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Interview   

Gorod et la popularité du brutal death


Gorod est l’actuelle coqueluche française des fans de Death Metal Technique. A raison car le groupe n’a rien à envier aux ténors du genre musicalement et ses prestations scéniques ne peuvent que donner le sourire tant le lien avec le public est fort et émouvant. Un succès qui a mis du temps à venir, puisque le style, plus populaire aux États-Unis, a mis du temps avant d’être à son tour populaire sur la scène metal européenne.

Mais il semble que les choses soient en train de changer avec la popularisation de groupes de plus en plus extrêmes et techniques. D’ailleurs, dans sa manière d’écrire, le guitariste Mathieu Pascal, interviewé le 11 octobre dernier sur notre antenne, cherche justement à rendre Gorod attrayant au premier abord pour révéler ensuite au plus grand nombre la complexité et la subtilité de sa musique.

Le groupe, dans une dynamique de travail intense, a enchaîné en deux ans un EP et un album ainsi que de nombreuses dates, dont en festivals, notamment au Hellfest et au Motocultor. Le disque A Perfect Absolution, au-delà de son contenu musical, aura notamment été une occasion pour les auditeurs les plus curieux d’en apprendre plus sur un épisode sanglant de l’histoire de la principauté de Kiev (la Rus’ de Kiev) au Xe siècle et de la vengeance de Olga de Kiev, épouse du Duc Igor 1er de Kiev, suite au décès de ce dernier.

En fin d’interview, nous avons également évoqué l’expérience du concert du groupe dans… une boîte.

Réécouter l’interview : [audio:interviews/Interview Gorod.mp3|titles=Interview Gorod]

« A une époque, les plus grands groupes de brutal death venaient des États-Unis, donc ça peut ne pas être étonnant que les Américains aiment ça. Un groupe comme Necrophagist, même s’il vient d’Europe, est peut-être plus populaire aujourd’hui aux États-Unis qu’en Europe. »

Radio Metal : Votre dernier album est sorti au mois de mars, quel bilan pourrais-tu faire aujourd’hui quant à la manière dont il a été reçu ?

Mathieu Pascal (guitare) : Il a été très bien reçu de tous les côtés, nous n’avons eu que des critiques positives. Nous avons eu quelques trucs négatifs mais cela correspondait à une toute petite minorité alors nous sommes supers contents. On en a déjà vendu pas mal ne serait-ce que sur la tournée que nous avons faite en mars avec Obscura où nous avons écoulé sept cent exemplaires.

Est-ce que les nouveaux morceaux s’intègrent bien en live comparé aux anciens qui ont plus de vécu par rapport à votre public ?

Bizarrement, les deux seuls albums que les gens connaissent sont le dernier et l’avant-dernier alors ceux-là passent bien et les gens les attendent. On a essayé d’intégrer les morceaux un peu plus vieux sur la nouvelle setlist mais personne ne les connaît alors on reste un peu plus sur la réserve. Les nouveaux morceaux ont vraiment été écrits pour être efficaces une fois joués en live.

Pourquoi vos plus anciens albums sont-ils si méconnus aujourd’hui ?

Cela ne fait que depuis l’avant-dernier album que nous avons un label français et donc que nous bénéficions d’un peu de promo en France. Avant nous étions uniquement signés par un label américain qui s’appelle Willowtip Records, il faisait très bien son travail aux États-Unis mais n’avait aucune influence ici donc on en chiait pour trouver des concerts, avoir de la promo et pour se faire connaître. C’était distribué par Season Of Mist mais il n’y avait aucune véritable promo alors les gens ne les connaissent pas.

Vous avez donc commencé votre carrière en étant davantage connus aux États-Unis que dans votre propre pays ?

Oui.

Est-ce que votre réputation continue de croître aux États-Unis?

En 2007, nous avons participé à un festival de metal extrême à Baltimore, et lorsqu’on jouait, tout le premier rang chantait le refrain, on ne s’attendait pas à ça.

Comment expliques-tu le fait que vous ayez autant de succès aux États-Unis par rapport à la France ?

Le style de musique que l’on fait vient des États-Unis. A une époque, les plus grands groupes de brutal death venaient des États-Unis, donc ça peut ne pas être étonnant que les Américains aiment ça. Un groupe comme Necrophagist, même s’il vient d’Europe, est peut-être plus populaire aujourd’hui aux États-Unis qu’en Europe.

Pourquoi avoir fait le choix de sortir un EP entre les albums Process Of A New Decline et A Perfect Absolution ? Cela n’aurait-il pas été plus judicieux de faire un album de cet EP pour éviter d’attendre trois ans entre les deux ?

Cela nous permettait d’avoir une actualité. Nous avions déjà préparé ces morceaux mais nous n’avions pas de quoi faire un album entier. De plus, nous ne savions pas comment nous aurions pu intégrer ces morceaux car il y a des titres acoustiques et un autre qui dure un quart d’heure, ça aurait un peu plombé l’album. Nous avons également complètement auto-produit cet EP et cela nous a permis pendant un an de tenir financièrement en le vendant nous-mêmes. Cela nous a apporté un peu plus d’argent qu’un album signé sur un label qui finalement ne nous aurait pas rapporté grand chose.

Cet EP vous a-t-il vraiment aidé financièrement ?

Oui, il est sorti en 2011 pendant la tournée que l’on faisait avec Born Of Osiris et Veil Of Maya et si l’on n’avait pas reçu cet EP, on aurait été dans le rouge.

Vous n’auriez donc pas gagné autant d’argent si vous aviez sorti cet EP sur un label ?

Non. Si tu fais presser mille CD, ton CD va te coûter un euro cinquante et tu vas le revendre dix. En ce qui concerne les labels, je ne vais pas dire combien ils nous les revendent mais ce n’est pas du tout de cet ordre là.

Dans ce cas, pourquoi n’avez-vous pas aussi suivi ce principe pour l’album ?

On voulait bénéficier d’une bonne promo. On a eu de la chance pour l’EP, il est bien parti et, sur les mille, il doit à peine nous en rester une centaine, mais on n’a fait aucune promo.

Ce n’est pas quelque chose que le groupe pourrait prendre en main ? De plus en plus de groupes commencent à se détacher des labels et prennent en charge le côté promo et business en montant leur propre structure. Cela ne vous intéresserait pas ?

C’est quelque chose de très bien mais dans le groupe personne n’a vraiment la fibre commerciale. Nous préférons alors le faire faire par quelqu’un qui s’y connaît, qui a toutes les relations nécessaires et qui soit efficace.

Tu penses que les labels ont donc encore de beaux jours devant eux, ne serait-ce que pour cette raison ?

Oui, je pense. Listenable Records, par exemple, a son réseau et on sait que ça marche. C’est une bonne idée pour les groupes qui débutent. Au lieu de chercher un label, il vaut mieux qu’ils cherchent à sortir leur premier album par eux-mêmes pour avoir de l’argent, pouvoir tourner et se faire connaître.

Lorsque l’on écoute A Perfect Absolution, on se rend compte que vous avez cherché à faire un album dans la continuité de ce que vous aviez proposé sur le précédent. Avez-vous cependant cherché à améliorer certaines choses ?

Peut-être à faire une musique plus efficace avec des structures de morceaux plus axés « chansons », notamment avec plus d’éléments qui reviennent, un poil moins de notes et un poil moins de riffs pour rendre l’ensemble encore plus catchy.

« Même si cela va vous faire rire, j’ai toujours voulu faire une musique simple… »

Y a-t-il vraiment une volonté dans le groupe d’aller vers quelque chose de plus accrocheur ?

Oui, et de la part de tout le monde. Même si cela va vous faire rire, j’ai toujours voulu faire une musique simple… J’aime bien savoir que tu puisses bouger la tête du début à la fin d’un morceau sans être perdu et pouvoir comprendre l’harmonie sans que ça soit trop opaque tout en gardant le côté rapide et frénétique. Je pense qu’à tout moment tu peux headbanguer et être saisi par une belle harmonie, et ce même si ça va à deux cent à l’heure. Il faut que de loin ça paraisse simple mais que, lorsque tu te rapproches et que tu creuses un peu, tu puisses te rendre compte de toutes les finesses. Le but est de faire en sorte que lorsque le public entend nos chansons pour la première, il puisse tout comprendre d’entrée.

Tu penses que cette approche de l’accroche peut convaincre un public français qui n’est peut-être pas aussi à fond dans le death technique que pouvait l’être le public américain ?

Oui, il faut bien que j’en sois convaincu. [Rires]

Il y a quelques années, pour qu’une musique soit accrocheuse, il fallait qu’elle soit très mélodique. Aujourd’hui, la technicité est entrée dans les mœurs et il est possible d’avoir du succès en proposant quelque chose de complexe. Penses-tu que le terrain est maintenant mieux préparé pour des groupes comme Gorod ?

Oui, le metal est une musique super extrême, alors ça ira toujours dans le « plus », dans le plus extrême, dans le plus en plus vite et compliqué… Au fil du temps, les générations s’habituent à écouter de la musique super rapide. Les jeunes écoutent du dubstep, c’est d’une grande complexité et pourtant ça leur paraît totalement normal.

Quand est-ce que Gorod va se mettre au dubstep ? Ça a l’air d’être à la mode en ce moment…

Il paraît en effet, mais non ça va aller… Les jeunes de Born Of Osiris et de Veil Of Maya n’écoutaient que ça et pourtant ils font du metal. Ce sont les nouvelles générations…

On retrouve des influences jazz et world dans votre musique notamment sur le titre « Varangian Paradise » qui se détache du reste de l’album. On retrouve aussi beaucoup ce côté latino-jazz dans la musique du groupe Atheist, est-ce un groupe qui vous a influencé ?

Non. J’ai connu Atheist super tard – ça doit faire tout juste cinq ans – c’est plutôt mon bassiste qui était fan de ce groupe. Ce qui m’influence vraiment de ce côté-là, ce sont les musiques latin-jazz à proprement parler, plus que des groupes de metal qui sont eux-mêmes influencés. « Varangian Paradise » est le dernier morceau que j’ai fait pour l’album. Au début, je n’avais pas eu l’idée des arrangements wha-wha et funk, c’est venu au moment de l’enregistrement. Il manquait des charleys que j’entendais en double-croche et, après, c’est vite partie en vrille. J’ai commencé à faire des arrangements simples, à ajouter des lignes de basse et c’est pour ça que ce morceau est aussi bizarre.

Cela t’arrive souvent de rajouter des éléments une fois en studio ?

Oui, j’essaie de garder un peu de liberté dans ce que je propose au groupe pour que Sam [ndlr : Samuel Santiago, batteur] puisse s’adapter et rajouter des breaks ou faire varier un peu plus que ce que je prévois. Je laisse un peu de place. Une fois que tout est posé et que je vois qu’il reste encore de la place, j’en rajoute.

Le métissage est un phénomène que l’on retrouve souvent dans le metal d’aujourd’hui. Penses-tu qu’après ces quarante ans de metal le métissage est devenu le moyen de se démarquer en terme musical ?

Oui, c’est un bon moyen. C’est une musique qui a tellement de variétés, dans les rythmes, les ambiances que je trouve que ça s’y prête beaucoup, c’est hyper inspirant. Le jazz en général est une musique compliquée et assez intense donc, même si dans le son c’est différent, dans l’esprit, cette musique ressemble un peu au metal.

« Si l’on n’avait pas reçu cet EP on aurait été dans le rouge [financièrement]. »

Concernant la thématique de l’album, là où la plupart des groupes de metal qui parlent d’histoire évoquent toujours un peu la même chose, comme la Deuxième Guerre Mondiale, vous avez choisi pour votre concept-album, de raconter un épisode que l’on connaissait finalement très peu et qui s’est passé au Xe siècle dans la principauté de Kiev et donc de la vengeance d’Olga de Kiev. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Notre nouveau chanteur, Julien, est étudiant en Histoire de l’Art et sa spécialité concerne cette époque et l’Europe de l’Est en débordant un peu sur la Russie. Il a étudié beaucoup de livres et, un jour, il est tombé sur cette histoire qui était condensée en à peine deux paragraphes. Il a essayé d’en chercher plus, il a fait des recherches, il a un peu développé et brodé autour de ce qu’il y avait d’écrit dans ce livre car il trouvait que l’histoire était globalement violente donc c’était possible de l’adapter pour du death metal même si l’héroïne est une femme.

En lisant cette histoire on a presque automatiquement le réflexe d’aller sur internet pour en savoir davantage. Était-ce l’intention que vous aviez, de vous adresser à des auditeurs un peu curieux ?

C’était complètement l’intention de Julien. Le fait notamment de ne pas en dire trop sur la pochette ou dans les paroles pour que les gens aillent chercher un peu les détails qu’ils n’auraient pas compris.

Est-ce que l’idée de concept sur des thèmes originaux est quelque chose que vous allez renouveler sur les prochains albums ?

Nous en avons discuté puisque nous sommes en train d’écrire le prochain et il semblerait en effet que ce sera ça, mais Julien n’est pas encore trop fixé sur le sujet. On aime bien faire des albums entiers avec un même concept, une même direction, donc, a priori, nous allons continuer à le faire. Ça sera peut-être quelque chose de complètement différent du Moyen-Age dans l’Europe de l’Est.

Tu disais que vous étiez déjà en train de travailler sur votre prochain album. Est-ce que cela signifie que vous comptez le sortir plus rapidement ou que vous allez simplement prendre votre temps ?

On ne sait pas encore. J’ai écrit deux morceaux et j’en ai certains qui sont quasiment prêts. On se demande alors si on ne va pas faire comme pour Transcendence et sortir un EP pour le début de l’année prochaine pour coïncider avec une éventuelle tournée et peut-être attendre 2014 pour sortir un album entier afin d’avoir un peu plus de temps pour le fignoler.

As-tu déjà une idée de ce à quoi cela va ressembler ? Comparé à votre dernier album, allez-vous aller plus loin ou poursuivre dans cette continuité ?

Je ne pense pas que l’on pourra marquer une grosse rupture ; ce sera du Gorod. Il y a forcément des choses que l’on va essayer d’emmener un peu plus loin ; que ce soit, par exemple, dans la rapidité ou dans l’extravagance, mais je pense que le fond restera le même.

Vous avez eu deux nouveaux musiciens entre 2009 et aujourd’hui. Julien (chant) et Nicolas (guitare) sont arrivés en 2010, est-ce-que ces deux années leur ont permis de mieux s’intégrer au groupe et à la musique de Gorod pour ne pas perdre de vue le son Gorod ?

Julien n’a pas du tout la même voix que notre ancien chanteur donc pour lui c’était plus délicat et il y a eu un gros boulot d’adaptation. Tout s’est fait quand nous avons enregistré l’album A Perfect Absolution. Jusqu’à l’enregistrement, on ne savait pas exactement quelle direction prendre, s’il fallait qu’il essaie d’imiter ou non Guillaume, ça s’est vraiment fait à ce moment-là. Maintenant qu’il sait exactement ce qu’il doit faire, il se sent beaucoup mieux. En ce qui concerne Nicolas, en toute honnêteté, nous l’avons choisi parce que ça sonnait bien avec lui. Comparé à d’autres guitaristes que nous avons pu tester, il n’y a vraiment qu’avec lui où il y avait une certaine osmose dans le son et où finalement on n’entendait que les guitares.

Quelle a été leur implication dans l’écriture du nouvel album ?

J’écris les morceaux seul. J’écris la batterie, les deux guitares et quelques fois la basse, ensuite ils adaptent en fonction de ce qu’ils savent faire. Nicolas n’a pas vraiment eu d’influence dans la composition. Julien en a eu plus car il a choisi les ambiances de voix qu’il allait donner à la musique.

Est-ce que les parties « chant clair » viennent de lui ou est-ce vous qui avez essayé de le pousser dans cette direction?

On en avait beaucoup discuté lorsque Guillaume est parti et on préférait ne pas avoir un clone de Guillaume. On voulait quelqu’un pouvant apporter de la nouveauté, quelque chose de différent ou de plus varié. Nous l’avons donc plutôt poussé à essayer des choses.

Est-ce que la variété de ses registres a été un élément déterminant dans votre choix ou est-ce quelque chose qui est arrivé plus tard ?

Non, c’était déterminant. Julien joue déjà dans un groupe de rock et dans un groupe de hardcore un peu déjanté, donc on le connaissait et on savait ce qu’il pouvait faire ; c’est aussi pour cela qu’il nous intéresserait. On savait qu’il ne se limiterait pas à faire du growl grave et du brutal death.

Comptez-vous par la suite accentuer cette variété ?

Nous souhaitons en tout cas la conserver.

Tu disais précédemment que tu étais seul à la composition. Est-ce une volonté de ta part ou est-ce simplement parce que tu es le seul compositeur dans le groupe ?

Je ne sais pas comment répondre, ça se fait naturellement. Je vais vite pour écrire des morceaux. Cela évite de nombreuses pertes de temps quand tu dois prendre une décision à cinq sur ce que tu veux garder ou non, si tu veux conserver tel riff ou mettre telle note à la place de telle autre… En principe ça va plus vite quand c’est moi qui fais tout mais je sais que Samuel est également un très bon compositeur. Malheureusement, il n’a jamais le temps de s’en occuper. Cela se fait plus par la force des choses, j’ai l’habitude de le faire et j’aime ça. Je ne sais pas si les autres ont autant la fibre de l’écriture.

Est-ce une situation que tu « préfères » ou aimerais-tu recevoir des contributions des autres personnes du groupe ?

Oui, ça me plairait !

Est-ce un appel lancé à tes collègues ?

Je leur demande tout le temps de m’envoyer des choses, de me faire partager leurs idées mais ça ne vient pas forcément très souvent. En général, une fois que mon morceau est écrit comme je l’ai pensé, si jamais quelque chose ne va pas, on va travailler à plusieurs pour résoudre le problème ou trouver quelque chose de mieux mais, la plupart du temps, quand il est écrit, on n’y retouche pas et il reste tel que je l’ai imaginé à la base.

« Je pense qu’à tout moment tu peux headbanguer et être saisi par une belle harmonie et ce même si ça va à deux cent à l’heure. Il faut que de loin ça paraisse simple mais que lorsque tu te rapproches et que tu creuses un peu tu puisses te rendre compte de toutes les finesses. »

Vous avez participé à une bien originale expérience consistant à jouer dans un cube fermé. Peux-tu nous en dire plus ?

C’était en 2009, à l’occasion d’une fête de l’art qui avait lieu à Bordeaux. De nombreux artistes contemporains étaient venus exposer leurs créations. Il y avait vraiment des trucs de fou comme une machine à bulles en forme de lampadaire ! Le délire d’un de ces artistes était d’avoir fabriquer un cube en acier de six pieds de côté. L’objet était entièrement insonorisé et son truc c’était de faire jouer un groupe de death metal à l’intérieur. Au début, la porte est ouverte et on y pénètre à trois ou quatre maximum. Il y a juste une grosse caisse, une caisse claire, une petite colonne d’ampli avec ampli basse, ampli guitare… Une fois à l’intérieur, il ferme la porte, tout est verrouillé, il n’y a plus d’air, c’est complètement hermétique et les gens à l’extérieur n’entendent rien. Ils voient le groupe entrer, la porte se refermer mais ils n’entendent rien. L’artiste nous laisse mariner pendant environ un quart d’heure et une fois ce temps écoulé, la porte s’ouvre et les gens se rendent compte qu’il y avait quelque chose à l’intérieur, vous voyez le truc ? [Rires]

Cela signifie que techniquement vous pourriez entrer et ne pas jouer, personne ne s’en rendrait compte.

Exactement. Cependant, il y a quand même un peu de son qui sort car tu ne peux pas insonoriser à ce point-là. On fait les cons quand la porte est ouverte mais une fois fermée, on se calme un peu afin de pouvoir tenir un petit moment.

Vous avez tenu combien de temps ?

Je crois que le plus long que l’on ait fait c’était vingt-cinq minutes. L’artiste nous avait vraiment fait peur. Il nous disait que les plus forts n’avaient tenu que sept minutes alors les premières fois on flippait un peu mais finalement ça n’est pas si dangereux que ça.

La porte est fermée de l’extérieur ?

Oui.

Vous êtes donc enfermés dedans ?

Oui. Il ferme la porte puis enlève la poignée.

Il ne faut pas être claustrophobe car la personne pourrait bien partir et vous laisser crever à l’intérieur…

Pour ressortir, on fait un peu jouer la porte car il y a un joint en caoutchouc, l’artiste reste à côté de l’œuvre et dès qu’il voit que l’on veut sortir il vient ouvrir.

Comment avez-vous vécu cette expérience ?

On a trouvé ça super marrant. On jouait devant des écoles ou sur une place en plein centre-ville. Plein de gens nous regardaient et tentaient de distinguer le style de musique quand la porte était ouverte puis quand la porte était fermée ils restaient et essayaient de comprendre ce qui se passait, c’était marrant.

Pourquoi voulait-il à tout prix faire jouer un groupe de death metal à l’intérieur ?

Je crois que son concept s’appelle « Death Box », il fallait que cela fasse six pieds de côté et par conséquent il fallait que cela soit du death metal.

Avez-vous joué vos morceaux ou avez-vous plutôt boeufé ?

On jouait des morceaux de notre set sans se prendre la tête.

Vous n’avez pas enregistré pour voir comment ça rendait ?

Beaucoup d’étudiants des beaux-arts sont venus poser des caméras et nous filmer mais nous n’avons vu aucun résultat. On ne sait pas.

Est-ce une expérience qui va être renouvelée avec vous ou avec d’autres ?

Ce type-là balade son attraction un peu partout. Il a été à Paris et dans d’autres capitales d’Europe. Quand il arrive dans la ville où il expose, il demande à ce qu’il y ait un groupe de death metal local qui vienne jouer dans sa boîte. Il me semble qu’à Paris c’était le groupe No Return.

Êtes-vous friands de ce genre d’expériences originales ?

Carrément ! Là c’était bien car tout était bien organisé, il y avait du monde et ça s’est très bien passé. Il n’y a donc aucune raison de ne pas en redemander.

Est-ce que ce genre de concepts serait quelque chose que vous aimeriez mettre en place sur scène pour vos concerts ?

Oui, je ne sais pas si ça se fera mais j’aurais adoré prendre le morceau « Transcendence » qui dure quinze minutes et réussir à mettre en scène un truc. Ce n’était pas un morceau écrit pour être joué. Il y a dans ce titre quarante arrangements de guitare, des chanteurs de partout, alors j’aurais aimé essayer de faire un truc sur scène, même juste le temps d’une soirée, avec une grosse mise en scène, des personnages, etc. Je le ferais peut-être un jour mais j’imagine que ça doit représenter beaucoup de boulot de faire travailler un certain nombre de personnes pour un spectacle.

Avez-vous des dates de concerts prévues prochainement ?

Oui, nous avons une date le 3 novembre dans la salle Rock School Barbey de Bordeaux à l’occasion de la quatrième édition d’Halloween Invasion. La veille, nous serons à Saintes en Charentes. En décembre nous faisons la dernière de Manimal au Bikini à Toulouse. C’est une très bonne salle et comme ça sera avec des copains, ça devrait être génial. Nous avons également une autre date à Limoges le 15 décembre avec nos potes de Benighted. On aura peut-être également une tournée au début de l’année prochaine…

Interview réalisée le 11 octobre 2012 en direct au cours de l’émission Anarchy X par Spaceman et Metal’O Phil
Transcription : Isa

Site internet officiel de Gorod : gorod.free.fr



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