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Chronique   

Hammerfall – Dominion


Hammerfall se veut sans ambiguïté : il se fait le détenteur d’une tradition longue de plus de trente ans : le heavy metal dans son aspect le plus classique. Le groupe cherche à ne prouver qu’une seule chose : tout ce qui se fait au sein de ce genre est intemporel. La méthodologie d’Hammerfall reste inchangée, il s’agit juste d’arrondir certains angles et d’éviter les quelques inconvénients s’appuyant sur les expériences passées. Dominion, composé pendant la tournée de Built To Last (2016) sans pression aucune, se veut le parfait album de heavy metal selon le groupe. Il faut comprendre que tous les ingrédients caractéristiques sont présents et sont censés fédérer les stades.

Preuve en est de la continuité présente sur Dominion : la participation, à nouveau, de James Michael (Sixx: A.M.) pour la production du chant, une constante depuis 2011 et l’album Infected. Hammerfall veut juste parfaire sa formule et se fiche royalement d’incorporer de nouveaux éléments. « Never Forgive, Never Forget » ouvre l’album avec des arpèges de guitare qui ne trompent personne : il faut vingt secondes aux Suédois pour ouvrir les hostilités avec un riff grandiloquent assisté du timbre aigu de Joacim Cans. Tout y est : la batterie cavalière, les voix doublées et le break traditionnel qui vient amorcer les soli. « Never Forgive, Never Forget » est un potentiel hit qui enjoint à l’auditeur d’attendre un heavy de bonne facture tout au long de l’opus. Si le tempo plus mesuré et le riffing à la Accept de « Dominion » paraissent patauds en comparaison, « Testify » confirme l’impression que lorsque Hammerfall décide d’accélérer, il se montre davantage convaincant. « Testify » profite d’un riffing presque thrash et d’une accroche vocale qui sera indubitablement scandée à l’unisson en live. En parlant d’union justement, « One Against The World » rend hommage aux liens qui unissent les fans de heavy metal, avec en outre des réminiscences d’Iron Maiden (« Fear Of The Dark » n’est vraiment, vraiment pas très loin l’espace de quelques instants pendant le pont…). Seconde révérence de l’opus : « (We Make) Sweden Rock » qui clôt une première partie enjouée avec tous les gimmicks d’un single bien agencé et entêtant, même si l’extrême familiarité commence à faire émerger un sentiment de saturation (les « wohoho » ne sont pas là pour rendre le tout plus subtil).

La ballade composée avec James Michael « Second To One » vient cocher la case nécessaire pour prétendre à l’exhaustivité de l’« album parfait de heavy metal ». Si la prestation émotionnelle de Joacim Cans est à saluer et que la patte indéniable de James Michael apporte un brin de fraîcheur, il faut néanmoins prendre du recul et avouer que les notes de piano mielleuses, les accords téléphonés de guitare électrique et les soli cheveux au vent deviennent ici résolument kitsch, presque parodiques du registre. Hammerfall rebondit très vite en puisant davantage dans le power metal avec des rythmiques plus enlevées (« Scars Of A Generation » et son amorce là aussi, mais dans un autre registre, assez kitsch au chant, « Bloodline ») et en effectuant quelques retours à un heavy plus chiadé, à l’instar de la construction de « Chain Of Command », un des rares titres qui parviennent à conserver une tension sur plusieurs minutes et à instaurer une atmosphère épique. « And Yet I Smile » (titre tiré d’une réplique de King Ezekiel de la série The Walking Dead) joue le jeu du contraste en alternant riffing mélodique et teintes pseudo-folks. Cette conclusion se veut inégale : que ce soit sur les délicats arpèges de couplet ou lorsque Oscar Dronjak et Pontus Norgren se montrent incisifs, Hammerfall marque les esprits. À l’inverse, le refrain laisse transparaître une forme de facilité et montre les limites d’une formule essorée et devenue proprement indigeste au terme de Dominion.

Il ne faut pas se méprendre : Dominion est fourni en hits en puissance et démontre un savoir-faire parmi les plus solides de la scène heavy. Hammerfall ne ternira pas son succès avec cet opus. Seulement, si on se montre honnête, les douze titres révèlent doucement ce qui s’apparente à des poncifs, voire des abus, à l’instar de la mélodie d’« And Yet I Smile » et du timbre suraigu et surjoué de Joacim Cans. En somme, Hammerfall fait comme d’habitude : du Hammerfall soigné qui fonctionne raisonnablement bien, mais sans la fulgurance qui aurait permis d’éviter un sentiment d’overdose ou de lassitude au terme du disque.

Clip vidéo de la chanson « Dominion » :

Clip vidéo de la chanson « One Against The World » :

Lyric-vidéo de la chanson « (We Make) Sweden Rock » :

Album Dominion, sortie le 16 août 2019 via Napalm Records. Disponible à l’achat ici



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