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Interview   

Grand Magus remporte une nouvelle bataille


Grand Magus 2016

Pour Janne Christoffersson dit « JB », leader, chanteur et guitariste de Grand Magus, son combat, c’est le heavy metal. Ce heavy metal dont il parle avec une passion non feinte et qui lui permet de tout endurer grâce à la force et l’énergie que ça lui procure. Et ça s’entend dans ses albums qui transpirent l’amour et la sincérité, et qui pourraient faire de Grand Magus un des grands du heavy metal de demain, lorsque tous nos vieux héros des années 70 et 80 auront trépassé. Car si le heavy metal est éternel – en tout cas, on veut le croire, tant qu’il y en aura pour se battre pour lui -, ceux qui le font ne le sont malheureusement pas.

Et justement, les combats sont au centre de Sword Songs, le nouvel opus de Grand Magus qui s’apprête à sortir et où JB a souhaité rendre sa musique plus intense encore, comme il nous l’explique dans l’entretien qui suit. Mais les combats peuvent être de toutes sortes, nous fait-il remarquer : ceux que mène un célèbre général Français sur les champs de bataille, par exemple, ou ceux que l’on mène avec nous-même intérieurement mais aussi ceux que mène un artiste pour concevoir sa propre musique. Car Sword Songs n’a semble-t-il pas été de tout repos pour JB.

Mais laissons-le nous raconter tout cela lui-même…

Grand Magus 2016

« C’est vraiment une expérience qui te vrille la tête […] et ça te détruit un peu [petits rires]. En fait, après avoir enregistré nos albums, je suis généralement complètement lessivé mentalement. »

Radio Metal : Tu as déclaré avoir « mis toute [ta] sueur, ton sang et tes larmes dans cet album pour écrire les chansons. » Considères-tu cet album comme ayant été vraiment dur à concevoir ?

Janne « JB » Christoffersson (chant & guitare) : Oui, c’était dur mais d’un autre côté, je pense que c’est toujours dur de faire un album. A chaque fois que nous faisons un album, nous y allons à cent pour cent. Lorsque tu commences, tu te dis : « Oh ! Ça va être tellement amusant ! » Mais [petits rires] le côté amusant ne dure vraiment pas longtemps. En majorité, ce sont des sessions extrêmement difficiles, du dur labeur, de longues heures… C’est vraiment une expérience qui te vrille la tête parce que tu es très impliqué et tu veux que ce soit super bien mais ce n’est pas comme aller au travail ou faire un repas ou peu importe, c’est tellement plus et ça te détruit un peu [petits rires]. En fait, après avoir enregistré nos albums, je suis généralement complètement lessivé mentalement, peut-être pas physiquement mais mentalement, absolument.

Quelle est la partie la plus difficile dans le fait de concevoir un album ?

La partie la plus difficile, c’est vraiment écrire les chansons, s’assurer que tu écrives quelque chose qui a un impact émotionnel et qui veut dire quelque chose pour toi et qui, avec un peu de chance, voudra aussi dire quelque chose pour l’auditeur. Lorsque je commence à écrire un album, ça me prend en général à peu près un mois avant que je puisse faire quoi que ce soit d’à peu près correct. Donc le premier mois, c’est généralement : « Ça ne va jamais marcher » [petits rires]. Mais ensuite, tout d’un coup, il y a une chanson qui te fait dire : « Hum, ouais, c’est bon ! » Et à partir de là, le reste de la composition devient plus facile. Tu trouves un genre de chemin sur lequel tu te trouves et les choses commencent à venir plus facilement. En tout cas, c’est comme ça que ça marche pour moi.

Penses-tu que tu te sois plus investi sur cet album par rapport aux précédents ou bien c’était pareil ?

Ouais, eh bien, plus encore sur cet album, je dirais, parce qu’une bonne part… [Il réfléchit] J’écris la musique, je veux dire, l’absolue majeure partie de la musique mais je suis aussi toujours impliqué dans l’enregistrement. Donc je suis là lorsque nous enregistrons la batterie et, bien sûr, je suis le chanteur, donc je fais le chant et je fais toutes les guitares. Je suis là durant tout le processus. Alors que Ludwig [Witt] qui joue la batterie, il enregistre ses parties pendant, disons, une semaine et ensuite, il a grosso-modo terminé. Moi, j’ai travaillé sur cet album pendant plus de deux mois d’affilée. Ça m’a énormément accaparé cette fois.

Tu as été jusqu’à qualifier Swords Songs de « meilleur album de Grand Magus de tous les temps. » Qu’est-ce qui te fais ressentir ça ? Qu’est-ce qui le met à part du reste de vos albums ?

Je crois que cet album possède tout ce qui défini le groupe. J’ai dit la même chose à propos de Triumph And Power mais lorsque nous avons commencé là-dessus, je me suis rendu compte que ce que nous n’avions pas sur Triumph And Power, c’était un très haut niveau d’intensité et je dirais que cet album possède les trucs épiques, les trucs heavy mais il a aussi un côté plus intense. Les tempos sont globalement un peu plus élevés, le son est aussi plus gros et plus puissant, je pense, que sur n’importe lequel de nos autres albums. Donc, selon moi, nous avons rempli tous les espaces vides. Ceci dit, la musique, c’est quelque chose de très émotionnelle et j’ai tendance à être très émotif par rapport à la musique, pas seulement avec ma propre musique mais aussi avec d’autres, et ceci est le sentiment que j’ai aujourd’hui dans mon cœur. Ça ne veut pas dire que les autres albums ne sont pas bons ou pas aussi bons, tout dépend à qui tu demandes et leurs opinions sont autant valables que la mienne.

La dernière fois que nous nous sommes parlé, tu nous as dit que tu voulais faire « un album au son très lourd, très majestueux et puissant » avec Triumph And Power. Du coup, quel était ton but au départ avec Sword Songs ?

C’était assurément de conserver une bonne partie de ce que nous avons fait sur Triumph And Power mais en ayant plus d’intensité et de chansons rapides et, de façon générale, plus d’agression, vraiment. Donc ça, c’était le but, pas seulement de faire des trucs majestueux mais faire des choses vraiment « dans ta face » aussi, comme « Freja’s Choice » et « Master Of The Land », en l’occurrence. Il n’y avait aucune chanson qui me donnait le sentiment d’avoir ce type d’intensité sur Triumph And Power. Triumph And Power était plus majestueux et imposant.

Tu as déclaré avoir aussi inclus des trucs plus extrêmes. Est-ce ce que tu voulais dire par « extrême » le fait que ce soit plus intense ?

Ouais et aussi, en l’occurrence, le type de riff qu’on retrouve dans « Master Of The Land » n’est pas quelque chose que nous avons déjà eu auparavant. C’est le genre de riff que, normalement, tu entends peut-être plus dans d’autres types de metal que ce que nous jouons habituellement, mais je pense que nous l’avons fait d’une telle façon que ça sonne comme Grand Magus. C’est ça que je voulais dire.

Grand Magus - Sword Songs

« Ça n’a pas d’importance si quelqu’un m’a traité comme un déchet aujourd’hui parce que cette musique me donne de la force. »

As-tu d’ailleurs déjà songé à inclure des vocaux extrêmes ?

Non, pas vraiment. Je crois que si nous faisions ça, ça deviendrait autre chose. Je n’ai jamais essayé le chant death metal ou quoi que ce soit de ce genre et je ne pense pas que Grand Magus soit l’endroit pour le faire si jamais il me prenait l’envie d’essayer. Ce serait un peu comme avoir des soi-disant chants extrêmes dans un groupe comme Black Sabbath, ça n’aurait aucun sens, donc non.

Nico Elgstrand a une fois de plus produit l’album. Comment votre relation a-t-elle évoluée en quatre albums ?

C’est une bonne question ! Eh bien, nous avons commencé en tant qu’amis et maintenant nous sommes ennemis [petits rires]. Non, nous étions amis, il est musicien et il a joué dans plein de groupes, et je me suis dit que ce serait cool d’essayer de travailler avec lui parce que je le respectais vraiment en tant que musicien. Et ensuite, lorsqu’il a fait Hammer Of The North, nous nous sommes rendu compte que nous nous complétions bien et il s’implique beaucoup dans la musique, il te pousse plus loin que tu ne pensais pouvoir aller. Il n’y a donc aucune échappatoire, si tu vois ce que je veux dire. Ça fait que c’est dur mais ça fait aussi, je pense, que la musique est meilleure que s’il n’avait pas été impliqué. Mais ça se résume aux personnes avec lesquelles tu travailles et si tu travailles avec quelqu’un d’autre, les résultats seront légèrement différents. Nous avons une bonne relation de travail. Je trouve que la majorité des chansons ont un spectre plus riche et large que ce que j’ai en tête lorsque nous commençons à les concevoir et il a beaucoup à voir avec ça.

Il est aussi guitariste dans le groupe de death metal Entombed. Penses-tu que ça impacte sa vision du son et sa manière de produire un album de heavy metal comme le tiens ?

Pas vraiment, en fait, parce qu’il a à peu près le même background musical que moi et il n’a pas commencé en jouant du death metal, il a commencé en jouant du heavy metal ou du metal normal ou peu importe comment tu veux appeler le metal traditionnel. Je ne pense pas qu’il nous pousse dans une quelconque direction qui aurait à voir avec le death metal. Ce dont nous parlons, généralement, lorsque nous faisons de la musique, ce sont des groupes qui nous inspirent, comme Judas Priest, Black Sabbath, Bathory et ce genre de choses. Donc je crois que la réponse à ta question c’est non [rires].

La dernière fois que nous nous sommes parlé, tu as expliqué que tu avais continué à travailler avec Nico en partie parce que tu préférais « le faire avec quelqu’un que [tu] connais bien » car il te « faut toujours du temps avant d’apprendre à connaître les gens. » Est-ce que ça veut dire que tu es le genre de personne qui ne construit pas facilement des relations ?

[Il réfléchit] Eh bien, oui et non. Je pense qu’on s’entend facilement avec moi mais il faut beaucoup de temps pour que je fasse confiance à quelqu’un ou pour que j’ai une relation plus profonde avec quelqu’un, d’autant plus avec la musique où il y a encore bien plus en jeu. Lorsque je m’occupe de la musique que nous faisons, je ne veux penser qu’à la musique, je ne veux pas penser à : « Oh, je me demande ce qu’il pense de moi. Pourquoi est-il au téléphone avec quelqu’un que je ne connais pas ? Est-ce qu’il y a un souci ? » Ou peu importe. Je ne veux pas avoir à m’occuper de ça lorsque j’essaie de me concentrer sur la conception d’un album. Donc, voilà vraiment ce que je voulais dire. Si tu te dis « oh, ok, c’est un super producteur. Je ne le connais pas mais faisons un album avec lui, » ça impliquerait probablement pas mal de temps et d’énergie à investir simplement pour dépasser ce seuil après lequel tout est clair comme de l’eau de roche. Mais certaines personnes adorent ça lorsqu’elle font de la musique, elles veulent quelqu’un qu’elles ne connaissent pas parce qu’alors, ça devient intéressant ou peu importe. Je ne dis pas que ce sera toujours comme ça mais c’était clairement l’une des raisons pour lesquelles nous avons continué à faire ces albums ensemble.

L’album s’appelle Sword Songs (« chansons d’épée », NDT). Qu’est-ce qu’une « sword song » pour toi ?

Sword Songs, le titre, est venu après que toutes les chansons soient finies et même après que l’album soit enregistré. Lorsque j’ai réfléchi aux chansons, aux thèmes et tout, je me suis rendu compte qu’elles parlaient toutes, d’une façon ou d’une autre, de lutte. Ça pouvait être de guerre dans la mythologie ou dans l’Histoire, ça pouvait être de batailles, ça pouvait être à propos d’une personne qui avait des difficultés dans sa vie, les luttes personnelles auxquelles tous les êtres humains font face, comme dans la chanson « Everyday There’s A Battle To Fight », j’ai l’impression que c’est probablement vrai non seulement pour moi mais aussi pour plein de gens de différentes façons. Sword Songs, c’est une façon poétique de dire « chansons qui parlent de lutte », ce qui ne sonne pas très palpitant. Donc je pense que Sword Songs résume l’atmosphère et les idées de l’album.

Grand Magus 2016

« Nous avons l’intégrité, la passion et le cœur. Nous ne sommes pas un groupe en plastique. […] Si tu cherches un truc authentique, nous sommes un truc authentique. »

Sur l’illustration, il y a cet aigle qui transporte une épée. Qu’est-ce que cette image symbolise pour toi ?

Je m’intéresse beaucoup à la nature, j’ai un lien émotionnel très fort avec la nature et cet aigle, en particulier, représente un pygargue, qui est le plus grand oiseau de proie en Europe du Nord. Lorsque j’étais gamin, cet oiseau était presque éteint en Suède mais il est revenu, car ils ont arrêté d’utiliser divers poisons et autre. Maintenant, là où je vis, autour de Stockholm, près de la mer, j’ai pu voir cet oiseau en vrai assez fréquemment. C’est très émotionnel pour moi. J’ai donc voulu avoir ce type d’aigle particulier sur la pochette et, bien sûr, l’album s’appelle Sword Songs, donc il fallait qu’il porte une épée viking. Voilà tout.

D’ailleurs, tu as souvent utilisé l’image du loup par le passé. Comment comparerais-tu ces deux animaux ? Lequel préfères-tu ? [Petits rires]

[Petits rires] Eh bien, pour moi ils ont deux types de signification émotionnelle différents et aussi deux types de charisme différents, ou peu importe comment tu veux appeler ça. Le loup reste très intégrant à certaines des idées derrière nos chansons et tout mais maintenant, je suppose que l’aigle semblait représenter là où nous en sommes aujourd’hui en tant que groupe et êtres humains. Car tous les albums que nous avons faits ont toujours été le reflet de là où nous en sommes à un moment donné. Ce n’est donc jamais planifié, comme : « Oh, il faut que nous fassions ceci ou il faut que nous fassions cela. » C’est plutôt : « Où en sommes-nous ? Que voulons-nous faire ? Qu’est-ce qui nous excite en ce moment ? » Et le simple fait d’être honnête par rapport à ça. Ça veut dire qu’il y aura toujours des différences. Nous ne faisons pas le même album encore et encore, il y a des différences.

Tu as mentionné la dernière chanson de l’album, « Every Day There’s A Battle To Fight » (« Tous les jours il y a un combat à mener », NDT). Est-ce ainsi que tu vois la vie, comme une succession de combats ?

Pas nécessairement mais je pense qu’à mesure que tu prends de l’âge, tout du moins c’est ce que je ressens, peu importe à quel niveau, chaque jour est une bataille à mener. Parce que ça peut être de petites ou de grandes choses et je pense que c’est universel. La plupart des gens ne vivent pas leur vie uniquement empli de joie [petits rires], en tout cas, pas moi. J’aurais aimé que ce soit le cas mais ça ne l’est pas. Pour moi, l’idée avec la musique heavy metal, ce qui m’a vraiment attiré vers le metal était le sentiment de puissance que ça me procurait. Même si j’étais dans un jour merdique, je pouvais m’écouter « Freewheel Burning » de Judas Priest et ça me donnait de l’énergie, ça me donnait le sentiment que : « Hey ! Ça n’a pas d’importance si quelqu’un m’a traité comme un déchet aujourd’hui parce que cette musique me donne de la force. » J’espère que c’est aussi ce que ressentiront les gens qui écoutent notre musique lorsqu’ils entendront nos chansons, que ça les excitera et leur procurera de l’énergie positive, même si les chansons elles-mêmes peuvent parler, souvent, de choses horribles.

Le thème du combat et des batailles est toujours, et a toujours été, très présent dans votre musique, et cette fois, il y a une chanson qui s’intitule « Born For Battle » (« Né pour la bataille », NDT). Donc, dirais-tu, en fait, que tu es né pour te battre, que ce soit littéralement ou au sens figuré ?

[Petits rires] Non, cette chanson est en fait inspirée par un personnage historique dont tu as peut-être déjà entendu parler car il est Français, il s’agit de Bertrand Du Guesclin. C’était un général français lors de la Guerre De Cent Ans, tu sais la guerre qui a duré une centaine d’années entre l’Angleterre et la France, en gros. J’ai vu un documentaire sur lui et ensuite j’ai lu des trucs de diverses sources. Apparemment, il était petit, il était moche, il était gros, il a été un enfant à problème et la seule chose dans laquelle il était bon, c’était mener des batailles. Je trouvais juste que c’était un personnage et une idée fascinants, quelqu’un qui, de toute évidence… Quelque chose n’allait pas chez lui mais il en a fait une réussite grâce à l’époque dans laquelle il évoluait, où ce genre de comportement était convoité. Aujourd’hui, il serait probablement en prison.

Et quelles ont été tes grandes batailles dans la vie ? Contre ou pour quoi t’es-tu battu ?

Je crois que les plus grandes batailles sont celles qu’on a avec nous-mêmes, nos propres pensées. Parfois, tu ne peux pas contrôler tes propres pensées, même si tu souhaiterais le pouvoir. Sans rentrer dans les détails, si je devais être plus personnel, c’est probablement ce que j’ai dû le plus gérer et je sais que je ne suis pas le seul. Ça peut paraît très dramatique mais ça ne l’est pas, c’est comme ça pour tout le monde que je connais, de différentes façons. Mais encore une fois, ce n’est pas… La musique et les paroles dans leur ensemble, c’est un tout et les émotions qu’on en retire dépendent totalement de l’individu qui l’écoute. Tu apportes ta propre histoire, tes propres idées et tes propres sentiments dans la musique que tu écoutes. Je ne sais pas où je vais avec ça mais l’idée, c’est vraiment que ce que je pense n’a pas tellement d’importance. Ce qui importe, c’est que tu en ressortes quelque chose lorsque tu l’écoutes, qui que tu sois.

Grand Magus 2016

« Je ne vois pas vraiment de groupe arriver au niveau de Black Sabbath, Iron Maiden, Judas Priest, Led Zeppelin ou Deep Purple lorsqu’ils étaient à leur apogée. »

Dirais-tu que nous vivons dans un monde où les gens doivent ou devraient davantage se battre ?

Je ne sais pas. En fait, « battre », ça donne l’impression que ça a à voir avec la violence et ce n’est pas forcément ça un combat. Un combat, ça pourrait être essayer de sortir de son lit le matin ou essayer de trouver un nouveau boulot, essayer de faire en sorte qu’une amitié fonctionne, essayer de s’assurer que les gens que tu aimes sont en sécurité et ce genre de choses, et les gens font ça. Notre musique est faite pour certaines personnes, pour ceux que ça intéresse, ils peuvent l’utiliser pour se donner de l’énergie. C’est comme ça que le heavy metal a marché pour moi avec les années, comme je l’ai dit. Lorsque j’écoute Denim And Leather de Saxon, j’ai… Je suis content ! [Petits rires]

La culture et l’histoire vikings est très présente dans votre musique. Un autre groupe qui est connu pour ça, c’est Amon Amarth. Et même s’ils sont bien plus extrêmes que Grand Magus, on peut tracer des similitudes dans la manière dont vous approchez la musique. Te sens-tu proche de ce groupe ?

Oui ! [Petits rires] Oui, effectivement, absolument ! Et nous sommes amis avec eux. En fait, nous avons tourné ensemble il y a quelques années, en 2012, je crois. Je trouve que c’est un super groupe, ce sont de super personnes et je suis extrêmement impressionné par leur succès, et ils l’ont mérité. C’est difficile de trouver un groupe qui travaille aussi dur qu’eux.

Nous avons perdu Lemmy à la fin de l’année dernière. Et la dure réalité est que, dans les années qui viennent, nous allons perdre de plus en plus de nos légendes du heavy metal et qu’il ne semble pas y avoir beaucoup de groupes qui prennent le relai au même niveau. Penses-tu que Grand Magus pourrait être un de ces groupes qui pourront atteindre le statut de Motörhead, Iron Maiden, Judas Priest, Black Sabbath, etc. ?

[Petits rires] Eh bien, je ne sais pas comment répondre à cette question. J’ai assurément le sentiment que nous avons l’intégrité, la passion et le cœur. Nous ne sommes pas un groupe en plastique. Nous n’avons jamais suivi les modes et nous n’avons jamais fait partie d’une hyper médiatisation ou quoi que ce soit de ce genre. Donc, si tu cherches un truc authentique, nous sommes un truc authentique. A la fois, je ne pense pas qu’un quelconque groupe, avec la façon dont tout fonctionne aujourd’hui, sera aussi influent et gros que ces groupes dont nous parlons là et qui sont à la fin de leurs carrières et de leurs vies, car lorsqu’ils ont commencé et sont devenus ce qu’ils sont, tu pouvais vraiment avoir un impact parce que tu pouvais dominer en tant que groupe de metal. Les artistes qui dominent aujourd’hui sont des artistes pop, et ils peuvent dominer pendant peut-être quelques années mais ensuite c’est fini. Je ne vois pas vraiment de groupe arriver au niveau de Black Sabbath, Iron Maiden, Judas Priest, Led Zeppelin ou Deep Purple lorsqu’ils étaient à leur apogée. Donc je ne sais pas ce qu’il va se passer ! Vraiment pas.

Parmi toutes nos légendes du heavy metal, qui penses-tu sera le « dernier à tomber », pour citer une de tes chansons ?

[Rires] Wow, eh bien, je suppose le plus jeune ! Je ne sais pas. La vie est ainsi, tu sais. Personne ne vit éternellement. Leur musique pourrait bien vivre plus longtemps que les gens qui l’ont faite mais je ne sais pas. En l’occurrence, je pense qu’Iron Maiden peut assurément continuer pendant encore un bon moment. Mais qui sera le dernier à tomber ? Je ne sais pas. Probablement Keith Richards [rires].

A un moment donné, je sais que tu avais l’ambition « de gagner en renommée. » As-tu toujours cette ambition ?

Je pense que notre ambition est juste de rester fidèles à ce que nous faisons et tout le reste, ce n’est que du bonus. Mais évidemment, si obtenir une plus large reconnaissance ne nous intéressait pas, nous ne dépenserions plus l’énergie, l’argent et le temps qu’il faut pour faire des albums. Probablement que nous nous contenterions de donner des concerts ici et là et essayer de gagner de l’argent et autre. Mais nous voulons vraiment faire de la nouvelle musique et nous voulons vraiment faire de la musique qui enthousiasme les gens. Si nous devenons plus gros, je pourrais vivre avec ça.

Interview réalisée par téléphone le 24 mars 2016 par Nicolas Gricourt.
Retranscription : Céline Hern.
Traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Severin Schweiger.

Site internet officiel de Grand Magus : www.grandmagus.com



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