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Metalanalyse   

Finntroll : la fête à pas de géant


En Scandinavie, le Troll n’est pas une affaire de comptines enfantines : c’est une tradition ancrée dans la mythologie nordique qui a bravé les années et ressurgit dans notre époque moderne à travers les arts. Tolkien l’a ressuscité dans Le Hobbit et Le Seigneur Des Anneaux, les jeux de rôles et jeux vidéo l’ont consacré, les films (l’épique Troll Hunter) s’y sont également mis… la musique ne pouvait que suivre. Et c’est un moyen qu’ont trouvé les Scandinaves d’utiliser le patrimoine culturel pour se marrer entre adultes.

Depuis 1997, Finntroll ne plaisante pas avec la tradition finlandaise, puisque leurs textes parlent essentiellement de légendes et de contes entourant le roi troll fictif Rivfader et de trolls combattant contre l’invasion chrétienne de leurs terres afin de répandre leur croyance. Sujet en apparence sérieux pour ne surtout pas se prendre au sérieux.

Car le mélange de Humppa (sorte de Polka traditionnelle finlandaise) sur fond de guitares Death autour d’un chant aux consonances Black de Finntroll a un côté diablement festif. Il y aurait pourtant de quoi être sombre car deux des anciens membres du groupe sont décédés ces dernières années. Mais le ton reste pourtant à la célébration des légendes scandinaves dans une atmosphère des plus orgiaques, invitant les convives du festin à se régaler autour de titres au groove très nordique.

Et le cadre de ces célébrations n’est pas confidentiel. En effet, ces Finlandais, qui ont choisi de chanter en suédois pour des raisons de sonorités de langue plus adaptées, ont flirté régulièrement avec les sommets des charts dans leur pays d’origine, notamment lors de la sortie de Jaktens Tid en 2001 (20e position) ou de Nifelvind en 2010 (8e). Les incessants changements de line-up n’ont pour autant pas empêché Finntroll d’inspirer des groupes tels que Turisas, Korpiklaani ou Wintersun dans leurs émoluments Folk, et de sortir six albums et deux EP en une grosse quinzaine d’années de carrière. La clé réside peut-être dans divers emprunts à des styles musicaux autres que la pure tradition Folk finlandaise, puisque que les albums sont jonchés d’inspirations venues du Ska, de la Salsa, de la musique Celtique ou du Klezmer (musique traditionnelle juive d’Europe de l’Est).

Et presque étonnamment au vu de la variété des genres approchés, le tout garde une cohérence entière au sein d’un univers musical propre à Finntroll. Une patte unique qui explique sûrement en partie la longévité du groupe et que l’on retrouve dans Blodsvept, un album peut-être plus mélodique que les précédents, même si le guitariste Mikael « Routa » Karlbom s’en défend dans une interview donnée récemment : « A un moment, nous avions peur que les chansons ne soient pas assez mélodiques. Puis nous avons craint qu’elles deviennent trop mélodiques. Alors nous les avons laisser reposer pendant un moment et les avons façonné d’une manière telle que le non-mélodique pouvait être fredonné, et les titres plus Pop soient plus agressifs. » Une forme de compromis donc, entre les racines sombres Black Metal et une constante volonté d’ouverture vers d’autres formes d’expression. Dès le premier break Folk à la guitare acoustique du titre éponyme introducteur, Finntroll va faire virevolter son auditoire dans tous les sens, le perdre dans une sorte de méli-mélo Folk-Indus aux relents de musique de jeux vidéos dans « Ett Folk Förbannat », dérider la Humppa sur « När Jättar Marschera », emmener son monde dans un furieux délire de Trolls perdus dans un Western sur « Rösets Kung », ou tremper du Rammstein dans une sauce scandinave des plus affriolantes avec l’étonnant « Skövlarens Död ».

Les mélanges apparaissent improbables mais la recette est éprouvée et le Groove constant enrobant les titres fonctionne à plein régime. L’esprit est finalement éloigné des traditionnels groupes de Folk Metal scandinaves, et le clavier, un poil Kitsch au premier abord, prend tout son sens au fur et à mesure des écoutes, apportant cette touche entraînante et synthétique qui lie le tout et emmène le Troll se fendre la poire au XXIe siècle. Car l’univers du groupe est à l’image de ces créatures du Folklore nordique dont il conte les aventures : d’apparence impressionnante et à la puissance redoutable, son côté grotesque apporte une touche comique suffisante pour le rendre au final terriblement attachant. Dans Finntroll, la dure écorce Metal saute vite pour laisser place à un noyau des plus rieurs .

Album Blodsvept, sortie le 25 mars 2013 chez Century Media



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  • c’est un Ep ou un Album?

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    guigui14

    je retire ce que j’ai dis.

  • Punaise je l’attends de pied ferme celui-ci 🙂
    Et un passage à Paris le 12 mai, suivi d’un Hellfest.
    Que du bonheur !

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