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Chronique   

Grave Digger – Return Of The Reaper


Alors qu’on avait laissé les Allemands de Grave Digger en 2012 en pleine épopée homérique à l’occasion d’un Clash Of The Gods explorant les confins de la mythologie grecque, c’est cette fois du plus profond des catacombes, derrière les portes de l’Enfer que gronde un air de rock’n’roll pour saluer le retour de la grande faucheuse qui dormait patiemment dans son cercueil depuis The Reaper (1993), n’attendant que le moment propice pour frapper à nouveau.

Si la production de Return Of The Reaper est à mille lieues de celle de son aîné – elle, ancrée dans une toute autre époque – le rift se creuse plus spécifiquement à propos de son contenu. Exit la prévalence du heavy speed traditionnel de Grave Digger qui a sévi durant les années 80 et 90. Exit également les quelques rares originalités présentes sur les dernières productions – la cornemuse sur The Clans Will Rise, par exemple. Toujours mené, suite au départ en 2009 des deux gratteux Thilo Hermann et Manni Schmidt, par la seule guitare d’Axel Ritt, les fossoyeurs ont changé leur pelle d’épaule, creusant dans un style direct plus souvent orienté vers un hard rock pêchu avec une once d’agressivité à la Accept, en conservant quelques incursions de temps à autres dans leur terreau historique afin de se rappeler au bon souvenir de leur public fidèle. De toute façon Grave Digger n’est pas du genre à vraiment sortir de son cadre.

Il est évident que Grave Digger s’amuse au long de ce dix-septième album studio. Bien que quelques titres, à l’instar de « Wargod », « Grave Desecrator » ou « Satan’s Host », soient hautement prévisibles, d’autres au contraire tirent leur épingle du jeu comme les tranchants « Dia De Los Muertos » et « Road Rage Killer », rock’n’roll en diable qui surfe sur le thème de la Course à la Mort et retranscrit bien un sentiment d’urgence. Il faut bien reconnaître ce talent chez Chris Boltendahl et sa bande pour délivrer le riff, la mélodie ou le refrain qui fera la différence, y compris dans une veine plus hard que metal. Le heavy nerveux et trépidant n’en est pas moins de la partie avec « Hell Funeral », « Tattooed Rider », le mortel « Resurrection Day » et le progressif et mélancolique « Season Of The Witch ». Enfin que dire des deux pièces maîtresses lustrées qui clôturent le disque… « Death Smiles At All Of Us » rassemble toutes les composantes typiques du combo : son clavecin, ses riffs speed effervescents, son petit pont sur une gamme égyptienne, un chant conquérant. Et « Nothing To Believe », ballade élégiaque au piano, un peu « défoncé » par la voix burinée de Boltendahl mais pas moins interprétée avec conviction, avec un refrain fédérateur scandé en chœur et cette ambiance à la fois épique et macabre au travers des claviers.

Au terme d’un album dont la progression ne s’essouffle pas, le tombeau peut se refermer en toute quiétude sur la Grande Faucheuse, et pour Grave Digger d’avoir le sentiment du devoir accompli au travers de cette nouvelle pierre apportée à leur discographie déjà très prolifique.

Ci-dessous la lyric-vidéo de « Season Of The Witch » :

Album Return Of The Reaper, sorti le 11 juillet 2014 chez Napalm Records.



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