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Live Report   

God Is An Astronaut à l’Institute of Contemporary Arts de Londres


Parmi la pléthore de genres rock et métal, il y en a un qui a émergé dans la dernière trentaine d’années et qui a commencé à être connu dans la dernière quinzaine. Ce style se sert des instruments classiques du rock, soutenus par un maximum d’effets – (nous nous souvenons de la période Shoegaze dans les années 80) – et surtout avec l’accentuation des parties instrumentales. La voix, quand elle est présente, ne sert qu’à ponctuer l’atmosphère.

Musicalement, il se situe quelque part entre le riffing agressif du thrash métal et les compositions mélodiques des musiques progressives. Les effets font ensuite varier la sonorité globale au gré des groupes. Comme les gens préfèrent se servir de termes courts pour parler de quelque chose, ce genre est appelé le post-rock. La semaine dernière, l’Institut d’Art Contemporain de Londres a décidé de nous offrir une soirée avec 3 groupes actifs du genre, avec en tête d’affiche les très populaires God Is An Astronaut.

Artists : God Is An AstronautButterfly ExplosionI Concur
Lieu : Institute of Contemporary Arts, Londres, UK
Date: 17 février 2010
Public : 300 personnes environs


I Concur

Première partie : I Concur est un combo anglais mêlant le post-rock à une ambiance indie rock US. Ils ont commencé très fort, avec des guitares cruelles, des riffs rapides et pleins d’harmoniques. Le groupe nous offre cela tout au long de leur set. L’ambiance est très puissante et il est dommage que la voix soit difficilement discernable car leurs textes, quoique très abstraits, sont très intéressants. En plus de ce côté puissant et sauvage, I Concur nous a donné des épisodes plus axés sur une construction mélodique. Par exemple, nous pouvons entendre un passage fort sympathique, avec une basse presque jazz et des guitares virevoltants sur une gamme pentatonique, le tout sans sonner trop blues, tout en conservant le style propre du groupe.

Finalement, ce fut une très belle introduction au concert, intense et clairement adaptée pour faire rentrer le public dans le bon état d’esprit pour la suite.


Butterfly Explosion

Prochains sur la liste, Butterfly Explosion. Formation irlandaise récente, dont le premier album est sorti en février sur Revive Records, label fondé par God Is An Astronaut. Pour tout dire, le guitariste des God Is An Astronaut a lui même été aux manettes de la production, on pouvait donc s’attendre à entendre des similitudes entre les deux groupes. D’un côté oui, de l’autre non. Butterfly Explosion est en effet plus versé dans les longs passages planants, malgré des passages agressifs, ces derniers arrivant plus lentement et plus tardivement que pour I Concur. Loin d’être ennuyeux le groupe a compensé ce manque de rythmes agressifs par une stratification très complexe de leur son, les deux guitaristes ayant chacun un beau panel de pédales d’effets au sol, un panorama qui aurait fait plaisir à David Gilmour.

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Encore une fois, les voix n’était pas très audibles mais cela s’est amélioré rapidement. Il est ensuite devenu clair que ces voix n’étaient pas là pour faire passer un message mais pour ajouter une couche de plus à cette musique éthérée. Un mélange vocal composé des mots d’un des guitaristes et des longues et belle mélodies d’une jolie claviériste. Le groupe nous a fait une très bonne impression et nous leur souhaitons du succès dans le monde de la musique. Il est toujours bon de voir une jeune formation qui arrive à proposer un son original et à le conserver, savoir transcender ses influences n’est pas toujours chose aisée.

God Is An Astronaut

Nous étions déjà bien excités avant d’accueillir God Is An Astronaut car nous avions entendu beaucoup de bonnes choses sur leurs concerts. Etrangement, ils ont pourtant laissé de côté une chose pour laquelle ils sont célèbres : la vidéo. Ils ont décidé ce soir là de simplement venir devant leur public afin de jouer de la musique. C’était une bonne initiative. Si I Concur a fait dans le puissant et quelque peu agressif, Butterfly Explosion dans le doux et mélodique, God Is An Astronaut mélange les deux avec énormément de talent et d’énergie. Avec quatre albums en huit ans et un cinquième, “Age of the Fifth Sun” prévu pour mai 2010, le groupe avait suffisamment de matériel dans lequel piocher. Ils ont opté pour un set équilibré, chaque titre apportant sa contribution et sa sonorité spécifique au concert. Evidemment ils ont pioché dans leur quatrième album, considéré comme le plus rock et ayant les tempos les plus rapides, pour occuper la place d’honneur dans leur set.


God Is An Astronaut – Ils savent y faire pour poser une ambiance de concert

Avec seulement trois musiciens, plus un ordinateur pour soutenir les couches sonores qui les ont rendu célèbres, God Is An Astronaut a réussi à faire descendre leur atmosphère cosmique sur la foule. Leur son est énorme, allant d’une guitare mélancolique et presque psychédélique à des riffs complètements fous. Le tout dans le temps de chansons courtes mais néanmoins très expressives. Ils n’avaient pas de chant, mais nous pensons que tout le monde sera d’accord sur le fait qu’ils n’en ont tout simplement pas besoin. Le guitariste se sert parfois d’un vocoder pour ajouter une couche synthétique et très mélodique, prouvant par là que God Is An Astronaut n’a pas peur d’introduire des éléments comme l’électronique dans leur compositions et ceux-ci contribuent à l’atmosphère globale.

Le batteur a également fait une très belle démonstration de son talent. Ce n’est pas pour les grosses tournées ou des rythmes très complexes qu’on pourrait attendre d’un Mike Portnoy. C’était plutôt pour sa grande sensibilité et son habilité à prendre des rythmes très simples pour les faire swinguer. Ajoutez à cela de bon gros breaks et vous obtenez un cocktail détonnant. Il nous a montré qu’une batterie n’est pas seulement faite d’une grosse caisse et d’une caisse claire, mais que chaque module peut être très bien incorporé dans un jeu rock-steady. Il y incorpore par moment des beats dérivés du trip-hop et même du hip-hop.

Le son dans la salle était très bon, chaque instrument sonnant fort et précis, ce qui est fondamental pour que la stratification sonore fasse son plein effet. La foule a apprécié chaque petite seconde du concert. C’était très agréable de voir des gens de tout âge, avec des passés musicaux probablement très divers, tous unis dans ce moment de communion musicale. Un concert fantastique, prouvant que la musique n’est toujours pas morte et que si on n’a pas peur d’amener des influences diverses et si on sait les manier pour ne pas sonner comme un perroquet bavard, alors on a une longue et belle route devant soi. God Is An Astronaut nous a arraché à cette Terre pour nous emmener loin dans son cosmos à la rencontre des anciens astronautes qui y sont peut être encore…

Live Reports : Dragos

Photos : Dragos

Traduction : Marc

Set List

1. Echoes
2. From Dust to the Beyond
3. The End of the Beginning
4. Fragile
5. Shadows
6. In the Distance Fading
7. Infinite Horizons
8. Zodiac
9. Snowfall
10. Suicide by Star
11. Forever Lost
12. Route 666

Rappel

13.Fireflies and Empty Skies




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