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Live Report   

Gotthard : un oiseau de feu nommé Phénix


Il y en aura eu des sourires en ce mardi 16 octobre au Ninkasi Kao de Lyon pour accueillir les Suisses de Gotthard. Accompagnés par Revenge, la soirée se déroulera dans une atmosphère détendue et conviviale. Un son optimal, du heavy, du rock’n’roll, soit un condensé d’ingrédients qui ont satisfait une audience venue en masse afin de soutenir les Helvètes alors en pleine tournée promotionnelle de leur dernier opus, Firebirth, marquant la nouvelle ère de Gotthard : celle de Nic Maeder au chant.

Conquise, la foule aura même eu droit à un petit supplément de fin de soirée – du moins, pour ceux ayant été boire un verre au bar à la fin du show. En effet, sur la petite scène du Ninkasi Café se déroulait le live des locaux de The Büffalos. Radio Metal y a donc jeté un œil car après tout, quand la soirée est bonne pourquoi vouloir la voir se terminer sans en profiter encore un peu ?

Artistes : GotthardRevengeThe Buffalos
Date : 17 octobre 2012
Salle : Ninkasi Kao
Lieu : Lyon

Revenge : un show festif !

Bonne surprise que de voir Revenge remonter sur les planches. Il faut dire que le groupe de hard fait depuis quinze ans partie intégrante du paysage hard/metal de Lyon. A tel point qu’il est bien difficile pour un rocker lyonnais d’être passé à côté de leur bonne humeur contagieuse. Seulement, c’est fin 2009 que ces joyeux fauteurs de trouble ont annoncé leur décision d’arrêter le groupe… pour en monter un autre, avec la même équipe, orienté sur le chant français ! Mais, tout compte fait, on n’en a que très peu entendu parler depuis, même si des titres avaient été composés. Chassez le naturel et il reviendra au galop. Le patronyme Revenge et tout ce qu’il abrite – dont un public fidèle, toujours prêt à se secouer la couenne sur les hymnes hard – doit sans doute être une chaumière bien plus confortable pour ses cinq membres. Enfin, un de plus ce soir car Gérard Chinchilla, alias Richard Gere, ancien bassiste du groupe, accompagne ses ancien acolytes aux claviers. Presque toute la petite famille est là, sur scène comme dans le pit, au vu de l’accueil chaleureux d’une partie de l’audience.

Même si certains peuvent trouver la musique et les chorégraphies en synchronisation un peu kitch, tous ne peuvent que sourire face à la bonne humeur transmise. Autant P’tit Jo (chant) – qui va jusqu’à se rouler par terre et se taper la tête avec ses mains comme un fou – que ces acolytes, ils n’en ratent pas une entre les morceaux pour blaguer. Comme ce moment où P’tit Jo hurle : « Do you want to rock me ?! », suivi de peu de réactions. Philippe explique alors à son chanteur que le public ne comprend pas l’anglais. P’tit Jo enchaîne alors en français, avec un grand sourire et imitant l’accent américain : « Bon, OK. Voulez-vous me rocker ?! Parce que nous, on va vous rocker ! », provocant l’hilarité dans l’audience. Autre moment où le groupe a su rebondir avec humour fut lorsque par maladresse P’tit Jo débranche le jack de Thierry alors qu’il se mettait tout juste en position pour démarrer un solo ! Le sourire du pitre qui se rend compte de la bêtise affichée par le frontman, haussant les épaules, n’aura une fois de plus pas manqué de divertir l’assistance.

Revenge revient en forme.

Les hymnes avec lesquels Revenge s’est fait connaître sont là, toujours aussi festifs, à commencer par le classique « Keep The Fire Burning » mais aussi « Don’t Trust Your Nightmare » ou « Set My Heart On Fire ». Même si le peu de temps dont le groupe disposait aura donné l’impression d’un set incomplet. Revenge n’est toutefois pas venu sans quelques surprises. Deux nouveaux titres ont en effet été interprétés : « Running In Circles » et le très FM-années-80 « Back From Hell And Gone To Heaven » qui a d’ores et déjà fait l’objet d’un clip vidéo très… 80’s justement !

En fin de prestation, alors que P’tit Jo tient une caméra pour immortaliser le moment, le groupe prend rendez-vous avec le public pour leur prochain concert dans la capitale des Gaules, en tête d’affiche cette fois, qui se tiendra au Blogg Café le 7 décembre prochain.

Setlist :

Running In Circles
Don’t Trust Your Nightmare
Keep The Fire Burning
I Hate The Sunday
Set My Heart On Fire
Do You Want To Rock Me
Back From Hell Gone To Heaven

Nic Maeder : le nouveau chanteur qu’il fallait pour Gotthard.

Gotthard arrive enfin sur la scène du Kao. Le public accueille chaleureusement la tête d’affiche par de nombreux applaudissements avant de se voir assommé par un « Dream On » diablement efficace, groovy, marquant même un léger clin d’œil à Scorpions sur l’intro de ce titre très proche de celle de « Hit Between The Eyes » des Allemands. Le message est clair : le show ne fera pas dans la demie-mesure ce soir. De plus il est possible, dès le premier titre, de constater que le son est d’une grande qualité. Puis, après le groove incontestable de « Dream On », les touches arabisantes de « Gone To Far » envoûtent un public heureux qui n’hésite pas à chanter. Ce même public qui redoublera d’effort sur « Starlight » issu de Firebirth, premier opus du groupe de l’ère Nic Maeder. D’ailleurs, ce dernier assure une prestation vocale plus que convaincante, sans grand dépaysement par rapport à son prédécesseur. A vrai dire, il suffisait de fermer les yeux pour avoir l’impression d’entendre les anciens titre quasiment tels qu’ils ont toujours été. Un chanteur, qui plus est, visiblement ravi et dévoilant un sourire qui s’étirait jusqu’aux oreilles. A l’image du reste du combo et tout particulièrement de Léo Leoni. Le guitariste à la crinière blonde – semblant fort joyeux – prend la pose, joue avec le public, va jusqu’au contact physique et donne même un médiator à un jeune garçon d’une douzaine d’année, heureux d’avoir reçu cet objet des mains du guitariste, le même garçon qui, quelques chansons plus tard, se voit emprunté son smartphone par le guitariste, le temps de le filmer lui avec le reste du public. On enchaîne alors avec « Top Of The World », sublimée par ce son audible, chaud et puissant. Le spectacle a été lancé tambour battant, ne cherchant à faire aucune concession et, après quatre titres, démontre bien le constat initial que le groupe est bel et bien venu pour se donner à fond.

Leo Leoni joue pour et avec le public.

Pourtant la scène est pauvre en décors. Hormis un backdrop au nom du groupe et des enceintes décorés aux couleurs du dernier album et aux pourtours joliment illuminés, la bande garde l’intégralité de la scène pour elle. Mais si la scène reste quasi vide d’artifice, le balcon, lui, se voit investi par de jeunes fans du groupe ayant préparé une bannière

« Remember It’s Me », titre élégant et gorgé de feeling, fait suite à un « Sister Moon » faisant irrésistiblement taper du pied. Cet enchaînement n’est que l’exemple d’une setlist variée et bien pensée car à aucun moment l’ennui ne se fait sentir. Le groupe fait preuve d’une grande application. Et à cette application s’ajoute une énergie débordante. « Fight » échauffe les cervicales et fait chanter le public en cœur sur son refrain entraînant. Tout comme la reprise de Billy Joe Royal, « Hush », popularisée auprès des hardos par la reprise qu’en fait Deep Purple – toujours jouée de nos jours. Sur ce titre le groupe encouragera le public à chanter à pleins poumons. Le public, très réactif, s’exécutera, poussant la chansonnette de plus en plus fort sur les ordres de Nic Maeder, chef d’orchestre. Un chanteur à l’aise, qui désormais assume totalement son rôle au sein du groupe, là où il paraissait légèrement en retrait cet été au Hellfest. En revanche, sur la reprise sus-mentionnée, les claviers assurés par Ernesto Ghezzi sont sous-mixées. De plus, ce dernier est placé en bordure de scène dans un angle fermé, ne lui donnant une visibilité que par les personnes situées au centre ou sur la droite de la scène. Mais celui-ci aura son moment sur « One Life, One Soul », dédiée au défunt Steve Lee – qui aurait pu être remplacée par « Tell Me » car écrite spécialement pour ce dernier. Moment émouvant de ce concert, poignant mais aussi sensuel. En effet, dès les premières notes de clavier naît l’envie de serrer contre soi la personne que l’on aime. Le public, une fois de plus, répondra présent et chantera ce très bel hommage à Lee.

Freddy Scherer : un sourire qui en dit long.

Notons la reprise progressive des ardeurs après ce moment sentimental, avec « Shine ». Ce titre mid-tempo permet de sortir lentement de la mélasse sentimentale dans laquelle bon nombre furent plongé après « One Life, One Soul ». Mais « The Story’s Over » marque clairement la fin de cette accalmie et replonge le public lyonnais sous une avalanche de décibels et de solos tous maîtrisés à la quasi perfection, comme ces duels de guitares opposant Freddy Scherer à Leo Leoni après la triplette « Fist In Your Face », « Mountain Mama » et « Right On ». Le second, un des grands classiques du groupe, sera par ailleurs introduit par quelques riffs connus de hard rock, suivis de Maeder s’exclamant en riant « Non ! C’est pas ça le titre ! » Arrive le moment du très attendu et fédérateur « Lift U Up ». La batterie fait son entrée avec ces sons électroniques, répétant à l’envi la rythmique laissant ainsi la place à Maeder pour chauffer encore (!) un peu plus son audience. Un titre efficace, donnant le sourire et, plus encore dans son format live, terriblement dansant.

Après les habituels rappels, la bande revient sur le devant de la scène pour sortir de son fourreau « Master Of Illusion » auquel s’emboîte l’excellent « Anytime, Anywhere », un classique de l’ère moderne du groupe, redoublant de puissance en live. Massif, ce titre voit le combo se lâcher alors que Leo Leoni semble de plus en plus guilleret. La raison : une consommation d’alcool abusée ? Mais cela n’entache en rien la performance du groupe, apportant même ce vrai côté Rock’N’Roll quand, sur le dernier titre de la soirée, à savoir « The Mighty Quinn », reprise de Manfred Mann sur une composition originale de Bob Dylan, Leo Leoni y va de son petit coup de Jack Daniel’s au goulot. Un titre de Dylan, saturé ou non, reste un titre de Dylan. Terminer un concert illuminé par de si nombreux sourires chez l’audience et sur scène par un titre respirant autant la joie de vivre confirme que la maison Gotthard, même sous un nouveau régime, sait faire passer une inoubliable soirée.

Setlist :

Dream On
Gone Too Far
Starlight
Top Of The World
Remember It’s Me
Sister Moon
Fight
Hush (reprise de Billy Joe Royal)
One Life, One Soul
Shine
The Story’s Over
Fist in Your Face
Gimme Real
Mountain Mama
Right On
Lift U Up

Premier rappel :

Master Of Illusion
Anytime Anywhere

Second rappel :

The Mighty Quinn (reprise de Bob Dylan)

Les buffles déménagent le Ninkasi Café.

Heureuse coïncidence, le concert de Gotthard se termine quelques minutes avant le début du set de The Buffalos, qui jouaient ce soir là dans la salle du Ninkasi Café, soit à 3 minutes de la salle du Kao. La joie de vivre distillée par Gotthard sur scène aurait largement pu suffire pour aller se coucher le sourire aux lèvres. Mais on n’allait pas se priver de cette occasion de voir ce très bon quatuor de hard/stoner pirate. L’imagerie de la piraterie est souvent utilisée par les groupes de metal pour son côté le plus festif. Ici, c’est plus à des pirates crasseux, vulgaires, prêts à en découdre, à vous voler votre or et violer votre femme que l’on a affaire.

De nouveaux titres, issus de l’album à venir ont été joués. Un album aboutissant le travail que l’on pouvait entr’apercevoir sur l’EP The Mahogany Secrecy, à savoir un stoner/rock enragé véhiculant malgré tout, dans certaines lignes de chant, certains refrains ou certaines mélodies de guitare, une forme de mélancolie et de nostalgie. Seul regret de ce set, probablement dû au court temps de jeu alloué au groupe : le manque d’accalmies (mis à part le solo militaire de caisse claire sur fond de piano sur le final sur l’hymne guerrier « Antartica ») et du coup de diversité, alors que l’on sait qu’ils en sont capables, laissant du coup parfois apparaître quelques légers tics de composition.

Jeune groupe mais déjà pro.

Pour le reste, la tâche n’était pas aisée, comme le rappelle le chanteur/guitariste The Duke : « Merci d’être là, malgré le concert d’à côté, le concert du Transbordeur, le match de foot et le fait que l’on soit mardi soir. » En conséquence, on a senti le groupe un peu crispé et sur la réserve dans ses interactions face à un public bien timide, en comparaison aux shows dont ils ont pu faire preuve par le passé. Mais il n’a pour autant pas été question d’un groupe qui en perdait ses moyens. La prestation reste en place et les interventions de The Duke charismatiques et drôles. Le groupe a su retourner la situation à son avantage et motiver les quelques personnes présentes ce soir par des titres et des vocaux enragés et des interventions, parfois même quelques invectives efficaces, telles que celles qu’adresserait un capitaine pirate bougon à son équipage de bons à rien.

Ce n’est pas dans ses meilleurs concerts que s’exprime le professionnalisme d’un groupe, mais bien dans ses concerts les plus difficiles. Comme ce soir pour The Buffalos qui, certes sur une belle scène et avec des moyens de qualité, jouaient quelque peu crispés devant un public bien maigre et au départ timide, mais qui ont réussi à faire en sorte que cela ne se ressente pas.

Live report de Revenge : Spaceman
Live report de Gotthard : Alastor
Live report de The Buffalos : Metal’O Phil

Photos : Nicolas « Spaceman » Gricourt

A voir également :

Galerie photos du set de Revenge
Galerie photos du set de Gotthard



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  • la bannière au balcon ça doit être le drapeau de la Tu du du du Family !! je savais bien qu’à 44 ans on était encore jeune 🙂
    au fait, c’est Where are you qui a été écrite pour Steve Lee, pas Tell me 😉

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