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Chronique   

Hammerfall – (r)Evolution


Le cor de guerre suédois vient de résonner dans la plaine, car la rumeur enfle ; le dieu du tonnerre a finalement ramené le paladin Hector d’une pétrification de cinq années dans le granit. Libéré de sa prison de pierre et armé de son marteau, le chevalier renégat repart à l’assaut des castels ennemis. Sur le papier, toutes les étoiles semblent alignées pour que ce (r)Evolution incarne un net retour aux sources de Hammerfall, qu’on avait quitté en 2011 sur un surprenant « Infected » faisant la part belle au heavy metal agressif pur et dur et parsemé d’histoires de monstres et morts-vivants, à mille lieues des mythes nordiques et médiévaux auxquels le groupe nous avait habitués jusqu’alors. Car outre sa récente signature chez le label Nuclear Blast, le groupe au marteau compte les retours du producteur Frederik Nordström et du dessinateur Andreas Marschall qui ont tous deux jadis collaboré sur les deux premiers opus acclamés Glory To Brave (1997) et Legacy Of Kings (1998).

Un retour en arrière qui se vérifie immédiatement à l’écoute, démarrant et finissant (« Hector’s Hymn » et « Wildfire ») avec des envolées speed fleurant bon la vieille époque. Le tempo martelé est accrocheur, les chœurs retrouvent leur gloire emphatique voire un peu kitsch, les guitares parlent avec des leads et soli généralement truculents, dans des phrasés dignes de Rhapsody, et les refrains renouent avec un pouvoir fédérateur, lorgnant vers les poncifs du happy metal. Mais Hammerfall se montre également pugnace quand il s’agit de conserver des contours moderne, dupliquant la recette passée et pittoresque au travers d’un son plus lourd et tranchant, sans toutefois atteindre les pesanteurs d’Infected. Clairement, en 2014, Hammerfall fait toujours du Hammerfall tout en restant au goût du jour.

Certes consolidée par les arrangements et effets studio, la performance au chant de Joacin Cans pourrait bien être une des plus marquantes depuis longtemps dans Hammerfall ; sa voix suscite l’émotion et maintient l’attention comme sur la ballade « Winter Is Coming » inspirée à Oscar Dronjak (guitare) par la série Game Of Thrones. Il est assisté en outre d’une horde de fantasques back-vocals – dit The Lost Boys Choir – sur les refrains, composée d’amis du groupe, dont Mats Levén (Candlemass), Björn Gelotte (In Flames), James Michael (Sixx: A.M.) et même le freefighter et catcheur Josh Barnett en personne ! Tout ce beau monde enjolive cet opus qui distille des titres très puissants, presque déjà des tubes, comme les singles « Bushido » et « (r)Evolution », l’épique « Origins » sur lequel les guerriers partent en quête de pillage d’or et de richesses, ou encore tous boucliers devants les brûlots plus sombres et heavy que sont « Tainted Love », « Ex-Inferis », « Evil Incarnate » dont le dernier se démarque plus singulièrement par ses riffs criants et saccadés et son atmosphère luciférienne.

Avec (r)Evolution, Hammerfall, en quelque sorte, boucle la boucle et joint les deux bouts, s’extirpant des balbutiements de style pour réaffirmer son identité. Voilà qui devrait rassurer et séduire les plus anciens fans, sans forcément tomber dans un rétropédalage nostalgique total, mettant à profit son expérience et les moyens acquis (James Michael est reconduit comme coach vocal après Infected). Ainsi, le groupe apporte la certitude d’avoir – enfin – franchi un cap.

Ecouter la chanson « Bushido » :

Album (r)Evolution, sortie le 1er Septembre 2014 chez Nuclear Blast Records



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