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Live Report   

G3 : Cérémonie de la guitare sur seine


Juste après que Michel Sardou a fait ses adieux, La Seine Musicale, toute récente salle des environs de Paris, a accueilli les amateurs de guitare le temps d’une soirée. Joe Satriani revient en effet avec le G3 à travers l’Europe. Ce projet lancé par le guitar hero permet de mettre en avant plusieurs autres grands maîtres de la six cordes comme Steve Vai, Yngwie Malmsteen, Steve Morse de Deep Purple, Robert Fripp de King Crimson et tant d’autres. Pour cette tournée, Satriani emmène avec lui John Petrucci de Dream Theater et Uli Jon Roth, l’ex-guitariste de Scorpions.

L’occasion pour nous de profiter de morceaux rares en concert des répertoires solos des musiciens, dans une salle à l’acoustique irréprochable. Alors on entre dans ce grand bâtiment à la fière allure, et l’on s’assoit pendant que les fanatiques de l’instrument viennent se coller au premier rang pour prendre quelques photos des setlists et des guitares déjà disposées sur scène.

Artistes : G3 – Joe Satriani – John Petrucci – Uli Jon Roth
Date : 16 avril 2018
Salle : Seine Musicale
Ville : Boulogne-Billancourt (92)

Uli Jon Roth

Uli Jon Roth était passé nous voir il y a peu, également sur la Seine mais à Petit Bain. Changement de cadre ce soir avec une salle bien plus grande qui accueille le musicien. Si le premier morceau, « Sky Overture », nous montre un morceau issu de sa carrière solo, le reste de la setlist sera rempli par des morceaux de Scorpions. L’occasion de réentendre « Fly To The Rainbow » ou « The Sails Of Charon ». Une valeur sûre mais comme les autres artistes présents ce soir, on aurait aimé avoir un plus large aperçu de ce que Uli Jon Roth a fait en dehors de cet ère.

Mais ne boudons pas notre plaisir, surtout que l’homme n’est sur scène que pour trente minutes. Accompagné de son habituel groupe talentueux, le jeu d’Uli Jon Roth se rapproche bien plus d’une démarche expérimentale dans le jeu, à la manière de ce que Jimi Hendrix pouvait faire. Peut-être un peu moins de précision mais beaucoup d’impulsion et de passion. En tout cas, si on avait eu quelques réserves concernant le rythme du concert de maestro à Petit Bain, les trente minutes servis ce soir nous auront conquis, le tout paraissant plus rythmé, plus énergique.

Setlist :

Sky Overture
Sun In My Hand (reprise de Scorpions)
We’ll Burn The Sky (reprise de Scorpions)
Fly To The Rainbow (reprise de Scorpions)
The Sails Of Charon (reprise de Scorpions)

John Petrucci

Si Dream Theater prépare un nouvel album, on ne va pas empêcher John Petrucci de se faire plaisir. Réelle sensation dans le monde la guitare, sa précision – qui le ferait passer pour une machine – et son talent ne sont plus à prouver. Il est clair que les qualités de technicien du monsieur font pâlir bien des apprentis musiciens, et encore aujourd’hui, réécouter certains solos comme celui de « Train Of Thought » laisse bien rêveur. On a habituellement l’occasion de voir Petrucci sur scène avec un groupe majeur dans l’histoire du metal progressif, mais ici, on retrouve un trio très efficace, permettant d’apprécier en live le travail solo du guitariste. Mais aussi la possibilité de le voir nous parler, nous sourire, quelque chose d’assez rare en live. Le tout durant 45 minutes avec trois musiciens de grand talent. On se surprendra même à regarder particulièrement Dave LaRue (Fyling Colours, Steve Morse Band) à la basse doté d’un jeu plaisant et accompagné d’un son parfait.

Derrière les fûts, les fans de Dream Theater et de batterie ne pourront que se réjouir car il s’agit du batteur du groupe : Mike Mangini. Le line-up de ce soir promettait donc d’emblée une perfection absolue de jeu. Ce set sera définitivement plus orienté metal que les autres, et le premier titre « Wrath Of The Amazons » annonce de suite la couleur. Les riffs de Petrucci sont d’une grande efficacité et donnent envie plus d’une fois de libérer ses cheveux pour une séquence de headbang. Mais des morceaux comme « The Happy Song », ou le titre final « Glasgow Kiss », montrent aussi la sensibilité qu’il a au bout des doigts, car plus contemplatifs mais jamais ennuyeux. Satriani ne pouvait pas rêver meilleur guitariste pour l’accompagner en tournée, Petrucci combinant toutes les qualités que l’on pourrait imaginer pour un musicien. Souriant, talentueux, brut, doux et précis : le musicien a proposé au public parisien un grand set.

Setlist :

Wrath Of The Amazons
Jaws Of Life
The Happy Song
Damage Control
Glassy-Eyed Zombies
Glasgow Kiss

Joe Satriani

Retrouvons cette fois-ci le maître de cérémonie : Joe Satriani. Après deux grandes dates à l’Olympia pour ses deux derniers albums, il relance le G3 à travers l’Europe. C’est donc pour plus d’une heure qu’on aura la joie de profiter de la maîtrise de ce guitar hero. Jouant sans regarder son manche, parfois avec les dents, enchaînant les titres, tout cela peut paraître très rageant pour qui commence à apprendre la guitare. La setlist est fournie principalement de titres de son tout récent album sorti en janvier, What Happens Next. Notons tout de même un titre de l’album de 1992 The Extremist : « Summer Song ». Tandis que le reste sera évidemment tiré de Surfing With The Alien avec son tube « Satch Boogie ». Le plus long des sets de ce soir (1h15) passera avec une rare rapidité.

Tous les titres s’enchaînent de manière fluide et sans aucun accroc. Joe profite derrière lui d’une équipe en béton et de musiciens hors pair se laissant même quelques solos de basse, de guitare, de clavier, de batterie. Le charismatique guitariste se laissera même le loisir de jeter plusieurs médiators entre les morceaux dans le public assis, qui sera l’occasion d’une chasse au triangle en plastique tant convoité, en plus de tous ces fans qui viendront se mettre à genou devant la scène, sur le sol, afin de filmer au mieux leurs morceaux favoris. Mention spéciale pour ce fan à la main en mousse qui voudra avoir son high-five avec le guitariste et qui viendra crier sa passion pour la musique de ce dernier, juste avant de se faire écarter par la sécurité.

Setlist :

Energy
Catbot
Satch Boogie
Cherry Blossoms
Thunder High On The Mountain
Super Funky Badass
Circles
Always With Me, Always With You
Summer Song

G3

Et sans transition, à la fin du set de Joe Satriani, l’équipe technique apporte vite les amplis de John Petrucci et d’Uli Jon Roth pour que l’on puisse voir ce pourquoi nous sommes venus aujourd’hui : voir les trois artistes sur scène. Vingt minutes, c’est bien trop peu, mais il s’agit du pinacle de la soirée et de la réelle explosion des sentiments. Les guitaristes démarrent ce moment unique avec « Highway Star » de Deep Purple, où les trois reprendront le célèbre solo ensemble. La voix est donnée par le chanteur d’Uli Jon Roth qui viendra prêter main forte et jouer du tambourin en dansant par la suite. Puis le maître allemand reprendra, accompagné de ses deux acolytes, « All Along The Watchtower » de Jimi Hendrix (lui-même effectuant une reprise de Bob Dylan avec ce titre). Preuve de la proximité des jeux entre ces deux artistes, avec notre guitariste au chant. Et pour finir « Immigrant Song » de Led Zeppelin. Trois titres de groupes légendaires qui ont marqué le monde de la guitare.

Une soirée unique avec une acoustique parfaite pour profiter pleinement d’une démonstration de guitare. Et ce même si l’on peut noter certains fans un peu trop hystériques dans la salle à vouloir absolument approcher leurs idoles d’un peu trop près ! Le spectacle lumineux reste très classique et propose peu d’éléments. Un simple écran de retour derrière le groupe et une scène immense change radicalement notre vision du live. Le sourire des groupes (et le nôtre) ne nous aura pas quitté un seul instant durant cette soirée et on n’oubliera pas de sitôt le passage de ce trio dans nos contrées.

Setlist :

Highway Star (reprise de Deep Purple)
All Along The Watchtower (reprise de Jimi Hendrix)
Immigrant Song (reprise de Led Zeppelin)

Report : Matthis Van der meulen
Photos : Loïc « Lost » Stephan.



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  • je valide l’ensemble de la chronique présente pour avoir assisté au concert de Lyon salle 3000: Satriani malgré ses 60 piges semblait plus jeune que jamais et bougeait autant que ses doigts sur son manche …le mozart de la guitare superbement accompagné des « wagnerrien et paganiniste »
    Longue vie aux 3 « guitaristes heroes  » pour le plaisir de nos oreilles

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