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Chronique   

Gus G – Brand New Revolution


Gus G - Brand New RevolutionA peine une année d’écoulée depuis son opus remarqué et flambeur I Am The Fire, Gus G – de son vrai nom Konstantinos Karamitroudis – récidive déjà. Ayant bien l’intention de battre le fer tant qu’il est chaud, d’autant que ses autres groupes – Firewind et son rôle dans le line-up d’Ozzy Osbourne – tournent actuellement au ralenti, le guitar-hero grec revient avec un opus coloré, très américain dans l’esprit et même un brin « radio-friendly ». Admettant lui-même, dans une récente interview qu’il nous a consacrée, « aimer les chansons courtes avec de gros refrains et de gros riffs », il ne prendra ici personne en traître, et tout ce patchwork musical – explorant pèle-mêle le heavy, le hard-rock ou encore le rock US – qui, s’il ne fait pas dans l’originalité, ne peut pas être abattu sur le champ de course sans lui avoir accordé une certaine efficacité.

D’énergie, l’album n’en manque pas, grâce à la spontanéité de l’enregistrement semi-live en studio, à un son plus naturel et un mix clair signé du légendaire Mike Fraser (Metallica, AC/DC). Gus G s’est à nouveau associé aux chanteurs Mats Levén et Jacob Bunton pour l’écriture des morceaux, et s’est également payé les voix de Jeff Scott Soto ou, plus surprenant encore, d’Elize Ryd (Amaranthe) à l’occasion d’un « What Lies Below » grandement teinté d’electro et de pop rock. Sans parler de cohérence, on admettra que les ambiances hétérogènes s’enchaînent de façon assez fluide. Pourtant, en dépit de son titre, Brand New Revolution n’est pas là pour révolutionner quoi que ce soit. Si le titre instrumental d’ouverture « The Quest » constitue une vitrine virile où le guitariste déploie tout son art avec des lignes mélodiques virevoltantes dans une veine heavy moderne, rappelant fortement la patte mélodique de Michael Amott (Arch Enemy), la suite en revanche ne lui ressemble en rien et comporte tous les ingrédients archétypes du heavy-rock, d’autant que les refrains tendent à apparaître assez redondants dans leur déclamation.

Demeurent tout de même quelques brûlots bien accrocheurs tels que « Brand New Revolution », « We Are One » (avec quelques intonations à la Paul Stanley dans la voix de Bunton) ou « Gone To Stay ». Même les chansons plus tempérées telle que la power ballade « Behind Those Eyes », dans un esprit très « eighties » (évoquant Foreigner, par exemple), méritent qu’on s’intéresse au travail du guitariste grec. À condition bien sûr d’avoir admis un certain formatage dans ce rock, qui va même jusqu’à ressembler à s’y méprendre à du Ozzy Osbourne sur la ballade plaintive « One More Try » – une sorte de pot-pourri d’emprunts à « Ghost Behind My Eyes », « Goodbye To Romance » et autres, avec un Bunton qui donne parfois l’impression de singer le Madman dans ses choix mélodiques. Formaté, oui le mot est lâché. À l’instar du sleaze et sulfureux « Come Hell Or High Water » : du rock américain moderne dans le son, avec de sérieux appels du pied aux riffs des années 80 (Mötley Crüe notamment), qui s’apprécie s’imaginant au volant d’un lowrider avec suspensions californiennes, le long des routes tortueuses qui longent la côte ouest, lunettes de soleil sur le nez et avec un gros soda sucré dans le porte-gobelet. Cliché, certes, mais comme Gus G, qui ne se surprend pas parfois à surfer sur les clichés ? Reste que cette seconde fournée paraît tout de même faire dans le réchauffé, sans doute parce qu’elle souffre du passage de la première ; sans doute aussi que le guitariste s’est montré un peu présomptueux en pensant pouvoir maintenir le niveau tout en enchaînant sans temps mort.

Ecouter les morceaux « The Quest » et « Burn » :

Album Brand New Revolution sortie le 24 juillet 2015 chez Century Media Records.



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