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Chronique   

Halestorm – Into The Wild Life


Halestorm - Into The Wild LifeDès l’écoute de la première chanson d’Into The Wild Life, on se dit qu’on ne peut pas vraiment se fier à l’illustration très vintage de l’album, qui laisserait plutôt supposer un rock revival seventies à la Rival Sons et consorts. Hors « Scream » avec ses relents électro aurait bien plus à voir avec la modernité pop rock du Papa Roach d’aujourd’hui que les élans nostalgiques auxquels on s’attendrait de prime abord. Mais il ne faut pas non plus se fier à cette comparaison pas forcément heureuse : Halestorm y est plus créatif et finaud, notamment dans l’utilisation des textures synthétiques. Et ce n’est qu’un début qui en rien ne peut prétendre résumer le tout.

Si Halestorm puise plus que jamais sa force dans des refrains à hurler dans des arènes (« Gonna Get Mine ») voire carrément cathartiques (« I Am The Fire »), il évite au moyen d’élégants déhanchés musicaux l’écueil de tomber dans une soupe « teenage » insipide dans laquelle il pourrait pourtant facilement tomber. Tout juste pourra-t-on reprocher le côté consensuel de la ballade au piano « Dear Daughter » et ses petits chœurs ethniques que n’aurait pas renié un Yannick Noah, et qui pourtant se termine avec une vraie classe et délicatesse. On pourra, en réalité, ranger Into The Wild Life aux côtés du dernier opus de The Pretty Reckless, tant, comme celui-ci, il se montre rafraîchissant, alliant l’efficacité et l’énergie originels du rock à une certaine modernité et intelligence d’arrangement (reliant par ailleurs certaines chansons entre elles comme un grand tout). Un vrai travail sur le son aussi, comme cette guitare sur « New Modern Love » qui joue un subtil jeu de séduction avec l’auditeur. Ceci sans compter ce côté sexy qu’apporte indéniablement la frontwoman fatale Lzzy Hale dans sa performance très charismatique, qui ne s’économise pas lorsqu’il s’agit de faire parler la poudre (le nerveux et heavy à souhait « Mayhem »).

Là où l’on comprend mieux cette photographie noire et blanc semblant dépeindre un groupe de rock d’un autre temps, c’est dans des chansons comme « Sick Individual » ou « Apocalyptic », qui ont ce rock’n’roll vibrant et intemporel dans les riffs, ces petites notes discrètes d’orgue sur la ballade « What Sober Couldn’t Say », qui renvoient quarante ans en arrière, ou cette guitare qui fait du zèle toute seule, comme un Hendrix l’aurait fait, à la fin du très relax, quasi trip-hop même, « Bad Girls World » (« Eh les gars, faudrait p’tet lui dire qu’on a fini la chanson là ? »). « I Like It Heavy » aussi, évidemment, qui, outre la déclaration explicite du titre, prend le contre-pied de l’ouverture d’album en le terminant sur un blues rock des familles qui balance et un a cappella soul qui sonnerait presque comme une profession de foi gospel à l’égard du Dieu rock’n’roll. Il s’agit là d’ailleurs de la seule chanson totalement « vintage » de l’album, jusque dans le son, car autrement Halestorm se charge justement de démontrer qu’on n’a pas – comme nous en parlions avec James Michael, chanteur de Sixx : A.M. – à nécessairement sonner vieillot pour se donner une légitimité à faire du rock, du vrai.

Ajoutons à tout ceci cette couche de sucre qui vient parfaire la recette et apporter cette touche gourmande et définitivement pop à l’ensemble. Comme le refrain de « The Reckoning » qui aurait tout aussi bien pu avoir été chanté dans les années 80 par une artiste comme Pat Benatar… Car, en plus de cette capacité à nous prendre immédiatement dans ses filets, là est la grande force d’Into The Wild Life : savoir faire la synthèse des décennies passées tout en restant ancré dans le présent.

Regarder les clips de « Apocalyptic » et « Amen » et écouter le morceau « Mayhem » :

Album The Wild Life, sortie le 10 avril 2015 chez Roadrunner Records.



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