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Chronique   

Greta Van Fleet – From The Fires


Il y a des choses qui ne veulent simplement pas mourir. Elles dépassent parfois le cadre du souvenir pour prendre vie à nouveau, une sorte de cycle en somme. C’est bel et bien le cas pour le rock et le blues des années 60-70, notamment avec les jeunots de Greta Van Fleet. Les membres originaires du Michigan ont formé leur groupe en 2012, une histoire de famille puisque dans le quatuor on trouve trois frères : Josh Kiszka au chant, Sam Kiszka à la basse, Jake Kiszka à la guitare et actuellement Danny Wagner à la batterie en tant que quatrième figure. Leur premier EP Black Smoke Rising (2017) a surpris son monde et a accru de de manière fulgurante leur notoriété si bien qu’ils ont ouvert pour Guns N’ Roses sur la tournée Not In This Lifetime. Cette fois, il s’agit de leur premier album intitulé From The Fires, en réalité l’assemblage du précédent EP avec quatre nouveaux titres. Greta Van Fleet veut profiter de son ascension pour affirmer son propos : un rock typé années 70, véritable jumeau de Led Zeppelin.

Greta Van Fleet est en effet une histoire de réinterprétation avant tout. Une réinterprétation de réinterprétation même. Le groupe veut revisiter la manière dont les Anglais des années 60 s’étaient eux-mêmes appropriés le blues, dans la veine de Cream et des Yardbirds. Cet intérêt ardent pour la musique de l’époque vient tout simplement du contexte dans lequel ils ont grandi où pas un jour ne se passait sans qu’un ami ou un membre de la famille ne pratiquent d’un instrument. Greta Van Fleet est depuis le début complètement immergé dans la musique, les frères ont commencé à écrire dès l’âge de seize ans. Sans y aller par quatre chemins, Greta Van Fleet est une sorte de « renouveau » de Led Zeppelin dans un sens, même si la réalité est un tantinet plus subtile. Le parallèle est évident lorsqu’on compare le timbre de Josh Kiszka et celui de Robert Plant, notamment sur l’ouverture « Safari Song ». On retrouve même un break vocal dans la plus pure tradition zeppelinienne, renforcée par un jeu de guitare très proche de « Black Dog ». Greta Van Fleet ne peut pourtant pas être réduit à un Zeppelin bis. D’une part parce que lorsque ce dernier se rapproche de ses aînés il le fait très consciencieusement, d’autre part parce qu’une multitude de détails viennent interpeller l’auditeur. Le riff très groovy de « Edge Of Darkness » a une teinte différente des élans de Jimmy Page, en outre le groupe se plaît à expliciter la variété de ses influences dont la soul, en témoigne la reprise d’ « A Change Is Gonna Come », agrémenté de chaleureux chœurs gospels, où Josh fera taire les plus sceptiques quant à son aisance au chant, incarnant sans pâlir un Sam Cooke certes moins moelleux mais à pleine puissance.

Lorsque Greta Van Fleet se veut plus énergique (le blues rock accéléré de « Highway Tune » ou encore « Talk On The Street » et ses accents pop qui évoquent légèrement The Police), on peut apprécier davantage le travail de la guitare de Jake Kiszka : l’impression de déjà entendu est évidemment réelle, reste que c’est une leçon de rock classique, surtout lors des amorces de soli telle « Edge Of Darkness ». Lorsque ce dernier éprouve son jeu acoustique sur « Flower Power », on note une familiarité avec les tonalités folks gracieuses de Tallest Man On Earth (lui même inspiré de Bob Dylan) lorsqu’il ne va pas directement lorgner du côté de « Ramble On » de… Led Zeppelin.

On peut aisément critiquer Greta Van Fleet de ressasser des choses qui ont été faites et qui sont connues de tous ceux qui ont un attachement à la musique rock. La comparaison avec Led Zeppelin a été faite des centaines de fois, mais force est de constater à l’instar de Robert Plant lui-même « ils sont Led Zeppelin ! » Les membres de Greta Van Fleet l’accueillent volontiers et n’ont cure de ceux qui les accuseront de répéter une formule ô combien classique. La copie, si elle en est une (et même si elle peut parfois faire sourire), n’a rien de pâle. Au contraire, Greta Van Fleet est honnête dans sa démarche : jouer ce qu’ils ont aimé en remodelant les choses lorsqu’elles en ont besoin, soit très peu. Oui, les huit titres de From The Fires sont pratiquement un voyage dans le temps. Et alors ? Inutile de le bouder surtout lorsqu’il est confortable.

Clip de la chanson « Highway Tune » :

Album From The Fires, sorti en France le 2 mars 2018 via Republic. Disponible à l’achat ici



Laisser un commentaire

  • lorenzofilth dit :

    De la bonne musique , il n’y a que ça qui compte .

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  • Groupe prétentieux et qui n’assume pas. Les mecs expliquent en interview n’avoir jamais écouté Led Zep, mais les groupes qui ont précédé et influencé Led Zep se mettant ainsi sur un pied d’égalité. Ils ont réinventé le hard rock en fait…

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  • L’important c’est de se faire plaisir et non seulement ils se font plaisir et en plus ça fonctionne de la plus belle des manière, alors ceux qui n’approuvent pas ou qui n’aiment pas….En tout cas ça ne laisse pas indifférent

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  • Oui ça ressemble à Led Zep et alors? Quel groupe aujourd’hui ne ressemble pas à tels ou tels groupes! Ca me donne des frissons et fait plaisir aux cages à miel, le reste je m’en tape. Vive le rock !!!

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  • ce truc m’insupporte au possible. Du pompage pur et simple de Led Zep ni plus ni moins, ne tournons pas autour du pot. Si ce gamin n’avait pas réussi a faire cette quasi-parfaite imitation vocale de Robert Plant,le charisme en moins, on en parlerai à peine.
    Seulement faire le perroquet ne suffit pas. Led Zeppelin , c’était 4 types essentiels incroyablement bons pour écrire ,composer , arranger et jouer ensemble . Une alchimie rare .Or le reste de ce groupe est moyen . Quand on se prend pour un dirigeable, attention aux étincelles ou on termine en boule de chewing-gum collé au trottoir. Un The Rover ou une face B de single comme Hey Hey What Can I Do n’est pas à leur portée créatrice.
    Cette mode actuelle qui consiste à des jeunots de ressembler le plus à un groupe classique en se regardant dans la glace n’apporte rien . Du réchauffé un peu trop tiède.

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    M. Patate le disc rayé

    Le métal est espace musical très codifié. Ça ne choque absolument personne que tell groupe sonne exactement pareil qu’un autre (même son, même technique de jeu, mêmes codes). Pourtant dans le hard rock, à la fois plus démodé et plus accessible/pop tout le monde va trouver ça beaucoup plus insupportable d’avoir des groupes qui se référent à une école précise (on parle toujours de « revival »). Ces écoles, autrefois fleurissantes se sont faites effacées par le temps: il ne reste plus dans les mémoires qu’une poignée de groupes, et tout le monde oublie qu’ils sont en grande partie le fruit de leur époque. Ceux qui râles : des vieux qui ont oublié de se renseigner, et des jeunes qui fantasment une époque qu’ils n’ont pas connue.

    Je défend l’idée que le fait de se revendiquer d’une école précise, c’est un signe d’intégrité. Depuis quelques années on est tous de plus en plus soumis à l’obligation (de faire semblant) d’innover, de mélanger les genres sans réfléchir aux significations de chaque codes … qui pour créer un style solide? qui pour recréer une nouvelle école? On a plus le temps, cela n’est plus légitime malheureusement. Le Djent par exemple, et on leur reproche justement de « tourner en rond », (et de ne pas continuer à remplir comme il se doit le temps de cerveau disponible?)

    Alors je respecte toutes les perspectives hein: l’ambition de vouloir innover (la fusion, le métal prog, toutes les curiosités inclassables), mais aussi le fait d’être intègre et de se référer à un mouvement solide (le heavy traditionnel, le Black, le hardcore…). D’ailleurs ces deux perspectives ne sont pas opposées l’une à l’autre: les musiciens qui ont « inventés » un nouveau mouvement ont souvent beaucoup « recopier » leurs idoles au début de leur carrières.

    Ce groupe nous semble étre du « réchauffé »? Peut-être qu’on a simplement perdu l’habitude de faire l’effort de comprendre la cohérence de l’artiste qu’on a devant les yeux. Peut-être sommes nous devenu un peu flemmard, face à la masse de musique disponible qui s’offre tout les jours.

    Le Hard Rock revient sous cette forme? tant mieux, ce n’est plus le monopole des super-groupes en reformation (BBC…). Reste à savoir si ils vont garder leur intégrité, ou s’ils vont changer leur style dés que la mode va tourner (suivez mon regard: metalcore/émo et post hardcore)… Parce que c’est bien ça qu’on reproche à beaucoup de groupe, de ne pas faire de la musique sur commande, qui soit « au gout du jour ».

    Pat

    putain de bouton d’envoi, je reprend tout :
    M. Patate le disc rayé, faire partie d’une école comme tu dis ou d’une sensibilité- doit amener à digérer ses influences pour les assimiler et les retranscrire avec leurs touches personnelles propres . ça fait des années et des années qu’on fonctionne de la sorte, Led Zeppelin y compris et on connait tous leurs bagarres et autre accusation de plagiat. En aucun cas , il s’agit de pomper puis passer le son à la mode actuelle ou « au goût du jour » et le tour est jouer.Revival, pourquoi pas après tout, copier/coller autant que faire ce peut, non merci. l’intégrité artistique n’ a rien à voir avec çà.
    juste deux exemples :
    Whitespirit était très influencé par Deep Purple mais ce qu’ils proposaient était de qualité. Ok , leur carrière fut très courte.
    Mais Orchid , très fans de Black Sabbath , pompent littéralement leurs riffs. Une écoute consiste plus à deviner les compos originales de leurs maîtres qu’ils ont copiées. Souvent trop facile. leur carrière va redescendre aussi vite qu’elle est montée. Pas mon truc.
    En revanche, Candlemass a su très bien faire la chose. Ils sont encore là , moribonds sans Messiah mais toujours vivants.
    Retour au sujet, oui c’est du réchauffé. Rien a voir avec un quelconque manque d’effort d’écoute bien au contraire. Je n’ai jamais autant écouté de musique qu’aujourd’hui. Internet nous le permet 24/24 à l’envie. et l’offre est par définition pléthorique et exponentielle de jour en jour.
    De plus , on peut se renseigner sur la bio d’un combo et tout savoir de parcours avant la fin du premier titre en consultant Metal Archives !! Dans une autre vie , on glanait tant bien que mal des infos dans les mags ou fanzines. Perso , je pense que ce flou de l’époque entretenait la légende. On en sait parfois trop en quelque secondes mais c’est un autre débat.
    Le Hard Rock n’a pas à revenir , il a toujours été là et le sera toujours par le bias des différents supports disponibles et plateformes de streaming. On peut tout aussi bien être fan de groupes qui n’étaient pas de notre génération qu’on connaisse le contexte du moment ou pas.
    Mais ce chanteur sait très bien ce qu’il fait en imitant Plant d’une manière incroyable je l’avoue. C’est leur facteur de succès.
    Maintenant, que des gens apprécient ce groupe , tant mieux pour eux ,aucun problème. Y a pire dans la vie.

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