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Interview   

French Metal : 7 ans de partage


French Metal est devenu une référence dans la promotion des artistes français et francophones sur Internet. Depuis 7 ans maintenant, Pete milite pour la reconnaissance d’artistes émergents trop souvent oubliés des médias traditionnels. French Metal, c’est bien sûr un webzine mais également une compilation disponible tous les 6 mois. Justement la dixième compilation est intitulée « Songes et Cauchemars » et sortira dans quelques jours. L’occasion était donc toute trouvée pour discuter avec Pete de son actu, de l’Histoire de French Metal ou encore de sa vision du Hellfest, le premier festival de metal français.

Radio Metal : French Metal est un webzine qui traite de l’actualité du metal français avec quelques chroniques d’albums étrangers. Quand as-tu créé le webzine et peux-tu revenir sur son Histoire ? Pete : French Metal est né dans ma tête vers fin 2002. Je trouvais que la toile manquait cruellement de sites répertoriant les groupes de metal français, ce que j’ai essayé de changer en lançant l’annuaire « French Metal » en janvier 2003. Au bout de quelques mois, des groupes m’ont sollicité pour des chroniques et des interviews, ce qui n’était pas prévu au départ. Mais je me suis laissé prendre au jeu donc je me suis mis en quête de chroniqueurs et c’est ainsi que French Metal est devenu un véritable webzine. 7 ans après, nous sommes toujours là et avons élargi nos activités avec des compilations depuis 2005.

La compilation French Metal peut justement être considérée comme un passage obligé pour les artistes émergents français. Le webzine fait partie des précurseurs dans ce domaine. Comment en es-tu venu à proposer cela aux artistes ?

Merci ! Ma référence en la matière est la compilation « Brutale Génération » sortie en 1995 (Loudblast, Crusher, No Return, Proton Burst etc.). C’est elle qui m’a fait prendre conscience qu’il existait un formidable vivier dans notre pays et c’est aussi cette compilation qui m’a donné envie de soutenir la scène française à travers un tel projet. D’ailleurs, il n’y a jamais eu de compilation metal 100% français digne de ce nom depuis « Brutale Génération », hormis les compilations « Frenchcore » mais qui, elles, étaient plutôt axées « neo ». Les compilations restent un excellent moyen de faire découvrir des groupes pas toujours connus. C’est pour toutes ces raisons, et aussi pour proposer autre chose que du « virtuel » via French Metal, que je me suis lancé dans ces compilations. Un bel objet avec un livret détaillé : c’est toujours plus sympa que des mp3 rassemblés dans un fichier zip ou qu’une rondelle dans une pochette en carton !

Peux-tu nous décrire exactement comment cela se met en place avec les groupes ?

Il y a d’abord une première phase de « candidature » où tous les groupes peuvent librement proposer un morceau. Je reçois en moyenne entre 200 et 300 morceaux. Il y a ensuite la phase de « sélection » qui m’amène à ne conserver que 40 groupes (voire 60 lorsque je fais une édition spéciale). Le critère principal est la qualité de l’enregistrement. A ce moment-là, je commence véritablement à mettre en place la compilation. Chaque groupe sélectionné participe aux frais de conception, pressage, et de port à hauteur d’une certaine somme. C’est une sorte d’avance, car une fois la compilation fabriquée, quasiment tous les exemplaires sont dispatchés entre les groupes qui peuvent ensuite les vendre au prix souhaité sur leurs sites et lors de leurs concerts. Avec ce système, il n’y a aucun intermédiaire et personne n’est donc censé perdre d’argent. On peut résumer cela en disant que c’est du 100% « DIY », que chaque groupe est en quelque sorte producteur de la compilation et que je suis le « directeur artistique ».

Parfois on retrouve dans les compilations des artistes déjà confirmés (Samael, Destinity…). L’objectif est-il aujourd’hui d’élargir le spectre des artistes que vous mettez en avant et si oui pourquoi ?

Le public metal français s’intéresse très peu à ses propres groupes, je le savais mais je l’ai vérifié avec les premières compilations French Metal. Celles-ci comportaient très peu de groupes « confirmés » et ne suscitaient pas un grand intérêt. Pour corriger le tir, j’ai décidé au fil du temps d’incorporer quelques valeurs sûres qui servent ainsi de vitrine, car c’est exactement la même problématique que pour les concerts. Sans têtes d’affiche, ça ne se bouscule pas à l’entrée ! Les « gros » permettent aux gens de s’intéresser aux plus « petits » : il n’y a pas d’autres moyens de faire. Après, je ne te cache pas non plus que le fait d’avoir des groupes comme Samael ou Destinity donne beaucoup plus de crédibilité aux compilations French Metal. Les portes des medias s’ouvrent plus facilement. Mais pour autant, l’objectif premier est – et restera – de faire profiter au maximum les groupes « émergents ».



Pete : « La réalité est qu’il y a un certain nombre de groupes qui ne comprennent pas qu’avec un album sous le bras, et malgré un public fidèle aux concerts, ils ne parviennent pas à attirer l’attention des organisateurs. Et ils n’osent d’ailleurs pas manifester leur mécontentement publiquement de peur de se faire « griller » pour d’éventuelles prochaines éditions. »

La dixième compilation s’intitule « Songes et Cauchemars » et sortira en juin. Le rythme de sortie des compilations est d’environ 6 mois : quelle en est la raison ?

Voilà comment se décomposent précisément les 6 mois de battement : il y a d’abord 2 mois pendant lesquels je m’occupe essentiellement de la promo de la compilation qui vient de sortir. Ensuite, je m’attelle directement à la compilation suivante, et comme je te l’ai expliqué précédemment, il y a ces phases de « candidature » et de « sélection » qui prennent quasiment 2 mois. Il faut compter ensuite 2 autres mois pour faire le tracklisting, le design, le livret, le mastering en studio et enfin le pressage. Lorsque la nouvelle compilation est prête à sortir, il s’est ainsi écoulé 6 mois depuis la sortie de la précédente. D’autre part, je pense que 6 mois est une durée de vie normale pour une compilation, ça laisse le temps d’en faire une promo correcte et d’écouler le stock qui est de 1 000 exemplaires. A titre de comparaison, un album qui sort dans les bacs ne « vit » en moyenne que 3 mois et part directement aux oubliettes… sauf si le groupe en question a une actualité importante sur la durée. Ce qui est rare.


En termes de communication, as-tu une stratégie pour valoriser les artistes ?

Le moyen le plus efficace pour mettre en avant les artistes, ce sont les radios ! A chaque sortie de compilation, j’envoie un paquet d’exemplaires à plusieurs radios en leur laissant le choix des morceaux à incorporer dans leur programmation. J’ai souvent de bons retours des animateurs, ils font eux-mêmes de bonnes découvertes, et ont parfois des coups de coeur. Des groupes se retrouvent ainsi programmés alors qu’ils n’auraient certainement pas eu cette chance en envoyant directement leurs CDs. D’ailleurs, il arrive que des animateurs me disent « ah tiens, j’avais reçu le CD de ce groupe mais je n’y avais pas fait attention avant d’écouter leur morceau sur ta compilation ». Comme quoi ! Ensuite, il y a la presse écrite et Internet. C’est un peu le même principe, les artistes se font chroniquer à travers les compilations, et bien souvent les zines me disent qu’ils ignoraient l’existence de ces « bons » groupes ! Sinon il y a la publicité, je prends au minimum un encart dans un magazine metal en prenant soin d’y mentionner tous les groupes participant. Ca leur donne quand même une certaine visibilité.

Cette année tu as flashé sur certains groupes en particulier ?

Si on prend en compte les 5 premiers mois de 2010, je reste un petit peu sur ma faim mais les albums de Klone, Obnoxious, Yorblind et Destinity m’ont quand même bien scotché !

Après toutes ces années, as-tu des anecdotes particulières sur des albums ou artistes qui t’ont marqué et que tu as mis en avant via le site de French Metal ou la compilation ?

Dur à dire ! Rien qu’avec les compilations, j’ai déjà vu passer plus de 300 groupes et tous m’ont plus ou moins marqué à leur manière ! Je peux en revanche parler par exemple du groupe Mindlag Project qui a figuré sur la toute première compilation. Personne ne le connaissait hormis dans sa région et il a ensuite figuré de nouveau sur une compilation l’an dernier à l’occasion de son premier album. Dernièrement, il revient tout juste d’une tournée européenne avec Six Feet Under et c’est toujours plaisant de voir des groupes « grandir » à travers les compilations ! Sinon je peux aussi parler du groupe Bullshit Inc., un des premiers artistes à être apparu sur French Metal, mais aussi sur 2 compilations. Je l’ai ensuite fait signer sur mon label de l’époque, Schizophrenia Records, et aujourd’hui – même si le groupe n’est plus en activité – son batteur est chroniqueur chez nous et fait également les artworks des compilations !

Beaucoup d’artistes émergents se produiront au Hellfest 2010 cette année, notamment la veille du festival. Pourtant, à l’annonce des noms présents sur l’affiche, French Metal évoquait le manque de groupes français qui y figuraient. Penses-tu que le premier festival de metal en France a l’obligation de valoriser encore mieux la scène française ?

Je suis content que tu me poses cette question car c’est un sujet trop peu abordé à mon goût au sein des différents medias. La réalité est qu’il y a un certain nombre de groupes qui ne comprennent pas qu’avec un album sous le bras, et malgré un public fidèle aux concerts, ils ne parviennent pas à attirer l’attention des organisateurs. Et ils n’osent d’ailleurs pas manifester leur mécontentement publiquement de peur de se faire « griller » pour d’éventuelles prochaines éditions. Je le sais car je l’entends et le lis quasiment tous les jours. On peut les comprendre, d’autant plus que les « festivaliers » ne semblent pas plus perturbés que cela et semblent ravis de revoir Slayer tous les ans… Personnellement ça me dérange que le plus gros festival metal en France « zappe » de cette manière la scène française, en ne prenant pas énormément de risques au final. Attention, je ne dis pas « Cocorico » pour autant. La scène metal française, ce n’est pas comme le cochon, tout n’est pas bon. Mais à mon humble avis, cette année il y avait la place de mettre en avant au moins 5 ou 6 groupes supplémentaires. Par exemple que No Return, Tagada Jones, L’Esprit Du Clan ou Inhumate ne soient pas à l’affiche du Hellfest relève de l’anomalie tant ce sont des piliers dans leur genre en France. Ceci dit, je ne fais pas le procès du Hellfest, les organisateurs semblent très bien mener leur affaire… Je dis juste qu’en tant que fervent défenseur du metal français ça me fait mal au coeur de voir des groupes talentueux et hyper motivés se décourager ou s’exporter de force car les gros évènements nationaux se font sans eux… Mais tant mieux si l’affiche plaît à des dizaines de milliers de metalheads et que les rentrées permettent de pérenniser le fest. Business is business!

Aujourd’hui quels sont tes objectifs avec French Metal ? As-tu de nouvelles idées, de nouveaux projets ?

Pour faire simple, continuer à tenir correctement le webzine et à sortir régulièrement des compilations. Ca sera déjà pas mal ! On va essayer de tenir jusqu’aux 10 ans du site, ça serait une belle étape de franchie. On verra par la suite si de nouvelles activités pourraient apporter un plus pour faire connaître nos groupes au plus grand nombre ! En tout cas, merci à toi de m’avoir donné la parole, j’en profite pour saluer les auditeurs/lecteurs de Radio Metal et leur rappeler que sans un intérêt minimum pour leurs groupes locaux, ceux-ci disparaîtront les uns après les autres… Mais heureusement, il restera Slayer ! haha !

Interview réalisée par email en mai 2010
Site Internet : www.french-metal.com




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