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Potin   

Gavin Harrisson, le batteur qui a tout compris à la musique


L’actuel batteur de Porcupine Tree, ayant aussi officié par le passé chez King Crimson, n’est pas du genre démonstratif, bruyant ni très visuel. Non pas qu’il n’en ait pas la capacité, bien au contraire. Il n’en a juste pas envie. Harrisson impressionne surtout par l’extrême richesse des nuances qu’il met dans son jeu. Lorsqu’on tend bien l’oreille, il se passe toujours quelque chose.

Gavin Harrisson ne pense pas qu’à rendre son jeu intéressant. En véritable compositeur, il pense à l’harmonie globale d’un morceau. C’est pourquoi se mettre à jouer de la basse a constitué pour lui une véritable leçon. Des propos qui me rappellent ce que m’avait un jour dit un ami bassiste évoluant dans un registre jazz et que je souhaite partager avec vous ici. Comme il considérait la basse comme le parfait compromis entre les aspects rythmiques et mélodiques de la musique, il avait pris des cours de guitare et de batterie afin de mieux comprendre le rôle de la basse. Il faut certes avoir les moyens de le faire mais cela reste une expérience que j’encourage. Anecdote personnelle : l’autre jour, le bassiste de mon groupe s’est assis à ma place derrière les fûts et a joué avec les autres une de nos compos. Il a joué certains passages du titre d’une manière totalement différente et, il faut l’avouer, bien plus pertinente. A refaire, donc !

C’est pourquoi un clinic avec Gavin Harrison prend toute sa dimension originelle de conférence présentant la réflexion d’un artiste sur un ou plusieurs aspects de la musique plus que ce que la pratique des clinics en a fait, à savoir la démonstration de tel ou tel plan suivi de quelques conseils pratiques pour bien l’exécuter.


Voici une retranscription des points les plus importants abordés par Gavin lors de son dernier clinic à Guitar Center, avec en axes principaux l’improvisation (il donne notamment d’excellentes astuces pour improviser intelligemment) et l’importance de mettre de côté son ego d’instrumentiste. Un message édifiant :

« Pour improviser plus facilement, mieux vaut avoir quelques paramètres. Lorsqu’on me dit ‘improvise sur ce que tu veux’, il y a tellement de choix que rien ne me vient. Alors que lorsqu’on me demande d’improviser, par exemple, ‘juste sur la caisse claire et un tom, j’ai tout de suite quelques idées précises. Aujourd’hui, on trouve des claviers avec deux mille sons. Cette immensité me fait perdre mon inspiration, mon envie de vivre en fait !(rires) En concert, je ne joue jamais les mêmes fills (NDLR : petits breaks servant de transition entre deux parties d’un morceau). Je ne sais jamais ce que je vais jouer, j’ai juste quelques indices sur la forme générale que ça va prendre. Je me dis quel type de break je dois jouer à tel ou tel moment. […] Pourquoi fait-on des breaks ? Pourquoi toujours au même moment, c’est-à-dire avant le refrain ? Est-ce un réflexe nerveux ? Pourquoi le faire d’une manière aussi évidente ? […] Personnellement, lorsque j’écoute une chanson, j’essaie de repérer les espaces que laisse le chant. Je n’ai pas envie de faire un break par dessus les lignes vocales. Je repère les trous et j’y place une variation discrète mais, du coup, parfaitement audible. […] Quand on écoute une chanson avec une oreille de batteur, on cherche les opportunités de placer des plans pour se mettre en valeur, de marquer des points. Mais souvent, le meilleur moyen de marquer des points est justement la subtilité : les autres membres de votre groupe adoreront. Seuls les batteurs apprécieront vos breaks. Votre groupe, lui, s’intéresse à l’atmosphère, au tempo, à votre capacité à les écouter. Je joue un peu de basse depuis quelques temps avec des amis batteurs. Cela a été une leçon. Quand j’en joue, je me rends vraiment compte de ce que je veux entendre à la batterie : quelqu’un qui écoute et qui joue dans le tempo. »

Amen.



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  • Il y a beaucoup de musiciens qui devraient s’inspirer de Gavin Harrison, il a un jeu vraiment époustouflant… j’approuve totalement son raisonnement, pour mieux comprendre son instrument il est nécessaire de travailler ceux avec lesquels ont est amenés a intéragir.

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  • Tout à fait d’accord avec toi Metallo sur la position d’entre-deux de la basse, rythmique / mélodique.
    C’est pour ça que je joue aussi un peu de guitare et de batterie.

    Gavin Harrisson,très bon, mais un peu trop « clinic » pour moi.
    Je préférait Chris Matland, son prédécesseur.
    Une question de goût, les 2 étant excellent et tout à fait à leur place dans Porcupine Tree.

    C’est comme chez Dream Theater, ceux qui préfère Moore, ou Sherinian, ou Rudess au clavier.

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  • Très intéressant en effet pour les musiciens ouverts d’esprits :-O cet article me fait rudement plaisir Phil 😉 Merci pour ta retranscription.

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  • Merci pour la vidéo, super intéressant pour le petit batteur que je suis. Mais je ne suis pas sûr que son message passe bien dans un milieu où on parle trop souvent de son bpm à la double. 😀

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