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Chronique   

Halestorm – Vicious


Inutile de dire que chaque album d’Halestorm suscite l’attente, étant donné la réussite du groupe et le tabac qu’il réalise à chaque prestation live, mené par le charisme de Lzzy Hale. Pourtant le groupe a traversé une période de doutes, ceux qui commencent à poindre lorsqu’on perd de vue la véritable raison qui vous anime en tant que musicien, accaparé par des dizaines de dates. Vicious, le quatrième opus du groupe, est né de cette interrogation. Halestorm a décidé de retrouver l’énergie et l’authenticité d’un « groupe de garage », du moins dans le plaisir de faire de la musique. Vicious est l’album d’un groupe désormais sûr de lui, ne cherchant à plaire à nul autre que lui-même.

Halestorm avait plusieurs démos de prêtes avant de s’atteler à l’enregistrement de Vicious. Pourtant, insatisfaits, ils ont décidé de tout supprimer et de repartir de zéro avec le légendaire producteur Nick Raskulinecz (Deftones, Alice In Chains, Stone Sour, Mastodon, Foo Fighters…). Avec seulement quelques idées en tête et pour seule certitude la volonté d’aboutir à un album de hard rock, Halestorm a travaillé de concert avec le producteur pour la composition et l’agencement. Ce dernier étant familier de la musique de Halestorm et plus généralement du hard rock, Vicious a moins les élans pops et expérimentaux de son prédécesseur, Into The Wild Life (2015), réalisé par Jay Joyce. Vicious est introduit par le riff de guitare plutôt lourd de « Black Vultures » avant de laisser s’exprimer la voix suave de Lzzy Hale soutenu par un groove de basse-batterie des plus efficaces. Il faut à peine quatre secondes pour se rendre compte de l’orientation musicale de Vicious, des riffs directs et un talent inné pour la mélodie, notamment celles des lignes vocales de Lzzy Hale (et des élans criés lors de « Black Vultures », justement, ou encore des refrains de « Skulls »…). Nick Raskulinecz réussit la prouesse de capturer toute la fougue bien connue de la formation en live, en y agrégeant une touche d’ingéniosité qui parvient à faire la différence à chaque instant. Le riff de guitare rebondissant de « Skulls », en apparence simplissime, parvient à ne pas devenir redondant en raison d’arrangements « orientalisants » très discrets et d’une place de choix accordée au jeu de basse de Josh Smith pourtant épuré (et qui n’est pas sans rappeler Tool par moments). Le titre aux légers accents pop-rock (très légers), notamment par l’intervention ponctuelle de chœurs d’enfants, finit par prendre une autre ampleur dès le pont, marqué par un riff massif que n’aurait pas renié Alice In Chains. De fait, la production de Vicious est irréprochable : tous les musiciens ont leur plage d’expression et l’esprit de la formation est parfaitement respecté, voire magnifié.

En outre, Halestorm parvient à une certaine variété. Le mid-tempo « Buzz » et son refrain taillé pour la radio vient côtoyer le nerveux « Uncomfortable », où la rythmique punk est intelligemment coupé par des ralentissements stoner et un pont aérien, ou encore le zeppelinien « Do Not Disturb » qui encore une fois laisse apprécier le travail délicat de Josh Smith, jamais impressionnant mais toujours juste. Parfois Halestorm se permet des variations de style avec « Conflicted » et sa guitare acoustique, sur laquelle Lzzy Hale va chercher un phrasé pop groovy proche de Skin (Skunk Anansie), avant d’évoluer vers un refrain rock plus classique. En cela réside l’argument principal d’Halestorm : une essence résolument rock moderne porté par sa chanteuse qui va parfois chercher sa science de l’accroche jusque dans les années 80 (il suffit d’écouter « Vicious » pour se rendre compte de cette dualité). Il peut arriver que les mélodies accusent quelques grandiloquences, à l’instar du refrain de « Killing Ourselves To Live », ces excès se font néanmoins très rares. Le chant est parfois l’occasion d’un traitement audacieux, tel qu’un enregistrement avec la voix du matin à peine échauffée de Lzzy, dont la vulnérabilité et le côté à vif sied à « Heart Of Novocaine », une power ballade épurée, où seule de la guitare acoustique accompagne la chanteuse.

Vicious est une réussite sur de nombreux plans. Halestorm restitue parfaitement l’intensité de ses prestations live en se montrant inspiré, aussi bien sur les arrangements que les riffs, avec une Lzzy Hale aussi polyvalente qu’entrainante. Nul doute que la touche de Nick Raskulinecz est la grande idée derrière la réalisation de cet album. Quoi qu’il en soit, Vicious a de quoi ravir ceux qui attendaient de pied ferme Halestorm après Into The Wild Life : Vicious a l’agressivité et la qualité d’écriture qui sied au statut des américains.

Clip vidéo de la chanson « Black Vultures » :

Clip vidéo de la chanson « Uncomfortable » :

Album Vicious, sortie le 27 juillet 2018 via Warner. Disponible à l’achat ici



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