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Interview   

Five Finger Death Punch va droit au but


A l’heure où un certain nombre de groupes choisissent l’option de l’EP plutôt que de l’album pour affronter au mieux la crise du disque, Five Finger Death Punch a lui pris une direction totalement différente, puisque c’est un double album qui voit le jour, dont les deux disques sortent à trois mois d’intervalle. The Wrong Side Of Heaven And The Righteous Side Of Hell réunit ainsi dans ses deux volumes vingt quatre titres issus de la ferveur créatrice des Californiens, à grands coups de titres power-rock au potentiel radiophonique certain, d’invités prestigieux mais aussi de solides morceaux très ancrés dans les sphères metalliques. Comme nous vous l’avions récemment décrit, à travers l’analyse du premier volume, les membres de Five Finger Death Punch n’ont pas pour habitude de se prendre la tête, mais d’aller droit au but ; un constat préalable que nous pourrons vérifier à travers la discussion que nous avons pu avoir avec Jason Hook, guitariste secondant le fondateur Zoltan Bathory, qui nous a expliqué sans fioritures quelques tenants et aboutissants de ce surprenant double-album en cette période de vaches maigres de l’industrie du disque.

L’élan créatif qui a donné lieu à une telle inspiration vient, selon Hook, de ce qui s’est passé avant l’enregistrement de l’album : « La différence, avec cet album, c’est que nous avons fait une préparation ; nous avons écrit en tournée l’année dernière. Alors quand nous avons dû débuter le travail sur le quatrième album, nous avions déjà huit ou neuf chansons faites. » La spontanéité qui ressort clairement sur le disque tant au niveau des plans sans complications que des textes plutôt directs s’explique par une genèse plutôt simple : « Le procédé d’écriture a été particulièrement rapide. Nous avons décidé d’écrire en continu, et avant que nous nous en rendions compte, nous avions écrit plus d’une vingtaine de chansons. » Et les Américains ne se sont pas embarrassés du problème d’avoir à faire un choix : « Nous avons décidé, au lieu de ne faire qu’un album, que nous pourrions peut-être tout sortir et faire deux disques. » Comment alors décider de l’ordre et de la répartition des titres sur les deux volumes ? « Nous avons essayé de répartir les chansons équitablement, pour que chaque album ait la même texture. Nous ne voulions pas avoir un album profondément différent de l’autre. Chaque album aurait le même poids et la même texture. » Dans une optique différente, donc de Stone Sour, par exemple, qui a récemment sorti un double-album dont les deux volumes procuraient une émotion différente.

« Nous croyons en la prise de risques et nous faisons des choses qui nous semblent nouvelles et excitantes. Il est impossible que nous puissions rendre tout le monde heureux tout le temps. »

D’ailleurs, étant donné que par moments, les deux groupes pratiquent un power-rock au rendu très proche, la double sortie récente de Corey Taylor et ses acolytes aurait-elle pu donner des idées au groupe ? « Non, pas vraiment. Je crois que c’est plus une coïncidence. » En tout cas, un double-album a aujourd’hui de quoi donner quelques sueurs froides au label qui héberge le groupe qui part dans une telle démarche. Cela a aussi été le cas pour EMI, qui ne s’attendait pas franchement à ça : « Je ne crois pas qu’ils étaient préparé à cela. Mais généralement, quand il s’agit de régler des choses avec le label, nous faisons comme bon nous semble, donc… » Five Finger Death Punch a au final réussi à leur vendre l’idée, en mettant tout de même leurs conditions : « La seule chose qu’ils demandaient était qu’ils voulaient que nous sortions les deux albums à deux dates différentes. Nous voulions les sortir le même jour. » D’où ces deux sorties avec trois mois d’écart, le temps, sûrement, de pouvoir assurer la promotion des deux opus. Avec une incidence en concert plutôt chronologique par rapport aux sorties : « D’abord, nous allons en quelque sorte nous attaquer au premier album, dont nous jouerons les chansons en premier. Et quand le second volume sera sorti, nous en jouerons quelques unes du second. »

L’une des particularités de ce double-album est la présence importante d’invités, allant chercher dans des domaines plutôt variés du metal : du culte chanteur de Judas Priest, Rob Halford, à l’icône féminine rock US actuelle, Maria Brink (In This Moment) en passant par le monument hardcore Jamey Jasta (Hatebreed) ou le rappeur Tech N9ne… Avaient-ils composé en prévision de toutes ces participations ? « Non, les chansons étaient pour nous-mêmes au début, et après coup nous avons commencé à réfléchir à qui pourrait chanter sur quoi. » L’un des duos vocaux les plus marquants est donc forcément celui sur le titre « Lift Me Up » avec le mythique Rob Halford, qui a rejoint le groupe, comme pour tout le reste, de la manière la plus simple possible, selon Jason Hook : « Cela a vraiment commencé quand nous avons écouté le titre pour la première fois, et que nous avons pensé qu’il sonnait un peu comme une vieille chanson de Judas Priest. Alors quelqu’un a lancé qu’on devrait demander à Rob Halford de chanter dessus. Et sans qu’on le sache, quelqu’un l’avait appelé, il avait aimé le titre et voulait le faire… » N’était-ce pas tout de même un peu intimidant de se retrouver avec cette icône du metal ? « C’était génial, c’est un gars super. C’est une sorte de légende dans la communauté metal, et c’était certainement un honneur de le rencontrer et de travailler avec lui. » Aux paroles très positives de ce single s’oppose un second opus dont les thèmes semblent plus sombres : « Cela a beaucoup à voir avec Ivan et là où il en est dans sa vie personnelle. Ivan écrit des choses réelles, donc c’est un reflet de ce qui se passe dans sa vie à ce moment. » On n’en saura pas beaucoup plus sur le contenu des paroles écrites par Ivan Moody, Jason Hook nous faisant clairement comprendre que ceci étant son domaine réservé et que l’écriture des paroles retracent surtout les expériences personnelles du frontman.

Il y a bien au moins un titre sur chaque album qui nous interpelle de manière originale : ainsi sur le premier volume, on a découvert cette version d’une chanson de LL Cool J avec en invité le rappeur TechN9ne. N’est-ce pas un peu risqué d’inclure un titre de tradition hip-hop alors que bon nombre des fans de metal montrent une forme d’aversion face à ce genre de musique ? « Nous croyons en la prise de risques et nous faisons des choses qui nous semblent nouvelles et excitantes. Il est impossible que nous puissions rendre tout le monde heureux tout le temps. » Et de toute façon, les Américains ne s’en inquiètent pas tant que ça : « Nous faisons ce que nous voulons. Et je crois que ce titre ressort comme quelque chose de nouveau. » Quant à la reprise de « House Of The Rising Sun », l’hymne folk américain dont l’interprétation la plus connue reste celle de The Animals en 1964, le guitariste n’était pas franchement emballé à l’idée de la faire : « Je n’étais pas vraiment pour la faire au début », nous dit-il en riant. « Mais je crois que cela s’est terminé en une reprise intéressante » Et pourquoi s’est-il montré réticent ? « J’aime écrire des chansons originales, si nous faisons une reprise, il faut qu’elle m’émeuve, quelque part. » Ce qui apparemment n’était pas le cas de ce standard américain. Résultat des courses ? « Ça va, ce n’est pas ma chanson préférée sur l’album, mais certaines personnes l’aimeront. » Et s’ils ne l’aiment pas, il leur restera toujours vingt-trois autres titres pour trouver leur bonheur…

Interview réalisée par téléphone le 28 août 2013 par Metal’O Phil
Retranscription, traduction et article : Amphisbaena

Site internet officiel de Five Finger Death Punch : www.fivefingerdeathpunch.com

Album The Wrong Side Of Heaven And The Righteous Side Of Hell Volume 1 sorti le 30 juillet 2013 chez Eleven Seven Music.
Album The Wrong Side Of Heaven And The Righteous Side Of Hell Volume 2, sortie le 19 novembre 2013, chez Eleven Seven Music.



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  • Ah ouais quand même. oO

    Merci je savais pas du tout ça, mais je me demande pourquoi un groupe comme FFDP n’a pas son propre studio.

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  • ben 5 titres coutent moins cher à l’enregistrement lorsque tu sais que certains studio se louent entre 3 et 5000 € la journée et que tu enregistre un morceau par jour voire en 3 jours quand tu fais du « genre » dream theater…..bon si tu fais du « genre ramones » effectivement tu peux enregistrer un 15 titres en 1 journée lol…..

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  • En quoi sortir un EP est moins coûteux qu’un album ?

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