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Interview   

Free Fall libère le rock


Avec les succès de groupes comme Rival Sons ou Graveyard, on observe un vrai retour au son des années 70. Un retour qui se fait d’ailleurs en parallèle de celui du thrash metal old-school typé 80’s. Deux tendances qui dénotent d’une volonté de retour aux sources, retour aux fondamentaux, retour à l’humain. Volonté que l’on peut voir aujourd’hui comme une mode, étant donné le nombre de jeunes artistes qui émergent aujourd’hui sous cette philosophie. Et comme toute mode, la surabondance et la médiocrité qu’elle entraîne peut se montrer lassante et exaspérante. Pourtant, pris dans la vague, parfois malgré eux, certains font encore preuve d’un vrai talent et de sincérité.

C’est le cas de Free Fall dont le premier album Power & Volume est une très belle surprise avec son hard rock tantôt fougueux, tantôt groovy et tantôt obscure. Autant les influences sont indéniablement à chercher dans les 70s autant on distingue déjà une belle personnalité dans la composition. C’est aussi ce que l’on devine dans le discours de Mattias Bärjed, guitariste du combo qui a débuté sa carrière musicale il y a déjà plus de vingt-cinq ans, qui n’aurait pas souhaité « vivre dans un autre temps et une autre période que maintenant. » Car, après tout, ce que Free Fall emprunte aux années 70, c’est surtout une manière de penser la musique, peut-être plus authentique et « libre » que ce à quoi le formatage et les méthodes de productions modernes nous ont habitué ces dernières années. D’où l’étiquette « freedom rock » que le groupe aime se coller, hérité du passé mais qui ne les empêchent pas d’avancer vers l’avenir.

On en parle ci-après avec Mattias Bärjed.

« Ça doit avoir un côté dangereux et de l’audace sinon ce n’est pas du rock’n’roll. »

Radio Metal : Vous avez récemment signé chez Nuclear Blast qui est un des plus importants labels de metal. En plus de ceci les avis sur l’album sont des plus enthousiastes. Est-ce que cela vous donne une pression ou, au contraire, est-ce que ça vous permet de vous détendre ?

Mattias Bärjed (guitare) : Moi et les autres dans le groupe sommes très satisfaits de la situation. Tout est arrivé rapidement : l’enregistrement de l’album, être signé, etc. Nuclear Blast fait du très bon boulot sur cet album et, bien entendu, nous sommes heureux des avis sur le groupe et l’album.

Le nom du groupe est Free Fall. Est-ce que jouer du rock’n’roll s’apparente à une chute libre, sans harnais de protection ?

Ouais. Ça doit avoir un côté dangereux et de l’audace sinon ce n’est pas du rock’n’roll. Mais ça n’a rien à voir avec ce style de vie que l’on appelle « vivre vite, mourir jeune ». Je n’ai jamais compris ça.

Sur votre page Facebook, dans la section « genre » il est spécifié « Freedom Rock ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Penses-tu que le rock a aujourd’hui perdu son sens de la liberté ?

Ho, ho, ça fait référence au sentiment que nous procure le fait de jouer avec Free Fall et nous transférons cette vive énergie à nos auditeurs. Ça a à voir avec la perte de soi, le fait de se laisser aller et laisser la musique t’emporter dans un endroit au-delà de l’espace et du temps. L’expression est venue d’une conversation que Ludwig Dahlberg (batteur) et moi avons eu lorsque nous écoutions de vieux albums de Van Halen. Il y a une telle énergie et un tel sentiment positifs et illimités dans ces albums que Ludwig a dit : « C’est du rock libre ». Ça nous a fait rire car c’est la description et le mot parfait pour décrire ce que nous voulons accomplir avec Free Fall.

L’album s’appelle Power & Volume. Est-ce pour toi ce qu’est le rock’n’roll ?

C’est juste une phrase qui sonne super bien. A l’origine, c’est une citation de Pete Townshend (ndlr : guitariste de The Who). Mais ouais, le volume est quelque chose de puissant et en allant à un concert tu dois ressentir la musique dans tout ton corps et dans tout ton organisme. Il faut que ça te touche. Ce n’est pas quelque chose de très intellectuel.

Certaines paroles dans l’album traitent des clichés du rock : jouer fort, la binouze et les femmes. Est-ce une manière de rendre hommage au rock’n’roll ?

Les paroles sont à propos de différents sujets. Comme tu l’as dit, certaines parlent de passer du bon temps et d’autres parlent des difficultés d’être un être humain et parfois c’est très dur.

Il y a un titre bonus sur l’album qui s’intitule “Yeah!!!” et c’est probablement le meilleur titre de chanson qu’on peut trouver. Peux-tu nous en dire plus sur ce titre ?

J’adore cette chanson. Elle a été écrite à la même répétition que « Change Coming » (qui s’appelait à l’origine « Train »). J’étais un peu frustré car je revenais d’une session de cordes avec un autre groupe et je voulais libérer une certaine tension et j’ai commencé le riff et les autres m’ont rejoint. Ça s’est passé pareil avec « Change Coming ». Et (rires) Kim (Franson, chant) raconte une histoire hilarante au sujet de son succès avec les femmes depuis qu’il est nourrisson jusqu’à maintenant.

Pourquoi ces deux titres ne sont que de simples titres bonus ?

Lorsque nous avons mis en place la liste et l’ordre des titres pour l’album, nous avons pensé que ceux que l’on retrouve aujourd’hui sur l’album sont ceux qui allaient le mieux ensemble. Mais nous aurions facilement pu échanger quelques titres pour y faire figurer « Yeah !!! » et ça aurait très bien fonctionné. J’ai toujours aimé les bonnes faces B et autre chutes de studio. Et je pense que ces deux titres font de très bons bonus.

« Ça ne sonnera jamais exactement pareil qu’il y a des années et ça n’a aucun sens d’essayer de copier ça. »

Votre musique possède un caractère très rock classique des années 70. En fait, on observe un retour de ce genre en ce moment, que ce soit en termes de musique ou de production, avec des groupes comme Rival Sons et Graveyard. Comment peux-tu l’expliquer ?

Je ne peux pas l’expliquer. C’est un concours de circonstances étrange qui se produit. Je crois que tous ces groupes considérés comme « rétros » font simplement ce qui est naturel pour eux. De toute façon, ça offre un bon équilibre à ce monde digital stressant dans lequel nous vivons.

Penses-tu qu’il y ait une sorte d’exaspération contre les productions modernes et le fait que la technicité et la perfection semblent avoir gagné plus d’importance au détriment du feeling pur ?

Ça peut être ça. La technologie peut facilement prendre le pas et compliquer les choses inutilement. Utilisées correctement, c’est super ce que peuvent offrir les possibilités techniques mais ça ne fait pas faire aux gens de la « meilleure » musique ou ça ne les rend pas plus créatifs. D’un autre côté, c’est très bien qu’il y ait des outils permettant d’enregistrer à la maison, etc. car ça rend tout plus accessible à tout le monde. Mais, encore une fois, ce n’est pas pour autant qu’ils feront de la « meilleure » musique.

Penses-tu que les gens, autant les auditeurs que les musiciens, commencent à se rendre compte que la manière dont la musique était faite dans les années 70 était, en fait, intemporelle ?

C’est la raison pour laquelle on écoute toujours de vraiment vieilles musiques folk, classiques, rock’n’roll, jazz, etc. Beaucoup sont encore pertinentes aujourd’hui comme elles l’étaient avant, car elles possèdent des qualités intemporelles.

Peut-on faire de la musique comme elle était faite il y a trente ou quarante ans sans nécessairement vivre dans le passé et tout en continuant à avancer ?

Complètement. Personnellement, je ne veux pas vivre dans un autre temps et une autre période que maintenant. Je pense qu’il est important que je fasse la musique que j’aime et qui vient de mon cœur. Et si tu es honnête et exprimes ce qui te tiens à cœur, ça touchera d’autres gens également. Ça ne sonnera jamais exactement pareil qu’il y a des années et ça n’a aucun sens d’essayer de copier ça. Mais, bien entendu, c’est une très grande influence pour nous et de nombreux artistes.

Beaucoup de groupes de hard rock ont émergés ces dernières années en Suède, et ça continue. Vois-tu ton pays comme une vraie nation rock ?

Il y a beaucoup de super musiques qui sont créées ici, c’est vrai. Mais je n’appellerais pas ça une « vraie nation rock ». Je ne sais vraiment pas ce que c’est. Ça me fait penser à Manowar et « mort au faux metal ».

« Nous allons continuer à jouer ce que nous aimons et Free Fall-domiser le monde ! »

Tu composes aussi de la musique, tu coaches des acteurs et travailles en tant que consultant sur une série télévisée (« How Soon Is Now »). Peux-tu nous en dire plus sur cette activité ?

J’ai commencé à faire des musiques de film en 2006 et How Soon Is Now a été la première production sur laquelle j’ai travaillée. C’est comme ça que j’ai rencontré Kim Franson la première fois. L’année dernière, j’ai travaillé avec le réalisateur Mikael Marcimain à nouveau sur un autre film, Call Girl, qui a été un très grand succès. J’ai aussi travaillé sur divers autres film et productions télévisuelles.

Est-ce que le fait d’écrire des musiques de film a une influence sur la musique que tu écris pour Free Fall ?

Oui, d’une certaine manière ça en a une. Dans Free Fall, nous écrivons ensemble mais lorsque je travaille sur un film, j’écris tout moi-même et ça inclut tout : des musiques et thèmes jusqu’à des chansons plus « habituelles ». Je pense que mon approche à l’égard de l’écriture musicale a été influencée par le fait que j’écris pour des films, dans le sens que j’essaie de sortir de la manière « correcte » d’arranger les chansons.

Tu sembles avoir été actif dans beaucoup de groupes depuis aussi loin que 1987. Comment cela se fait-il qu’aucun de ces groupes n’a perduré ? Excepté peut-être pour The Soundtrack Of Our Lives, mais, de ce que j’ai compris, le groupe a tout juste splitté l’année dernière…

Oui, Soundtrack (TSOOL) a joué son dernier show juste avant Noël 2012. Nous ressentions tous que nous avions accompli ce que nous avions à faire en tant que groupe. J’ai joué dans plusieurs groupes. Parmi ceux-ci, il y a Nymphet Noodlers (avec Jan Martens à la basse), Christ Couldn’t Come et Mindjive. Ce n’est qu’à partir du moment où j’ai commencé à jouer avec TSOOL que j’ai senti être à la bonne place. Je suis donc resté là et on a fait de supers choses ensemble. Mais maintenant c’est 100% Free Fall et durant tout le temps où j’étais dans TSOOL, je n’ai jamais abandonné l’idée de jouer avec Jan à nouveau.

Penses-tu que Free Fall est là pour durer ? Es-tu confiant concernant le potentiel du groupe ?

Même lorsque nous sommes morts, la musique est toujours là, donc oui, c’est là pour durer. Nous avons de supers nouvelles chansons qui arrivent pour notre prochain album et j’en suis très excité. Nous allons continuer à jouer ce que nous aimons et Free Fall-domiser le monde !

Interview réalisée par e-mail le 28 février 2013

Free Fall sur Facebook

Album Power & Volume sortie le 22 février 2013 chez Nuclear Blast Records



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  • monacapsi dit :

    je suis tombé sur ce groupe samedi dernier en écoutant votre radio, c’était la chanson « love bombing » et là ouaaahhh!!!! la révélation je n’ai pas eun d’aussi bonne suprise depuis que je suis tombé sur le premier album de the dévil’s blood…. franchement j ‘ai téléchargé l’album aussi tôt et j en suis réellement amoureux je ne fais que de l’écouter!! c ‘est trop démant!! le cd est commandé!! bientot un T-shirt…lol
    j’espère vraiment les voir en france prochainement

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