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Interview   

Gut Scrapers offre son âme au rock lourd


Passer d’un groupe de reprises à une véritable formation, unie par un même désir de faire, enfin, sa propre musique : voilà le chemin que connait, ou qu’a connu, nombre de formations. Et même arrivé à la quarantaine, cela fonctionne encore. Tel est le cas du quintet nîmois Gut Scrapers, qui, après avoir interprété le répertoire des punks Social Distortion, joue son propre rock’n’loud. Du bon hard rock burné, costaud et aux riffs épais, qui a depuis pris forme sur un premier album, Gimme Your Soul, sorti il y a un an.

Mais Gut Scrapers c’est aussi un groupe qui se qualifie lui-même de « tout-terrain ». Écumant les clubs et les scènes, où l’on a pu les retrouver aussi bien en première partie des Lords Of Altamont que de Sinsemilia, des Fatals Picards ou encore de Crucified Barbara. Mais le combo est plus « hard » que « rock ». D’ailleurs, à choisir, ce dernier se verrait plus sur les planches d’un Hellfest que sur celles des Eurockéennes. Mais avant de voir haut, le groupe garde les pieds sur terre, ne voulant pas brûler les étapes de sa formation. Car quand, comme Gut Scrapers, on vient du sud de la France, faire du metal et en jouer sur scène, ce n’est pas une sinécure.

« Faut pas se leurrer aujourd’hui, c’est pas parce que tu vas sortir un album que tu vas devenir milliardaire. C’est un support incontournable, sans ça tu ne peux pas faire de promo. »

Radio Metal : Vous avez créé Gut Scrapers en 2008, quelles ont été les principales étapes qui vous ont mené jusqu’à la sortie de votre premier album, cinq ans plus tard ?

William Cortier (guitare) : On s’est créé en 2008 sous l’impulsion de Pierre [Mercier], le batteur, qui avait envie de remonter un projet plus rock/hard rock, n’en faisant plus depuis un moment. On a tous passé la quarantaine, il a cherché des musiciens avec qui il avait joué il y a un vingtaine d’années. Moi, je suis arrivé après, il y a trois ans, alors que le groupe s’est créé il y a cinq ans. Pendant un an et demi ils ont joué ensemble, c’était plutôt un cover-band de Social Distortion, quand je suis arrivé il n’y avait qu’une seule compo. Maintenant on a en beaucoup plus, c’est pour ça qu’on a décidé de sortir un album. L’idée principale c’était de jouer sur scène, c’est ce qu’on attend aussi avec cette sortie d’album, faire de plus en plus de concerts.

Est-ce que certains membres du groupe avaient déjà sorti des albums par le passé ?

Personnellement non, moi c’est mon premier album. Fred [Fages], le guitariste, a un projet personnel au sens premier du terme, qui n’a rien à voir avec le hard rock, c’est plutôt de la chanson française. Le batteur joue aussi dans d’autre formations, il joue avec des jazzmen, dans des choses très éclectiques. Après, ce n’est pas des projets aussi « symbiosés », dans le sens où l’on forme vraiment une famille. C’est la première fois dans notre carrière que l’on se retrouve comme ça, comme les cinq doigts de la main, on a l’impression de jouer depuis des années ensemble, alors qu’en fait c’est relativement récent.

Quel a été le déclic pour se lancer dans cet album ?

Le but c’était de composer, de jouer sur scène, et donc d’avoir, comme on dit, une carte d’invitation pour le public et une carte de visite pour les bookers pour trouver des concerts. Faut pas se leurrer aujourd’hui, c’est pas parce que tu vas sortir un album que tu vas devenir milliardaire. C’est un support incontournable, sans ça tu ne peux pas faire de promo. Le déclic c’est ça, c’est l’envie d’avoir un support pour notre musique et on est en préparation pour notre second album.

« Il ne faut pas lâcher l’affaire, nous on brandit bien haut l’étendard du rock, et il ne faut pas qu’on soit tout seul. »

A l’origine vous étiez un groupe de reprises de Social Distortion, qu’est-ce qui vous a séduit dans ce groupe plus que dans les autres ?

Je n’étais pas dans le groupe à ce moment là, mais je sais très bien comment cela s’est passé. L’idée c’était de monter un projet musical avec des morceaux déjà prêts. Au départ ils voulaient prendre du AC/DC, du U2, du Police, mais ça ne s’accordait pas bien avec la voix du chanteur. Fred le guitariste, a fait écouter à tout le monde Social Distortion, ce qui est marrant d’ailleurs car c’est moi qui lui avait fait découvrir il y a vingt ans et entre temps on s’était perdu de vue. Ils ont monté le groupe autour d’une vingtaine de morceaux, qui sont excellents mais pas très compliqués, où les paroles de Mike Ness sont d’enfer. Donc l’idée première c’était vraiment de jouer sur scène, c’était plus facile de monter un répertoire de Social Distortion de deux heures et demi, que de créer deux heures et demi de compos. En deux mois c’était monté et ils ont pu jouer, alors qu’en deux mois tu ne peux pas créer vingt bons morceaux et les balancer sur scène. Au fur et à mesure le groupe a retiré les titres de Social Distortion et maintenant on ne tourne quasiment qu’avec nos morceaux.

En termes de groupes et de styles, si l’on devait ne garder qu’une influence pour votre musique, laquelle serait-ce ?

On n’a pas inventé le nom, mais on aime bien dire qu’on fait du rock’n’loud, du hard rock un peu lourd on va dire, mais sans tomber dans le stoner qui est devenu une mode aujourd’hui. Encore une fois c’est vrai qu’on a tous plus de quarante ans, mais pour autant moi j’ai des influences metal, j’écoute à 90% de ça. La grosse influence c’est du hard rock, après en termes de groupes, on adore autant Pantera qu’Asking Alexandria, Black Stone Cherry…

Globalement, étant donné que vous utilisez des éléments des deux mondes, vous sentez vous plus proches de la scène rock ou metal ?

Foncièrement plus vers la scène metal. Si tu veux, si j’avais à choisir entre deux festivals, j’irais plus au Hellfest qu’aux Eurockéennes. C’est un peu raccourci mais c’est ça. En même temps, je ferais les deux ! (rires) Mais à choisir je préférerais le Hellfest…

Vous allez tourner un clip pour « Cheers Motherfuckers », où vous et les figurants êtes en costume, d’où vous est venue cette idée ?

Ça vient d’un ami à nous qui fait des études de cinéma sur Paris. Il avait monté notre premier clip avec deux caméras et des rushs pris lors d’un concert à Montpellier, autant dire quelques bouts de ficelles, et vu le résultat excellent, on a eu envie de l’inclure dans notre projet de second clip. On a fait un brainstorming, on a donné quelques idées, il a complètement réalisé le story-board, du début à la fin. A l’heure où je te parle, je ne sais pas où ça va aller personnellement. Là on fait des plans, dimanche on fait la seconde journée de tournage, il a ses idées, il nous dit : « Mets toi là, fais ça »… Je préfère le faire comme ça que de savoir de prime abord ce qu’il va se passer. Donc ça va être autant la surprise pour toi que pour moi, même s’il y a des chances que je le vois avant toi… (rires)

« Ce que je regrette, c’est qu’il y ait des cars entiers qui partent pour le Hellfest, et à peine cinquante personnes à des concerts à trente kilomètres de chez toi… »

Comptez-vous faire une tournée « nationale » pour ce nouvel album ?

On aimerait bien ! (rires) Ce serait génial mais aujourd’hui, notre but avec Roger Replica, c’est de créer de la synergie autour du groupe avec la promo, que ça commence à tomber dans les oreilles de bookers. Aujourd’hui on n’a pas de tourneur, pas de management, on s’en occupe nous-mêmes, on a quelques plans qu’on nous propose dans la région Languedoc-Roussillon, c’est vrai que c’est un peu difficile. On espère que notre future journée de promo intéressera les gens et nous aidera à trouver des dates. On a compris depuis longtemps que ce n’est pas en restant chez nous et en jouant dans notre cave qu’on allait intéresser les gens. Aujourd’hui il n’y a personne qui va nous faire tourner sur quinze, vingt dates en France. En revanche, ce à quoi on aspire, c’est faire des petits festivals voire des plus gros, et des premières parties. On ne veut pas brûler les étapes. Si déjà on nous appelle pour faire des premières parties à Lyon, Bordeaux, ou Paris, on sera super contents. Et c’est un appel ! Clairement ! (rires)

Vous venez du sud-ouest, comment situez-vous votre scène locale ?

Le rock en général c’est vraiment pas la culture française, même si des gens comme Ben Barbaud, ou même vous, bossez pour ça. C’est grâce à des gens comme vous qu’on peut commencer à faire changer les consciences, à décoller les oreilles de certaines personnes. La scène rock/hard rock dans le sud de la France est pas vraiment formidable. On aurait plus de chance d’intéresser du monde si l’on était vers Lille ou à la frontière allemande, où la culture est plus hard rock que dans le sud. Là-bas pour faire tourner les serviettes il y a beaucoup de gens, mais pour faire tourner les guitares pas trop. Ce que je regrette, c’est qu’il y ait des cars entiers qui partent pour le Hellfest, et à peine cinquante personnes à des concerts à trente kilomètres de chez toi… Même s’il y a toujours un noyau qui va dans les concerts, beaucoup de gens ne bougent pas sauf pour les grosses manifestations. C’est dommage car il y a une scène existante dans la région de Montpellier. Bref, il ne faut pas lâcher l’affaire, nous on brandit bien haut l’étendard du rock, et il ne faut pas qu’on soit tout seul, sinon il n’y aura plus de concert, ce qui serait un peu dommage. Les DJ, ça va bien cinq minutes, mais les vrais concerts, avec des vraies guitares et du gros son sur des gros Marshall, il n’y a rien de tel…

Interview réalisée par téléphone le 11 octobre 2013 par Amphisbaena.
Transcription : Le Phasme.
Introduction : Alastor.

Site internet officiel de Gut Scrapers : www.gutscrapers.com



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