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Interview   

Hangman’s Chair : ode à la solitude


Doom, grunge, cold wave : Hangman’s Chair résiste aux catégories et, après une dizaine d’années d’existence, est parvenu à imposer son style dans la scène metal française et au-delà : ambiances urbaines, lenteur plombante, mélancolie gothique, son à l’image de l’une de ses chansons, froid et distant. Totalement fidèles à leur vision mais sans se répéter, les Parisiens ont toujours fait cavalier seul, mais si Banlieue Triste était sous le signe de la grisaille et de la nostalgie 80s, avec A Loner, le quatuor prend un peu de distance avec le bitume et les gros riffs qui ont fait sa notoriété et se replie sur lui-même, s’adonnant à la solitude – pour le pire, mais aussi, paradoxalement peut-être, pour le meilleur.

C’est de cet isolement, entre autres, que nous avons discuté avec Mehdi Thepegnier, batteur et compositeur (aux côtés de Julien Chanut) du groupe. De la genèse d’A Loner à sa carrière dans son ensemble, de ses influences à ses aspirations, des difficultés aux réussites du groupe, et de son passé à son futur, Medhi évoque sans détour et avec générosité les différentes facettes du projet, tout comme les siennes propres.

« Nous avons grandi dans la scène hardcore, punk, un peu metal, puis après nous étions beaucoup dans la scène doom, mais je pense qu’au fond de nous, nous avions besoin de revenir à des sonorités que nous avions quand nous étions petits. »

Radio Metal : Vous avez dû travailler sur A Loner pendant le confinement. Julien disait que vous l’aviez enregistré il y a à peu près un an. Est-ce que le contexte a eu des conséquences sur votre manière de faire ou votre état d’esprit ?

Mehdi Thepegnier (batterie) : Effectivement, nous avons enregistré en décembre et janvier dernier, donc ça fait exactement un an. Il a forcément fallu adapter un peu notre manière de travailler, comme tout le monde j’imagine – avec ce confinement, c’était un peu spécial. Julien et moi, nous composons pratiquement tout le temps. Nous avions une banque de sons, j’avais une dizaine de morceaux, Julien pareil. Quand nous avons commencé à nous dire qu’il fallait nous mettre un peu sur le processus d’écriture, c’est là que le premier confinement est arrivé, donc mars 2020. Il a fallu s’adapter, forcément. Normalement, comme pour pratiquement tous les anciens albums, nous aimons répéter et nous voir physiquement pour qu’un courant électrique passe dans les morceaux et les faire évoluer. Là, notre local de répétition était fermé – il est resté fermé pendant pratiquement un an et demi. Malgré tout, ça tombait bien, car je me suis mis à faire un petit peu de MAO à la maison, je me suis monté un petit home studio avec des logiciels, etc. Je commençais déjà à maîtriser pas mal de logiciels. Donc ça s’est passé comme ça, nous étions à distance et nous nous envoyions des maquettes de morceaux. Nous avons dû adapter notre manière de travailler, mais au final, ça a été très productif. Bien sûr, nous étions perturbés par ce confinement et cette situation un peu bizarre et anxiogène, nous ne savions pas trop si c’était la fin du monde ou pas, mais malgré tout, nous avons trouvé du bon là-dedans, parce que nous étions impliqués à deux cent pour cent rien que dans l’écriture. Nous avons vraiment pris notre temps et affiné les morceaux. C’était un mal pour un bien. Nous étions ravis, au final. Nous nous sommes retrouvés avec des démos pratiquement abouties pour arriver au studio. Nous n’avions jamais été aussi prêts avant. Ça s’est bien passé, finalement !

On retrouve Francis Caste à la production d’A Loner. Ça fait un moment que vous travaillez ensemble et qu’il vous suit dans vos évolutions : c’est plus facile de travailler avec quelqu’un que vous connaissez bien ? Est-ce qu’avec le temps il a bien compris ce que vous recherchez ?

Complètement. C’est notre zone de confort. Je pense que nous avons besoin de ça. C’est vraiment une période pour nous, avec Julien, qui est quelque peu stressante. C’est la partie où nous nous sentons peut-être le moins à l’aise et où il peut y avoir quelques tensions. L’enregistrement, c’est vraiment une partie qui n’est pas évidente pour nous à gérer avec les émotions, etc. et le fait d’aller avec Francis Caste, ça nous enlève un certain poids sur cette période qui peut être un peu galère. Nous nous connaissons par cœur, il n’y a pas besoin de parler vingt ans, de développer quelque chose en amont avant de démarrer, etc. En plus, comme je te disais, nous étions arrivés très préparés, avec des maquettes pratiquement abouties. Il a écouté les morceaux et il a compris l’univers dans lequel nous voulions aller. Et ça file droit. Nous avons enregistré les cinq albums précédents avec lui. Lui-même a évolué avec nous et nous avons évolué avec lui. Nous essayons toujours de faire quelque chose mieux ou différemment, en tout cas nous essayons d’évoluer ensemble. C’est super à chaque fois de travailler avec lui. Je pense que c’est vraiment pour nous rassurer que nous travaillions toujours avec ce producteur, car nous nous connaissons parfaitement et nous allons directement à l’essentiel.

Ça fait plus de dix ans que vous jouez avec ce line-up, mais certains d’entre vous jouent ensemble depuis bien plus longtemps que ça. Comment votre collaboration a évolué à travers le temps ?

Nous avons démarré le projet Hangman’s Chair en 2005, donc ça fait dix-sept ans, et effectivement, comme tu le dis, nous nous connaissons depuis que nous sommes mômes. J’ai commencé la musique avec Julien. Nous avons construit quelque chose ensemble, nous ne vivons que pour ça, nous nous comprenons parfaitement, il y a une espèce de confiance qui est installée. Quand je lui ramène des morceaux ou quand il me ramène les siens, nous pensons directement à ce que va faire l’autre. Il y a une espèce d’alchimie assez concrète qui s’est construite durant toutes ces années. Maintenant, nous allons avoir quarante-deux ans… C’est pour te dire que le temps a permis de consolider des choses et ça nous permet de construire, d’essayer et d’expérimenter, toujours. Nous sommes beaucoup dans l’expérimentation avec Julien. Nous essayons toujours d’avancer, de travailler des choses différentes ou de travailler le son. Par exemple, je sais que Julien, un peu plus que moi, est vraiment un geek de son. Il a beaucoup de matériel, il est vraiment dans les recherches de pédales, de son, d’effets. C’est un binôme qui marche plutôt bien depuis le temps. Et pour revenir vraiment au projet Hangman’s Chair, nous avons fait cinq albums, là ce sera le sixième, avec pas mal d’EP entre, et à chaque fois, à mesure que nous évoluons et gagnons en maturité avec l’âge, je pense que comme le bon vin, nous essayons d’améliorer les choses jusqu’à trouver une identité musicale propre. Je pense que nous avons vraiment trouvé quelque chose à partir du troisième album Hope///Dope///Rope. Nous avons trouvé notre ligne directrice. Je pense qu’on peut reconnaître la patte d’Hangman’s Chair sur tous les albums. C’est juste que nous essayons de faire évoluer un peu les textures et les sons, et de plus en plus d’aller à l’essentiel.

« La solitude fait peur à beaucoup de gens, alors que nous, au contraire, nous nous sommes dit que cet isolement ferait énormément de bien à beaucoup de monde ; en tout cas, nous, ça nous a fait énormément de bien. »

Dans le groupe, tu es le batteur, mais tu composes aussi. Est-ce que le fait d’être batteur donne une approche ou une sensibilité particulière à tes compos, par rapport à un guitariste, par exemple ?

C’est possible ! Quand j’écoute des groupes que j’apprécie ou que j’aime, j’ai l’impression de pouvoir sentir si c’est le batteur qui compose ou pas. C’est peut-être pareil avec Hangman’s Chair, j’espère. Mais oui, j’ai l’impression que le fait d’écrire un morceau… Bon, généralement, j’écris d’abord un morceau à la guitare, mais quand je le fais, il y a directement une rythmique qui se pose dans ma tête, une basse-batterie. J’ai commencé à la basse, c’était mon instrument principal. Je me suis mis à la batterie quelques années plus tard. Je joue de la guitare parce que j’aime bien ça aussi et c’est pratique pour composer. En gros, le schéma d’écriture se passe comme ça pour moi : à la guitare, et tout de suite la basse-batterie s’écrit dans ma tête. Après, bien sûr, j’envoie mes squelettes de morceaux à Julien et ensemble, nous les faisons évoluer, nous voyons les breaks, si ça marche pour tout le monde, etc. Après, il amène pas mal d’arrangements de guitare. En général, ça marche comme ça, mais effectivement, je pense que le fait d’être batteur et de penser directement à la rythmique peut ramener une autre sensibilité et aider. Par exemple, sur ce dernier album et sur Banlieue Triste, je me suis beaucoup plus investi sur le flow, sur le chant. Je ne m’étais jamais mis à l’écriture, c’est quelque chose que je n’ose pas, j’ai peur d’aborder le sujet et de prendre un stylo. Par contre, pour le flow, parce que pour moi ça fait vraiment partie de la rythmique, le fait d’être batteur m’aide sûrement. Sur les deux ou trois derniers albums, je pose des espèces de yaourts, je scatte pour poser le chant, et Julien et Cédric écrivent le chant dessus – beaucoup Cédric sur les précédents albums, tandis que Julien a écrit énormément sur le dernier. Ça fait partie des méthodes.

Pour Banlieue Triste déjà Julien nous disait qu’il écoutait beaucoup de trucs goth et cold wave, comme Sisters Of Mercy, The Cure, etc. Cette influence était déjà assez marquée sur cet album, et c’est encore plus évident sur A Loner. Est-ce que ce sont des influences qui parlent à tout le groupe ? Est-ce que ça allait de soi d’aller dans cette direction ?

C’est sûr que nous sommes tous un peu dans ces ambiances-là. Nous écoutons beaucoup de goth, de post-punk, de cold wave… En partie, car nous écoutons énormément de choses, mais c’est vrai que ça nous parle énormément. Par exemple, avec Julien, nous avons l’impression de redécouvrir énormément de groupes que nous avons peut-être loupés quand nous étions plus jeunes, comme la scène anglo-saxonne de post-punk, que ce soit The Sound, A Flock Of Seagulls et j’en passe, qui jouaient sur des sons très eighties et nineties, avec des masses d’effets, de reverb et de chorus. Nous avons grandi dans la scène hardcore, punk, un peu metal, puis après nous étions beaucoup dans la scène doom, mais je pense qu’au fond de nous, nous avions besoin de revenir à des sonorités que nous avions quand nous étions petits, car nous avons grandi dans les années 80. C’est vrai que là, nous avons été encore plus à l’essentiel, nous avons encore plus approfondi le sujet sur cet album. Quand nous cherchions un peu la texture du son pour cet album avec Julien et que nous maquettions, nous cherchions à alléger les pistes, les couches de guitare, à sortir de notre côté confort un peu doomy, en mettant un peu moins de basses. Ça a permis, sur le traitement de cet album, d’avoir beaucoup plus de place. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus d’air, ce qui nous a permis de mettre beaucoup plus en avant des effets, des arpèges, etc. Ce sont des choses que nous avons eu envie de faire sur cet album, ça s’y prêtait bien. Donc oui, toute la scène goth, cold wave, etc. est une énorme influence pour nous par rapport à ça.

Apparemment, le titre de l’album est même une allusion à The Cure – un critique avait qualifié Faith d’« album du solitaire » en voulant dire qu’il devait s’écouter seul, au casque. D’abord, pourquoi ce choix ?

C’est Julien qui est venu avec ce concept à un moment. Il m’a dit qu’il avait envie de ramener cette thématique et de faire un concept autour de la solitude. C’est aussi apparu après des faits personnels, il était notamment en deuil de son côté, et il s’est passé pas mal de choses dans sa tête. Il avait énormément besoin de prendre du recul sur le monde, peut-être également de se renfermer, pour se retrouver. On vit toujours à deux cents à l’heure et sûrement que nous avions besoin de la solitude. Clairement, c’est arrivé avant toutes ces histoires de confinement. Quand on nous a annoncé ces confinements, limite ça nous a fait du bien. Nous avions besoin de ce moment de pause pour vraiment prendre du recul et nous isoler, y compris de mon côté pour d’autres raisons. Donc nous avions envie de traiter de ça sur cet album, c’est-à-dire de prendre la solitude et de l’utiliser comme un effet positif. La solitude fait peur à beaucoup de gens, alors que nous, au contraire, nous nous sommes dit que cet isolement ferait énormément de bien à beaucoup de monde ; en tout cas, nous, ça nous a fait énormément de bien. Nous voulions donc tourner l’album autour de tout ça, donc tout ce qui était état dépressif – un peu comme d’habitude : écrire des chansons tristes, c’est un peu ce que nous savons faire le mieux.

Est-ce que tu penses que cet album est plus destiné à être écouté au casque seul chez soi qu’en live ?

C’est bien possible. En vrai, avec ces histoires de confinement et tout le processus que nous avons fait à distance, nous avons écrit cet album au casque. Donc c’est possible que dans tous les traitements, avec les effets et les petites subtilités que nous avons rajoutés, il y ait beaucoup de gauche-droite… Nous avons tellement largement ouvert le spectre que l’écoute au casque serait une écoute adéquate, on capterait plus les subtilités. Après, à savoir si ce sera mieux au casque qu’en live, je ne pense pas, car le live sera une autre proposition et c’est une autre dynamique. Une écoute approfondie au casque à la maison, c’est magnifique, mais quand tu as cette proposition live, ça te met dans une autre dimension, donc il faut allier les deux.

« Ecrire des chansons tristes, c’est un peu ce que nous savons faire le mieux. »

Et toi, que préfères-tu en tant que musicien : le contexte live ou bosser en studio et avoir le contrôle sur tout ?

Ce que nous préférons Julien et moi, c’est sûr, c’est l’écriture. Nous adorons rentrer dans ce processus d’écriture, parce que c’est ce que nous savons faire depuis tout petits, nous avons travaillé pour faire ça. Nous sommes des musiciens autodidactes, nous ne sommes pas techniciens pour un sou, et nous avons fait de la musique en nous écoutant et en apprenant. Nous voulions vraiment faire un groupe et composer de la musique. Nous n’avons pas des facilités, car ce serait exagéré de dire ça, mais nous nous sentons à l’aise à écrire. Nous écrivons constamment des mélodies. Par exemple, un magazine de batterie me parlait en interview de la batterie et du côté technique, et je leur ai dit : « Je vous arrête tout de suite, je ne suis pas du tout technique. » Je me considère plus comme un mélodiste qu’un instrumentiste. C’est là que je mets la différence. Du coup, oui, avec Hangman’s Chair, là où nous nous sentons le plus à l’aise, c’est sur l’écriture. L’enregistrement, comme je te disais, c’est une partie un petit peu [difficile]. Nous ne nous parlons pas beaucoup… Nous essayons de désacraliser un peu ce moment, mais c’est vrai que c’est un peu compliqué, c’est une période un peu stressante, parce que nous essayons d’aller jusqu’au bout. Nous essayons de faire des choses avec goût et de qualité à chaque fois, donc c’est un moment assez éprouvant. Après, il y a la partie live, où nous travaillons le set et c’est encore une autre dimension. L’échange avec les gens est quelque chose que nous adorons, évidemment, donc nous attendons avec impatience.

Banlieue Triste amorçait déjà un passage à quelque chose de plus concret et terre à terre : A Loner continue clairement dans cette direction. Est-ce qu’avec le temps vous vous sentez plus à l’aise pour évoquer ce qui vous arrive sans filtre, alors que par le passé il y avait peut-être plus de détours ?

C’est vrai. Effectivement, depuis Banlieue Triste nous nous sommes dit que nous pouvions le faire. Et puis nous sentions sûrement aussi le besoin de le faire. Nous avions besoin d’être beaucoup plus sincères et honnêtes sur la forme, au-delà du fond. Car je pense que sur le fond nous l’avons été, mais c’est vrai que nous allions un petit peu plus dans la métaphore, où nous contournions les choses, où nous parlions de « elle » en parlant de notre dépression, nous essayions de l’imager énormément pour sûrement nous en cacher. Mais depuis Banlieue Triste, nous avons senti que nous pouvions être vraiment introspectifs, être beaucoup plus terre à terre et aller droit à l’essentiel. Et sur A Loner, nous sommes également partis là-dessus. Nous sentons le besoin d’être un peu plus crus, plus bruts, et de parler vraiment de nous-mêmes, d’être plus directs.

On retrouve dans A Loner pas mal d’éléments qui reviennent dans tous vos disques : un instrumental, un morceau plus lent, et puis quelque chose d’un peu narratif/cinématographique. Est-ce que c’est un hasard ou est-ce que vous utilisez ça comme une sorte de canevas ? Est-ce que vous voyez vos albums comme des histoires ou des films ?

Clairement. C’est un peu comme ça que nous aimons construire un album. C’est aussi comme ça que j’aime écouter de la musique. J’aime bien quand je rentre dans un univers. J’aime qu’on m’installe. J’aime bien sentir ces émotions et j’adore écouter les albums entièrement. Avec Julien nous aimons également composer un album, et quand nous rassemblons nos morceaux, il n’y a rien de hasardeux. Par exemple, quand j’ai composé « An Ode To Breakdown », le premier morceau de l’album, je l’ai présenté à Julien et je lui ai dit que ça allait être l’intro de l’album, je le savais, je le sentais. Il m’a répondu que oui. Et quand Julien m’a ramené « A Thousand Miles Away », nous avons tout de suite compris que ça allait être le dernier morceau, parce qu’il y a une sensibilité, une tension qui ne pouvait être que là. C’est comme ça que nous aimons composer les albums, c’est-à-dire les rassembler un peu comme un puzzle. Il n’y a pas de placement de morceau hasardeux. Nous aimons que ça s’enchaîne bien. C’est sûrement là qu’on ressent le côté cinématographique. C’est un vrai parti pris de notre part.

Les clips que vous avez sortis pour « Cold & Distant » et pour « Loner » sont tous les deux remarquables, chacun dans des genres différents. Tout d’abord, pour « Cold & Distant », vous avez travaillé avec Béatrice Dalle. Comment est-ce que vous l’avez rencontrée ?

Ce clip avec Béatrice Dalle était un concours de circonstances. Nous ne la connaissions pas, elle ne nous connaissait pas non plus. Nous avions travaillé avec un réalisateur, qui s’appelle Oscar Bizarre, sur un premier clip qui va sortir le 11 février. Nous avions fini de le boucler et je savais que de son côté, il avait travaillé sur un court métrage avec Béatrice Dalle, et donc qu’il la connaissait bien, qu’ils étaient très proches. Comme nous sommes ultra fans de Béatrice Dalle, du personnage et de l’aura qu’elle dégage, par boutade, nous lui avions dit : « Tu devrais peut-être lui demander pour participer à un de nos clips ? » Je pense qu’il a bien retenu ce que nous avions demandé, il lui en a parlé et elle a dit banco ! Elle a écouté ce que nous avions fait et il est revenu vers nous, il nous a appelés, il a dit : « Les gars, si vraiment ça vous dit de faire quelque chose avec Béatrice Dalle, il y a possibilité. C’est moi qui le réaliserais, du coup. » Changement de plans, changement de planning, nous modifions le programme avec le label, et nous partons pour travailler sur « Cold & Distant » et sur la réalisation avec Béatrice qui s’est rendue disponible et a parfaitement joué le jeu. Elle a sublimé le morceau. Nous étions partis sur cette idée de la confiner dans une voiture et, tellement nous l’adorons, nous avons mis quatre Béatrice Dalle dans la voiture. C’était super ! Comme je le dis tout le temps, tu peux filmer Béatrice Dalle dans un carré blanc pendant trois minutes et elle te fera de la magie. Nous étions vraiment ravis de ce clip.

« Je me considère plus comme un mélodiste qu’un instrumentiste. »

Nous avions interviewé Julien et Clément avec Joey Starr, et ce dernier disait d’ailleurs avoir d’abord entendu Hangman’s Chair via Béatrice Dalle…

La rencontre avec Joey Starr a été assez atypique et magique aussi. Tout ce podcast de Joey Starr avec Deezer, c’était vraiment un contact promotionnel avec notre management, et donc ce n’était pas du tout la même approche. C’était Deezer qui demandait d’habiller le podcast et qui donc a demandé à notre management. Nous leur avons proposé un morceau et ils l’ont validé. Nous nous étions déjà rencontrés auparavant, dans une soirée ou deux, car c’est un bon ami à Nicolas Duvauchelle, avec qui nous avions fait le clip de « Naive », sur Banlieue Triste. Donc c’était marrant de le rencontrer à nouveau, mais dans d’autres circonstances. Je sais qu’il avait fait un feat à un moment avec Mass Hysteria sur une scène, je crois qu’il avait des musiciens d’Enhancer quand il faisait des live solos. Et c’est quand même un monstre de la musique en France, il a grandi dans les années 80 et 90, donc il voit très bien cette scène de metal ou hard rock, la scène heavy, ça ne l’effraie pas du tout. Lui-même est un peu métalleux en soi. C’était une chouette rencontre.

« Loner » quant à lui est une sorte de documentaire : il suit quatre personnes, montre leur vision du monde, leurs difficultés, etc. C’est assez unique comme concept. Comment ça s’est passé ?

Encore une fois, ça a été une super expérience. C’est un réalisateur que nous connaissions depuis un peu plus d’une dizaine d’années, c’est un copain qui travaille dans le cinéma, qui fait beaucoup de courts métrages. Quand tu vois tout son travail, il a cette photo particulière, ce côté un peu froid, mais avec des belles images, de belles couleurs, une belle photo. Nous avons toujours voulu travailler avec lui, mais pour une question de temps, nous n’avons jamais pu, mais ce coup-là, il avait du temps. Nous lui avons donc demandé s’il était ok pour travailler sur ce morceau, « Loner ». Il est arrivé avec cette idée : « Est-ce que ça vous dit de bien représenter ce morceau et de trouver quatre personnages dans votre entourage qui seraient d’accord pour quelque chose qui ne serait pas trop intrusif non plus, pas trop voyeur, mais pour les filmer dans leur monde, leur vie sociale, leur élément, et présenter la solitude au sens large du terme et d’une manière plutôt poétique. » C’était l’idée de base. C’était son idée. Nous lui avons présenté ces quatre personnes. Par exemple, j’avais ramené Michel, cette personne âgée, ancien prisonnier, qui a eu une vie complètement atypique. Nous avions ramené un collègue à nous qui était un ancien para et qui est dans le MMA, qui fait des sports de combat, etc. et qui est ultra touchant. Il y a cette jeune nana qui écrit ses rêves depuis toute petite et qui les met en plastique. Et cette personne que nous connaissions des concerts hardcore et qui a un handicap mais qui l’assume totalement, qui en a marre qu’on le voit comme un handicapé et qui écrit des textes, une espèce de nihiliste complet, qui a envie qu’on le voie aussi dur et aussi fort. C’était super, ils ont joué le jeu. C’était vraiment une expérience magnifique. Chapeau au réalisateur, parce que ça fait ce côté documentaire, comme tu disais, ce n’est pas un format classique de clip. Je crois que c’est vraiment le clip dont je suis le plus fier. L’image est très belle et j’adore le fait qu’il faille le voir plusieurs fois pour se concentrer sur l’image, le texte et l’histoire des personnages, et aussi pour écouter la musique tant qu’à faire [rires].

Sur vos albums précédents, vous aviez tout le temps des samples, mais dans celui-ci, il n’y en a pas, donc pas de voix extérieure. C’est comme si dans ce clip vous aviez ce truc d’utiliser des voix d’autres personnes pour aller avec votre musique…

C’est vrai. Tu as raison. C’est un joli parallèle. Le clip fait peut-être office [de substitut pour ça] pour raconter une histoire et mettre en image les émotions que nous avons voulu faire passer dans l’album. Nous avons toujours adoré mettre des samples parce que des fois, ça permettait d’habiller des morceaux instrumentaux ou de faire des espèces de respirations dans l’album. C’est vrai que sur pratiquement tous nos albums, nous avons toujours utilisé des samples de documentaire ou de film. Ça permet toujours d’habiller, je trouvais assez chouette de faire ça, mais c’est vrai que dans le dernier, nous n’avions pas trouvé l’intérêt de le faire. Je crois que les textes étaient déjà tellement introspectifs et personnels que ça ne servait à rien. Peut-être aussi que quand nous avions rassemblé le puzzle de tous les morceaux et que nous l’avions écouté dans son entièreté, avec Julien nous ne voyions pas l’intérêt de rajouter d’autres choses, ça aurait rajouté trop d’information. Je pense qu’il y en avait assez musicalement et dans les ambiances, donc nous nous étions dit qu’il n’y en avait pas besoin sur celui-ci. C’est comme les featurings, nous avions invité James Kent et Marc De Backer de Mongolito sur l’album précédent. Sur celui-ci, nous nous sommes demandé si les morceaux se prêtaient à inviter quelqu’un, et en fait non. Nous nous sommes dit que nous enchaînerions les morceaux comme ça, tels quels. Ils se suffisaient à eux-mêmes sur cet album.

Pour A Loner, vous avez signé sur Nuclear Blast, un gros label qui, dans l’ensemble, est assez metal traditionnel. Comment ça s’est fait ?

Nous avons été approchés, il y a déjà quelques années, par le bureau allemand de Nuclear Blast qui nous suivait depuis, je pense, This Is Not Supposed To Be Positive. Ils étaient déjà entrés en contact avec nous à l’époque de cet album, mais pas plus que ça. Puis, après la sortie de Banlieue Triste, nous étions toujours chez Musicfearsatan et nous avions eu cette opportunité de signer avec un label étranger qui s’appelle Spinefarm, chose que nous avons faite. C’était une manière pour nous d’essayer de passer un step-up et de développer l’étranger. Nous y croyions beaucoup. Malheureusement, ça ne s’est pas du tout passé comme nous le souhaitions. Nous avons eu une année assez trouble sur la fin de Banlieue Triste, où ça ne s’est pas du tout bien passé avec le label en question. Après pas mal de discussions avec Spinefarm, nous avons réussi à casser le contrat et à en sortir sans dommage collatéral, car nous avions quand même des albums en option, etc. À partir de là, nous étions libres. Après le rachat de Nuclear Blast par Believe, qui est un label de distribution digital français, ils ont fait un bureau à Paris, et Jérôme Riera, qui a récupéré la direction Europe de Nuclear Blast, nous a contactés avec le bureau allemand pour nous proposer un deal. C’est quand même super de pouvoir rebondir après ce qui s’est passé avec l’ancien label. Je t’avoue que nous avons été soulagés. Depuis, ça se passe super bien. Nous avons signé un super contrat avec eux. Ils croient au projet, ils aiment ce que nous faisons, ils ont vraiment envie de nous développer, de faire un travail de fond sur le groupe.

« [Avant] nous contournions les choses, nous parlions de ‘elle’ en parlant de notre dépression, nous essayions de l’imager énormément pour sûrement nous en cacher. Mais depuis Banlieue Triste, nous avons senti que nous pouvions être vraiment introspectifs, être beaucoup plus terre à terre et aller droit à l’essentiel. »

Si ça s’était mal passé avec le label précédent, j’imagine que vous êtes plus détendus maintenant…

Oui, clair ! Exactement. Nous avons soufflé. Les nuages se sont écartés. C’était tellement trouble avec le label précédent, nous nous disions : « Mais qu’est-ce qu’il se passe ? Qu’est-ce qu’on fait là ? » Il y avait un manque de communication énorme, donc nous étions vraiment perdus. C’était clairement un mauvais pari. Pour l’anecdote, nous avions sorti un EP Bus De Nuit, juste après Banlieue Triste, pour voir ce qu’ils avaient dans le ventre et ce qu’ils allaient faire concrètement si nous faisions un album avec eux. Nous avions donc sorti quelques vieilleries que nous avions, des b-sides, des remix, pour les leur donner et voir ce qu’ils pouvaient nous faire. Concrètement, nous avons vu qu’il ne se passait rien et il n’était même pas référencé en France, alors que nous sommes un groupe français. Ce qui se passait avec eux était complètement lunaire. Nous avons donc été un petit peu traumatisés, mais nous arrivons à nous relever, comme d’habitude.

Est-ce que ça a changé quelque chose pour vous d’être chez Nuclear Blast dans votre manière de travailler ?

Pour l’instant, ce qui change avec Nuclear Blast, c’est leur professionnalisme et du coup, nous leur faisons confiance. Le contact direct avec le bureau français, à Paris, nous conforte également. Il y a les Allemands qui travaillent énormément. Nous avons des PR en Angleterre qui sont en train de nous faire une énorme promo et de nous développer là-bas. Comme tu dis, c’est un énorme label où on a peur d’être un petit peu isolé avec des grosses machines autour, des énormes groupes qui tournent énormément, donc on appréhende ce genre de situation, d’être le petit poisson dans l’océan, mais finalement, ils ont une politique qui fait qu’ils ont envie de développer des groupes de notre hauteur et de faire un boulot de fond. Tu vois qu’il y a un suivi et vraiment une volonté de leur part de développer le groupe, et c’est super pour nous. Nous avons gagné une énorme visibilité. Nous n’avons jamais eu autant de retours, que ce soit français ou à l’étranger. Nous arrivons à bien nous entourer. Notre tourneur bosse à fond et lui aussi voit des retours positifs avec la signature de Nuclear Blast, car il arrive à débloquer beaucoup plus de dates qu’avant. C’est concret. Nous commençons déjà à ressentir pas mal de retours positifs.

Justement, à l’étranger, ça se passe comment ? Avez-vous beaucoup de public non francophone ?

Avec beaucoup de modestie quand même, j’ai l’impression que la France, c’est assez établi ; pas mal de gens connaissent et suivent Hangman’s Chair. Mais nous avons toujours beaucoup tourné en Europe, surtout depuis Banlieue Triste, l’album précédent, où il y a eu une espèce de level-up, nous l’avons senti. De toute façon, j’ai l’impression que les portes des frontières s’ouvrent beaucoup plus, que l’étranger considère les groupes français un peu plus, depuis qu’on suit les porte-drapeaux comme Gojira et Alcest, ce genre de groupe qui a vraiment permis au rock extrême français d’être un peu plus pris au sérieux. Nous avons senti durant les dernières années quand nous tournions à l’étranger que nous étions pris plus au sérieux, nous les petits frenchies, donc ça fait du bien. Maintenant, nous attendons avec impatience la reprise des dates pour voir la suite pour nous. Ça présage de bonnes choses.

En parallèle de ce nouvel album, tu bossais sur un projet avec James Kent de Perturbator, Ruin Of Romantics, qui est sorti il y a quelques mois. Peux-tu nous en parler ?

Avec James, il y a d’abord une rencontre humaine. Je crois que nous nous sommes rencontrés quand nous avons fait le featuring avec lui sur Banlieue Triste. Et après, nous ne nous sommes pas lâchés. C’est quelqu’un de génial. Il habite à côté de chez moi, donc pendant ces périodes de confinement, nous étions un petit peu tout le temps ensemble. Après avoir fait cette collaboration sur Banlieue Triste, nous avons toujours eu envie de faire du son ensemble. Nous avions fait une date ensemble à Las Vegas sur un festival, et après son set et le nôtre, nous nous étions dit qu’il fallait vraiment que nous essayions de faire quelque chose ensemble. C’est vrai qu’avec nos emplois du temps respectifs, ce n’était pas évident, mais lors de cette période de confinement, nous nous sommes demandé si ce n’était pas le moment de nous lancer, vu que nous avions un peu de temps. Je lui ai envoyé pas mal de morceaux. J’avoue que j’étais pas mal inspiré. Il m’a renvoyé les morceaux avec des arrangements, des synthés, tous ces effets qu’il a l’habitude de faire dans Perturbator. Ça nous a vraiment motivés à aller plus loin. Nous avons fait une dizaine de morceaux. Nous étions également avec Vincent Mercier au chant et nous les avons structurés un peu pour que ce soit quand même des chansons. Nous avons adoré travailler ensemble et, au final, nous sommes partis au studio chez Francis Caste qui a fait quelques arrangements avec nous aussi, et nous nous sommes retrouvés à sortir un album. Ça a été le projet le plus rapide que j’ai fait dans ma vie [rires].

« L’étranger considère les groupes français un peu plus depuis qu’on suit les porte-drapeaux comme Gojira et Alcest. Nous avons senti durant les dernières années quand nous tournions à l’étranger que nous étions pris plus au sérieux, nous les petits frenchies, donc ça fait du bien. »

Nous avons pris un plaisir fou à travailler ensemble. Nous avons créé des liens très forts avec James. Nous sommes très fiers de cet album qu’il a sorti sur son propre label. À partir de là, nous ne savons pas trop quoi faire avec ça. L’album est sold out. Nous n’avons que des bons retours, y compris parmi des influences, des personnes comme la chanteuse du groupe Lycia [Tara VanFlower] dont nous sommes très fans et qui n’arrête pas de partager l’album en disant qu’il faut écouter. Nous verrons ce que nous ferons pour la suite, mais je pense que nous sommes partis pour faire un deuxième album dans la foulée, pourquoi pas. Dès qu’il y aura un moment. Là, il a sorti son album et il y a la sortie de notre album, donc nous allons logiquement être sur la route. Il faudra que nous trouvions un moment pour nous remettre à composer quelque chose, mais en tout cas, c’était une super aventure.

À quel point ce travail a été différent de ce que tu fais avec Hangman’s Chair ?

Concrètement, je ne pense pas que ça ait changé grand-chose, à part bien sûr la période, vu que j’étais confiné. J’écrivais constamment, tous les jours. J’avais déjà écrit des morceaux pour Hangman’s Chair en amont, je travaillais avec Julien à distance en binôme là-dessus, et je travaillais en même temps en binôme sur les morceaux pour Ruin Of Romantics avec James. J’ai toujours travaillé en binôme avec Julien, il y a une telle symbiose qui s’est créée depuis toutes ces années que je n’avais jamais composé tout seul de mon côté, et je pense que j’avais aussi besoin de prendre du recul à ce moment-là et d’essayer de composer quelque chose tout seul. Mais l’idée de travailler avec James, ça a également mené à un travail en binôme, donc techniquement, ça n’a pas changé grand-chose, à part que ce n’est pas avec la même personne. Au fond, il y avait peut-être cette envie d’exprimer des choses de mon côté, pour sortir du binôme, qui s’était déclarée en moi à ce moment-là, mais au final, j’ai quand même travaillé en binôme [rires]. Après, techniquement, il n’y a pas eu beaucoup de différences. C’est juste que j’avais du temps et beaucoup de choses à exprimer. James me disait que c’était peut-être aussi le fait que je travaillais la MAO, avec des logiciels, etc. Il y a quelque chose qui vient en toi, une espèce de motivation ou d’inspiration, à essayer du matériel, de nouveaux sons, etc. que tu n’aurais pas en temps normal.

Vu que vous avez enregistré A Loner il y a un an, j’imagine que l’album est un peu derrière vous…

En effet, mais malgré tout, je n’ai toujours pas de recul dessus. J’attends toujours la sortie. À part des retours des médias et des proches qui l’ont écouté… Nous en sommes tous satisfaits, mais il y a toujours une étape importante quand l’album sort, où les gens reçoivent l’objet dans les mains et ils peuvent vraiment rentrer dans l’univers et le concept de l’album, il se passe quelque chose, et là nous pourrons souffler enfin et partager ça. Mais c’est vrai que le recul pour l’instant n’est pas évident. Je ne sais pas trop encore comment les gens vont l’appréhender, mais c’est normal. C’est vrai que cette année est plutôt longue, mais il fallait faire face avec le label. Ils avaient décidé de reculer la sortie, par exemple, car au départ elle était prévue en octobre. Nous nous sommes mis d’accord avec le label de décaler ça à févier pour avoir le temps, notamment de leur côté, de travailler sur le développement pour l’étranger, etc. C’est une espèce de stratégie commerciale que les labels maintenant font. Ils préfèrent sortir single après single, histoire d’alimenter un petit peu la chose. Ça nous a fait du bien aussi pour patienter de notre côté.

Qu’est-ce que vous avez de prévu pour les mois qui arrivent ? Vous sortez souvent un EP ou un split après un album : est-ce que ce sera encore le cas cette fois-ci ?

Question planning et projection, c’est très compliqué pour l’instant. Là, nous sommes en train de travailler une créa et de mettre en place tout le set pour les concerts. Nous rentrons en résidence. Logiquement, nous partions en tournée dès le 11 février, le jour de la sortie, mais malheureusement, tous les concerts sont annulés. Nous avons déjà dix-sept dates d’annulées entre février et mars. Nous sommes frustrés. Nous avons des sentiments partagés, entre la joie de sortir l’album et une énorme frustration qui s’installe déjà. Donc pas mal de concerts d’annulés, pas mal de reports mais pas tant que ça ; à force que les bookers se tirent les cheveux depuis deux ans, il n’y a plus de place pour reporter maintenant, il y a beaucoup d’annulations qui vont arriver. Mais voilà, maintenant nous allons préparer ça et nous avons hâte de repartir sur les routes et de partager l’album avec les gens, que les gens le reçoivent entièrement, pour avoir les retours des auditeurs. Après, sur la question de la sortie d’un EP, nous avons encore des morceaux de côté. Je sais que Nuclear Blast nous avait demandé d’avoir deux inédits, donc il reste deux morceaux exclusifs dans la boîte qui sortiront sûrement en single le long de l’année pour relancer un peu l’album. On verra, mais pas de projet particulier pour des splits ou des EP personnels. Le projet, c’est vraiment les dates. Nous espérons redémarrer avec ces dates, pour se voir et vivre la chose physiquement, vivre de l’organique. Je crois que tout le monde a besoin de ça maintenant. Que ce soit le public ou les musiciens, on a besoin de retrouver cette vie pour libérer nos émotions, parce que je crois qu’on va devenir maboules !

Interview réalisée par téléphone le 3 février 2022 par Chloé Perrin.
Retranscription : Nicolas Gricourt.
Photos : De Bethune.

Site officiel de Hangman’s Chair : www.hangmanschair.com

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