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Interview   

Flotsam et Jetsam sont sur un bateau…


Flotsam And Jetsam, pour certains ce nom n’évoque rien, pour d’autres il résonne comme ces noms que l’on retrouve à côté d’une date dans les livres d’histoire. Tel 1515 – Marignan, les férus d’histoire métallique se souviennent de 1986 – Flotsam And Jetsam. Pourquoi 1986 ? Parce que c’est la date de sortie du remarqué Doomsday For The Deceiver, premier album sur lequel apparaît un certain Jason Newsted, débauché quelques mois plus tard par le géant Metallica. Et puis il y a les autres, ceux dont les yeux pétillent à la simple mention de ce groupe. Ceux qui se sont aventurés au-delà de la borne « kilomètre-historique ». Ceux qui écoutent encore avec un immense plaisir les albums de power-thrash acérés et imparables que sont Cuatro ou Drift, des perles oubliées qui ont pourtant tout du classique, de l’intemporel.

En 2011 Flotsam And Jetsam est toujours là, sans faillir ou presque. Car oui il y a bien eu des périodes de doute, des inégalités, des remaniements de personnel. Pourtant, le groupe de Phoenix a toujours su renaître de ses cendres et redorer sa parure. The Cold est le nom du nouvel album. Et quel album ! Mêlant puissance et subtilité, on en a entendu certains évoquer le nom de Queensrÿche à la sauce power-thrash, à raison. Fier d’une signature sur le label de l’ex-Korn Brian « Head » Welch et Nuclear Blast en Europe, Flotsam And Jetsam a pris tout le monde de court avec ce The Cold qui a fini par truster le haut de bon nombre de ces sempiternels classements de rédaction. Alors, n’ayez pas froid aux yeux, plongez-vous dans la discographie de ce groupe talentueux, en commençant – pourquoi pas – par cette dernière offrande.

En attendant, voici un entretien avec le sympathique Craig Nielsen, batteur de la formation depuis 1997, pour vous en apprendre un peu plus.

« On gâcherait vraiment le talent d’AK si tout ce qu’on faisait c’était de lui balancer des riffs lourds et du speed metal à la figure tout le temps. […] Il a une vraie voix, donc il faut composer des titres mid-tempo pour qu’il puisse utiliser toutes ses capacités et faire en sorte de le mettre en avant. »

Vous avez sorti un nouvel album, appelé The Cold. Vous l’avez apparemment composé et enregistré en grande partie entre 2008 et 2009. Cela a duré plutôt longtemps, mais penses-tu que vous aviez besoin de ça pour produire un album d’une telle qualité ?

Ça ne nous a en tous cas pas fait de mal. Ça n’était pas prévu comme ça. Ce délai de plus d’un an est dû au fait que notre ingénieur a été engagé par Brian « Head » Welch, le guitariste originel de Korn, qui a d’ailleurs fondé notre label. Il a fait un album solo et devait partir en tournée pour en faire la promo. A la dernière minute, il a demandé à notre ingénieur s’il voulait faire la tournée avec eux. On ne savait pas vraiment combien de temps ça allait durer et ça a pris plus de temps que ce qu’on pensait. On était content de travailler avec cet ingénieur, il savait exactement ce que l’on voulait, donc on était d’accord pour l’attendre. Mais du coup, ça a retardé notre travail. J’ai enregistré les parties de batterie de l’album il y a deux ans et demi. Une grosse partie des rythmes et des chansons a été enregistrée il y a un certain temps déjà. L’engagement de notre ingénieur prenait toujours plus de temps. Et puis, ensuite, il faut organiser le mixage et le mastering, et après il faut imprimer les pochettes et le reste… Et ensuite on sort l’album. Ça dure encore un an. Cela semble très long mais c’est comme ça que marche ce business.

Début 2010, tu as déclaré que The Cold sonnerait comme un album metal. Cela veut-il dire que tu regrettes que Dreams Of Death ne soit pas assez metal ?

Je ne dirais pas ça au sujet de Dreams Of Death. Je ne l’ai pas écouté pendant deux ans mais il y a quelques jours je l’ai de nouveau écouté dans ma voiture et je me suis rendu compte que je l’aime plus que jamais. Je crois que c’est un album metal. La majorité des chansons sur cet album est metal. Il n’y a que deux chansons qui ne le sont pas. « Bathing In Red » et le morceau instrumental sont plutôt lents, donc l’auditeur pense que l’album est lent, mais Dreams Of Death est en fait essentiellement un album metal. Je ne sais pas comment on définit le metal de nos jours mais pour cet album, on a voulu tirer partie de notre chanteur autant que possible. C’est ça qui compte, c’est notre chanteur. On gâcherait vraiment le talent d’AK si tout ce qu’on faisait c’était de lui balancer des riffs lourds et du speed metal à la figure tout le temps. Ce serait possible, mais pour quoi faire ? Il a une vraie voix, donc il faut composer des titres mid-tempo pour qu’il puisse utiliser toutes ses capacités et faire en sorte de le mettre en avant. Quand on a un chanteur comme ça, ce serait un gâchis de temps et de talent que de ne faire que du speed metal pour qu’il chante par dessus. Et puis, tu sais, ce ne serait pas assez stimulant et ambitieux pour lui. Il a le sens de la mélodie alors il faut qu’il en tire avantage. On essaie de garder ça en tête lorsqu’on compose, pour qu’on puisse proposer suffisamment de matériel rapide et mid-tempo.

L’album est produit de manière plus moderne, comparé à Dreams Of Death. Était-ce voulu ? Est-ce-que vous vouliez un album qui soit plus contemporain ?

Non, c’est tout simplement une question de timbre, c’est la spécialité de l’ingénieur. On n’est pas assis là, blasés, à enregistrer et mixer : on sait quand ça sonne bien. Si on se retrouve avec un mix qui sonne plus moderne, c’est un super bonus j’imagine, ça dépend de comment tu vois la chose. On n’a pas fait de réunion et décidé qu’on allait essayer de faire quelque chose de plus moderne. On espérait juste avoir un très bon ingénieur qui connaisse son matos et c’est exactement ce qu’on a eu. Il était super doué avec son matériel, il a apporté de super micros avec lui et de très bonnes guitares sur lesquelles il a fait jouer Mark. Il avait de supers idées aussi parce qu’il est également musicien. Il a fait des suggestions qui ont très bien fonctionné. C’était un plaisir de travailler avec lui. Quand il a mixé l’album, quand il l’a masterisé, eh bien, je suppose que l’album a pris une coloration, un timbre et une qualité de son modernes ; ce qui est, en ce qui me concerne, une bonne chose.

Flotsam And Jetsam est considéré en général comme un groupe de thrash metal. Mais d’un autre côté, vous ne vous limitez pas à un seul genre, on peut entendre beaucoup de power metal dans votre musique, un peu de grunge, un peu de gothique, et même quelques touches progressives… Penses-tu que les gens ont de nos jours tendance à trop catégoriser la musique, trop facilement, en particulier dans le metal?

Oui, je suppose que c’est le cas, parce que, quand j’étais jeune, il n’y avait encore qu’une seule scène metal. Il n’y avait encore pas de fragmentation. Si tu étais fan d’Iron Maiden, tu étais fan d’Ozzy Osbourne, de Slayer, tu étais fan de tout ce que tu pouvais trouver : il n’y avait qu’une seule scène heavy metal. Et tous ceux qui étaient fans de metal participaient, que ce soit pour un concert ou autre. On attendait pour acheter des tickets, on se les gelait en attendant que le guichet ouvre pour pouvoir y aller. Tu sais, il n’y avait qu’une scène metal. C’est vraiment dommage que tout soit si fragmenté de nos jours : le power metal versus le death metal et le black metal versus la vieille école… Toutes ces étiquettes ! C’est vraiment dommage. J’espère que cela redeviendra une scène unie un jour.

« Eric a une perspective différente parce qu’il était là lorsqu’on travaillait encore avec MCA Records et Elektra Records : on avait d’énormes budgets pour enregistrer et pourtant il ne s’est jamais fait d’argent. […] Tout le monde à part lui se faisait beaucoup d’argent. Et c’est vrai, les managers se font de l’argent, les agents se font de l’argent, tout le monde se fait de l’argent sauf toi. Donc il a tous les droits de se sentir comme ça. »

On a assisté à un véritable ballet de guitaristes dans le groupe l’an dernier. Ed Carlson a quitté le groupe en mars et a été remplacé par Michael Gilbert. Ensuite Mark Simpson a quitté le groupe et été remplacé par Ed Carlson, revenu pour l’occasion. Tout d’abord, pourquoi Ed est-il parti pour ensuite revenir la même année ? Est-ce que le groupe a été surpris par une telle décision ?

Non, Ed voulait faire des changements dans sa vie, il voulait arrêter de boire et de faire la fête. Il a déménagé au bord de la mer, en Californie, dans la maison de son frère. Il est sorti d’un paquet d’énergies négatives qui lui tournaient autour à Phoenix et il voulait prendre un nouveau départ. Être sobre faisait partie de ce changement. Quand tu es en tournée, c’est vraiment la dernière chose que les gens sont, « sobres ». Ça devient un véritable challenge de s’amuser dans un tel environnement, quand tu es le seul à ne pas faire ce que tout le monde fait. Il voulait prendre une pause et se concentrer sur ce qui était important pour lui et on lui a tous dit qu’on le soutenait. Quand Mark a décidé de quitter le groupe, c’était pour une toute autre raison. C’était plutôt pour profiter d’opportunités professionnelles qui se présentaient pour sa famille, qui lui donneraient une certaine sécurité pour le futur. L’économie aux États-Unis est vraiment très, très mauvaise en ce moment. Ce n’est pas comme il y a quelques années, quand on pouvait changer de travail tous les mois. Si tu jouais dans un groupe, tu ne te faisais pas de souci. Si tu perdais un job, tu pouvais toujours en trouver un autre. Ce n’est plus comme ça de nos jours. Si tu trouves un bon emploi, tu as tout intérêt à le garder. Voilà où on en est en ce moment dans ce pays. Ça devient vraiment effrayant. Mark a vu là une sécurité et a décidé qu’il était temps pour lui de se concentrer là-dessus et il a reçu tout notre soutien. On avait un show prévu à Mexico, on était déjà engagé, j’ai donc appelé Ed et je lui ai demandé s’il pouvait faire ces concerts. Il a accepté. Tu sais, c’est difficile de dire s’il va rester. Qui sait ? On a joué au Mexique le weekend dernier, il y a quelques jours. On s’est bien amusé et je ne lui ai pas mis la pression pour qu’il prenne une décision et qu’il me dise ce qu’il va faire pour l’éternité. Mais ce serait idéal s’il revenait. Donc, on va juste attendre de voir ce qu’il nous dira.

Au moment où Ed vous a quitté, est-ce que récupérer Michael Gilbert était pour vous un choix évident ?

Oui, bien entendu. Je veux dire, il vit à Phoenix et ce n’était pas la première fois qu’il revenait. On avait engagé Mike plusieurs fois pendant les quatorze dernières années, quand Ed était pris ailleurs ou ce genre de choses. Mike est déjà venu jouer avec nous auparavant. On a fait quelques concerts à Phoenix, lui et Kelly Smith sont venus faire une chanson ou deux aussi. Ce n’est pas comme si on ne lui avait jamais parlé en seize ans. C’était vraiment facile de l’appeler et de lui demander s’il voulait revenir et il le voulait bien entendu. C’est son héritage après tout, il a écrit beaucoup de chansons et beaucoup de gens ont découvert le groupe grâce à ses chansons. Notre carrière lui doit beaucoup, tu sais. Ce sont ses bébés et ce depuis le début. Donc, il avait très envie de revenir, il connaissait parfaitement toutes les chansons, il était dedans dès la première répet’. Je veux dire, il était vraiment préparé, donc c’était un choix évident.

Penses-tu que la chimie entre Ed et Mike est de retour, comme dans le bon vieux temps ?

Oui, je dirais qu’elle est de retour. Maintenant, il faut voir si Ed a envie de continuer. Mais la chimie est là.

Est-ce que ces changements de line-up ont eu un impact sur la sortie de l’album ? Je veux dire, nous avons vu très peu de promo jusqu’à présent, et en Europe, l’album sort six mois après la sortie américaine.

Tu sais, on n’avait pas d’accord en Europe. Il fallait qu’on décide de la date de sortie de l’album aux États-Unis bien entendu. Driven Music n’avait encore sécurisé aucun accord européen pour aucune de ses musiques, la nôtre inclue évidemment, ça a donc pris plus de temps. On a dû sortir l’album quand on le pouvait aux États-Unis, on ne pouvait pas attendre d’avoir un deal européen. Finalement, on a réussi à en avoir un mais le groupe n’a vraiment pas grand chose à voir avec ça, tout cela s’est fait entre Driven Music, notre label ici, et Nuclear Blast en Europe. On n’a jamais communiqué avec Nuclear Blast à ce sujet. Je ne sais pas pourquoi ils attendent pour sortir l’album, mais je ne suis pas contrarié. Je suis sûr qu’ils ont de bonnes raisons pour décider des dates de sortie de leurs albums. Mais on ne pourrait être plus satisfaits de Nuclear Blast que nous le sommes, on sait qu’ils sont une compagnie très respectée en Europe et très professionnelle. On est très contents de notre relation.

La chanson « Better Off Dead » est émouvante. Il y a un tel sens du désespoir dans la voix d’Eric qu’on ne peut qu’imaginer que cela vient d’évènements vécus. Quelle est l’histoire derrière cette chanson ?

C’est une question pour Eric, je ne pourrais pas vraiment te dire. Mais je peux te dire qu’il ne pense pas qu’il serait mieux mort. Il n’est pas suicidaire. Je pense seulement qu’Eric a tellement de potentiel vocalement. Il s’est beaucoup entraîné, il a travaillé de façon acharnée jusqu’à l’enregistrement de l’album parce qu’il chante aussi pour son petit projet de musique country mais également pour un projet avec Wiley (Arnett) de Sacred Reich. Donc, il a beaucoup chanté ces derniers temps et cela a été vraiment plus facile pour lui de creuser en lui et de trouver l’émotion requise pour que cette partie marche. Cela ne marcherait pas s’il ne la chantait pas avec tant d’émotion. Il faut qu’elle soit chantée comme ça pour qu’elle marche. Il a du talent mais je ne dirais pas que cette chanson vient d’un endroit profond en lui et qu’il ressent le sens de ces paroles. Je ne crois pas qu’il chante des paroles qui soient si personnelles. Il interprète la douleur d’autres personnes, je ne crois pas que ça soit sa propre réflexion. Mais je crois qu’il a mis tout ce qu’il avait dans cette chanson, ce qui n’est pas inhabituel quand tu le connais et que tu sais de quoi il est capable. On a joué à Mexico il y a quelques jours, on ne s’était pas vus depuis huit mois et il a chanté d’une façon tellement parfaite (rires), je ne pourrais pas le décrire ! Il me surprend à chaque fois avec ce qu’il est capable de faire. Mais je ne dirais pas qu’il a écrit cette chanson à partir d’une histoire personnelle.

« L’association avec Jason Newsted a été très positive pour notre groupe. Metallica a été élu au Music Hall Of Fame américain. […] Le premier groupe que Jason a remercié en direct à la télévision, devant Metallica, était Flotsam And Jetsam. Ça a été entendu et vu par des millions et des millions de personnes. Comment cela pourrait être quelque chose de négatif ? »

Avec toute la musique de qualité que le groupe a produit en vingt-cinq ans avec une constance remarquable, on s’attendrait à ce qu’il ait beaucoup plus de succès. Est-ce que le groupe a déjà remis son futur en question à cause de cela ? Je sais qu’Eric était démotivé à un certain moment : il a quitté le groupe en 2001 et a été remplacé par James Rivera pour cette raison, pour enfin revenir en 2004.

Eric a une perspective différente parce qu’il était là lorsqu’on travaillait encore avec MCA Records et Elektra Records : on avait d’énormes budgets pour enregistrer mais pourtant il ne s’est jamais fait d’argent. Donc Eric a le sentiment de s’être fait avoir mais Mark Simpson et moi, et Jason Ward aussi j’en suis sûr, on te dirait qu’on a une perspective complètement différente. On a rejoint ce groupe et même si on n’a pas eu le succès d’un Big 4 ou même d’un Big 8 ou peu importe où on veut nous mettre sur la liste, on peut quand même partir en tournée quand on veut, on a beaucoup de fans, on est « Album de l’année » dans des magazines importants, ce genre de trucs. Je ne sais pas si tu connais le Aardschok Magazine en Hollande. Ils vendent beaucoup de magazines, vingt-cinq ou trente mille par mois ou quelque chose de ce genre, et ils nous ont nommés « Album de l’année 2010 », au-dessus de tous nos pairs, Nevermore, Exodus, Death Angel, Overkill… Tous. Forbidden… Même Slash de Guns N’Roses. Tu sais, on fait carrière depuis toutes ces années et on sort un album qu’un magazine de cette taille considère comme numéro 1 pour toute cette année. Comment définis-tu le succès ? Je ne sais pas. Personne ne se fait vraiment beaucoup d’argent, même des groupes plus gros que le nôtre n’en font pas. On ne peut pas évaluer le succès avec l’argent qu’on a gagné en un an. Si tu as fait une tournée, tu as gagné un peu d’argent mais tu ne peux pas rester en tournée toute l’année. A la fin de l’année, fais tes comptes, tu ne peux pas en vivre, à moins d’être un très gros groupe, tu sais. Si le succès est défini par ça, j’imagine qu’on n’en a pas beaucoup. Mais on peut toujours partir en tournée, on peut quand même produire le prochain album. Puisqu’on parle de ça, on va produire notre prochain album après l’automne, dans ces eaux-là. Donc je trouve qu’on a du succès. Je ne sais pas ce que je pourrais espérer de plus ! Mais Eric voit ça différemment parce qu’il se souvient du temps précédant notre rencontre. Il avait le potentiel pour avoir le plus grand des succès et ça n’est pas arrivé de la façon qui lui avait été promise. Tout le monde à part lui se faisait beaucoup d’argent. Et c’est vrai, les managers se font de l’argent, les agents se font de l’argent, tout le monde se fait de l’argent sauf toi. Donc, il a tous les droits de se sentir comme ça. Mais je peux te dire que les trois gars qui ont été dans ce groupe pendant les quatorze dernières années ne voient pas les choses comme ça.

Mark et son influence et sa contribution ont de toute évidence été très importants pour le groupe. Peut-on dire qu’il a aidé le groupe à maintenir le cap lorsque les autres membres ont commencé à perdre la foi dans le groupe ? Au temps de l’album « My God », par exemple, il a été composé par lui essentiellement…

En fait, quand Mark est arrivé, cela a permis à tous les autres d’être paresseux. Ils avaient écrit toutes les chansons pour huit albums. Et puis Mark est arrivé : il avait toutes ces idées de chansons et tous les autres ont décidé d’être paresseux et de laisser Mark faire ce travail. Mais oui, sa contribution est la signature des deux ou trois derniers albums. Il a été une énorme contribution, cela va être difficile de le remplacer comme compositeur. Les prochaines chansons vont probablement sonner un peu différemment. Avec un peu de chance Mike Gilbert en écrira quelques unes et Jason Ward redeviendra un compositeur. Jason est un très bon compositeur quand il le veut et quand il le doit. Il a écrit presque la totalité de Cuatro et de Drift et j’aime beaucoup ces deux albums. Mes amis, ici aux États-Unis, adorent ces deux albums et tout ce que Jason Ward a écrit. Donc, on a deux compositeurs : Mike Gilbert a écrit toutes les chansons de nos débuts et Jason Ward, celles du milieu de notre carrière. On peut dire qu’on a déjà des compositeurs aujourd’hui. Mais ça va être dur de retrouver cette patte qu’on a eue sur les deux derniers albums. Ce qui est sûr, c’est que ça ne va pas sonner pareil sans Mark.

Un de tes collègues a été cité parlant de ton « éternelle détermination à maintenir le groupe uni et à jouer partout dans le monde. » Es-tu une telle force directrice, un tel moteur pour le groupe ?

Eh bien, je suis le manager, je m’occupe de tous les agents ou promoteurs de festival qui nous présentent des offres pour des concerts. Je m’occupe de tous les détails. J’ai commencé à m’en charger quand notre dernier manager s’est fait virer. Je suis définitivement le « tour manager », je ne sais pas si je peux me désigner comme business manager professionnel. Nous avons un business manager qui s’occupe de toute la comptabilité. Oui, je suis ce qu’on peut appeler un tour manager, je m’occupe de tous les détails pour les concerts, de A à Z. Je suis plus un tour manager qu’autre chose.

Flotsam And Jetsam est essentiellement connu par la majeure partie du public metal pour avoir été le premier groupe de Jason Newsted, ce qui représente en fait une très petite partie de l’histoire du groupe. N’est-ce pas un peu frustrant d’être connu pour ce genre d’anecdote plutôt que pour l’excellente musique que vous avez produite pendant toutes ces années ?

Non. Tu sais, MTV et VH1 ont des programmes spéciaux sur Metallica. Des réseaux importants de chaînes diffusent des biographies de Metallica et elles doivent toujours inclure l’histoire de Flotsam And Jetsam, ce qu’elles font à tous les coups. L’association avec Jason Newsted a été très positive pour notre groupe. Metallica a été élu au Music Hall Of Fame américain, je ne sais pas si tu es au courant. Ils ont appelé Jason pour qu’il fasse un discours. C’est la première personne qu’ils ont appelée pour faire un discours en direct sur scène, devant des millions de personnes qui regardaient, criaient ou peu importe. Le premier groupe que Jason a remercié en direct à la télévision, devant Metallica, était Flotsam And Jetsam. Ça a été entendu et vu par des millions et des millions de personnes. Comment cela pourrait être quelque chose de négatif ? Ça a clairement été positif. Des millions de personnes entendent ce nom, qu’ils n’auraient jamais découvert sinon, et tout ça grâce à cette histoire avec Jason Newsted qui date d’il y a vingt-cinq ans. C’est donc une bonne chose.

Est-ce que les gens s’informent sur le groupe grâce à ça ?

Oui, j’en suis sûr ! Je suis certain que si Jason Newsted parle en direct à la télé, et que des jeunes regardent, et qu’il dit : « je veux rendre hommage au groupe grâce auquel tout a commencé : Flotsam And Jetsam », si je suis un fan de musique et que Jason Newsted apparaît dans ma télé et rend hommage à un groupe nommé Flotsam And Jetsam, alors je vais faire une recherche sur eux sur Internet, pour sûr !

Interview réalisée par phoner fin janvier 2011.
Transcription et traduction : Sandra.

Site internet de Flotsam And Jetsam : flotsam-and-jetsam.com



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