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Chronique   

Godsmack – When Legends Rise


Godsmack, c’est vingt années d’existence pour des millions d’album vendus et autre grammies. Autant le dire, la formation de heavy originaire du Massachusetts incarne ce qui se fait de plus accessible dans la scène metal, sans pour autant souscrire totalement à tous les poncifes et raccourcis vénaux. Pourtant, en dépit d’une notoriété conséquente, cela fait quatre ans depuis 1000hp (2014) que Godsmack n’avait pas élevé la voix. When Legends Rise est le septième opus des américains qui célèbrent justement le vingtième anniversaire du groupe. L’occasion pour Godsmack de se dresser à nouveau fièrement devant son public.

Effectivement, à l’instar de ce que le chanteur Sully Erna a déclaré, When Legends Rise est l’album d’une pseudo-« renaissance ». Le frontman s’est une nouvelle fois inspiré d’évènements récents qui l’ont conduit à supprimer les influences négatives de son entourage et de procéder à une « reconstruction » intégrale. Il va jusqu’à même envisager When Legends Rise comme l’album d’un nouveau Godsmack. Sur ce point justement, il convient de nuancer l’affirmation de Sully Erna. Godsmack fait toujours ce qu’il fait de mieux, à savoir pondre des hits tel le single « Bulletproof » et son refrain entêtant : « I tell you I’m bulletproff » en devient presque un motto… When Legends Rise débute d’ailleurs très fort avec son titre éponyme. Une introduction aux toms énergique avant d’enchaîner sur un riff de guitare qui laisse apprécier le travail de Tony Rombola qui a définitivement un don pour dénicher les mélodies les plus FM qui soient. Sully Erna ne manque justement pas d’entrer directement dans le vif du sujet : il retourne à un timbre qui rappelle la fougue du Godsmack des premières heures. La prestation globale de ce dernier est à souligner tant il confère de la densité aux riffs en apparence les plus simples. « Every Part Of Me » en est l’exemple parfait, avec l’un des refrains les plus mélodiques de l’opus qui rappelle aisément pourquoi Godsmack est l’un des blockbusters du heavy américain. Le riff haché très nu-metal de « Take It To Edge » (Papa Roach n’est jamais très loin…) a ce feeling MTV de la fin des années 90.

Il y a dans When Legends Rise une juvénilité bienvenue, où la caricature se voit toujours évitée en raison d’une efficacité permanente. À condition que l’on omette la power-ballade « Under Your Scars » et ces sempiternels arrangements de violons qui semblent être issus d’une standardisation du genre. On retiendra cependant que même dans l’exubérance Sully Erna semble tout à fait à son aise. Quant au solo langoureux de Tony Rombola, s’il a le mérite de trancher avec son jeu de guitare sur le reste de l’album, il reste d’un classicisme qui le rend presque anodin. Lorsqu’il s’agit de lever le pied, Godsmack est plus pertinent quand il s’agit seulement de nuances à l’instar de « Someday », un titre tout en tension porté par une ligne de guitare en continu et un Shannon Larkin qui se contient à propos. Le binaire que martèle ce dernier sur la conclusion « Eye Of The Storm » incarne cette philosophie d’un jeu direct, intégralement dédié au talent d’accroche de la formation. « Eye Of The Storm » n’aura aucun mal à faire lever les foules (les samples de tonnerre pour conclure le titre paraissent néanmoins complètement anecdotiques).

Vu l’ouverture de l’album avec « When Legends Rise », on se dit que Godsmack va livrer sa douzaine de hits et tout rafler sur son passage. L’impression persiste après les premières écoutes avant de se trouver mitigée par la suite. En effet, passée l’excitation et l’engouement survient une légère forme de retenue : Godsmack est en réalité dans une répétition constante de sa formule, qui s’incarne le mieux dans « Bulletproof », à savoir ce moment où tout s’arrête et où seule la voix du chanteur continue en filigrane avant de faire à nouveau exploser le refrain. On retrouve le procédé avec les choeurs de « Unforgettable », « Take It To The Edge », le break de « Someday », la montée de « Say My Name » et « Let It Out ». Des instants fugaces mais qui à force d’être écoutés en boucle contribuent à créer une impression de recyclage qui vient ternir l’énergie omniprésente de When Legends Rise et nous font regretter les petites écarts « surprises » qui apportaient un peu de fraicheur à l’opus précédent.

Exit les soli endiablés de wah-wah présents sur 1000hp et une approche plus brutale, ce « nouveau » Godsmack livre des compositions plus fluides avec un pour seul dessein d’accrocher l’auditeur à chaque instant. Pour ce faire, When Legends Rise emploie une recette parfaite, presque trop justement car exploitée à outrance. Godsmack peut fatiguer lorsque l’auditeur ne parvient pas à se modérer. Hormis le risque minime d’indigestion, When Legends Rise battra en brèche les interrogations des plus sceptiques quant à l’avenir de Godsmack. Sans aller jusqu’à parler de renaissance, c’est un retour en force.

Chanson « When Legends Rise » en écoute :

Clip vidéo de la chanson « Bulletproof » :

Album When Legends Rise, sortie le 27 avril 2018 via Spinefarm Records. Disponible à l’achat ici



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