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Live Report   

GOD DAMN A LA MJC DE RILLIEUX


Artistes : God DamnWinds Of TormentStoneburstUltimate
Lieu : Rillieux la pape
Salle : MJC
Date : 21-02-2009
Public : 183 personnes


Ultimate pour démarrer !

La soirée débute avec un groupe qui joue à domicile : Ultimate, dont le très bon EP « Carved Upon Your face » (2008) a recueilli d’excellentes critiques. On a affaire à un heavy metal teinté de quelques riffs power très Hetfieldiens ou Darreliens. Le chant est en revanche très clair et confère à l’ensemble un côté très rock, mélodique et vendeur. L’ensemble est très bien composé, accrocheur (avec notamment 2 power ballades dignes des Scorpions), les passages les plus agressifs étant subtilement et intelligemment enrobés pour que les oreilles les plus fragiles ne saignent pas. Pour illustration, il suffit d’analyser le titre éponyme (qui signifie que c’est le nom du cd pour nos amis débiles qui nous lisent) qui jongle avec fluidité entre couplet mélodique et refrain typiquement death mélo. Il n’est pas chose aisée de faire la balance entre puissance et propreté. Le point fort d’Ultimate réside dans cet équilibre.

Néanmoins, sur une affiche pareille, la présence de ce combo semble hors de propos. Cette affiche pue la transpiration, le cambouis, les bières renversées sur les fringues, le local de répète pas aéré et en bordel. Sur une affiche pareille, l’auditeur vient pour muter en une espèce de pachyderme subissant une loi gravitationnelle hors du commun. Le fan du groove sale et mid tempo de God Damn veut tirer la gueule, se faire insulter, se décérébrer si besoin est et se faire servir des bières par une jolie fille. En cela, la propreté d’Ultimate ne satisfait pas malgré quelques gros riffs, notamment sur l’excellent « Bourrinos ».

Néanmoins l’interprétation est remarquable. La prestation est carrée : les quatre instrumentistes sont irréprochables techniquement, on sent les heures de répétition et une préparation de show minutieuse. Le jeu des deux guitares est efficace, proposant un question/réponse intéressant. Les amateurs de soli ne seront pas déçus, ils sont inspirés et utilisés avec parcimonie. A la batterie, Thierry fait le show avec un jeu incisif régulièrement garni de roulements et de breaks, une double pédale précise, un faciès communicatif et une excellente présence scénique. De quoi compenser un frontman un poil timide, distant mais malgré tout souriant. Globalement, sans faire preuve d’un charisme débordant, le groupe dégage un certain plaisir de jouer (mention spéciale à Garen Mahdessian à la guitare, qui aura le sourire tout le long du concert !) et un enthousiasme presque juvénile fort plaisant à regarder.


Stone « fuckin’  » Burst !

Stoneburst rentre sur scène quelques bières plus tard avec la ferme intention de tout casser avec un nouveau titre que l’on qualifiera de vindicatif. Cette délicate et louable attention n’aura néanmoins pas l’effet escompté pour plusieurs raisons. Premièrement, à cause d’éternels problèmes de retours que vous, amis musiciens, avez sans doute déjà tous rencontrés. Secondement du fait d’un public rigide, pas très échauffé. Enfin, de l’aveu des membres du groupe, du fait d’un morceau encore trop frais dans le répertoire de Stoneburst. Début de concert psychologiquement difficile donc.

Compte tenu de ces difficultés, il convient de tirer un chapeau au groupe et notamment au frontman David (quelle voix ! quel grain !) qui, avec son autorité naturelle et son capital sympathie incontestable, saura réveiller l’audience. Stoneburst jouera sans complexes et assurera un show professionnel et au final plein de bonne humeur. Rien à dire sur la prestation scénique, rock n roll et bon enfant. L’énigmatique bassiste recevra même des avances d’une groupie aussi séduisante que charismatique. Peu avant la fin du concert, David ira détacher le fauve Mickaël Cloupet de ses fûts. La bête, après d’ineptes borborygmes, nous fera la promotion des nouveaux T-shirts du groupe. T-shirts par ailleurs très réussis. Côté setlist, les classiques « Heroin Ship », « Break You Down » et « Control Hate » sont taillés pour la scène. En plus du morceau introductif, trois nouveaux titres seront joués : le stonerisant « Cobrahead », la mélancolique « By The Tears » et l’avalange de riffs que propose le jouissif « A Shield For Your Crystal Mind ». Vous l’aurez compris, Stoneburst propose un contenu musical diversifié (entre thrash, power metal et stoner) mais cohérent et donc mature. Les morceaux sont composés intelligemment et vont droit au but. Et sur scène, ça assure quoi qu’il arrive.

Un groupe à suivre.


Winds Of Torment sur scène !

Pour célébrer la sortie de leur 1er album, les ont également invité Winds Of Torment à chauffer la salle. On connaît bien ces petits stéphanois, et on se demande si le public sera au rendez-vous ce soir…

Eh bien c’est plutôt mal barré: tout le monde est parti se rafraîchir le gosier après le set des Stoneburst. Il doit y avoir à peine une douzaine de personnes dans la salle pour accueillir les deatheux. Mais les gars de Winds Of Torment ne s’arrêtent pas à ça (vaut mieux pas) et ils entament leur prestation sur les chapeaux de roue. C’est costaud, carré, et on a même droit à des échos (non pas du public, y’a personne, mais de la salle tant cette dernière est vide).

En effet, ce n’est pas la première fois qu’on les voit jouer devant un public composé d’une poignée de curieux hiératiques, d’une mince escouade d’apparatchiks de la scène métal et enfin, comment les oublier, les quelques éternelles groupies. Voilà une énigme encore ardue à comprendre: pourquoi ne les honore-t-on pas davantage? Pourquoi diantre n’y a-t-il pas plus d’esgourdes pour ce groupe?

Winds Of Torment joue pourtant un death à la suédoise de bonne facture, avec des passages mélodiques bien proches d’Opeth. Qui plus est, leur son assez bon ce soir, certes un peu crade pour les parties doucettes, mais le tout demeure respectable.

Premier soulagement: le groupe est pourvu d’un mental en béton et ce n’est pas ce léger vide qui va démotiver leur set. C’est là d’ailleurs une constante chez Winds Of Torment: le groupe est toujours énergique en live. Avec eux, on est par exemple sûr de rencontrer un chanteur qui court dans tous les sens. Et puis on sait qu’on verra des gratteux aux crânes bringuebalés sauvagement.

Deuxième soulagement: de plus en plus de kids investissent les lieux. Le groupe lance alors “Relentless Ignorance”, un morceau qui mériterait une tuerie. Pas de pogo, tout le monde reste cantonné dans son existence monastique, mais on bouge du cou à s’en détacher la colonne vertébrale du coccyx…Alors une chose à dire: c’est bon.

Et malgré un death puissant mais trop impersonnel, les kids peuvent conclure que Winds Of Torment a bien rempli son boulot de chauffeur de salle.


Bij (God Damn) attend ses petits camarades !

Faut-il parler, avant d’aborder le concert, du premier album de God Damn intitulé « Old Days »? Faut-il évoquer son enregistrement aux studios Cartellier à Salaise sur Sanne ou de son mastering aux Nomad studios (Texas – USA)…? Faut-il mettre en avant le groupe lui-même?

Trop de questions…et une seule réponse : il faut avant tout évoquer l’ambiance de fête. La fête autour d’un disque, d’un groupe, de cinq bonhommes qui ont des « couilles » et qui les portent, hautes, telles des valeurs morales. Et ce soir, on a eu le droit, encore une fois, à du grand God Damn. Pour avoir un aperçu de leur maîtrise de la scène, vous pouvez toujours retourner sur le report avec Ultra Vomit au Ninkasi Kao. On ne sait pas pourquoi (l’alchimie sans doute) mais ça le fait d’entrée de jeu. Ces mecs ont des bonnes vieilles gueules, et ça inspire la sympathie. Ca c’est l’attitude! Mais derrière, et surtout devant, résonne la musique. Et ce partout dans la salle.

De la chanson d’ouverture « Landing For My Pride » au rappel « Break The Thunder », le public a le droit à du pur jus rock’n roll, plein de testostérone, enrichi à l’ampli Randall, à la Gibson, au groove et à la redneck attitude ! Comme suggéré dans l’émission « High Hopes », God Damn a un univers. D’abord c’est les copains et la picole immortalisés avec panache par leurs aînés de Pantera sur les vulgar Video. God Damn aime la vidéo, le cinéma avec ses références. Ce soir, le groupe nous introduit une reprise en parlant de « Last Action Hero », un film d’action avec Arnold Schwarzenegger (lui aussi il a des couilles, et pas mal d’hormones…) et surtout avec AC/DC dans la B.O. Pour ceux qui n’auraient pas encore deviné, la reprise, c’est évidemment « Big Gun ». Carton plein !

AC/DC et Pantera. On pourrait rajouter à la liste des influences Down et Superjoint Ritual avec Phil Anselmo comme dénominateur commun. Certes, Renato a une voix proche du Ozzy Osbourne des années 90/2000, comprenez Phil, mais on pourrait dire aussi qu’elle s’approche de celle de John Bush, des fabuleux Anthrax, eux-mêmes potes de Pantera. Bref, c’est une grande famille, et God Damn en sont les dignes héritiers.


Le talenteux Jerem !

Et puis il y a les copains. Le groupe invite Vincent à monter sur scène pour l’interprétation de « Unjailed », avant qu’un autre pote à rouflaquette s’invite sur scène et provoque la foule pour un slam. On a beau être à Rilleux et dans les quartiers, ici le slam ce n’est pas de la parlote ! C’est plutôt synonyme de prise d’élan, décollage et atterrissage dans les mains du public. Tout le monde s’éclate!
Et même quand le son s’arrête, que la lumière se rallume, la fête continue entre le bar, avec l’excellente bière bio (la Soyeuse pour ne pas la citer!) et le merchandising. Derrière l’étalage de T-shirt ( très chouettes et colorés soit dit en passant) de cd’s, de posters, de stickers, se tiennent le groupe et leur manageuse. Comme à un mariage, la foule défile pour féliciter les protagonistes, souriants et heureux.

Une bien belle soirée comme, finalement, on aimerait en avoir plus souvent. Les gens repartent de la salle, se réchauffent comme ils peuvent en ces derniers jours de froid de février, fument une clope comme après l’amour et la petite mort.

God Damn : bury me in smoke !



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