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Nouvelles Du Front   

Halo de lumière sur la planète



Anthony Hegarty

Très récemment sur Facebook, on a envoyé une vidéo de « Summernight Horizon », le deuxième morceau de We’re Here Because We’re Here, le dernier album d’Anathema qui vient tout juste de sortir. Succès garanti car ce titre est d’une beauté incroyable, intense et… presque indescriptible.

Anathema, c’est évident, fait partie des artistes dont la musique est tellement parfaite qu’il est compliqué d’écrire dessus. Pour autant ce qui m’intéresse aujourd’hui est la similarité qui existe entre le groupe anglais et Anthony Hegarty.[/urlb] Tant au niveau de la musique que de la trajectoire empruntée.

En guise de présentation, il faut signaler aux non-initiés qu’Anathema et Anthony Hegarty font tous les deux une musique belle à pleurer où l’émotion prend le pas sur le reste. Leurs envolées sont insaisissables, leurs mélodies et voix uniques, sans oublier une vision de la répétition absolument jouissive. Sur le morceau ci-dessus, Anathema met en avant un piano entêtant à la manière d’Anthony And The Johnsons sur le somptueux « Hope There Is Someone », extrait de I Am a Bird Now (2005), que pouvez découvrir en live à la fin de ce paragraphe.

C’est difficile de décrire la magie.

Mais comme dans les relations amoureuses, il y a aussi une part de construction dans la musique. Des éléments s’imposent d’eux-mêmes pendant que d’autres finissent par jaillir parce que l’on a su les travailler au préalable. Quand j’écoute ces deux chansons je suis à la recherche de tension, de beauté et de volupté. C’est ce que je veux, ce que je vois, ce que je sens et c’est, au final, ce qu’on me donne. Les notes de piano sont répétées à l’envi, la musique est puissante et la beauté des voix obligent simplement l’auditeur que je suis à fermer les yeux pour (encore mieux) savourer l’instant.

Les paroles d’Anathema et Anthony And The Johnsons tournent autour de beaucoup de sujets importants : la recherche de soi, l’amour, la difficulté de vivre… Surtout, et c’est bien là le parallèle essentiel, les deux artistes sont passés par des moments très douloureux : perte de la mère pour le premier et difficulté à assumer son corps pour le second. Avec Judgement, sorti en 1999, Anathema faisait partager la difficulté d’assumer le départ d’un être cher et tous les albums qui ont suivi sont revenus sur le sujet jusqu’à ce que le groupe parvienne à nous pondre le lumineux et spirituel We’re Here Because We here sorti cette année.


On est donc passé du tourment, de la mélancolie à un début de paix avec soi-même et les choses extérieures. Ceci est également valable pour Anthony qui, après avoir sorti son album éponyme en 2000 puis I Am a Bird Now cinq ans plus tard, a réussi à apporter un nouvel esprit à sa musique avec le bien nommé The Crying Light. On y sent un Anthony plus apaisé, plus ouvert, plus sûr de lui. Au passage, vivement Swanlights, son prochain album apparemment prévu pour octobre.

Chez Anthony et Anathema on pleure beaucoup, bien sûr, mais une part de lumière a été trouvée. Ce qui est extrêmement positif car, vous le savez peut-être, il n’est pas si facile d’être – ou d’avoir été – désespéré. La recherche perpétuelle de lumière vous force continuellement à vous interroger. Vous passez par différentes sensations, traversez différents états, pour parvenir à votre propre rédemption.

L’ouverture a soi et au monde est un combat.

Il y a des gens qui ne parviendront jamais à marcher sur le chemin de leur propre rédemption comme il y a des gens qui ne comprendront jamais rien à la musique d’Anthony And The Johnsons ou à celle d’Anathema.

Parallèlement il y en a d’autres qui s’interrogeront toute leur vie sur eux, les autres et les choses ce qui est déjà mieux, convenons-en, que l’étape mentionnée ci-dessus. Pour autant la trajectoire des deux artistes montre, qu’à un moment donné, s’interroger ne suffit plus : il faut des réponses.

Pour les obtenir, éclaircir son âme nécessite du temps, de la volonté… et beaucoup de lumières extérieures.

Lecteur : es-tu capable de capter toutes les lumières qui traversent ta vie ?



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  • …ou alors on peut aussi tout simplement écouter ces sublimes mélodies sans se poser aucune question sur la vie etc, et se contenter de se détendre et de se vider la tête

    l’avantage de la musique (surtout celle-ci) est qu’elle peut autant servir à se recentrer sur son existence qu’à la mettre entre parenthèse au contraire. susciter la reflexion ou faire le vide

    pour ma part, j’écoute de la musique atmosphérique pour partir ailleurs, ne plus penser

    même si je ne l’interprête pas comme toi doc’, merci pour cet article, il m’a donné envie de me plonger dans cet album auquel je n’avais pas encore fait vraiment attention

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  • Salut 38,

    Merci beaucoup pour ton commentaire qui me touche profondément.

    Clique sur le lien de mon prénom et n’hésite pas à t’intéresser aux paroles des chansons d’Anathema.

    Je pense que c’est un réflexe a adopter lorsque la musique d’un groupe nous prend aux tripes car ça nous permet de sentir de plus près son atmosphère, ses motivations, son regard…bref pour plus de sens.

    Mais bon, on écoute tous tellement de trucs tout le temps que c’est difficile de prendre le temps d’analyser toutes les paroles. Pourtant c’est clairement indispensable, surtout pour Anathema et tous les artistes qui nous donnent de la vibration.

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  • Ce texte est vraiment très beau. J’y retrouve exactement ce que je ressens en écoutant Anathema. Je ne savais pas que Judgement avait suivi un deuil. Je viens d’en traverser un en ecoutant ce groupe tous les jours…

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