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Interview   

Final Light : Cult Of Perturbator


C’est devenu une marque de fabrique : le Roadburn Festival est un créateur de rencontres et de collaborations fascinantes. La dernière en date : celle entre James Kent, l’homme derrière le projet Perturbator, et Johannes Persson, le leader de Cult Of Luna. Une rencontre improbable… ou peut-être pas tant que ça quand on connaît leurs univers respectifs et qu’on constate le naturel du résultat. Chacun est fan de l’œuvre de l’autre, mais ça ne suffit pas : il faut qu’une alchimie se crée, et force est de constater qu’entre James et Johannes, ça a tout de suite collé. Conçu à l’origine en deux mois pour être produit sur scène lors du Roadburn 2020, Final Light a finalement profité de la pandémie pour parfaire ses six premiers morceaux qui constituent le premier album, pour enfin le présenter au public cette année, accompagné des batteurs Mehdi Thépegnier et Dylan Hyard.

Alors que le premier était en vacances à Seattle et le second chez lui en pleine préparation du dîner pour ses enfants, nous avons interrogé James Kent et Johannes Persson pour en savoir plus sur le projet, son approche, son processus, mais aussi la personnalité des deux musiciens qui, là encore, se rejoignent sur bien des points.

« Même si la musique qui ressort de Cult Of Luna et de Perturbator est loin d’appartenir au même style, l’approche et l’attitude envers la composition et ce que nous essayons de capturer sont très similaires. Ce sont deux formes différentes de la même approche. »

Radio Metal : Vous avez joué Final Light pour la première fois au Roadburn il y a quelques semaines : comment ça s’est passé ?

James Kent (électronique) : C’était génial ! Ça s’est plutôt bien passé pour un premier concert de ce projet. C’était assez irréel au départ parce que ça faisait deux ou trois ans que nous travaillions sur ce projet, mais le fait d’enfin pouvoir le présenter en live était très agréable et même cathartique d’une certaine façon. Je pense que nous avons tous les deux apprécié.

Johannes Persson (chant & guitare) : Jusqu’au concert, en tout cas pour moi, il y avait beaucoup de… pas d’anxiété, mais il y avait clairement un stress, mais quand nous sommes enfin montés sur scène, c’était comme ce cliché à propos de faire du vélo. Ce n’est qu’à la moitié du concert que je me suis rendu compte que je n’avais pas fait ça pendant deux ans. Mais oui, c’était une expérience extraordinaire. Ça s’est beaucoup mieux passé que je ne l’avais imaginé.

James : J’ai ressenti la même chose avant le concert, car ça faisait un petit moment aussi que je n’en avais pas fait. Il est clair que durant les deux ou trois premières minutes sur scène, j’étais très stressé, mais c’est vite revenu.

En fait, Final Light n’est pas tout à fait la première rencontre entre Perturbator et Cult Of Luna, vu que James, tu as fait un remix de « Cygnus ». Johannes, est-ce ainsi que tu as découvert Perturbator ?

Johannes : Alexis [Sevenier], notre manageur et cher ami, m’avait fait écouter la musique de James avant, et je suis tout de suite devenu un énorme fan, sans aucun doute. D’habitude, je ne suis pas un grand fan de remix, mais quand on m’a demandé ça, j’ai dit : « Oui, pas de problème » et James s’est vraiment approprié la chanson. C’était comme écouter la musique d’un autre musicien. Nous étions très contents de faire ça, mais à ce stade, nous ne nous étions pas encore parlé. Nous nous sommes rencontrés bien plus tard.

James : J’étais fan de Cult Of Luna bien avant de créer Perturbator et je me souviens que quand on m’a donné l’occasion de travailler sur ce remix, j’étais fou de joie, car je voulais en faire ma propre version et c’est un vrai plaisir de travailler sur un groupe qu’on adore. Même si je ne suis moi-même pas fan de remix – je n’en fais pas souvent –, celui-ci était spécial. Après ça, nous nous sommes rencontrés à Stockholm lors d’un concert de Perturbator.

L’histoire de Final Light a commencé en 2019, quand Walter Hoeijmakers du Roadburn t’a contacté en te proposant de faire une prestation spéciale. Qu’est-ce qui t’a fait penser à Cult Of Luna ? Question subsidiaire : pourquoi avoir travaillé avec Johannes en particulier et pas d’autres membres de Cult Of Luna voire tout le groupe ?

J’ai tout de suite pensé à Cult Of Luna parce que, tout d’abord, notre première rencontre avec Johannes était encore assez fraîche dans notre esprit. J’étais donc dans une phase où je réécoutais pas mal d’albums de Cult Of Luna que j’aime. Je trouvais ça intéressant de mélanger ce son heavy post-metal avec de l’électronique. Je me disais que ça pourrait créer quelque chose d’assez original et que ce serait mieux que si je travaillais avec un autre musicien électronique, par exemple, ce qui aurait été un peu plus attendu. Je trouve aussi que Cult Of Luna a beaucoup de talent quand il s’agit de créer et développer des atmosphères, or c’est quelque chose que moi-même j’aime beaucoup faire dans ma propre musique. Ça a tout de suite fait sens. Je me suis décidé en à peine quelques minutes. Pourquoi Johannes en particulier ? Parce que c’est le leader du groupe, si je ne me trompe pas, mais aussi je crois que les autres membres n’étaient pas complètement disponibles à l’époque. Si ça avait été possible, j’aurais travaillé avec tout le groupe, j’aurais adoré.

Johannes : Je ne veux pas parler à ta place, mais quand nous avons passé deux ou trois heures ensemble à Stockholm, nous avons parlé de musique et de notre approche de la composition. Même si la musique qui ressort de Cult Of Luna et de Perturbator est loin d’appartenir au même style, l’approche et l’attitude envers la composition et ce que nous essayons de capturer sont très similaires. Ce sont deux formes différentes de la même approche. Quand nous avons traîné ensemble, nous avons réalisé que nous avions la même approche et le même mode de pensée avec la musique. Je pense que ça aide. C’est le problème quand on collabore et qu’on commence à travailler avec des gens qu’on ne connaît pas : on peut aimer ce qu’ils font, mais si on n’aime pas la personne, le résultat ne sera pas bon.

« Si nous voulions essayer de créer quelque chose de très bon, il fallait que nous restions sur nos terrains respectifs. Pourquoi voudrais-je écouter, je ne sais pas, Radiohead faire du hip-hop ? Ou peut-être que je voudrais, en fait [rires]. »

Final Light est vraiment la rencontre de deux univers artistiques différents : avez-vous facilement trouvé un terrain d’entente pour que les deux s’harmonisent plutôt qu’ils entrent en collision ? Ou bien est-ce que cette « confrontation » faisait justement partie de l’excitation ?

James : Ça a commencé avec une poignée de démos que j’ai faites et qui étaient assez simples. C’était plus pour montrer quelques mélodies. En gros, j’ai un petit peu changé ma manière de composer de la musique, mais pas énormément. Je voulais me concentrer sur des tempos plus lents et des synthés plus heavy que d’habitude, des choses moins dansantes, avoir moins de rythmes en quatre-quatre. Comme je l’ai dit, j’étais fan de Cult Of Luna, donc j’ai essayé d’imiter les structures des chansons de Cult Of Luna, qui sont longues et pleines de riffs différents. J’ai donc un peu modifié mon style d’écriture pour mieux coller à celui de Cult Of Luna. C’était mieux pour tout le monde car je pense que ça a peut-être été plus intuitif pour toi, Johannes.

Johannes : Je me souviens qu’il y avait deux ou trois chansons, je ne dirais pas qu’elles étaient terminées, mais au moins il y avait une structure sur laquelle je pouvais travailler. J’ai fait mes parties et j’ai essayé de trouver une manière de répartir du chant, des mélodies et ainsi de suite. Je dois saluer James pour son travail, car nous étions posés après, je crois, notre première ou seconde répétition, où nous n’avions pas arrêté de jouer les chansons, et il était là : « As-tu des riffs ? » et nous les avons enregistrés en salle de répétition. Quand je suis rentré chez moi, il avait commencé à assembler ces riffs pour en faire de vraies chansons, ce qui est très impressionnant. En fait, ça ne se faisait pas d’une seule façon, il y avait différentes approches suivant les chansons.

Quand on écoute l’album, on a vraiment l’impression d’entendre ce qu’on avait imaginé d’un mélange entre Perturbator et Cult Of Luna. Avez-vous délibérément voulu que vos identités respectives, y compris ton chant qui est très typique, transpirent clairement plutôt que de trop expérimenter ?

Mec, c’est tout ce que je suis capable de faire ! Je ne sais rien faire de plus. C’était assez drôle car quand les gens ont su pour la collaboration et n’avaient encore rien entendu, ils me demandaient : « Comment est-ce que ça sonne ? » Je disais que ça sonne comme un mélange de Perturbator et Cult Of Luna. C’est aussi simple que ça. Ça sonne exactement comme tu penserais que ça sonnerait. Je ne pense pas que ce soit une faiblesse, je pense au contraire que c’est une force d’avoir été capable de mélanger ces deux ingrédients et d’en faire quelque chose d’écoutable.

James : Oui, nos parties respectives, c’est ce que nous faisons le mieux. Je pense que ça aurait été trop risqué de trop expérimenter ou d’aller sur des terrains inexplorés, car au final, ça aurait peut-être sonné un peu maladroit. De même, nous n’avions pas beaucoup de temps pour faire ça – en tout cas, nous le pensions, car ensuite le Covid-19 est arrivé. L’idée était d’aller très vite droit au but et de se dire : « Ceci sonnera comme la collaboration de Perturbator et Cult Of Luna. »

J’imagine que c’était aussi tout l’intérêt du projet…

Oui. C’est probablement ce que les gens veulent entendre.

Johannes : Imagine si nous nous étions réunis et avions fait quelque chose de complètement différent, qui ne nous ressemble pas, si j’avais essayé de trouver de nouvelles manières de faire nos trucs… Enfin, on peut faire ça de son côté, mais je pense que si nous voulions essayer de créer quelque chose de très bon, il fallait que nous restions sur nos terrains respectifs. Pourquoi voudrais-je écouter, je ne sais pas, Radiohead faire du hip-hop ? Ou peut-être que je voudrais, en fait [rires]. Mais ils connaissent leur musique et l’apprécient, et ce serait étrange s’ils faisaient quelque chose de différent.

« Je travaille très vite, par salves très courtes. Je n’ai pas le temps de réfléchir. Ma vie ne me permet pas de prendre beaucoup de temps en ce moment et depuis les deux dernières années, donc il faut que je sois productif et que je prenne les choses comme elles viennent. »

Est-ce que vous vous êtes tout de suite entendus ou bien avez-vous eu besoin d’un peu de temps pour apprendre à vous connaître et discuter de la direction du projet ?

James : Ça s’est fait plus ou moins immédiatement, en fait. Encore une fois, quand on m’a commandé l’œuvre et que Johannes a dit qu’il était partant, je crois que nous n’avions que deux mois pour faire une heure de musique, ce qui est beaucoup. Je travaille assez lentement et j’aime prendre mon temps. Nous avions cette petite pression pour le faire vite. Nous avons dû très rapidement enchaîner, ce qui est bien à mon avis. Beaucoup de bonnes choses peuvent découler de ce genre de contrainte de temps.

Johannes : Personnellement, je ne travaille pas lentement. Au contraire, je travaille très vite, par salves très courtes. Je n’ai pas le temps de réfléchir. Ma vie ne me permet pas de prendre beaucoup de temps en ce moment et depuis les deux dernières années, donc il faut que je sois productif et que je prenne les choses comme elles viennent. Ceci étant dit, bien sûr, une chanson n’est jamais composée en cinq minutes. Il y a des discussions créatives et tout. Il y a clairement du temps pour ça, mais généralement, je sens la direction à prendre et j’y vais. Après avoir fait ça pendant autant de temps, j’ai l’intuition : « D’accord, je suis sur la bonne voie. » Le résultat ne sera pas exactement comme j’imagine, mais je trouve le moyen de le faire, donc je le fais.

James, dernièrement, non seulement tu as collaboré avec Johannes dans Final Light, mais tu as aussi fait un album en tant que Ruin Of Romantics avec Mehdi Thépegnier d’Hangman’s Chair. Te sens-tu seul parfois quand tu travailles en tant que Perturbator ? Ressens-tu le besoin de collaborations humaines en dehors de ton projet principal à cause de ça ?

James : En fait, oui. Ruin Of Romantics est un projet né de… Nous étions tous en confinement pendant la pandémie, donc c’est vraiment un « album Covid-19 », je dirais [petits rires]. Mais oui, ça fait du bien d’enfin se remettre à travailler avec d’autres gens, car quand j’étais en train de composer mon dernier album Lustful Sacrament, je me retrouvais dans cette sorte d’état d’esprit où je travaillais seul sur la musique. Tu n’as pas plein de retours d’autres membres du groupe ou je ne sais quoi. Ça vient avec une belle liberté artistique, mais on se sent effectivement très « seul ». Tu fais ton truc dans ton coin, et quand tu le sors, c’est genre : « Voilà quelque chose que j’ai fait tout seul. »

Johannes : J’essaye de m’imaginer dans cette situation. Ça ne me poserait pas de problème de faire ça, mais je serais… Je ne sais pas si « effrayé » est le bon mot, mais le fait est que tu n’as jamais de contrôle qualité. Enfin, tu as un historique qui prouve que tu es ton propre contrôle qualité [petits rires], mais personnellement, je serais vraiment flippé ! J’ai déjà suffisamment peur après avoir écrit un album : « Comment les gens vont-ils réagir à ça ? Est-ce que c’est bien ou c’est juste mon cerveau qui me joue des tours ? »

James : Oui. C’est exactement ce que je ressens parfois quand je travaille sur Perturbator. Est-ce que c’est bien ? Ou peut-être que c’est de la merde et qu’il n’y a que moi qui trouve ça super ?

Johannes : Evidemment, tu peux répondre à ce type d’interrogation en te disant que ce que les autres pensent n’a pas d’importance, mais si, ça a une importance. Peut-être que ce n’est que moi, mais c’est un sujet très délicat, car j’ai vraiment trouvé ma propre voix artistiquement parlant, pas seulement dans Cult Of Luna mais aussi dans d’autres groupes, quand j’ai arrêté de me soucier de composer pour d’autres gens et que j’ai commencé à composer pour moi. Ça ne veut pas dire que je m’en fiche, ce sont deux choses différentes. Bien sûr que ça t’importe, et ça t’importe d’autant plus quand tu es jeune. Ceci dit, je trouve ça très drôle de voir des fans de Perturbator avoir vraiment du mal avec le chant metal. Je trouve ça hilarant [rires]. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise manière de faire en musique, mais j’ai toujours ce manque de confiance en moi, même s’il s’est atténué avec le temps.

D’un autre côté, tu as cinq autres personnes dans Cult Of Luna sur lesquelles tester tes idées, et soit elles te rassurent, soit elles te disent si ce n’est pas bon.

Oui, mais il ne faut pas oublier que ces gens dans ce groupe sont des génies musicaux. Non seulement ils me disent quand mes idées sont merdiques, mais en plus ils les redéfinissent et les rendent bien meilleures qu’elles ne l’étaient au départ. Mais c’est une autre histoire.

« Il n’y a pas de bonne ou mauvaise manière de faire en musique, mais j’ai toujours ce manque de confiance en moi, même s’il s’est atténué avec le temps. […] Je savais que ce ne serait pas nul car James me sauverait probablement si je faisais de la merde. »

James, comment comparerais-tu la façon dont tes collaborations avec Final Light et Ruin Of Romantics ont fonctionné ? Etaient-elles très différentes ou bien y avait-il des similitudes dans le processus ?

James : C’était clairement différent parce qu’avec Ruin Of Romantics, la majorité de la composition venait de Mehdi et je le suivais, d’une certaine façon. Les structures principales viennent de Mehdi. J’ai seulement écrit deux ou trois chansons dans Ruin Of Romantics et pour le reste, j’ai surtout enrichi l’existant. Je travaille plus comme un membre de groupe voire un producteur. Alors qu’avec Final Light, il y a un peu plus de moi-même – beaucoup plus d’ailleurs – qu’avec un projet comme Ruin Of Romantics. Le processus était différent aussi, vu que la musique était différente. Tout a été fait dans mon home studio, alors que Ruin Of Romantics a été enregistré dans un studio d’enregistrement, et ainsi de suite. C’était donc assez différent, mais les deux ont été très plaisants.

Johannes, contrairement à James, tu es passé d’un groupe de six avec Cult Of Luna à un duo. A quel point c’était différent pour toi ? Qu’est-ce que ça a changé ?

Johannes : En fait, c’était très excitant. C’est probablement pourquoi j’ai immédiatement accepté, pas seulement parce que c’était James, mais parce que même si j’adore mes frangins dans le groupe, c’est clairement ma famille, parfois j’aime faire les choses différemment et essayer de nouvelles expériences. J’étais là, presque tout seul, mais assurément entre les mains sûres de James. C’était très excitant d’être davantage isolé, même si, encore une fois, je savais que ce ne serait pas nul car James me sauverait probablement si je faisais de la merde.

Dirais-tu que moins il y a de monde, plus le processus est facile, ou est-ce une idée fausse ?

Je ne pense pas qu’on puisse établir une règle générale, car tout dépend de la relation que vous avez. Avec la musique de James, comme on n’a pas besoin de répétitions acoustiques ou ce genre de chose de la même façon… C’est l’aspect qui fait que le travail est plus simple, car je peux me poser chez moi – d’ailleurs, précisément à cette table où je suis en train de préparer à manger pour mes enfants – et enregistrer des ébauches. Je fais aussi ça avec Cult Of Luna, mais c’est plus facile de saisir à quoi ressemblera le résultat final. Mais en ce qui concerne l’aspect collaboratif, c’est juste différent et il est très facile de travailler avec James. Je ne sais pas pourquoi nous n’avons eu aucun conflit créatif ou quoi que ce soit. Peut-être que tu as bon goût, comme moi [rires].

Les deux derniers albums de Cult Of Luna – A Dawn To Fear et The Long Road North – ainsi que l’EP The Raging River sonnent très organiques et chauds. Maintenant, avec Final Light, c’est presque l’opposé, car c’est froid et électronique. Dirais-tu que ces albums de Cult Of Luna et Final Light fonctionnent un peu comme un yin et un yang émotionnellement et psychologiquement ? La question vaut aussi pour toi, James, avec Lustful Sacrament que tu as délibérément voulu plus chaleureux…

James : Pour moi, oui. C’était bien de travailler sur un projet qui ne sonne pas comme… Ça sonne comme Perturbator, mais comme une incarnation différente de celui-ci. Lustful Sacraments est beaucoup plus organique et il va plus dans les mélodies et le côté chaleureux. Je me faisais vraiment une idée de Final Light comme étant à l’extrémité opposée du spectre, c’est-à-dire plus agressif et plus froid, un peu comme ce que j’ai fait avec New Model auparavant. C’est ce que je voulais faire, en gros. Faire que ça sonne un peu différent me paraissait être la bonne chose.

Johannes : Pour moi aussi. C’était d’ailleurs l’un des aspects les plus gratifiants du processus. C’est comme si j’avais un défouloir pour essayer de nouvelles choses… Pour être honnête, je n’y pense pas trop avec Cult Of Luna, mais nous avons vingt ans de passif à faire de la musique, ce qui veut dire que, que ça nous plaise ou non, nous ne pouvons pas repartir de zéro. Nous avons une discographie et, par exemple, nous ne pouvons pas faire un album de reggae. Alors qu’avec ça, je n’avais rien. Je pouvais essayer de nouvelles choses avec la guitare, de nouveaux sons. Sur la plupart des parties, le son de guitare est traité avec une sorte de chorus, de flanger, de reverb ou de delay. J’ai aussi utilisé du matériel différent qui me semblait mieux convenir à ce projet. Je crois que j’ai principalement enregistré avec ma guitare en aluminium, car ce son me paraissait être ce que nous recherchions – ce que je recherchais, en tout cas. C’est pourquoi j’ai voulu le traiter, pour essayer de créer quelque chose qui – je n’aime pas tous ces termes abstraits – s’éloignait d’un son organique, et faire ce que nous pouvons avec la technologie disponible.

« Je déteste écrire des paroles, c’est le pire truc qui soit au monde, mais je suis bien obligé de le faire. »

C’est drôle James que tu mentionnes New Model, car je crois que tu écoutais beaucoup de Cult Of Luna à l’époque…

James : Oui. Enfin, j’ai toujours écouté beaucoup de Cult Of Luna, mais New Model était de ces albums pendant lesquels j’écoutais beaucoup de Nine Inch Nails, Cult Of Luna, etc. C’est mon album qui sonne le plus industriel, et c’est mon album le plus froid et électronique. J’ai beaucoup appris en composant celui-ci et j’ai eu une nouvelle appréciation pour différents types de structures de chansons et de sons qui s’écartent des vieux sons de synthétiseurs des années 80, en allant vers des choses plus modernes.

Johannes, tu as mentionné ta guitare en aluminium et il se trouve que Final Light rappelle un peu l’album Vertikal, surtout avec un morceau comme « It Came With The Water » : vois-tu un lien entre Final Light et Vertikal ? Penses-tu que ce sur quoi tu as mis le doigt avec Vertikal, tu l’as davantage développé avec Final Light ?

Johannes : Pour être tout à fait honnête, j’ai utilisé certains matériels identiques sur les deux albums pour cette raison particulière, avec un son plus expérimental sur l’album de Final Light. C’était assez rafraîchissant de revenir à cette approche en termes d’enregistrement, en se focalisant sur le fait de faire sonner les guitares et tout comme des machines, de manière très non humaine. Il y a plus de dix ans, nous avions une tout autre approche de notre composition, donc c’était sympa de pouvoir la revisiter.

James : Pour ma part, Vertikal est mon album préféré de Cult Of Luna. J’aimais le fait que dans Vertikal, il y a une mélodie récurrente qu’on retrouve dans la plupart des morceaux, or c’était un peu l’idée principale que j’avais et que je voulais mettre en pratique dans Final Light également. J’aime aussi le son de cet album, il sonne vraiment ample, très spacieux, comme une ville animée, mais à la fois avec un grand sentiment de solitude. J’aime ce côté très dystopique. C’est l’atmosphère que je voulais créer quand j’étais en train de faire certains des morceaux de Final Light.

Vertikal était très inspiré par le film Metropolis, or il se trouve que les sons que vous utilisez dans Final Light peuvent rappeler un peu les BO de films tels que New York 1997 ou Blade Runner. James, penses-tu que combiner ceci avec l’éloquence de Johannes pouvait accentuer le côté cinématographique ? Et est-ce que ça t’a poussé, Johannes, vers un côté plus cinématographique, justement ?

Oui. C’est clairement la raison pour laquelle j’ai voulu travailler avec Cult Of Luna et Johannes, pour ce coup de main que nous avons tous les deux quand il s’agit de créer des atmosphères et des humeurs qui sonnent très, comme tu dis, cinématographiques. J’utilise plein de sons qui étaient utilisés dans Blade Runner, par exemple, et Vertikal était effectivement inspiré par Metropolis, donc deux films qui sont très film noir, dystopiques, un peu science-fiction. Je trouve que ça donne une couleur intéressante à l’album. Ce n’est pas un terrain inexploré pour moi, c’est quelque chose sur lequel j’ai travaillé de mon côté avec Perturbator et sur lequel Cult Of Luna a travaillé pour Vertikal aussi. Ça faisait donc parfaitement sens d’amener également quelques éléments cinématographiques dans Final Light.

Johannes : J’ai toujours adoré la narration. Très distinctement depuis notre second album jusqu’à aujourd’hui, nos albums ont été composés comme une forme d’histoire. Ce n’est pas uniquement lié aux sons cinématographiques ou qui créent un paysage sonore ou peu importe, ils n’ont pas été développés ainsi par hasard, c’est parce que nous avons délibérément essayé de raconter une histoire avec la musique. Je fais la même chose maintenant. J’ai une grande gueule, j’adore raconter des histoires, j’adore intriguer les gens, je le fais avec de la musique et je le fais avec des films. Ne me demandez pas quel genre de personne je suis, je ne sais pas, je fais juste ce que je fais parce que j’aime le faire. Est-ce que c’était une suffisamment bonne réponse ? Je ne sais pas. Je pense qu’à ce genre de question ma mère répondrait mieux que moi, en fait, car c’est dur d’expliquer des choses qui sont instinctivement bonnes pour soi. Quand je ressens que c’est ce que je veux faire, que c’est mon approche de la musique, pourquoi ? Je ne sais pas. C’est dur à dire, mais si tu demandes à ma mère, peut-être qu’elle aura une réponse liée à mon enfance qui explique pourquoi je suis comme je suis, genre elle m’a trop souvent fait tomber par terre… [rires].

Donc tu es en train de dire que, peut-être, la prochaine fois, je devrais plutôt interviewer ta mère ? [Rires]

Peut-être pas [rires].

« J’ai peut-être l’air heureux, mais la plupart du temps, je suis en colère contre quelque chose. Si tu me laisses parler suffisamment longtemps, je vais finir par vraiment m’énerver contre à peu près n’importe quoi. »

« In The Void » ou le morceau titre ont des passages avec des beats un peu EDM, qui est quelque chose d’étranger à Cult Of Luna : comment est-ce que ça a changé ou influencé ta propre approche ?

En rien ! Je veux dire que je ne pense pas en ces termes. Je me contente d’écouter la musique et de m’y identifier. Je sais ce que fait James et j’adore, je suis un énorme fan. Ce ne sont pas des paroles en l’air, c’est vrai ! J’écoutais encore Perturbator l’autre jour. Donc je savais où je mettais les pieds et à quoi m’attendre. Je comprends que les journalistes veulent des réponses élaborées à propos du processus et tout, mais la réponse simple, c’est : j’écoute et je fais des choses. C’est très instinctif. J’ai dépassé le stade où je réfléchissais trop aux choses. Ça fait si longtemps que je fais ça que je sais ce dont je suis capable et ce dont je ne suis pas capable quand je suis hors de ma zone de confort, et là ce n’était pas le cas. Enfin, évidemment, la première fois que tu écoutes un morceau, tu n’arrives pas à trouver la structure, tu es là : « Oh, bordel, comment vais-je pouvoir faire quelque chose avec ça ? » Puis tu réécoutes, tu décomposes et tu essayes de décrypter. Comme les chansons sont longues, il y a toujours moyen d’utiliser des outils pour entretenir l’intérêt des auditeurs, et je dois comprendre comment il a fait et comment je peux l’amplifier. Ensuite, je me contente de faire des trucs. Finalement, nous en parlons assez longuement, peut-être que tu avais raison, peut-être que j’y ai un peu réfléchi [rires].

James : D’un autre côté, je ne qualifierais pas forcément ces rythmes d’EDM. Je veux dire que si tu parles des motifs de batterie rapides, je crois que ceux-ci sont aussi très courants dans le metal. On peut souvent les entendre dans différents types de musique. C’est juste que nous utilisons une palette de sons différente, mais on pourrait aussi qualifier ça de sons industriels. Je pense vraiment qu’il s’agit moins de : « Est-ce que cette section sonne comme un morceau d’EDM ou plus comme un morceau de metal ? » que d’un ensemble et de la manière dont Johannes est parvenu à s’intégrer où c’était nécessaire. Parfois, il y a une partie où on a seulement besoin d’un synthétiseur ou d’une batterie ou peut-être qu’il ne faut pas mettre de chant ici et en mettre ailleurs. C’est très intuitif. C’est plus quelque chose que l’on construit à partir d’une vue d’ensemble. Chaque partie n’a pas besoin d’accueillir la contribution de tous.

Le dernier morceau « Ruin Of Decay » est la grande pièce de l’album, mais malgré la lourdeur, l’obscurité et la colère, on peut ressentir comme une forme de retenue ou de maîtrise de soi. En l’occurrence, même s’il y a une sorte de crescendo, on n’atteint pas les hauteurs d’intensité légendaires pour lesquelles Cult Of Luna est réputé avec ses fins. Etiez-vous soucieux de ne pas trop en faire ?

Je trouve que c’est assez intense [rires]. Pour moi, ce morceau est l’apogée de l’album. Le tempo est plus rapide que dans la plupart des morceaux et il se développe progressivement pour aboutir à la fin plutôt que de donner tout de suite un énorme riff. J’aime faire ça. J’aime le crescendo, mais je pense qu’il aboutit là où il devait aboutir. Nous aurions pu rajouter plus de mesures au morceau et le rendre encore plus bruyant et abrasif, mais j’aime la façon dont ça se termine. Ça va assez droit au but. Personnellement, je ne cherchais pas à ce que ce soit accablant.

Sur le plan des paroles, Johannes, tu as dit que tu étais plein « de colère et de haine » : penses-tu que Final Light est arrivé à point nommé pour évacuer toutes ces émotions obscures ?

Johannes : Je ne sais pas si c’est arrivé à point nommé. Le truc, c’est que je déteste écrire des paroles, c’est le pire truc qui soit au monde, mais je suis bien obligé de le faire. Ce qui a été une expérience intéressante est que dès les premières répétitions que nous avons faites, après le premier jour, ça s’est tellement bien passé que je me suis dit : « Maintenant je connais ces chansons, je suis prêt à faire du chant, mais je n’ai rien pour aller avec. » Les paroles peuvent prendre une éternité pour moi, car vraiment, je déteste ça. Ce n’est pas dur en soi d’écrire des paroles, parce qu’il s’agit juste d’écrire des mots, mais pour ma part, j’ai… Je ne dirais pas un haut niveau d’exigence, ça me ferait passer pour un trou-du-cul, mais je veux pouvoir trouver un rythme. Je veux que les paroles que j’écris se tiennent sans la musique, ce qui veut dire que c’est assez dur à écrire. Je ne suis pas un écrivain. Je veux dire que je suis plutôt doué quand il s’agit d’écrire de la musique, mais je suis un parolier médiocre. Donc je suis revenu chez moi après les premières répétitions et j’ai réalisé : « Merde, il faut que j’écrive des paroles. » J’ai donc bûché dessus et durant cette période, j’étais en colère, j’étais furieux pour différentes raisons. Je pense que ça se ressent. Ceci étant dit, toutes les paroles n’ont pas été écrites dans cet état d’esprit, mais certaines, clairement.

« Je n’ai pas peur d’utiliser la haine comme moteur. Plein de gens disent qu’on ne devrait haïr personne, bla, bla, bla. Je hais plein de gens et plein d’idées. La haine n’est pas forcément une mauvaise réaction ou un mauvais sentiment. »

Qu’est-ce qui te rendait aussi furieux à l’époque ? Je crois que tu avais mentionné une personne toxique, narcissique et folle à laquelle certains de tes amis avaient affaire…

Oui, je maintiens ces mots. Je n’ai pas envie de lui donner la satisfaction de savoir que je m’énerve à ce point, mais elle m’a effectivement énervé. Soit dit en passant, ça ne parle pas de ma femme [rires].

C’est donc une femme ?

Apparemment, oui.

Est-ce que toute la colère de l’album vient de cette personne ?

Ecoute, j’ai peut-être l’air heureux, mais la plupart du temps, je suis en colère contre quelque chose. Je crois que c’est ma femme qui a dit que je suis la personne heureuse la plus en colère au monde, et c’est vrai. Si tu me laisses parler suffisamment longtemps, je vais finir par vraiment m’énerver contre à peu près n’importe quoi. Ce n’est pas comme si le monde ne m’offrait aucune raison de l’être, donc…

La colère fait-elle partie de ta motivation pour faire de la musique ?

Ça fait partie de moi et je n’ai pas peur d’utiliser la haine comme moteur. Plein de gens disent qu’on ne devrait haïr personne, bla, bla, bla. Je hais plein de gens et plein d’idées, et je pense que beaucoup de gens devraient faire ça et se reconnaître là-dedans. La haine n’est pas forcément une mauvaise réaction ou un mauvais sentiment. Ce n’est pas une grande part de moi, mais c’est clairement une part de moi. Ce genre d’émotion extrême… Il n’y a pas que la haine. Il m’est déjà arrivé d’être ému aux larmes quand j’étais sur scène. Honnêtement, il m’est arrivé d’être là à jouer des chansons avec mes collègues du groupe que je connais depuis plus la moitié de ma vie et d’être tellement ému que j’ai commencé à pleurer sur scène. Quand tu joues de la musique, tu montes sur scène et tu t’exprimes, en tout cas pour ma part, tes sentiments sont poussés à leurs extrêmes et c’est ce que j’utilise.

Est-ce que ça t’aide d’évacuer cette haine et ces émotions extrêmes au travers de la musique ?

Je ne sais pas. Je n’ai encore tué personne ! Donc je suppose [rires]. Non, c’était stupide. Je ne suis pas une personne violente, donc je ne sais pas. Ça fait longtemps que je fais ça et ça fait partie de moi. J’imagine que ça doit aider. Sans doute.

Est-ce qu’il y a quelque chose comme ça pour toi aussi, James, qui sert un peu de moteur pour faire de la musique ?

James : Je suis plus ou moins comme Johannes. J’estime être une âme sensible. Quand je suis content, je suis très content ; quand je suis énervé contre quelque chose, je suis très énervé. La plupart du temps, j’ai une vision négative du monde et de ce qui s’y passe. Ça me pousse à mettre ça sous forme musicale d’une façon qui me plaît, donc la plupart de mes albums sont assez nihilistes et pessimistes. Je ne sais pas si ça fait du bien ou si c’est mal, mais je suppose que ça crée des albums intéressants.

Le projet s’appelant Final Light, il y a cette idée d’être au bord de l’obscurité, avec très peu d’espoir qui subsiste : doit-on comprendre que c’est votre sentiment quant à l’état du monde, quant à ce qu’on a tous vécu ces deux dernières années, et ce qu’on continue à vivre maintenant avec la guerre en Ukraine, etc. ?

Ça pourrait être interprété ainsi. Ça pourrait aussi être une référence aux expériences de mort imminentes, aux gens qui disent avoir vu la lumière au bout du tunnel. Il peut y avoir de nombreuses significations différentes.

Avez-vous vécu une expérience de mort imminente ?

Non [rires].

Johannes : J’ai connu des situations où d’autres gens en ont vécu, ce qui en soi est assez effrayant, mais pas moi personnellement, heureusement.

« La plupart du temps, j’ai une vision négative du monde et de ce qui s’y passe. Ça me pousse à mettre ça sous forme musicale. Je ne sais pas si ça fait du bien ou si c’est mal, mais je suppose que ça crée des albums intéressants. »

Quelles sont vos croyances sur l’au-delà ?

James : Rien [rires].

Johannes : L’obscurité. Enfin, pas exactement, l’obscurité est le mauvais terme parce que ça implique que quelqu’un doit en faire l’expérience. Je pense qu’on va finir exactement là où on était avant de naitre.

James : Exactement. Je pense la même chose. C’est rien. C’est le vide.

Johannes : J’ai commencé à davantage penser à la question et honnêtement, ça me fait beaucoup plus apprécier la vie. Car j’ai été élevé dans la religion et, même si je n’ai jamais été croyant, j’ai toujours dû m’identifier à de telles questions. Tout ce que je peux dire, c’est que c’est une bonne façon de traiter la vie comme si c’était la seule qu’on aura, car ainsi, avec un peu de chance, on l’utilisera au maximum de son potentiel.

Pensez-vous que la perspective d’une vie après la mort, surtout en termes de religion, empêche les gens de vivre leur vie ?

Surtout, ça les pousse à tuer d’autres gens car ils pensent qu’ils seront récompensés. Je trouve que ça craint. Si tu veux obtenir de la haine de ma part, s’il te plaît, ouvre la porte d’une religion [rires].

James : Je suis très anti-religieux. Je trouve qu’on devrait se débarrasser des religions, pour plein de raisons.

Vous avez composé et enregistré ensemble à Paris avant le début de la pandémie, mais au final, le Roadburn Festival de 2020 où vous deviez vous produire a été repoussé. Était-ce une frustration pour vous ou un soulagement parce que maintenant vous aviez plus de temps pour peaufiner la musique ?

Il y avait un peu des deux. C’était frustrant au début, parce que nous avions travaillé dessus et nous voulions le jouer. Mais ensuite, le confinement nous a permis de peaufiner certaines chansons et d’ajouter plus de détails. Nous avions plus de temps pour parfaire les morceaux et transformer ce qui pouvait sonner comme une démo en une chanson plus étoffée.

Johannes : Soyons honnêtes, c’est James qui a fait ça. Il est revenu et, de toute évidence, il avait travaillé et peaufiné les chansons. Parfois, quand tu peaufines, tu le fais pour toi et tout le monde ne s’en rendra pas forcément compte, mais il a vraiment… Dans certains cas, il a ajouté des choses assez intéressantes et parfois c’était plus subtil, mais il y avait clairement d’énormes améliorations dans les chansons. Elles n’étaient pas mauvaises avant, mais c’était bien mieux maintenant. Pas contre, ça a pris une éternité à les réapprendre [rires], mais c’était mon problème.

On peut sentir que cette collaboration était pour vous deux un nouveau terrain de jeu bienvenu pour légèrement changer vos habitudes. Est-ce que cette expérience change maintenant la façon dont vous appréhendez et approchez vos projets principaux ?

James : Pas vraiment, pas pour ma part. Le truc, c’est qu’avec Perturbator, j’ai commencé à vouloir du changement. A chaque fois que je fais un nouvel album, je veux changer mon approche, je veux essayer quelque chose de différent. C’est donc ce que je vais faire, dans tous les cas. Le prochain album de Perturbator sera différent et je vais prendre des petits bouts de ce que j’ai appris avec Final Light et tout le reste, y compris mes autres projets parallèles, pour faire encore une fois quelque chose de différent, si je peux.

Johannes : Tout ça, généralement, ça se passe inconsciemment. Je suis comme tout le monde. Je suis un produit de mes précédents projets et de mes précédentes expériences, donc une fois que j’ai fait quelque chose de nouveau, il est clair que ça me change. Comment ? Je ne sais pas, mais Final Light a été et est toujours un nouveau projet très excitant auquel je ne m’étais jamais imaginé prendre part. Si j’ai appris quelque chose, je suppose qu’il faudra attendre de voir. En fait, nous avons composé le dernier album de Cult Of Luna après Final Light, donc je ne sais pas, vous jugerez vous-mêmes si j’ai appris quelque chose ! J’ai bien osé faire des choses à la guitare sur Final Light que je n’aurais pas osé faire sur un album de Cult Of Luna avant, mais que j’ai faites sur le dernier ; j’ai utilisé beaucoup plus de reverb sur des parties où je n’en aurais pas mis normalement, juste pour que ça sonne plus gros et gras.

James : Personnellement, je n’ai encore rien composé depuis Final Light, donc je ne pourrais pas dire exactement, mais j’apprends à chaque fois que je fais de la musique. Je suis certain que ça ressortira d’une façon ou d’une autre dans mes œuvres futures.

Quel genre d’avenir peut-on attendre pour Final Light ? Voyez-vous ça comme une expérience ponctuelle ou pensez-vous faire plus de représentations live voire d’albums ?

Johannes : Je suis partant !

James : Moi aussi. Nous avons tous les deux des emplois du temps chargés. Mehdi qui a joué la batterie pour Final Light durant le Roadburn a également un emploi du temps chargé. Mais si les étoiles nous sont favorables, je suis clairement partant pour faire d’autres concerts, et même un autre album. Pourquoi pas ? Je trouverais ça intéressant. Mais à notre rythme.

Mehdi pourrait-il rejoindre le projet ?

Peut-être, pourquoi pas ? Rien n’est gravé dans le marbre. L’idée serait intéressante.

Johannes : Il faut aussi mentionner Dylan [Hyard], et ces deux gars ont fait un boulot formidable aux batteries. Comme ça faisait longtemps que James et moi avions travaillé ensemble, et que maintenant, à chaque fois que nous avons travaillé, ces gars étaient avec nous, j’ai l’impression qu’ils sont une partie intégrante de ce que nous faisons. De même, ce sont des mecs super sympas avec qui traîner, ce qui est presque plus important que le travail sur scène. Je veux travailler avec des gens avec qui j’aime traîner.

Interview réalisée par téléphone le 27 mai 2022 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.

Site officiel de Perturbator : perturbator.com
Site officiel de Cult Of Luna : www.cultofluna.com

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