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Live Report   

Flying Colors : L’orfèvrerie au service de l’efficacité multicolore


Steve Morse, vous connaissez. Deep Purple, facile. Mike Portnoy, vous connaissez. Dream Theater, ça va encore. Neal Morse ? Moins facile peut-être. Spock’s Beard. Dave LaRue ? Cela se complique encore un peu. Il est bassiste et joue avec Joe Satriani ou Steve Vai qui ne doivent pas employer de mauvais musiciens, vous en conviendrez aisément. Casey McPherson. Encore un peu moins ? Il est issu d’Alpha Rev, groupe de rock alternatif américain. Et tout ce beau monde de se réunir sous la bannière de Flying Colors, combo dont le second album Second Nature est sorti il y a peu. Patchwork, puzzle, supergroupe, énième lubie d’un hyperactif Portnoy, les idées de qualificatif ne manquent pas avant de franchir les portes de l’Alhambra pour ce concert un peu évènementiel au vu des pointures présentes et des quelques dates éparses que le groupe va donner. Mais comme de bons joueurs de foot ne forment pas forcément une bonne équipe, de bons musiciens ne forment pas forcément un supergroupe live.

Alors regardons cela plus en détail avant de porter tout jugement hâtif.

Artistes : Flying ColorsJohn Wesley
Date : 14 octobre 2014
Salle : Alhambra
Ville : Paris

John Wesley

John Wesley, guitariste américain qui affiche une vingtaine d’année de carrière au compteur, assure la première partie. L’homme a sorti en mars dernier son sixième album studio, Disconnect, dont la plupart des morceaux joués ce soir seront issus. Il offre une prestation musicalement agréable, dégageant un certain charisme même si la retenue et le calme restent de rigueur. John confiera, s’excusant presque, de ne pas trop parler ce soir car ils ont un temps limité et préfèrent jouer. Priorité logique à la musique pour la première partie même si John indiquera quand même se souvenir avoir joué à Paris il y a quelques années.

L’entrée dans la soirée se fait donc tranquillement et c’est un Alhambra bien fourni qui s’apprête à accueillir la tête d’affiche après avoir salué la première partie. Pendant le changement de plateau, un technicien est chargé d’installer ces caméras embarquées qui ont la faveur des sports extrêmes et de toutes les occasions désormais. Il y aura des images à dérusher tellement l’homme en installe ! Au minimum une par musicien et plus encore !

Mike Portnoy

Le premier titre joué par la tête d’affiche, ‘Open Your Eyes’, continue de nous emmener tranquillement dans cette soirée qui s’annonce plutôt douce et chatoyante. Flying Colors enchaîne avec le plus musclé ‘Bombs Away’ et sa voix parfois teintée d’accents qui rappellent Muse. Le groupe propose ensuite deux beaux titres de leur premier album. La mise en son est très bonne – même si un peu fort parfois sur la voix de Neal entre autres – et l’ambiance sur scène sent bon la décontraction et le plaisir. L’effet projet parallèle qui libère d’une certaine pression ? La belle ballade ‘The Fury Of My Love’ reprend l’exploration de Second Nature. « Do you have the latest album ? Do you know the song ? So do we !” s’enquiert Mike Portnoy. Le batteur sur lequel repose la majorité de l’animation scénique fait mine de pleurer. Il explique qu’il est triste car il s’agit de la dernière date de la tournée mais qu’il est heureux car Flying Colors est à Paris, date ajoutée assez tardivement manifestement. L’homme à la barbe bleue et Neal Morse assurent la communication avec le public. Amusant à constater comme il s’agit des deux musiciens placés en arrière de la scène. Pour autant, les autres sont loin d’être absents. L’ensemble dégage une belle présence, une belle percussion. Le public, connaisseur, apprécie.

‘A Place In Your World’ et ses airs de Deep Purple continue la soirée. Le titre est aussi très calibré radio américaine, dans ce que cette appellation peut avoir de meilleur. Le public scande des « hey ! hey » à l’invitation du batteur, bien agréable pitre devant l’Eternel. Dave LaRue peut montrer son aisance avec sa basse et son jeu au pouce sur un ‘Forever In A Daze’ magnifié en concert. Le solo de basse fera un bien fou aux oreilles ! Sur scène, il y a de la qualité d’exécution sans être démonstratif. Il y a une âme dans ce hard ciselé, taillé pour les radios FM. Ce titre remporte un succès mérité auprès du public.

Le souriant Steve Morse

‘One Love For Ever’ voit Casey et Steve offrir une belle introduction acoustique. Mike et Neal viennent sur le devant de la scène chanter aux aussi. C’est fun. Le morceau est très beau, nous ferait presque voir un arc-en-ciel, une multitude de couleurs, d’émotions. Des couleurs volantes, peut-être. Le temps pour Mike d’embrasser Casey, tout le monde reprend sa place pour une suite plus musclée du morceau. Quelles belles voix ! Le morceau offre vraiment une belle variété, une agréable dynamique avec un sacré passage instrumental où tous les musiciens se donnent à fond. Le public aussi qui applaudit le solo de Steve Morse.

Il est temps pour Casey McPherson d’occuper seul la scène pour un morceau de son groupe Alpha Rev. Et Mike d’expliquer que lorsqu’ils cherchaient un chanteur pour Flying Colors, il était en tournée écoutant de la musique quand il est justement tombé sur ce titre et qu’il l’a envoyé aux quatre autres leur disant « Ca y est, on a notre chanteur ! ». Et quand on entend la voix de Casey sur ce morceau, on ne peut que lui donner raison. De son côté, le vocaliste raconte l’histoire de cette chanson, quand il cherchait à monter un groupe, sans trop d’argent. Steve le rejoint sur scène pour souligner le titre d’une fragile ligne de guitare, puis Neal s’installe aux claviers suivi de Dave à la basse, Neal reprend le chant et le morceau offre une autre dimension, d’autres couleurs ! Et quel solo de Steve !

Les morceaux continuent à s’enchaîner, le public continue d’apprécier cette belle orfèvrerie. Tout au plus peut-on sentir peut-être un petit ralentissement dans le rythme sur un ‘Cosmic Symphony’, morceau plus « progressif ». Très léger. Le public, lui, restera concentré et motivé comme le montrent ses « hey ! hey ! » qui soutiennent ‘Mask Machine’. Sur ce titre, Mike et Steve iront de leur solo, assez courts pour être plaisant avant que ‘Infinite Fire’ clôture le concert en une explosion musicale saluée par les spectateurs. La présentation des musiciens met un terme définitif à cette soirée, sous une ovation du public.

De la joie et du partage

Comment ne pas être conquis par ce groupe, son enthousiasme, son plaisir, sa décontraction et surtout sa musique ? Patchwork, puzzle, supergroupe, énième lubie d’un hyperactif Portnoy, quel que soit le qualificatif qu’il vous plaira d’utiliser, ne ratez pas les prochaines apparitions des Flying Colors. Vous en sortirez assurément de belles couleurs plein les oreilles !

SetList Flying Colors :

Open Your Eyes
Bombs Away
Kayla
Shoulda Coulda Woulda
The Fury Of My Love
A Place In your World
Forever In A Daze
One Love Forever
Colder Months
Peaceful Harbor
The Storm
Cosmic Symphony
Mask Machine
——-
Infinite Fire

Live report et photos : Lost

A voir également :

Galerie photos Flying Colors.
Galerie photos John Wesley.



Laisser un commentaire

  • Moi qui étais frustré de les avoir manqués en 2012, j’ai beaucoup aimé ce concert ! On voyait qu’ils prenaient autant de plaisir que nous à être là et leurs chansons rendent vraiment bien en live. Voilà un supergroupe de qualité, d’autant plus que voir des stars comme eux se produire dans une petite salle c’est un privilège !

    Petite précision : la première chanson jouée s’intitule « Open UP your eyes ». ^^

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  • A chaque fois que Mike est de retour avec Neal Morse, c’est un régal. Et Transatlantic….En tout cas, ce fut un superbe concert, que du bonheur !

    [Reply]

  • Précisons que Wesley est le guitariste et secondes voix live de Porcupine Tree, avec qui il fait un boulot magnifique.

    Par exemple : https://www.youtube.com/watch?v=XRjZ_3ZLL_I

    Et Disconnect est vraiment bon 🙂

    [Reply]

  • j’ai eu la chance d’assister à ce magnifique concert. les musiciens étaient visiblement heureux d’être là et la qualité du son et bien sûr des musiciens m’ont fait passé une belle soirée avec des versions plus « métal » que les versions des albums

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