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Nouvelles Du Front   

Gojira a faim d’avenir


Vers quels horizons voguent Joe Duplantier et ses compagnons ? Alors que le navire Gojira a fait ces dernières années quelques croisades bien accompagnées, notamment sur le continent américain, et plus récemment avec Slayer, se pose là l’éventualité d’un nouvel album, évoqué directement par le frontman dans une interview au magazine américain Performer. Avant de repartir à l’aventure vers le continent austral pour le Soundwave Festival et peut-être une tournée japonaise, les Gojira ont trouvé le temps, dans des conditions particulières, de travailler sur de nouveaux morceaux et de nouvelles idées pour un successeur de L’Enfant Sauvage ce qui permet à Joe d’aborder le sujet aujourd’hui.

Et ce futur opus aura la tâche ardue. En effet, L’Enfant Sauvage s’est, compte tenu des conditions actuelles du marché du disque, plutôt bien vendu : 11 000 copies aux États-Unis dans sa première semaine de sortie alors que The Way Of All Flesh ne s’était vendu qu’à 4200 exemplaires lors de cette fameuse première semaine et une entrée au septième rang des charts français et trente-quatrième pour les États-Unis… Tous les signaux semblent au vert pour signaler la croissance de l’ogre du Metal français, et un album décevant ternirait un tableau jusque là très positif de la carrière des Landais.

Mais comment trouver le temps d’écrire quand on a passé les deux dernières années à tourner de manière quasi continue ? Eh bien, en écrivant… dans le tour-bus, pardi. Pas que le sieur Duplantier aime cela, bien au contraire : « Je hais cela en fait. Je veux dire, j’aime ça quand il y a une idée, qu’elle fonctionne et que cela veut dire qu’il se passe des choses musicalement, mais c’est vraiment tordu d’être assis au milieu de toutes ces chaussures – parce que tout le monde jette ses chaussures dans le salon à l’arrière du bus, et ses chaussettes sales –, de l’ordinateur et du pad de la batterie de Mario… »

Joe Duplantier (Gojira) : « Nous avons faim de nouveau titres. »

De là à dénaturer le travail même du groupe ? Pas loin en tout cas, si on en croit Joe : « On n’est plus un groupe de rock, tu vois? C’est comme si on était dans une cage, une cage qui pue avec un ordinateur. Ce n’est pas pareil. J’ai besoin d’être dans une pièce, avec mes amis et de répéter, donc j’ai vraiment hâte d’en arriver à ce stade. » Oui, mais voilà, pour asseoir sa notoriété à travers le monde et s’assurer des revenus suffisants pour pouvoir vivre de manière un peu plus confortable, Gojira doit tourner sans cesse. Quitte à pousser ses limites quasiment jusqu’au bout du rouleau : « La vie sur la route n’est pas facile » précise-t-il. « Nous en arrivons à être mentalement et physiquement très, très fatigués. Actuellement nous sommes épuisés. » Ce qui ne les empêche pas d’avoir mené haut la main cette tournée américaine avec Slayer, entrecoupée de quelques dates en tête d’affiche. Et ils tiennent, physiquement et mentalement, car ils ont un rythme de vie plutôt sain. N’allez pas chercher chez Joe, Mario, Jean-Michel et Christian des débordements à la Lemmy. Eux, sont plutôt dans la nourriture Bio et l’élévation spirituelle. Car pour pouvoir assurer presque un concert tous les trois jours sur deux ans avec un show d’une telle intensité, il faut se préserver, ce que savent faire ces Français. Peut-être également l’une des sources de leur longévité, puisqu’ils approchent maintenant les vingt ans de carrière.

En tout cas, cet état de fatigue actuel leur met quelques limites en concert, même s’ils donnent toujours tout : « Nous avons beaucoup de chansons, bien sûr, mais il y a seulement une poignée de chansons que nous sommes capables de jouer dans cet état de fatigue. Ne vous méprenez-pas : nous mettons 100%, toute notre énergie va dans chaque concert, et c’est très important pour nous. C’est comme une mission. Mais parce que nous sommes si fatigués, nous ne pouvons pas nous dire : Oh, jouons cette vieille chanson que nous n’avons pas joué depuis des années. » La soif de créer, combinée à l’envie d’avoir de nouveaux titres à présenter en concert, tout cela titille Gojira : « Nous avons faim de nouveau titres. J’aimerais pouvoir être dans deux endroits à la fois, en studio constamment, à créer des morceaux, car c’est ce que je préfère. » Alors à quoi ressemblent donc ces nouvelles pistes ? « C’est principalement des riffs et des idées que nous enregistrons. Nous avons une liste de riffs, mais nous n’avons pas vraiment de chansons. Bon, il y a deux titres où on peut se dire : OK, il y a une structure et il y a assez d’idées pour faire quelque chose. Certaines parties sont vraiment intéressantes, mais les conditions sont vraiment difficiles, et quand le bus roule… »

Alors vers quoi se dirigeront Gojira avec ce nouvel album ? Poursuivront-t-il certaines perspectives progressives envisagées avec The Way Of All Flesh et L’Enfant Sauvage ? Reviendront-t-ils à des amours plus agressifs comme au temps des débuts ou dans de toutes nouvelles directions ? Pas un mot, malheureusement à ce sujet. Ce qui compte pour Joe, ce sont des choses essentielles, comme la vie personnelle et la vie de famille, même si c’est un peu difficile d’en avoir une quand on passe la moitié de sa vie sur la route : « J’essaie juste d’être une meilleure personne, et ma vie personnelle est très importante pour moi – ma famille – et essayer d’avoir une vie que j’aime. » Même si ce groupe qu’ils ont porté au firmament du metal français compte bien sûr beaucoup : « Bien sûr qu’avec le groupe, je me dis : Putain, c’est plus de la moitié de ma vie. Ma vie d’adulte, c’est Gojira. Presque entièrement. Ce que nous faisons, cependant, c’est travailler dur pour rendre notre groupe sain, en communiquant, en passant de bons moments et en étant sur la même longueur d’onde, chacun d’entre nous. » Et son constat est évidemment positif : « Avec des personnalités différentes, parfois ce n’est pas facile, mais je crois que nous faisons plutôt du bon boulot. » Et au vu de l’accueil du public à travers le monde et de cette notoriété toujours grandissante, il semblerait qu’il ne soit pas seul à penser cela…



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  • j’ai hâte de les voir gojira je vous suis depuis le 1er album jamais était déçus. vous avez encore un potentiel énorme, mercis les mecs a bientôt viva gojira

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