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Interview   

Hacride : prendre un chemin différent


Hacride a vécu et vit toujours en ce moment un moment stressant et excitant de sa carrière. Alors que la notoriété des Français ne fait que croître, son équipe a été renouvelée au cours de l’année, Florent Marcadet (Klone) ayant pris les fûts et Luis Roux devenant la nouvelle voix de Hacride.

Il est des titres d’albums évocateurs qui sont plus parlants que tous les communiqués et qui suffisent à résumer au moins l’état d’esprit dans lequel se trouvait un groupe au moment de l’écrire. C’est le cas ici avec ce nouvel album Back To Where You’ve Never Been, sortant le 22 avril prochain via Indie Recordings, dont le nom traduit l’envie pour Hacride de se lancer dans une nouvelle aventure. Comme si ce changement de musiciens avait permis au groupe de vivre une expérience temporelle, de revenir en arrière afin de prendre un chemin différent de celui qu’il a choisi d’arpenter ces dernières années.

Le groupe sera en direct durant Anarchy X dès 21h pour nous en parler.

Vos questions sont les bienvenues sur Facebook, Twitter, le chat, ou directement à l’antenne auprès de l’intéressé par téléphone (+339 77 21 75 22) ou par skype (pseudo : radiometal).

EDIT : Réécouter l’interview : [audio:interviews/Hacride.mp3|titles=Interview Hacride]

A propos du départ de Sam Bourreau : « C’était dur pour tout le monde, donc on ne voulait pas un adieu officiel, clamé… C’est seulement que Sam ne pouvait plus continuer, pas qu’il ne voulait plus. On a essayé de voir par tous les moyens ce qui était possible, et ce n’était pas possible. »

Radio Metal : Il n’y a pas si longtemps, vous avez fait cette tournée avec Trepalium et Klone, c’était une très belle affiche, comment s’est passée cette tournée entre les trois groupes fondateurs de la Klonosphere ?

Adrien Grousset ( guitare) : Nickel ! C’était une tournée qui avait déjà été planifiée depuis un petit moment, on voulait faire ça pour l’anniversaire de la Klonosphere. On est tous des potes, on se connaît extrêmement bien, en plus ça tombe bien : on kiffe la musique des autres, c’était assez rêvé comme tournée… Trois semaines sur toute la France, ça a été un vrai plaisir.

C’est vrai qu’il s’est passé assez peu de temps entre cette tournée et aujourd’hui, mais entre temps il y a quand même eu un gros changement, puisque votre chanteur Sam a quitté le groupe. Vous avez été assez discrets sur ce changement, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur le contexte, sur ce qui s’est passé ?

La décision de Sam a été prise il y a un petit moment, c’est vrai qu’entre la tournée et aujourd’hui, on a l’impression que tout a changé, mais ça fait depuis longue date qu’on a commencé à en parler. Et oui, on a été assez discrets là-dessus. Pourquoi ? Parce que ça a été un passage douloureux pour tout le monde, et pour nous personnellement. Sam avait décidé d’arrêter le groupe pour des raisons aussi bien personnelles que professionnelles, c’est des raisons qui nous touchent tous un jour ou l’autre en tant que zicos ; t’as un gamin, t’as une maison à payer, t’as un boulot… Hacride grossit de plus en plus, et même avec des « je vais tout donner« , des fois ce n’est pas possible. Il a décidé d’arrêter le groupe en août, et on a décidé de faire la tournée Klonosphere avec lui, de manière à ce que ce soit sa tournée d’adieu, sans pour autant communiquer là-dessus, c’était pas vraiment la peine. Luiss, le nouveau chanteur, a intégré le groupe juste après la tournée.

Est-ce que vous avez cherché Luiss après la tournée, ou est-ce que vous l’aviez déjà trouvé ?

On l’avait déjà trouvé, il avait fait des tests, des auditions, et donc lui était en train de travailler sur l’album quand on était en tournée.

Et pourquoi ne pas l’avoir annoncé comme ça pour que les fans puissent faire leur « au revoir » en connaissance de cause ?

Je vois ce que tu veux dire. Sam n’était pas forcément fan de l’idée, c’était dur pour tout le monde, donc on ne voulait pas un adieu officiel, clamé… C’est seulement que Sam ne pouvait plus continuer, pas qu’il ne voulait plus. On a essayé de voir par tous les moyens ce qui était possible, et ce n’était pas possible. Ce n’était pas évident, ça fait dix ans qu’on était avec lui sur un projet où on a tout mis. Lui a préféré : « Non, non, on va rester discrets, je vais faire ça comme j’ai toujours aimé, je vais donné tout ce que j’ai, et puis on ne communiquera pas trop là-dessus ».

Je vais te poser une question un peu sournoise mais, si Sam vous dit dans un an qu’il peut revenir, qu’est-ce que vous faîtes à ce moment là ?

C’est une question très compliquée… Le fait est que, maintenant Luiss est avec nous, il s’est engagé dans le groupe, il a des projections et nous, nous avons des projections avec lui. Après, le départ d’un groupe c’est toujours très mûrement réfléchi, c’est-à-dire que si tu pars et que tu sais que nous, nous continuons, qu’il y aura quelqu’un d’autre, c’est un point de non-retour, c’est une réponse définitive.

Étant donné les relations que vous avez construites entre vous, ça ne va pas créer une frustration quelque part ?

Tu sais, dans le milieu de la musique, il y a toujours une frustration, surtout dans le rock’n’roll et dans le metal. Les personnes qui arrêtent, n’arrêtent jamais parce qu’elles n’ont plus envie de jouer, elles arrêtent parce qu’elles n’ont plus le choix. C’était le cas d’Olivier, notre batteur qui a fait les trois albums d’Hacride, c’était parce qu’il ne pouvait plus. Il y a une frustration, elle est claire et nette, il y a un moment où c’est dur. Après dans ce milieu il faut tenir le coup, c’est un peu comme ça.

« [Sam] a enregistré l’album et il a pris la décision après en disant qu’il ne pourrait plus assurer, du coup Luiss a réenregistré l’album après, ce qui fait que l’on a deux versions. »

D’accord. Entre temps vous avez signé chez le label Indie Recordings, est-ce que c’est signe d’une ambition de s’ouvrir à l’international ?

Oui, complètement. On a déjà une nouvelle boite de management, H.I.M Media, qui s’occupe de pas mal de groupes, et ce sont eux qui nous ont permis de trouver de grosses pointures niveau labels, des tourneurs, des bookers, etc… Donc oui, on mise un gros paquet sur le prochain album, de manière à marquer un grand coup. On a toujours été bloqués dans le groupe par nos emplois du temps extérieurs, donc toujours un petit peu bloqués pour aller tourner et se mettre à fond dans Hacride. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Donc oui, on a tout misé, pour qu’une signature chez Indie nous permette de toucher toute l’Europe du point de vue de la mise en bacs des CD, et surtout nous permette de trouver des bookers de tournées internationales, ce qui n’était pas le cas avant.

Est-ce que vous aviez eu d’autres propositions qu’Indie Recordings ?

On a eu trois, quatre propositions sérieuses et intéressantes, on va dire. Après, je ne peux pas dire qui, mais disons que c’était « gros » ! (rires) Après, notre volonté c’était de labelliser un peu notre musique ; signer sur un gros label avec un gros paquet de thunes, ce n’était pas ce qu’on recherchait. Nous, ce qu’on recherchait, c’était un label qui ne dénature pas notre manière de voir la musique. Je suis assez clair ?

Un label qui vous donne une certaine liberté, j’imagine ?

Oui, voilà, la liberté, ne pas signer chez un label qui édite tout et n’importe quoi comme style de musique. Là, on sait qu’Indie signe très peu de groupes et les bosse beaucoup, qu’ils veulent s’ouvrir vers une musique un peu plus progressive, c’est le cas par exemple de Cult Of Luna. Donc, quand on appris qu’Indie nous voulait, on a dit « super » !

Il y a eu quatre ans entre Lazarus et Back Where You’ve Never Been, deux fois plus de temps qu’entre Amoeba et Lazarus, ça commence à faire pas mal de temps, comment expliques-tu cela ?

On a beaucoup tourné avec Lazarus déjà, on a tourné pendant deux ans, un peu plus qu’avec Amoeba. Et puis, et puis… On a eu des gamins ! (rires) J’ai été papa il y a deux ans, donc j’ai pris un peu de temps pour moi et ma famille. Sam a été papa aussi donc il a aussi pris un peu de temps. On y est donc allé cool, on a changé un peu de système de fonctionnement entre temps, on s’est dit « on se pose », et surtout j’ai mis beaucoup de temps à composer, le temps qu’il fallait pour sortir tout ce qu’il fallait quoi.

Un auditeur vient de nous appeler et souhaiterait poser une question.

Anthony : Est-ce que la communication concernant le départ de Sam a été décidée au dernier moment ?

Ça, c’est quelque chose qui nous a été un peu reproché, on le sait. On a eu des messages de fans nous disant qu’il fallait absolument qu’on communique là-dessus. Sam ne pouvait pas forcément communiquer là-dessus, il a dit qu’il ne le souhaitait pas, même pas un petit courrier, donc c’est quelque chose qu’on voulait respecter. Il a été avec nous durant toute la durée de la composition de l’album, il a aidé Luiss à se mettre bien en jambes. Donc, en fait, il n’y a pas de soucis vis-à-vis de Sam, c’est toujours un frère pour nous. C’est seulement que du point de vue communication, on ne voulait pas faire ce que font tous les autres groupes, c’est-à-dire la fameuse lettre, « Ah bah voilà, il a décidé de partir, on lui souhaite bonne chance, bla bla bla ». On sait que si on avait annoncé le départ de Sam bien avant, on se serait reçu beaucoup de critiques vis-à-vis du choix du chanteur, de l’esthétique de l’album, etc… Alors que là, en ne communiquant pas là-dessus, on sait que les gens vont se focaliser bien plus sur la musique, je ne sais pas si je suis assez clair ?

Vous ne vouliez peut-être pas créer une atmosphère sentimentale ou artificiellement émotionnelle, autre que celle que procure la musique ?

Oui, surtout le côté sentimental et émotionnel qu’engendre ce genre de séparation, de départ… C’est une certaine pudeur si tu veux, on ne voulait pas polluer le prochain album, qui était relativement différent de ce qu’on avait pu faire, avec l’annonce du départ de Sam.

Anthony : A-t-il participé à l’intégralité de l’écriture de l’album ?

Je vais t’étonner, il a même enregistré l’album.

Anthony : Les parties de voix ne sont pas de Luiss ?

Si, si, c’est Luiss. Mais disons qu’il y a eu une première phase où Sam a enregistré l’ensemble des voix en juillet, et son choix définitif de départ a été pris en août. Il a enregistré l’album et il a pris la décision après en disant qu’il ne pourrait plus assurer, du coup Luiss a réenregistré l’album après, ce qui fait que l’on a deux versions.

« Faut que les gens comprennent que la musique, on ne peut pas en vivre, c’est-à-dire que nous sommes tous obligés d’avoir un boulot à côté, et évidemment on a une vie à côté. […] Quand on commence à avoir des emprunts, un gamin, une famille […], il y a moment où ça bloque, et ça bloque pour tout le monde. »

Est-ce qu’il a repris les lignes de chant telles quelles ? Car on retrouve vraiment l’esprit d’Hacride en écoutant l’album.

Luiss a pratiquement tout modifié, tout remodelé, tout ré-écrit. En l’espace de trois mois, il a fait un boulot monstrueux ! C’était un véritable défi parce que c’est pas forcément un musicien professionnel, donc il a dû se mettre à la hauteur en très, très peu de temps. Il a écouté les maquettes et les enregistrements de Sam, donc il y a une certaine influence, mais il n’a pas la même voix que Sam, pas la même approche. Il ne voulait pas dénaturer sa manière d’appréhender la musique et il a tout re-modifier, à l’exception de quelques parties, mais elles sont assez rares en réalité. Il a été assez autonome là-dessus, il a eu le temps pendant trois mois de travailler non-stop avec moi sur l’ensemble du concept, etc. Il y a donc un petit peu un mélange.

Les lignes de chant sont donc radicalement différentes ?

C’est radicalement différent, oui, ça n’a rien à voir.

Est-ce que vous pensez peut-être sortir à l’avenir la version avec les voix des Sam ?

Non. On ne le fera pas ! (rires)

Pourquoi ? Pour éviter la comparaison, le regret ?

Mais non, ce n’est pas ça, si on travaille dans l’esprit de finalité d’album, de peaufinage, de concept, il n’y a qu’un album qui est valable, c’est celui avec Luiss. Celui qui a été fait avec Sam, c’est plus dans l’approche d’une maquette, d’une pose de voix. Sa décision datant déjà de plusieurs mois, on ne le sentait déjà plus là, on le sentait déjà partir. La version de Sam n’est pas la version de l’album, voilà. Donc ce serait peut-être un peu débile de ressortir tout ça après…

C’était plus dans un esprit de curiosité. Il y a des groupes qui sortent deux versions différentes d’un album.

Ce n’est pas du tout dans notre optique, ce n’est pas au programme, non.

Est-ce qu’avec l’arrivée des parties de chant de Luiss, vous avez changé autre chose ?

Non, non, les structures n’ont pas forcément bougé. Le son de l’album a évolué, ça c’est clair. Puisque Luiss a une voix qui remplit un spectre un peu plus large que celui de Sam, le mix niveau instru a changé. Mais du point de vue des structures, si on parle des arrangements, etc, non, on a rien touché, on avait vraiment bossé comme des cons dessus tous les quatre pendant assez longtemps. Luiss est arrivé, tout était prêt quoi.

Beaucoup de gens sur le chat ne sont pas convaincus par ta réponse concernant le départ de Sam au chant, peut-être trop vague, peux-tu rentrer dans les détails par rapport à ça ?

Alors rentrer dans les détails, ça non. C’est la vie personnelle de Sam, donc je ne me permettrais pas. Je peux être plus clair pour que les gens comprennent un peu mieux, Hacride depuis Amoeba, c’est environ quatre vingt à cent dates par an, et pour moi, pendant huit à neuf mois, c’est devoir se lever tous les matins à 4h30 du matin pour pouvoir composer l’ensemble de l’album, par la suite pouvoir s’occuper de son gamin, par la suite pouvoir aller travailler, pour rentrer le soir à 21h et recommencer un peu le truc… Faut juste que les gens comprennent que la musique, on ne peut pas en vivre, c’est-à-dire que nous sommes tous obligés d’avoir un boulot à côté, et évidemment on a une vie à côté. Moi, j’ai 31 ans, Sam en a 33, et du coup il y a des choix de vie qui doivent se faire. Quand on commence à avoir des emprunts, un gamin, une famille qui dit : « Écoute, t’es jamais là, soit tu bosses, soit tu composes, soit t’es en concert », il y a moment où ça bloque, et ça bloque pour tout le monde. Je ne pense pas que je peux être plus clair que ça. Il y a forcément un moment où ça clashe si tu veux. Sam, ça a commencé à clasher, et c’est pareil avec Olivier, ça clashait aussi. Il y a moment où il ne voyait plus comment se libérer pour pouvoir donner du temps à Hacride. Du coup, au lieu de ralentir le groupe et de faire moins de dates, et pour donner plus de temps à sa famille, il a préféré arrêter.

« On se détache au fur et à mesure des albums qu’on a fait avant, je pense que c’est important. »

Concernant votre choix de communication, certains ont trouvé ça irrespectueux, qu’est-ce que tu aurais à répondre à ça ?

Non, de l’irrespect, je n’irais pas jusque là. Je peux comprendre qu’il y ait une certaine frustration, « Bah oui pourquoi vous me l’avez pas dit, etc. » Encore une fois, c’était un choix de Sam qui ne voulait pas communiquer là-dessus. Quand on a annoncé le nouvel album avec le nouveau line-up, ça nous semblait assez clair pour éviter d’être commenté. On n’est pas trop « annonces officielles », pour Olivier, on ne l’a pas annoncé, on avait juste dit que c’est Florent Marcadet qui allait jouer avec Hacride. Là, c’était pareil, on a dit que c’était Luiss qui allait chanter avec Hacride. On n’a jamais trop communiqué là-dessus, et si ça doit se refaire, on le refera. Ce n’est pas de l’irrespect, comme je l’ai dit tout à l’heure, c’est une certaine pudeur, et surtout entendre les sempiternels communiqués de presse sur telle ou telle personne qui s’est barré, on sait tous ça, c’est chiant, voilà c’est comme ça ! (rires)

C’est vrai qu’en se mettant dans la tête des fans, ils ont pu croire qu’un clash avait eu lieu dans Hacride.

Eh bien non, bien au contraire… Sam nous a accompagné tout le temps, il a toujours été avec nous, la preuve il avait déjà quitté le groupe alors qu’il partait avec nous pendant trois semaines. Il faut se méfier des communiqués officiels justement, c’est quand il y a un communiqué que ça se passe mal. J’en ai vu quelques-uns qui traînaient dernièrement sur tel ou tel groupe, c’est quand c’est un communiqué très froid, très officiel, que ça a clashé. Et nous, ça n’a pas clashé du tout. Bien au contraire, pour nous ça n’a pas clashé avec Olivier, ça n’a pas clashé avec Sam, on est toujours au téléphone, on se voit toujours, on boit des coups ensemble, et c’est justement parce qu’il n’y pas eu de soucis qu’on a décidé de faire ça.

Tu parlais tout à l’heure de Florent Marcadet, qui est aussi le batteur de Klone, est-ce que c’était une évidence pour vous de le prendre ?

Une évidence non, pas spécialement. Justement parce qu’il était dans Klone, qu’il devait avoir un gros emploi du temps. On savait qu’il était là, on savait qu’il est très bon, c’est un psychopathe de la batterie, mais on s’est dit : « Ah merde on va quand même lui demander », on lui a demandé, et il nous a fait : « Ah putain les gars, allez on y va ! ». (rires) Donc, une évidence, non, mais un peu quand même.

Et justement, avec Klone qui a sorti son album quelques mois avant le vôtre, est-ce que les emplois du temps ne s’entrecroisent pas trop ?

L’album de Klone est sorti en septembre, le nôtre sort en avril, donc des conflits non, mais des compromis, ouais évidement. Mais il faut savoir qu’aujourd’hui les zicos qui sont bons et qui ont notre âge ont tous plusieurs formations. Donc, de toute façon, ça aurait pu être Flo ou quelqu’un d’autre, il y aurait eu des compromis à faire.

Mais Hacride et Klone sont deux formations assez exigeantes j’imagine, ce n’est pas comme s’il y avait un groupe principal et un plus petit groupe pour assurer l’intermittence.

Non, c’est clair, après Flo a dit que c’était quelque chose de gérable. On a le même tourneur, et la plupart des dates qu’on fait en France depuis deux semaines, on les fait avec Klone, donc, pour l’instant, c’est un emploi du temps qui se gère bien.

D’ailleurs, comment s’en sort-il pour enchaîner les deux sets en tournée ? Est-ce qu’il avait des inquiétudes par rapport à ça ?

Mais vous connaissez pas le gaillard : c’est une machine ! (rires)

On l’avait croisé au Hellfest, il nous avait dit : « Je vais en chier ! »… (rires)

Oui, enchaîner deux concerts par soir pendant trois semaines, il s’est dit que ça allait être un peu chaud… Mais ça s’est très bien passé, il a une forme physique impeccable, il fait attention à lui, il ne fait pas trop la fête, il fait du jogging, c’est un bon gars ! (rires) Il n’y a donc pas de soucis par rapport à ça !

Du point de vue de la composition, l’album n’aurait pas sonné pareil s’il n’avait pas été là ?

Ça, c’est sûr ! Flo a un jeu ultra groovy, et très massif, donc ça nous changeait pas mal d’Olivier qui avait un jeu très jazzy, très improvisé. L’album que j’avais composé pendant deux ans avait pour objectif d’être beaucoup plus massif et direct justement, alors quand Flo a posé ses parties de batteries dessus, ça collait nickel de chez nickel, ça a sonné tout de suite. Ça a beaucoup joué.

Est-ce que c’était important pour vous de faire scission par rapport à Lazarus ?

Disons que depuis qu’on a monté Hacride, on essaie de ne jamais refaire ce qu’on a déjà fait. Mon objectif quand j’étais avec ma gratte, ce n’était pas de refaire un Lazarus deux, ce n’était pas imaginable pour ma part. D’ailleurs, les autres membres du groupe pensent aussi qu’il faut orienter notre musique de manière un peu différente, qu’elle corresponde à ce que nous vivons actuellement, etc. Avoir quelque chose de plus direct et moins de longueurs, ça c’est sûr, c’était volontaire, on voulait avoir quelque chose de très frontal. Lazarus, ça correspondait à une période de notre vie, et Back To Where You’ve Never Been à une autre, comme l’était Amoeba, etc. On se détache au fur et à mesure des albums qu’on a fait avant, je pense que c’est important.

« On se demandait justement, à quel moment on perd la foi en quelque chose, à quel moment on décroche de la musique. Back To Where You’ve Never Been parle exactement de ça. »

Est-ce que le titre de l’album, Back To Where You’ve Never Been, signifie que vous prenez un chemin que vous auriez pu prendre il y a quelques années ?

Oui, oui, mais pas forcément par rapport à des regrets. Du point de vue du concept de l’album et des paroles, c’était plus, à quel moment dans ta vie tu commences à perdre tes rêves de gamin. Et c’est étrange, ça a certainement dû déclencher des choses chez Sam, et on se demandait justement, à quel moment on perd la foi en quelque chose, à quel moment on décroche de la musique. « Back To Where You’ve Never Been » parle exactement de ça, c’est à dire on vient de là d’où l’on a jamais pu être, comment on s’est construit et quelles projections on avait pu se faire à telle ou telle période, et essayer de revenir à ça, de redémarrer là-dessus. C’est un petit peu comme une sorte de renouveau ; et la réalité a rejoint le concept puisque Sam a arrêté, il a perdu cette fameuse foi en la musique. Luiss, de son côté, était en train de se demander s’il allait arrêter la musique ou pas, quand on l’a appelé il a retrouvé cette foi. Le nom de l’album lui a donc beaucoup parlé parce qu’il était dans le concret.

Pour revenir à la composition de l’album, pourquoi avoir cherché quelque chose de plus direct, et ne pas aller plus loin dans la lignée de vos précédents albums ? Est-ce une volonté d’être là où on ne vous attend pas ?

Complètement, nous ce que nous essayons de faire à chaque album, c’est d’essayer d’abord de nous surprendre nous-mêmes, sinon on perd un peu l’intérêt de la composition, si tu veux. Je trouve qu’on est allé plus loin que Lazarus, car on a fait un album plus complexe, plus technique, plus concis, plus fourni dans les structures et les mélodies, et donc beaucoup plus compact en fait.

Vous avez essayé de densifier les choses ?

C’est ça, et on cherchait quelque chose de plus direct. Pas un son bankable ou ce genre de trucs, mais une idée de quelque chose beaucoup plus terre à terre, de plus humain, de plus personnel. Lazarus était beaucoup plus nuageux, un peu plus dans les airs, tu vois ce que je veux dire ?

Y a-t-il vraiment un concept comme dans Lazarus, ou est-ce plus un thème général qui se retrouve dans l’album ?

C’est un peu les deux, c’est un peu le même principe, on aime bien les leitmotivs, ça permet de suivre une ligne directrice et artistique. Personnellement, j’avais composé l’album sur un morceau unique, et avec Sam on avait décidé de construire les paroles sur ce morceau unique. Donc oui, on reste sur un concept album.

Sur cet album, votre son est froid, plus métallique, était-ce une volonté de « refroidir » votre musique ?

Oui, c’est vrai que sur Lazarus les samples étaient plus orientés sur des synthés plus vintages, des trucs un peu plus chauds.

Un côté plus organique ?

Oui, là c’est un côté plus froid, plus mécanique, mais on voulait garder quand même un certain groove. Donc on a des sons un peu plus modernes, mais pas non plus électro.

L’album a été mixé par Franck Hueso, quel a été son niveau d’implication sur cet album ?

Il est de plus en plus impliqué, il nous suit depuis le début. Sur cet album là il s’est permis pas mal d’attentions au niveau des structures, il avait pas mal d’idées. Et surtout il a forgé le son, un putain de gros son.

Ça ne vous dérange pas qu’un producteur mette autant les mains dans votre musique ?

Ça dépend à quel point. (rires) Mais quand c’est réfléchi, c’est argumenté, et quand c’est intelligent, je suis preneur.

Concernant la froideur du son, était-ce un apport de sa part ou est-ce vous qui lui avez demandé ?

Nous, nous ne demandons pas de son en fait. On cherche à sonner comme quand on compose, avec notre propre matériel. Après, le côté un peu plus mécanique vient du fait que Florent a une frappe et un jeu très réguliers. Ces deux mélanges là font qu’on a un son très frontal et très massif.

Vous aviez fait appel à Marc Casanova de Cellule X par le passé, est-ce encore le cas ?

Non, je me suis occupé de l’ensemble des samples, parce que j’avais déjà tout fait avant, les morceaux étaient beaucoup plus définis en arrivant en studio.

Concernant les fins toujours abruptes de vos albums, vous expliquiez que vous vouliez provoquer une sensation de manque, est-ce encore le cas ?

Oui, toujours ! (rires) On cherche un climax, le morceau qui va transporter et puis te lâcher. On aime cette sorte de saut dans le vide, pour moi un bon album finit comme ça.

L’album n’a pas le temps de décliner, c’est ça ?

Oui, c’est ça, qu’on n’ait pas le temps de décliner, de fermer les yeux, de se dire : « Allez c’est bon là je décroche ». Tant qu’il y a un climax, t’es transporté avec cette montée, tu vas jusqu’au bout de l’album. J’aime cette idée, ça me donne envie de le réécouter tout de suite.

Il est fréquent que le début de vos albums rappellent la fin du précédent, est-ce voulu ?

Souvent oui, même si ce n’est pas forcément conscient, je commence de cette manière là. Je prends toujours le dernier morceau de l’album précédent, j’essaie de voir sur quelle tonalité on est, ne serait-ce que pour avoir une transition du point de vue mélodique, se dire : « Voilà j’ai fini comme ça, sur quoi je vais être amené à travailler sur le prochain ? ».

N’est-ce pas une manière de combler le manque que vous avez créé juste avant ?

Ça peut être vu comme ça, oui, oui, c’est bien, je prendrai cet argument pour les prochaines interviews ! (rires)

Il y a aussi une structure assez particulière dans cette album, puisqu’on a deux titres, un titre instrumental, deux titres, un titre instrumental, et encore deux titres. Est-ce que c’est pour vous une manière d’aérer l’album ? De le rendre plus digeste ?

Oui, complètement. On voulait l’aérer, mettre moins de chant, c’était vraiment une volonté d’alléger l’information. Il y a beaucoup plus d’informations sur Back To Where You’ve Never Been que sur les précédents albums. Je pense que si on avait un album d’une heure avec que des voix, etc, ça aurait été très, très lourd. J’avais vraiment misé sur six morceaux complets, deux instrus, pour un album de quarante cinq minutes. Ça me semblait vraiment le temps nécessaire pour bien l’entendre du début à la fin.

C’était donc vraiment dans un but de densité ?

Oui, c’est ça.

A l’époque de Lazarus, vous parliez de réaliser un court-métrage sur « To Walk Among Them », pourquoi ça ne s’est pas fait ?

Par manque de moyens tout simplement. Un court-métrage ça sous-entend beaucoup de moyens, des subventions, du temps, etc. On y a travaillé pendant un moment, ça ne s’est pas fait, on est évidemment les premiers déçus, et ce n’est pas en prévision.

Vous avez vraiment abandonné l’idée du coup ?

Oui, pour plusieurs raisons. Déjà on est passé à un autre album, et je pense qu’il faut garder notre énergie pour Back To Where You’ve Never Been. La crise est un petit peu passée par là, et les subventions sont de plus en plus compliquées à obtenir. C’est donc de plus en plus difficile pour nous de pouvoir développer des projets ambitieux.

Est-ce que vous avez prévu un clip pour cet album ?

On est en train d’y réfléchir.

Ce n’est pas quelque chose de sûr donc ?

Il n’y a rien d’officiel, on est en train d’en parler, ça va se faire certainement, après il faut qu’on mette ça en place.

Contrairement à beaucoup de groupes, ce n’est pas quelque chose d’automatique pour vous ?

Non, vraiment pas. Je trouve que le format du clip, surtout dans le metal, est quelque chose qu’on regarde une fois, et encore… Même moi les groupes que je surkiffe en rock metal, je ne regarde pas l’ensemble du clip, à peine la moitié. D’un point de vue communication, je ne suis plus certain de l’efficacité du format. Pour être honnête, pour Back To Where You’ve Never Been, je ne pense pas à un clip, mais à un autre format. Après, je ne t’en dis pas plus… (rires)

« En France, des exemples de groupes qui fonctionnent, c’est-à-dire autrement que par intermittence, il n’y en a pas trente six mille. Il n’y en a qu’un, je n’ai pas besoin de dire le nom ! (rires) »

Pour revenir sur le départ de Sam, très bonne question d’Anthony qui demande si le manque de communication peut créer un fossé entre Hacride et ses fans ?

Très bonne question, oui, en effet… Disons que je ne suis pas sûr qu’à la base Hacride communique beaucoup. Ce n’est pas que nous n’aimons pas communiquer avec les fans, bien au contraire, disons qu’on n’a jamais été très bavards. Creuser un fossé ? Je n’espère pas, ce n’était pas du tout une volonté. J’espère seulement que les fans considèreront Hacride comme une entité musicale et pas comme une entité de personnes. C’est vrai l’idée de base, j’espère que tout le monde peut comprendre, c’est d’ailleurs quelque chose que je respecte dans certains groupes, c’est de ne pas révéler son identité pour ne pas nuire à la musique. Nous sommes un peu dans ce genre d’enjeux. On ne veut pas que des visages, des personnalités, prennent le pas sur la musique, ce n’est que de la musique et ce n’est rien d’autre que de la musique. Nos personnalités à nous, on s’en fout. Enfin, un petit peu ! (rires) Après, que des gens disent que la voix de Sam leur manque, ça, je peux comprendre. Je ne pense que pas qu’on creuse un fossé, on a toujours tout donné dans la musique, pour nos fans. On y a mis toute notre vie, nos économies, etc.

Autre question du chat : est-ce qu’un jour vous envisagez de faire un guest sur scène entre Sam et le nouveau chanteur ?

Pourquoi pas, ce n’est absolument pas un problème. Personne n’y est fermé, ce serait un plaisir et tout le monde serait content. Ce n’est pas forcément quelque chose auquel j’aurais pensé maintenant, parce qu’il faut que Sam arrive à se dégager un petit peu de ça, ce n’est pas évident pour lui non plus. Donc ce n’est pas quelque chose que je lui demanderai, voir Hacride recommencer avec un nouvel album, une nouvelle promotion, ça ne doit pas être super jouasse pour lui.

Il faudrait donc d’abord que Luiss s’installe en tant que frontman, c’est ça ?

Oui, c’est ça : qu’il s’installe et que Sam fasse un peu le deuil de son projet. C’est un peu comme une séparation pour ceux qui connaissent. Ça reste un divorce en bons termes, mais quand tu te mets corps et âme dans un projet pendant dix ans, que tu donnes tous tes weekends, et que du jour au lendemain tu arrêtes parce tu n’as plus le choix, c’est chaud… Je pense que les fans peuvent comprendre ça, et que communiquer trop là-dessus n’est pas nécessaire.

C’est vrai que le faire maintenant serait une expérience extrêmement gênante pour Luiss…

Et pour Sam aussi ! Remonter sur scène et se dire : « J’y serai plus »… Donc c’est une idée, mais peut-être pas pour le moment.

Beaucoup de questions émergent sur le chat concernant la situation financière des groupes en France. Quelle est votre situation et penses-tu qu’il est possible d’en vivre ?

Est-ce que c’est possible en France… Comment dire ? (soupir) Avec Hacride on a signé dès le premier album chez un gros label qui était Listenable Records, on a fait peut-être trois cent cinquante concerts, plus de vingt cinq pays, on a fait beaucoup de ventes, on a eu beaucoup de retours de la presse étrangère, et on n’en vit toujours pas aujourd’hui. Pour tout avouer on est loin, et avec la crise on en sera encore plus loin avec cet album. Alors soit tu es intermittent et tu privilégies l’ensemble de ton activité sur la France, ce qui veut dire qu’à long terme tu ne bouges pas de tes frontières. Soit tu décides de t’exporter un peu à l’étranger et là tu es sûr de ne pas gagner de thunes car à l’étranger on paie moins… En France, des exemples de groupes qui fonctionnent, c’est-à-dire autrement que par intermittence, il n’y en a pas trente six mille. Il n’y en a qu’un, je n’ai pas besoin de dire le nom ! (rires) C’est le seul qui fonctionne bien, qui tourne à l’étranger. Et même avant, les groupes qui marchaient à l’international étaient très rares. On a eu Loudblast, qui a fonctionné pendant un moment, mais c’est pareil, 90% de leurs dates étaient en France. On a eu Trust, idem. Il n’y a que Gojira qui a réussi à se développer et à exporter sa musique. Après Gojira c’est deux cent dates par an, des années et des années de R.M.I, pas de logement fixe, pas de vie de famille, etc. C’est clair que c’est très compliqué. Nous, nous avons toujours la foi, après je ne pense pas qu’il faille se faire d’illusions.

Qu’est-ce qu’il manque à Hacride pour vivre de sa musique, pour atteindre le stade de Gojira par exemple ?

Le stade de Gojira, on oublie tout de suite, c’est impossible, il n’y aura pas la place. En France, il y a Gojira qui est parti, je ne pense pas qu’il y en aura d’autres.

En même temps, tout le monde disait que ce que Gojira voulait faire c’était impossible, et pourtant ils l’ont fait.

Après, Gojira avait cette ambition là. Je les respecte énormément, dès le départ ils ont dit : « On fera de la musique, on va bouffer de la musique, on sera Metallica ». J’ai vu une interview de Joe où il dit que son objectif, c’est « d’être Metallica ». Alors, c’est pas encore Metallica, mais ils ont quand même bien avancé. Après, la formation d’Hacride, comme 99% des groupes qui existent en France, c’est un groupe de lycéens ou de potes qui décident de faire de la musique, qui fonctionne bien, qui signe sur un label, où le fondement n’est pas le même. Après, nous, il y a eu quand même une évolution au niveau des mentalités, comme Olivier qui ne veut pas faire ça de sa vie. Nous, nous voulons faire ça de notre vie, et ça va être très compliqué. On sait qu’on va pouvoir gagner de l’argent, mais en vivre c’est autre chose.

Mais alors, qu’est-ce qu’il vous faudrait ?

Aujourd’hui, vu que les CD ne se vendent plus… (rires) Que les salles se vident un petit peu du côté de la France, nous, notre défi va se passer à 50% à l’étranger. Ça avait commencé avec Lazarus, on a essayé 50/50, là ça va être pareil. La France est un chouette pays, on a de nombreux fans, on adore nos salles françaises, mais on sait qu’on a beaucoup plus de propositions à l’étranger. D’un point de vue professionnel, des pays comme l’Allemagne ou l’Angleterre qui sont beaucoup plus rock’n’roll, vont plus nous offrir des opportunités.

Est-ce un problème de culture si les groupes n’avancent pas en France ?

On a une culture différente par rapport à l’Allemagne ou l’Angleterre. On a les arts de rue, le théâtre, ce genre de choses qui sont bien aidées. On a aussi un nombre de scènes nationales, qui arrivent à promouvoir un petit peu les musiques rock, mais elles sont rares. Alors oui, c’est culturel. Quand on parle de meilleur album rock aux Victoires de la Musique, on se marre tous, c’est Raphaël. Je ne critique pas Raphaël, mais c’est pas du rock. On est d’accord ?

Oui, déjà il se drogue pas, c’est pas du rock… (rires)

Oui, enfin moi non plus je me drogue pas ! Je fais pas du rock alors ! (rires) C’est pas la culture officielle, même si c’est dans le cœur des gens. On a des gens pour public, ils sont nombreux, et puis quand on voit des stades remplis pour Muse et Metallica, il n’y a pas de problème de culture là-dessus. Jamais tu ne vas entendre du Slipknot dans ton supermarché, alors que ça peut se passer en Allemagne ou en Angleterre. C’est vraiment une histoire de culture officielle.

Donc ce que tu conseillerais aux groupes français, c’est de s’expatrier ?

Tout dépend de comment ils voient la musique. Tu vois des groupes comme Mass Hysteria qui s’exportent assez peu, qui vivent de leur musique, qui remplissent les salles, etc. Après, nous, nous sommes sur un format de musique qui est peut-être peu accessible, on a moins de chance de toucher un public aussi large que Mass Hysteria par exemple. C’est une question d’équilibre entre style de musique, et de talent il ne faut pas l’oublier ! Gojira s’ils en sont là aujourd’hui, c’est qu’ils sont extrêmement talentueux. Après j’ai pas grand-chose à conseiller aux groupes de musique, juste qu’ils en profitent, c’est pas forcément fait pour être professionnalisé non plus.

Interview réalisée par téléphone en direct dans l’émission Anarchy X le mardi 19 mars 2013
Retranscription : Le Phasme
Merci à Arroway pour la fiche de questions !

Site internet officiel de Hacride : www.hacride.com

Album Back To Where You’ve Never Been, sorti le 22 avril 2013 chez Indie Recordings



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