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Interview   

Gus G. (Firewind) entretient sa flamme


Après avoir écumé nombre de formations, apposé des solos en tant qu’invité sur quantités d’albums et finalement côtoyé la légende de près en remplaçant Zakk Wylde dans le groupe d’Ozzy Osbourne, Gus G. fait enfin son échappée solo. Ça devait bien arriver un jour, mais pour Gus G. ce n’est qu’une question de bon timing en termes d’emploi du temps et, en tant que prolifique compositeur, d’avoir une collection de chansons – initiée avec le chanteur Mats Levén (Candlemass, Krux, ex-Therion, ex-Yngwie Malmsteen) – à présenter.

Gus G. nous parle donc de ce nouvel album solo, de sa conception, de la musique qu’il contient, des musiciens et chanteurs qui le composent, etc. Mais c’est aussi l’occasion de revenir sur le départ du chanteur Apollo Papathanasio de son groupe principal Firewind, sur lequel le guitariste nous en dit plus, avouant que « ça n’allait déjà plus en 2007 ». L’occasion également de constater à quel point faire partie d’un groupe à temps plein peut-être compliqué, même lorsqu’il s’agit de considérer intégrer un chanteur aussi doué que Mats Levén…

« Je suis le genre de mec qui ne s’arrête jamais […] Je mets beaucoup de passion dans mon art, ma musique, et tout ce que j’entreprends. »

Radio Metal : Tout au long de ta carrière, tu as joué dans de nombreux groupes et projets mais n’as jamais sorti d’album solo avant aujourd’hui. Qu’est-ce qui t’a convaincu que c’était le bon moment ?

Gus G. (guitare) : Eh bien, c’est plutôt que ça me semblait être le bon moment. Firewind allait prendre une pause parce que nous avions terminé notre tournée et que nous n’en avions pas beaucoup d’autres de prévues en 2013. Nous recherchions un chanteur donc nous avons décidé de calmer le jeu pendant un moment pour prendre le temps de trouver le prochain chanteur. Et Ozzy était occupé avec Black Sabbath donc… Il se trouve que j’avais aussi quelques idées qui n’iraient pas sur un album de Firewind. C’étaient plus des idées hard rock. Alors je me suis dit que je devrais travailler dessus, tu vois ?

Ces dernières années, tu t’es retrouvé sous les feux de la rampe en jouant avec Ozzy Osbourne ; penses-tu que grâce à cela, de nombreuses personnes ont hâte de t’entendre dans un projet solo ?

Eh bien, je ne sais pas, je suppose. Je veux dire que beaucoup de gens m’ont demandé – même avant cela – tout le monde me demandait de faire un album solo et bien sûr avec Ozzy beaucoup de gens me disent qu’ils voudraient m’entendre faire quelque chose en solo. Je pense que c’est quelque chose d’assez naturel, tu capitalises sur le succès de tout cela et de l’attention que j’ai reçu en participant à l’album et aux tournées d’Ozzy. Mais pour être honnête, ce n’est pas comme ça que je l’ai ressenti. Je n’ai pas vraiment planifié tout ça, c’est juste arrivé. J’étais plus dans le trip d’écrire ces chansons que j’avais besoin d’extérioriser, c’est tout. Je n’ai fait ça pour personne d’autre et je ne l’ai pas non plus fait pour prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Je l’ai simplement fait pour moi-même. Je veux dire, petit à petit l’album est devenu quelque chose de très solide et c’est à ce moment-là que je me suis dit : « Eh, peut-être que je devrais en faire quelque chose et en parler à mon label. »

L’album s’intitule I Am The Fire, est-ce comme ça que tu te vois ? Comme si tu avais un feu qui brûlait à l’intérieur de toi ?

Tu sais, cette chanson parle du fait de te sentir motivé et ça parle de passion. Ça parle du fait d’avoir un feu passionné qui brûle en toi dès que tu entreprends quelque chose et quels que soient tes buts dans la vie. C’est la signification de cette chanson, et j’ai toujours ressenti ça à propos de moi. Je suis le genre de mec qui ne s’arrête jamais, qui va toujours de l’avant et qui travaille dur dans ce qu’il fait. Je mets beaucoup de passion dans mon art, ma musique, et tout ce que j’entreprends.

Par le passé, tu as joué beaucoup de styles différents, mais malgré cela, tu as réussis à intégrer de nouveaux aspects de ta personnalité musicale dans cet album solo, à travers des morceaux plutôt hard rock et classic rock. C’était important pour toi ?

Ouais, en gros c’est ce que je voulais faire. Je me suis dit que si je me lançais dans un album solo et que ça finissait par être du heavy metal alors il n’y avait aucune raison pour que je sorte ça sous le nom de Gus G., j’aurais tout simplement sorti ça avec Firewind. Donc c’était comme une opportunité pour moi d’explorer différents aspects de mes racines musicales. J’ai grandi en écoutant du classic rock et aussi du blues, alors c’était une opportunité en or pour moi d’écrire davantage dans ces styles.

« Je devrais juste la fermer et prendre ma guitare parce que c’est la meilleure chose que je puisse faire. [Rires] »

Malgré de nombreuses envolées de guitare, cet album n’est pas un album typique de guitar hero comme on aurait pourtant pu s’y attendre. Etait-ce important pour toi de rester concentré sur les chansons de façon à être reconnu comme un compositeur de chanson plutôt qu’un dieu de la guitare ?

Eh bien, j’ai toujours écrit des chansons ; j’ai toujours été un compositeur de chansons en même temps que j’étais un guitariste. Pour moi, l’idée de faire un album instrumental n’était pas vraiment attrayante. Je trouve que c’est assez chiant de sortir un album avec douze morceaux instrumentaux. On dirait qu’il s’agit juste de pistes d’accompagnement ou alors tu fais uniquement des solos tout le long. J’aime bien avoir le chant dans mes morceaux, tout simplement. Je veux dire, évidemment j’adore les morceaux instrumentaux, mais pas quand il y en a trop. J’adore avoir le chant, et j’aime écrire des chansons accrocheuses aux riffs heavy, pour ainsi dire. J’ai toujours écrit la musique de cette façon.

Mats Levén chante sur quatre morceaux. Cette décision de le faire chanter sur autant de morceaux était-elle liée au fait que vous deux aviez une bonne connexion pendant la tournée de Firewind en 2011 ?

Ouais, c’est comme ça que ça a commencé ! Parce que quand on a fait cette tournée en 2011 on s’est dit qu’il fallait qu’on fasse quelque chose ensemble. En fait, si ça ne tenait qu’à moi, je l’aurais gardé dans Firewind, parce que je pense qu’il s’intègre vraiment bien dans le groupe, mais… [Pause] Enfin bref, j’avais plein d’idées et de riffs rock’n’roll que je lui ai envoyé et je savais que je voulais faire quelque chose avec Mats. En fait, c’est le fait que nous ayons écrit quatre ou cinq chansons ensemble qui m’a fait réaliser : « OK, maintenant je peux vraiment me lancer, je peux mettre ces chansons dans un album solo. »

L’album comprend deux morceaux instrumentaux avec deux bassistes différents : Dave Ellefson et Billy Sheehan. Pourquoi avoir choisi ces deux bassistes en particulier pour ces morceaux ?

C’était une idée de Jay Ruston, le gars qui a mixé mon album. Il a proposé Sheehan parce qu’il venait de mixer l’album de The Winery Dogs alors j’ai dit : « évidemment », parce que, tu sais, je suis un grand fan de ce type. Alors il a contacté ses managers, nous lui avons fait écouter le morceau, il a adoré et il s’est mis à jouer. L’histoire avec Dave Ellefson c’est que Jay m’a envoyé un texto un jour pour me demander si je voulais jouer un solo pour Altitudes & Attitudes, le nouveau projet de Dave Ellefson et Frank Bello et j’ai dit : « Ouais, putain ouais ! » – je veux dire, j’adore ces deux mecs – puis j’ai dit : « Tu penses que Dave me rendrait la pareille et jouerait de la basse sur un de mes morceaux ? » et c’est comme ça que ça s’est fait.

Comment as-tu choisi tous les autres musiciens et chanteurs qui font des apparitions sur l’album ? C’était des opportunités similaires ou bien tu avais déjà quelques idées en têtes depuis le début ?

C’était vraiment des opportunités. Je ne savais pas qui je voulais voir participer à l’album. Je n’avais pas de plan concret, tu sais j’avais la musique mais pas les gens pour la jouer. Évidemment j’avais les morceaux avec Mats, je savais déjà ça et j’avais aussi fait un autre morceau, « Summer Days », avec Jeff Scott Soto. Mais je ne savais pas vraiment qui d’autre inviter et j’ai rencontré beaucoup de monde à travers Jay Ruston qui m’a proposé de nombreuses personnes et m’a aidé à choisir. Mon label Century Media m’a aussi suggéré quelques personnes. Par exemple, les collaborations avec Devour The Day et Alexia Rodriguez viennent de Century Media.

As-tu pensé à chanter sur au moins une de tes chansons ?

Ouais, j’y ai pensé, puis je me suis dit : « Mec, tu as tellement de bons chanteurs sur l’album, pourquoi t’emmerder avec ça ? Je devrais juste la fermer et prendre ma guitare parce que c’est la meilleure chose que je puisse faire. » [Rires]

Mais tu sais chanter, n’est-ce pas ?

Je sais chanter, ouais, mais en général je fais les chœurs, je ne fais pas vraiment les chants principaux. Mais peut-être que je devrais essayer un de ces quatre, qui sait ?

Et qui a écrit les paroles pour les chansons ? C’est toi ou bien leurs chanteurs respectifs ?

C’est principalement les chanteurs, ouais. J’avais quelques idées de titres, ou bien parfois je leur expliquais la vision que j’avais pour la chanson et ce de quoi elle devait parler de façon à ce qu’ils puissent écrire les paroles et me les renvoyer.

« Spiritual Beggars est un groupe parfait pour [Apollo] […], ils vont peut-être jouer deux semaines par an tout au plus et là il peut prendre des jours à son boulot pour pouvoir jouer la rockstar pendant deux semaines. [Rires] »

Tu as dit que tu voulais que Jay Ruston mixe ton album en raison du travail qu’il avait fait sur l’album de The Winery Dogs car le son était chaud, épais et pas numérique. Penses-tu que trop d’albums ont un son trop numérique et pas assez naturel ces derniers temps ?

Ouais, c’est ce que je pense. En particulier les albums heavy metal, beaucoup ont un son trop traité et édité. Je ne dis pas que mon album n’a pas été édité ou quoi que ce soit, que ce n’est pas numérique, mais paradoxalement Jay réussit à dissimuler ça et à faire en sorte que l’album possède une large gamme de fréquence pour lui donner cette assise dans les basses et l’ambiance dont il a besoin. Mais en même temps le son est moderne et c’est ce que j’aime à propos de ses mixes.

Sur un autre sujet : l’année dernière, le départ d’Apollo de Firewind a été annoncé comme dû à « son incapacité à tenir le rythme du groupe en termes de tournées et d’opérations de promotion. » Penses-tu que ça ait un rapport avec son implication dans Spiritual Beggars ?

Je ne sais pas, tu devrais lui demander. Je ne sais pas.

Vous n’en avez pas du tout parlé tous les deux ?

Ça fait un moins un an que je ne lui ai pas parlé.

D’accord, mais qu’est-ce qu’il t’a dit à propos de son départ de Firewind ?

Eh bien, il a dit qu’il ne voulait pas vraiment… [Pause] Parce que tu sais, il nous lâchait toujours au moment des tournées. Quand nous avions de longues tournées il disait toujours qu’il devait rester à la maison. Il voulait garder son travail. Il était professeur dans une école, prof de musique. Il voulait garder son travail régulier et ne voulais pas partir autant en tournée. Spiritual Beggars est un groupe parfait pour lui parce qu’ils ne font pas beaucoup de tournées, ils vont peut-être jouer deux semaines par an tout au plus et là il peut prendre des jours à son boulot pour pouvoir jouer la rockstar pendant deux semaines. [Rires] Je pense que c’est ce qu’il voulait faire. Mais pour nous, c’est notre métier, nous faisons ça à temps plein.

Plus tôt, tu as dit que si ça ne tenait qu’à toi, tu aurais demandé à Mats Levén de rejoindre le groupe. Pourquoi est-ce que ça n’a pas pu se faire ?

Eh bien, c’est très politique tout ça. Ce n’est pas comme si j’avais le choix… Je veux dire, dans le fond, les gens disent que c’est mon groupe et C’EST mon groupe mais je ne suis pas tout seul et les autres gars ont aussi leur mot à dire, puis il y a le label derrière nous, le management et… L’opinion de ces autres personnes compte aussi. Parfois les gens préfèrent la jouer « safe » mais je suis un peu différent, j’aime prendre des risques dans ma carrière. J’ai toujours pris des risques. Je savais que ça n’allait plus avec Apollo, déjà à l’époque ; je veux dire, ça n’allait déjà plus en 2007 : il n’arrêtait pas de nous lâcher pour les tournées et c’était la même chose en 2011. Deux semaines avant la tournée, il nous a appelés pour dire qu’il ne pouvait pas la faire. Alors pour moi c’était la fin à ce moment précis. Comme je le disais si ça ne tenait qu’à moi je l’aurai viré direct. Mais les autres gars étaient un peu sceptiques quant à cette décision, ils ne voulaient pas prendre de risque. Donc comme je te le disais c’est très politique parfois, tu ne peux pas faire ce que tu veux tout le temps et je dois respecter le fait que l’avis d’autres personnes entre aussi en jeu.

Mais qui ne voudrait pas d’un chanteur aussi bon que Mats Levén dans son groupe ?!

Non, ce n’est pas que les autres ne veulent pas de lui. Tout le monde veut que Mats nous rejoigne et tout le monde l’adore. Nous sommes tous de très bons amis et il est très proche des autres membres du groupe et tout, nous avons passé de supers moments ensembles ! Mais le truc c’est que les gens anticipent la réaction que ça pourrait engendrer, ce que les fans vont en penser et tous ces trucs. Nous devons penser à tout cela, tu sais ? Mais ce que je disais c’est que si ça ne vient pas maintenant ça viendra tôt ou tard de toutes les façons, et j’avais raison à ce propos. [Rires]

[Rires] Ouais, ça m’a l’air assez compliqué tout ça en fait…

Hé mec, c’est pas facile d’être dans un groupe. C’est très compliqué.

« Peut-être que [Firewind] est maudit, qui sait ? Pour être honnête c’est un peu la raison pour laquelle je prends une pause vis-à-vis du groupe. »

Et qu’en est-il de Kelly Sundown Carpenter, qui a remplacé Apollo lors de votre tournée américaine l’année dernière ? Tu le considèrerais comme un candidat au poste de chanteur permanent de Firewind ?

Non, le truc avec Kelly c’est qu’il nous a juste aidés pour cette tournée. Nous avions signé pour faire une tournée américaine, une tournée australienne et quelques festivals alors il nous a filé un coup de main mais il a ses propres projets et c’est quelque chose que nous respectons absolument. Il nous a juste aidés à honorer nos engagements de tournées.

On dirait que vous avez du mal à stabiliser le line-up au sein de Firewind, particulièrement en ce qui concerne le chanteur. Comment peux-tu expliquer cette instabilité ?

Je n’en ai pas la moindre idée, mec. Peut-être que parfois j’aime bien la voix d’un type mais je ne fais pas assez attention à sa personnalité ou à certains aspects de sa vie privée. Parce que tu dois être prêt à faire beaucoup de sacrifices de façon à être dans un groupe à temps plein. Alors même si j’aime bien la voix de quelqu’un et que je pense qu’il s’intégrerait bien au groupe ça ne veut pas dire qu’il peut suivre le groupe sur toutes les tournées et tout ça. C’est le problème que nous avons eu par le passé. Alors je ne sais pas ! Peut-être que ce groupe est maudit, qui sait ? Pour être honnête c’est un peu la raison pour laquelle je prends une pause vis-à-vis du groupe.

As-tu quelques nouvelles à nous donner à propos d’Ozzy Osbourne ? Scream est sorti il y a maintenant quatre ans alors est-il prévu d’écrire une suite à cet album ?

Je n’ai aucune information officielle à te donner, désolé.

Est-ce que tu as mis de côté quelques riffs que tu penses pourraient aller sur un potentiel album d’Ozzy Osbourne ?

J’ai écrit beaucoup de trucs. J’écris de la musique tout le temps donc j’ai beaucoup de trucs sur le disque dur de mon ordinateur. J’ai assurément de nombreux trucs qui colleraient parfaitement à Ozzy.

Les riffs sur Scream ont été écrits par le producteur Kevin Churko. Je suppose que tu as hâte de commencer à travailler pour avoir tes propres riffs sur un album d’Ozzy ?

Ouais, évidemment ! Évidemment mec.

Avec la réunion de Black Sabbath, n’as-tu pas peur que la carrière solo d’Ozzy soit un peu mise de côté ?

Non, tu sais ce n’est pas mon choix ni ma décision. Je suis seulement un guitariste qu’il a embauché. Ozzy est un artiste solo et il fait ce qu’il a à faire. Ça a toujours été comme ça, ça n’a rien de nouveau. Je suis un grand fan de Sabbath et je suis un grand fan d’Ozzy donc je suis OK avec tout ce que le boss décide. Je n’ai pas mon mot à dire.

Tu as participé à la tournée Ozzy And Friends en 2012. Comment c’était de partager la scène avec des légendes telles que Geezer Butler, Slash and Zakk Wylde ?

Oh mec, c’était génial ! Cette tournée c’était comme un rêve devenu réalité. C’était incroyable de partager la scène avec tous ces mecs et de jammer tous les soirs. Ce n’est pas un line-up que tu vois tous les jours sur une tournée ! C’était vraiment un temps fort.

Feras-tu une tournée pour soutenir ton projet solo ?

Ouais, je fais une tournée européenne en mai avec Marty Friedman. Nous sommes tous les deux en tête d’affiche et d’ailleurs nous allons jouer en France. Nous y serons en – je ne me souviens plus de la date mais ça tombera quelque part en mai.

Interview réalisée par téléphone le jeudi 27 février 2014 par Spaceman.
Retranscription et traduction : Natacha.

Site internet officiel de Gus G : www.gusgofficial.com
Site internet officiel de Firewind : www.firewind.gr

Album I Am The Fire, sortie le 17 mars 2014 chez Century Media Records.



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