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Chronique   

Gone Is Gone – Echolocation


Gone Is Gone veut définitivement enfoncer le clou : il sera l’un des groupes sur lequel il faudra compter en 2017. Quelques mois après la sortie de leur premier EP éponyme, le « supergroupe » formé de Mike Zarin, Tony Hajjar (At The Drive-In), Troy Van Leuuwen (QOTSA, A Perfect Circle) et Troy Sanders (Mastodon) dévoile son premier album au titre charmeur, Echolocation. Si leur précédent opus laissait transparaître la patte Mike Zarin derrière les compositions qui donnaient une allure presque cinématographique, Echolocation rentre davantage dans les clous d’un album plus classique. Reste à voir si le groupe des « Troy » arrive à toujours susciter l’intérêt.

Pour ceux qui ont eu l’occasion et le temps de se familiariser avec la musique de Gone Is Gone, il est aisé de remarquer que la formation cultive l’art de l’arrangement comme personne. Nul doute que l’autoproduction participe à lui donner ce cachet singulier, Echolocation emboîte ainsi légitimement le pas du premier effort éponyme en ayant recours à une variété de samples atmosphériques et ce dès l’introduction de l’album avec « Sentient ». Le titre résume d’ailleurs toute la recette de Gone Is Gone : une identité essentiellement construite sur l’ambiance, brisée par une distorsion à la Black Light Burns, lorgnant parfois vers le stoner rock, et quelques rythmes énergiques (le quasi punk « Fast Awakening », sorte de négatif du lent et massif « Slow Awakening »). Ainsi, Gone Is Gone se plaît à évoluer sur ce spectre, parfois très progressif, parfois très « catchy » à l’image de « Gifts » qui rappellera Queens Of The Stone Age justement. Sans surprise, le jeu de Troy Van Leeuwen est reconnaissable entre mille, toujours prompt à dompter des sons stridents et les myriades de lignes mélodiques en arrière-plan. Gone Is Gone persiste dans cette impression de melting-pot d’influences, évidemment due à l’expérience de ses membres. Un titre comme « Ornament » entretient une familiarité avec un certain Deftones, tandis que « Dublin » a une évolution presque « Pink Floydienne ». Surtout, Gone Is Gone intrigue sur un point essentiel que l’on pouvait pressentir sur l’EP : le chant de Troy Sanders. Ce dernier fait preuve d’une variété de registres et d’une justesse presque insoupçonnée. Nerveux sur « Pawns » (ce qu’on connaît avec Mastodon), entraînant sur « Resurge » et mesuré sur un titre intimiste comme « Resolve ». Impossible de nier la progression immense du musicien depuis ses premières heures avec Mastodon. Gone Is Gone joue ainsi presque le rôle de consécration pour ce dernier.

Echolocation n’est pourtant pas exempt de reproches. Le principal ? Un sentiment de faux-rythme qui subsiste au fur et à mesure que l’on parcourt l’album. Mis à part quelques refrains très bien construits à l’image du titre éponyme et du poignant « Roads » qui devrait servir de premier choix pour faire découvrir le groupe, Gone Is Gone n’arrive pas à déjouer une impression de langueur. Bénigne, mais présente. Il est difficile de véritablement distinguer les titres même après de nombreuses écoutes et trop peu parviennent à émerger. Peut-être est-ce causé par le sentiment « décharné » que suscitent les compositions atmosphériques, ou par la ressemblance parfois trop flagrante des arrangements entre deux titres. Loin de lasser ou de rater le coche, Echolocation satisfait sans subjuguer.

Gone Is Gone avait la possibilité de se rater, malgré le talent incontestable de ses membres. La multitude d’influences cultivées par le groupe aurait pu donner raison au vieux dicton « Qui trop embrasse mal étreint ». De ce côté, Gone Is Gone évite l’écueil avec brio et parvient à se distinguer à la fois de ses prédécesseurs et de ses contemporains. C’est simplement l’intérêt qui peine parfois à être maintenu, ce qui peut frustrer tant Echolocation oscille entre l’excellence et l’anecdotique. Cela étant, Gone Is Gone délivre un premier album qui fait honneur aux multiples canons du post-rock et mérite amplement les éloges qui lui sont adressés. Ils manquent d’être unanimes, tout simplement.

Clip vidéo de la chanson « Dublin » :

Clip vidéo de la chanson « Gift » :

Lyric video de la chanson « Sentient » :

Album Echolocation, sortie le 6 janvier 2017 via Black Dune Records/Rise Records/BMG. Disponible à l’achat ici.



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