec Alice Cooper, ou le Garorock, partageant ainsi l’affiche avec d’autres actuelles locomotives françaises, chacune dans leur genre : Gojira et Shaka Ponk. Et ce n’est pas tout, comme le déclare le groupe : « Cette fois, c’est la bonne. FFF décide de se retrouver, de partir en tournée, et on l’espère d’enregistrer un nouveau disque dans la foulée. »

14/03/2014 – L’Étage – RENNES [35]
15/03/2014 – Coopérative de Mai – CLERMONT-FERRAND [63]
19/03/0214 – Aéronef – LILLE [59]
20/03/2014 – Laiterie – STRASBOURG [67]
26/03/2014 – Cigale – PARIS [75]
27/03/2014 – Bataclan – PARIS [75]
06/06/2014 – Espace Michel Berger – SANNOIS [95]
07/06/2014 – Festival Jardin du Michel – BULLIGNY [54]
12/06/2014 – Aluna Festival – RUOMS [07]
28/06/2014 – Festival Garorock – MARMANDE [47]
19/07/2014 – Festival Crazy Week – NICE [06]



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  • Vu hier à Rennes. Premier set de la tournée – à quelques décamètres de l’UBU qui les a fait connaître- et ça se sentait : quelques regards interrogateurs genre « c’est à moi là ? », une section cuivres en rodage, un Marco le nez collé à la set list entre chaque morceau… Bref, des automatismes à retrouver et la grande question qu’ils semblaient tous se poser : « suis-je légitime sur scène avec mes potes d’il y a 15 ans ou ne sommes-nous que les Fantômes des Fistons Farouches ? ».
    Après 4-5 morceaux, la réponses est « oui » !
    Il a fallu attendre « Des illusions » (album Free For Fever) pour sentir la salle en osmose avec le groupe. Après ça, tout le monde sautait partout, ils ont fini torse nu, Yarol a traversé le public en plein solo, Marco et Niktus nous ont montré qu’ils restaient d’incorrigibles stage divers, Krichou nous a gratifié d’un excellent « mama krié » aux percus…
    Bienheureux ceux qui les verront d’ici quelques dates quand tout ça se sera (re)mis en place…

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  • « J’aime le yaouuurt sur la bouche des fiiilles… »

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