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Guitare En Scène : le paradoxe de Saint-Julien


Eté 2022, enfin les festivals sortent de leur réserve pandémique, les départements retrouvent leurs évènements rock et metal et certains sont bien dotés en gros son. Loire-Atlantique ? Il faudrait voir à ne pas centrer le monde metallique à l’ouest de la France. En effet, l’Est offre aussi de quoi fêler vos tympans comme l’aurait dit Jeff Bouquet. En Haute-Savoie précisément, Panic Fest et Guitare En Scène ont de quoi ravir petits et grands.

Nous vous avions amenés il y a quelques années au Panic Fest de Saint-Félix, nous vous proposons cette année une visite de Guitare En Scène à Saint-Julien-en-Genevois, visite ciblée sur les propositions les plus metal de ces cinq jours. Une histoire de saints finalement qui sied à tous ces sons si diaboliques ! Le blues avec Robert Cray, Kingfish sans parler du metal qu’une cohorte de chevelus d’Amérique, d’Australie ou d’Allemagne vont déverser Stade des Burgondes où se déroulent les festivités.

Evénement : Guitare En Scène
Dates : 13-17 juillet 2022
Ville : Saint-Julien-en-Genevois [74]

Avant de plonger dans les décibels, présentons Guitare en Scène. En 2022, le festival en est à sa quinzième édition (lui aussi !), a déjà accueilli Motörhead, Twisted Sister, Scorpions, Europe ou encore Carlos Santana et Mark Knopfler. L’évènement a à cœur de se centrer sur la guitare et de présenter des jams, réunions inédites d’artistes. Excellente proposition. Il en faudrait plus, nous y reviendrons.

Bel accueil du festivalier.

C’est aussi un festival qui souhaite garder taille humaine avec sa jauge à cinq mille personnes et qui propose d’excellentes conditions d’accueil au festivalier. Circulation fluide sur le site, prestation de restauration variée, massage, bière de qualité de la Brasserie de Mont-Blanc, toilettes ultra-propres. Même pour une journée qui affiche complet comme celle de Scorpions, si vous arrivez en voiture pour les premiers concerts (qui démarrent selon les jours entre 18h00 et 18h45), vous ne croiserez aucun embouteillage.

Sur la scène Chapiteau, grosse qualité pour le son et les lumières. Les groupes peuvent de ce fait proposer de beaux habillages. Jeff Beck ou Scorpions ne s’en priveront pas. Côté Scène Village, plus petite, le son est tout aussi bon, juste que les conditions de lumières ne sont logiquement pas aussi somptueuses que sur la grande scène. Last Train ou Laura Cox sauront toutefois bien exploiter son potentiel.

The Prize ouvre le bal de belle manière !

Dernier mot avant d’entrer dans le vif du sujet. Chaque jour a le même format avec quatre groupes, deux sur la scène Chapiteau, deux sur la scène Village (nous verrons d’ailleurs qu’il y a là ce que nous pourrions appeler le paradoxe de Saint-Julien) et un démarrage en fin d’après-midi. Le vif du sujet donc… The Prize ouvre le bal sous cette canicule qui accable la France en cette mi-juillet. Malgré ces conditions extrêmes, accentuées par le soleil brûlant qui inonde la scène Village, le combo franco-belge assure une prestation efficace et de qualité. Vous ne connaissez pas ? A découvrir de toute urgence !

Basculons sur la scène Chapiteau pour les prestations de Black Label Society et Airbourne. Pied de micro orné de crânes, kilt et plateforme pour Zakk, énergie débordante et cannettes de bière éclatées pour Joël, la routine en quelque sorte, routine qu’une assistance assez conséquente apprécie. Ce qui sort de la routine et qui est vraiment très savoureux, c’est la jam finale. Tellement rare et si riche. Marco Mendoza, Gus G, Dino Jelusick, Ivan Keller (guitariste), Mario Lepoglavec (batteur) forment le noyau dur de cette jam que Maggy Luyten, chanteuse de The Prize, rejoindra à plusieurs reprises. Hendrix, « Purple Haze », le « Crazy Train » d’Ozzy, Thin Lizzy avec « Cold Sweat », « Highway To Hell » d’AC/DC (avec Joël O’Keefe en prime), voici une partie des réjouissances. Génial ! Et pourquoi diable ne faire une jam qu’un seul soir ? Il y a tellement de valeur ajoutée à ce type de réunion !

Jam !!!

Organiser un tel plateau doit évidemment être un casse-tête pour l’organisation. En effet, dans le cas présent, Zakk Wylde était annoncé mais des contraintes d’avion en ont décidé autrement. Mikkey Dee était pressenti et cela n’a pas pu se faire. Avec eux deux, la jam de ce soir aurait pris une tout autre dimension. Mais même ainsi, la fête était belle.

Avant cette jam, Last Train a donné une prestation très honnête sur la Village avec un éclairage soigné. Une remarque toutefois. OK, Francis Zégut a craqué sur ce groupe et les a pris sous son aile. Très bien. Est-il nécessaire par contre d’avoir à l’écouter en introduction de la prestation vanter les mérites de ses poulains, presque nous dire que nous devons les aimer ? Laissons groupe et public se rencontrer, sans survendre le produit. Prétendre que c’est ce qu’il y a de mieux depuis Noir Désir ? Laissons le temps décider de la carrière de ce groupe sans chaperon ni VRP. Les autres interventions de Francis Zégut qui introduit les groupes de cette journée sont plus posées et plus sympathiques du coup.

Les Allemands piquent toujours.

Sautons la Fête nationale pour arriver à la journée Scorpions, journée complète côté vente de billets, attestant ainsi de la popularité des Allemands. Journée aussi du paradoxe de Saint-Julien. Paradoxe car passer directement de The Toad Elevating Moment à George Thorogood, de Scorpions à Gotus, avec tout le respect dû aux groupes, fait faire un surprenant grand écart de niveau de prestation. Tout comme passer dimanche de Deep Purple à Laura Cox. Pour filer une métaphore footballistique, nous changeons carrément de division (on dit ligue ?). C’est curieux, il pourrait y avoir une progression, TTEM, Gotus, Thorogood, Scorpions qui permettrait de rentrer tranquillement dans le sujet, se chauffer, de finir sur le meilleur (sur le papier en tous les cas). Dans le format proposé, cela donne l’impression qu’il y a la tête d’affiche et d’autres propositions autour, comme en option. Combien de spectateurs sont-ils restés pour Gotus après le concert des Scorpions ? Evidemment donner la chance, de la visibilité à de (plus ou moins) jeunes formations – les premières sont souvent issues du Tremplin du festival – est une bonne chose et chacun appréciera ou pas les prestations proposées, le public restant toujours l’ultime juge. Toutefois, le format…

Quelle belle prestation d’Uriah Heep !

Ceci étant dit, TTEM a été intéressant, Gotus aussi. Côté Thorogood, prestation honnête avec son rock pêchu, un peu répétitif peut-être. Vous situez George Thorogood au fait ? C’est l’homme du classique « Bad To The Bone » et de « Who Do You Love ». Quid des Allemands qui piquent ? En grande forme. Cohérents, dynamiques, manifestement heureux d’être sur scène, faisant même un clin d’œil à Lemmy. Le public suit, l’habillage lumineux est somptueux ! Que dire d’autre ? Que les titres de leur dernière production ne sont pas les meilleurs (« Rock Believer »), que la voix pèche parfois un peu, mais tout cela n’a pas atteint un public ravi et qui aura montré son enthousiasme tout au long de ce très bon concert.

Simon Mc Bride pour vous servir !!!

Avançons dans le temps pour atteindre le dimanche, dernier jour du festival. Et croiser les deux grands vainqueurs de cette journée. Un groupe : Uriah Heep. Quelle forme, quelle prestation menée par un Bernie Shaw enthousiasmant ! Concert de qualité car porté par un son de qualité, répétons-le et saluons le festival pour cette réussite. Un guitariste : Simon Mc Bride, le remplaçant récent de Steve Morse au sein de Deep Purple. Goguenard, tranquille, il apporte une touche sonore heavy (ce solo sur « Lazy » !) à un Pourpre peut-être plus aussi Profond que par le passé même récent. Le temps file évidemment pour tout le monde. Mais là, la voix de Ian Gillan n’est plus ce qu’elle était et la prestation globale s’en ressent forcément, dommage. Mais le public présent ne semble pas bouder son plaisir devant les Anglais. Alors pourquoi pas ?

Concluons en disant que Guitare En Scène propose un très bel accueil et que si l’année prochaine vous trouvez une tête d’affiche qui vous plaît, n’hésitez surtout pas à aller y passer une belle soirée. Et qui sait si vous n’aurez pas un coup de cœur pour une découverte sur la scène Village.

Une énergie toujours débordante !!!

Et on voit qui l’année prochaine ?



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