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Chronique   

Flayed – Symphony For The Flayed


Après avoir fourni quelques saines et fortes sensations en live au public français (et d’ailleurs) depuis plus d’un an et demi, le premier album de Flayed, dont l’enregistrement avait commencé il y a plus d’un an, était attendu, ne serait-ce que pour sentir comment cette très bonne première impression pouvait se retrouver gravée sur disque. Projet né il y a trois ans, fondé par le guitariste Julien Gadiolet avec d’autres musiciens avant une refonte de l’équipe, existant en l’état actuel depuis 2013, Flayed ne donne pas dans le sens caché et joue dès les premières secondes la carte de la transparence : l’orgue seventies, premier à accueillir l’auditeur sur le « Sweet Coverage » d’ouverture, annonce immédiatement un hard rock à claviers à la Deep Purple – avec peut-être même un peu de The Who (cf. l’intro de « Who Are You ») – old-school, transpirant la jam-session. Traditionnel tout en étant indémodable.

Puis, très tôt, débarque le gros son, ample, avec toute l’artillerie de cordes et de percussions déployées en bloc autour de la couche de claviers qui, sans être noyée, se trouve absorbée pour faire partie d’un tout, mélange donnant sa couleur 70’s à l’ensemble. Puis arrive la voix de Renato, écorchée (« flayed » en angliche), mais aussi chaude comme le goudron de la route 66, qui ne dépaysera guère ceux qui le connaissent en tant que frontman de God Damn (issu de la même bande, le bassiste Charly est aussi relativement reconnaissable). En somme, du début à la fin, le terrain est archi-connu. Quand la sauce n’a pas un goût de Deep Purple, d’In Rock à Burn, le cuistot zieute vers un menu acédécien (« Machinefun »), quand on n’entend pas pousser une barbe texane digne d’un Billy Gibbons (ZZ Top) sur le menton du guitariste lors des titres les plus boogie (« Symphony For The Flayed », « Upside Down » et dans la première moitié de « Free Mind »). En fait, les surprises proviennent surtout du côté de la guitare lead tenue par Julien Gadiolet, via quelques solos épatants (« Don’t Cross My Property », « Superhero », « Upside Down ») avec parfois un petit plaisir caché à l’intérieur (« Son Of Sickness » ravira ceux qui jouaient déjà au plombier en pixels dans les années 80). Ou alors à la fin, lors du « Free Mind » final, mettant le paquet, versant dans la machine tous les ingrédients qui devaient rester sur la table (par exemple, cet a capella doublé d’une voix féminine), au point d’atteindre un niveau de lourdeur, voire de noirceur, inouï par rapport à l’ambiance générale de l’album.

Néanmoins, Flayed ne vise sans doute pas une très grande originalité. Pas de révolution en vue, ou alors celle représentée par le rock’n’roll lui-même, perpétrée par des musiciens qui le font vivre ainsi et, sans faire de manière, vous prennent par la main pour une séance de rock acrobatique (« Old Manners ») ou un tour de manège à fond de train, passant par quelques montagnes russes (les changements de rythmes d’un « Son Of Sickness ») marchant au groove et l’énergie mitraillée par cartouches régulières pour parer à toute baisse de régime. Comme l’indique le titre d’une de leurs chansons, Flayed a vocation à devenir une « machine à fun » dont la principale motivation serait de coller la banane (c’est rock’n’roll la banane !) à l’auditeur comme au spectateur en live. Seuls ceux qui refusent la moindre part de bonne humeur dans leur vie feront la moue devant une telle galette.

Ci-dessous le clip de « Machinefun » :

Album Symphony For The Flayed, sortie le 31 octobre 2014 chez Klonosphere / Season Of Mist.



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