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Live Report   

Garbage : G comme gourmandise


Fort d’un concert remarqué dans la capitale en mai dernier, Garbage a vite décidé de remettre les couverts et faire honneur à la France, un pays qui a tôt dans leur carrière adhéré à la pop rock des Américains. C’est ainsi que, dans la même année, la bande à Shirley Manson a décidé de faire une seconde date à Paris et venir rencontrer l’autre capitale, celle des Gaules.

Il faut dire que c’était aussi l’occasion de marquer le coup : Garbage est de retour après six années d’absence avec un nouvel album intitulé Not Your Kind Of People. Un album qui, sans retrouver la magie des deux premiers ancrés dans le cœur de chaque fan, révèle des qualités certaines et a pu faire plaisir à tous ceux qui attendaient de Garbage un retour sur un terrain plus proche de la pop rock de leurs débuts.

Artistes : GarbageSuccess
Date : 23 novembre 2012
Salle : Transbordeur
Ville : Villeurbanne

Le bien nommé Mister Eleganz

C’est un sacré melting-pot que nous propose Success, première partie de Garbage ce soir. Le leitmotiv du groupe rennais semble être d’embrasser toutes les composantes de la musique pop du XXIème siècle. A savoir : rock garage ou alternatif, l’électro pour dancefloor et même une petite dose de hip-hop. Un condensé à la croisée de l’énergie rock et de l’esprit festif des clubs electro. Un appel au rassemblement et au partage – comme pourrait le suggérer le nom de leur premier album Social Network Junkies – dans un esprit plein de bonne humeur.

Autant Youl Reicher à la guitare, Jo Hell à la batterie et DJ Goodfeeling aux machines sont parfaitement impliqués, avec quelques pas de danse par-ci, des grimaces par là, et démontre une attitude qui trahit une déjà bonne expérience de la scène, autant celui qui capte toute l’attention est le frontman de la formation : Mister Eleganz. Un ahuri à l’attitude proche d’un Iggy Pop (ce nom est cité systématiquement lorsqu’il est question de décrire le groupe et son frontman) qui arpente la scène de long en large, se contorsionne, se met à terre, enchaîne les grimaces, etc. et au look rétro élégant à la Dean Martin. Un assemblage (d)étonnant qui fonctionne à merveille et offre immédiatement une personnalité à formation.

Forcément, le public adhère sans mal. Qui sait, peut-être est-ce là le début d’une Success story ?

Shirley Manson : l’adolescente qui se changea en diva

Une fois le matériel de Success retiré, la scène ainsi prête à accueillir Garbage paraît bien vide ! Pas un retour à l’horizon, aucun décor. La sobriété même, si ce n’est un rideau en fond de scène dont la texture créera de beaux reflets en association avec le jeu de lumière et accueillera diverses images projetées. Tant d’espace libre, c’est la possibilité pour les musiciens de déambuler en toute décontraction sur la scène. Ce qu’ils feront, enfin Steve Marker, Duke Erikson et, bien entendu, la chanteuse Shirley Manson, l’ex-Jane’s Addiction Eric Avery, tenant compagnie à Butch Vig à l’arrière de la scène qu’il ne quittera pas. Dommage qu’Avery ait été si effacé lorsque l’on connaît la qualité de ses grooves de basse. Mention particulière pour Erikson qui malgré son allure de « papa » bénéficie d’un fort charisme. Ses nombreux déhanchés et son attitude très personnels contribuent assurément à la valeur visuelle du show.

Néanmoins, Shirley Manson est sans conteste celle qui s’approprie le plus la scène. La chanteuse se promène d’avant en arrière et de droite à gauche, du haut de ses talons qui lui confèrent une allure de diva. A vrai dire, jusqu’à sa première intervention, celle-ci reflète comme un sentiment de distance, d’inaccessibilité, voire de femme fatale. Or, dès qu’elle se met à parler à l’audience, ce sentiment s’estompe. On y découvre une femme simple et accessible qui conte ses anecdotes et s’essaie à parler en français, certes laborieusement, tout en – on imagine par ses hésitations et ses petits rires – rougissant de sa mauvaise prononciation. Notamment lorsqu’elle introduit les membres du groupe, annonçant « A ma ‘rift’… c’est comme ça que l’on dit ‘right’ (‘droite’) en français ? » et terminant en déclarant, toujours en français, « Nous sommes les poubelles ! ». Ce que l’audience, tout sourires, aura cette fois bien compris.

Une scène sobre, des lumières efficaces

Elle parlera aussi de la relation privilégiée du groupe avec la France tout en insistant : « Vous pouvez croire que c’est quelque chose que je dis à chaque concert, dans chaque pays mais ce n’est pas le cas ! » Elle parlera avec nostalgie des débuts du groupe et notamment de la fois, alors que le groupe travaillait encore sur son tout premier album, où elle se promenait à Lyon accompagnée de ses parents et découvrit pour la première fois une photo d’elle dans un magazine. Une anecdote dont elle parle les yeux pétillants, réchauffant les cœurs des fans venus ce soir et témoignant du chemin parcouru depuis lors.

Les trentenaires dans la salle qui ont découvert le groupe avec ce même premier album aux plumes roses ne peuvent s’empêcher d’être envahi par la nostalgie. Un album inscrit au panthéon de la pop rock. Des mélodies légèrement naïves, adolescentes, mais pourtant intemporelles, qui confinent au génie dans leur simplicité et leur pouvoir d’accroche. Assurément, les titres de ce premier méfait sont ceux qui ont bénéficié du meilleur impact auprès du public. Comment résister à de tels tubes ? « Queer », « Stupid Girl », « Only Happy When It Rains », « Vow ». On aurait aimé en entendre davantage, même s’il est compréhensible que le groupe veuille faire honneur à chacun de ses cinq albums. A commencer par le second, le bien nommé Volume 2.0, qui recevait à l’époque un succès équivalent au premier avec les singles « Push It », « I Think I’m Paranoid », « Special », « When I Grow Up », « The Trick Is To Keep Breathing » et « You Look So Fine », tous interprétés ce soir. Il serait ingrat de dire que le reste de la setlist n’est là que pour combler les vides entre les titres susmentionnés, même s’il y a un brin de vérité dans cette affirmation. Le reste de la discographie de Garbage possède tout de même quelques beaux atouts, à commencer par « The World Is Not Enough » très belle chanson-thème du James Bond de 1999. Et puis le dernier album, Not Your Kind Of People, qui renoue avec des titres plus foncièrement rock comme « Man On A Wire », s’insère parfaitement dans le contexte live.

Duke Erikson : costard cravate et rock attitude !

Le public savoure en toute simplicité. Qu’il est bon parfois d’écouter une musique sans nécessairement rechercher l’extase, la grandeur, la profondeur, mais juste par gourmandise, comme l’on consomme un paquet de sucreries. Voilà ce qu’est Garbage : un plaisir simple, sucré (et même parfois aigre-doux) et addictif. On sait bien que ce n’est pas ce qu’il y a de meilleur pour notre santé mais c’est tellement bon…

Setliste :

Control
Automatic Systematic Habit
Shut Your Mouth
Why Do You Love Me
Metal Heart
Queer
Stupid Girl
I Hate Love
#1 Crush
I Think I’m Paranoid
Special
Blood for Poppies
Cherry Lips (Go Baby Go!)
Man on a Wire
The Trick Is to Keep Breathing
Push It
Only Happy When It Rains
You Look So Fine

Rappels :

Vow
The World Is Not Enough
When I Grow Up

Photos : Nicolas « Spaceman » Gricourt

A voir également :

Galerie photos du concert de Garbage
Galerie photos du set de Success



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