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Live Report   

Folle soirée mystique avec Zeal & Ardor


Surement l’un des concerts les plus attendus pour un des artistes devenus tout récemment le centre d’attention d’une scène assez particulière. Zeal & Ardor est effectivement l’un des projets les plus intriguant que l’on a pu entendre ces derniers mois (cf. notre interview), avec l’album Devil Is Fine comme première carte de visite. Ayant reçu l’attention de Corey Taylor ou encore Mille Petrozza qui a été vu portant un t-shirt à l’effigie du projet à la télévision allemande, on peut déjà prédire un bel avenir à ce one man band devenu groupe sur les planches, mené par le Suisse Manuel Gagneux et né de façon insolite lors de discussions sur un forum internet.

Alors pour notre plus grand plaisir, c’est au Glazart que l’expérience live aura lieu. Et pour accompagner Zeal & Ardor, ce sont trois formations françaises bien différentes qui ouvriront la scène, pour une soirée très éclectique.

Artistes : Zeal & ArdorPensées NocturnesPryapismeEdremerion
Date : 19 avril 2017
Salle : Le Glazart
Ville : Paris [75]

Edremerion

Pour démarrer les hostilités, un groupe de black metal, un peu plus conventionnel mais suffisamment efficace et passionné pour nous tenir en haleine. Edremerion est un jeune combo Lillois jouant une musique dont on peut avoir l’habitude dans le black metal, mais toujours avec cet aspect théâtral très poussé. Des corpse paints entièrement noirs et un chanteur rentrant fortement dans son rôle, s’enroulant le fil de son micro comme une corde de suicide, ou allant directement dans le public pour créer un plus grand contact avec la salle. Avec des textes qui traitent ironiquement de la bêtise humaine, plusieurs passages audio entre les morceaux nous font entendre des bribes d’interviews ou alors le chanteur s’adresse directement au public, notamment avant « Ambre Gris », abordant les matières fécales des baleines, utilisé pour la confection de certaines cosmétiques.

Pour la setlist, Edremerion joue tout d’abord un titre tiré de son dernier EP, Trou Noir Metal, tandis que le reste des chansons font partie d’un album que le groupe est en train d’enregistrer, et les titres que l’on a l’occasion de découvrir sont très prometteurs ! À noter qu’Edremerion a partagé une affiche avec Cobalt et Oranssi Pazuzu récemment à Roubaix : il semble donc que la jeune formation française soit très bien entourée pour ses concerts.

Setlist Edremerion :

Mort de Froid
Deûle
Ambre Gris
Lèpre
Déchets-Nés

Pryapisme

Pour enchaîner, sûrement le groupe le plus à la marge dans la programmation : Pryapisme. À mi-chemin entre le metal, la fusion et la techno sous acide. Et cela n’étonne guère lorsque l’on voit que le claviériste et l’un des guitaristes sont tous deux des musiciens de session pour Igorrr. Épileptique à souhait, un univers geek, une scène recouverte de clavier, d’ordinateur, de pédales, voilà le programme. Et pour mettre dans l’ambiance, un son venu directement d’une Gameboy se lance.

Une musique très avant-garde donc, dans sa manière de faire, partant parfois très loin. Plusieurs personnes dans l’assistance sont d’ailleurs là pour assister à la performance de Pryapisme. L’ambiance est bon enfant, avec Nils Cheville qui dialogue fréquemment avec le public. Le set se finit sur une reprise assez improbable (comme à peu près tout chez Pryapisme) de Modeste Mussorgsky et sa fameuse pièce : Une Nuit Sur Le Mont Chauve, puis le claviériste nous quitte sur une reprise du thème de Jurassic Park au piano, dans toute sa douceur.

Pryapisme réussi son pari : nous laisser devant la scène les yeux écarquillés, la bouche ouverte, à la fois très impressionné et ne comprenant pas vraiment ce qu’il s’est passé. La scène est très chargé et très statique, mais la diversité des morceaux et le choc que peut provoquer leur style sont si prenants, que l’on oublie cela. Et même lorsqu’un souci technique intervient, les musiciens savent rebondir en proposant une petite improvisation jazz entre basse et batterie. Un groupe unique, une ambiance déroutante et une forte envie de replonger dans la discographie des français.

Setlist Pryapisme :

Carambolage Fillette Contre Individu Dragon Non-décortiqué
Un Druide Est Giboyeux Lorsqu’il Se Prend Pour Un Neutrino
A La Zheuleuleu
Random Jean Vigo
C++
Futurologie Medley
Tau Ceti Central
Une Nuit Sur Le Mont-chauve (reprise de Modeste Mussorgsky)

Pensées Nocturnes

Plusieurs personnes étaient également là pour voir Pensées Nocturnes. Ce groupe qui s’était déjà essayé à la prestation live au Klub de Paris, fait ici son premier vrai concert officiel. Pas de promo, pas de producteur, pas de connaissance technique, c’est ainsi que le groupe se présente face à nous sur sa page internet. Ces clowns maquillés, muni de mégaphone, trompette et autre accordéon sont sur le point d’offrir un set assez unique.

Néanmoins, si visuellement Pensées Nocturnes propose quelque chose d’assez singulier, il ne l’exploite pas encore complètement. La force visuelle du groupe tient à leur maquillage ainsi qu’à la diversité des instruments qu’ils utilisent. Mais l’absence de lumière de façade et l’éclairage global trop faible ne permet pas d’apprécier à leur juste valeur les efforts du groupe pour nous emporter dans son univers. Des efforts qui sont pourtant bel et bien là, comme lorsque le chanteur se saisit d’un mégaphone pour communiquer avec son public, se mêle à la foule, joue de la trompette ou prend en main son micro typé années 50. Il y a un vent de nostalgie sur scène, d’une vielle époque de la chanson que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaitre. Le tout dans une musique black metal qui mélange des inspirations ska et parfois reggae, faisant souffler un vent frais et plutôt dansant sur le genre.

Si on remarque qu’au niveau de la lumière, la technique n’est pas le fort du groupe, c’est également le cas au niveau des instruments : il a fallu attendre plusieurs morceaux avant de se rendre compte que l’accordéon ne marchait pas. Mettons ceci sur le compte des aléas des premiers concerts. Toujours est-il que Pensées Nocturnes offre déjà une prestation assez unique en son genre.

Setlist Pensées Nocturnes :

Le Marionnettiste
Rahu
Monosis
2 Bals
Les yeux boiteux
L’Androgyne

Zeal & Ardor

On aura attendu un peu avant de voir Zeal & Ardor. Un court album, très concept, mais tellement addictif. Encapuchonnée, la bande que s’est construite Manuel Gagneux débarque sur scène pendant qu’un morceau d’introduction électro semblable à ceux de l’album se lance. Un environnement mystique se met en place et l’on est prêt à savourer l’heure de concert de ce projet ; une heure qui va passer très vite. Pour l’accompagner dans sa tournée, Manuel Gagneux s’est entouré d’un autre guitariste, d’une bassiste, de deux hommes pour les chœurs et d’un batteur. Les chœurs donnent plus d’âme à la musique, surtout qu’ils ont l’air de donner toutes leurs tripes ; une passion qui fait plaisir à voir. La setlist est forcément composée de la majorité des chansons de l’unique vrai album Devil Is Fine mais également de nouveaux titres écrits spécialement pour la tournée ; peut-être aurait-il pu dépoussiérer sa toute première autoproduction, totalement absente malgré certains morceaux qui valent le coup d’oreille.

Cependant, si le mysticisme est bel et bien présent, on est tout de même loin de la promesse d’une vraie expérience. Et le souci majeur du concert ne vient pas tant du groupe groupe que du public. Ce dernier parle assez fort entre tous les morceaux, criant des « oui ! » en cœur dans la salle, empêchant cette « expérience » de prendre vie. Ajoutons à cela des soucis de son de la salle, les conditions ne sont pas idéales pour profiter de cette première tournée de Zeal & Ardor.

Zeal & Ardor

Nous quittant sur une version un peu différente du studio de « Devil Is Fine », on ressort du concert en en demandant plus. L’allure très sérieuse des musiciens se dissipe à la fin, lorsque le leader trouve enfin son grand sourire et remercie chaleureusement le public. Un concert de Zeal & Ardor est l’occasion de voir un groupe à part, jouant des chansons que l’on ne retrouvera (peut-être) jamais après sur disque. C’est sans doute ça l’expérience de live unique dont parlait Manuel Gagneux. Mais la prochaine fois que ses chemins croiseront la France, on espère tomber sur un autre public que ce soir, plus en phase avec l’univers du combo.

Setlist Zeal & Ardor :

In Ashes
Servants
Come On Down
We Never Fall
Blood In The River
Row Row
Ship On Fire
Cut Me
Children’s Summon
Hold Your Head Low
Bury My Body
We Can’t Be Found

Rappel :

Don’t You Dare
Devil Is Fine

Report et photos : Matthis Van der meulen



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