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Live Report   

Hard you ready for a good time? (par Sam Marshal)


Le 8 novembre dernier, Animalize se produisait au Rock’n’Eat De Lyon, en compagnie d’Overdrivers et Highway. Un beau plateau hard rock soutenu par High Hopes, notre émission dédiée aux artistes émergents. Pour sortir, le temps d’un live report, du format traditionnel des comptes-rendus rédigés par les membres de notre équipe, un format que vous pouvez retrouver quotidiennement sur le site RM, nous avons proposé à Sam Marshal, le bassiste d’Highway, de nous raconter cette soirée vue de l’intérieur en mode « inside ». L’occasion de s’intéresser aux pérégrinations dans lesquelles tous les artistes de rock’n’roll français se reconnaîtront sûrement, Highway venant de Montpellier. La parole est à Sam.

Quand on me propose de chroniquer notre propre concert du 8 novembre au Rock’n’eat, deux pensées me traversent simultanément l’esprit. La première, c’est que l’idée a le mérite d’être peu banale. Point de vue « from the inside », ça me botte. La deuxième c’est : « Vais-je avoir le temps ? » La vie de musicien, malgré les clichés qu’elle se trimbale, n’est pas de tout repos et cette période est assez active sur le plan personnel.

Artistes : Animalize – Overdrivers – Highway
Date : 8 novembre 2019
Salle : Rock’n’Eat
Ville : Lyon [69]

Mais rapidement je m’imagine papier et plume devant moi, un verre de vin (rouge) à portée de lèvres, et un vinyle qui craque pour l’ambiance sonore. Allez, vendu ! Plongeons ensemble dans ce que l’auteur de BD Zep appelle « l’enfer des concerts » ; ancrons le déroulement de ce gig mémorable du 8 novembre au rock’n’eat avec Animalize, Overdrivers et Highway.

Chapitre 1 : Empreinte carbone

Les dénominateurs communs à tous les groupes de musique, toutes étiquettes confondues, sont les concerts, le live et donc la route ! Les bandes blanches qui saccadent sur les bas-côtés ; les arrêts pipi minute ; les onéreux mais néanmoins revigorants cafés des aires d’autoroute… Le folklore du musicien ressemble un peu à celui du touriste hollandais en sandales/chaussettes, c’est un fait. Nous autres de Highway sommes un peu dispersés. Entre Montpellier et Sète pour certains, Toulouse et Villeurbanne pour les autres. Un convoi s’organise donc pour récupérer les protagonistes sudistes et charger le matos au local de répète. On s’accole, on rigole, on mange un morceau et on prend tranquillement la direction du gig. Lyon. Ce n’est pas si loin, mais comme nous n’y avons encore jamais posé nos guitares, nous sommes un poil excités. Le lieu (le rock’n’eat) est déjà pour moi synonyme de bonne soirée depuis que j’y ai écumé quelques bonnes bières à l’occasion du passage de John Corabi pour sa tournée solo acoustique en début d’année. Souvenir mémorable ! L’affiche de ce soir promet du lourd et on a hâte de retrouver les potes d’Animalize qui ont organisé la soirée et de rencontrer les nordistes d’Overdrivers.

Chapitre 2 : De bello gallico

A peine arrivés à destination que l’on se frotte au caractère un brin hostile d’autochtones sexagénaires du voisinage de la salle, excédés par une vulgaire affaire de place de parking condamnée le temps du déchargement du matos. En comité d’accueil, ça se pose là ! Mais cela nous file un coup de jus bien à propos pour décharger le camion. Entre-temps, je précise que l’on a complété notre équipe en retrouvant le batteur, qui devait sûrement sortir de la muscu à en croire ce legging fuchia qui dépasse de ce sac de sport qui prolonge son bras velu. Nous arrivons dans la salle qui révèle déjà quelques visages familiers. On se salue, se checke, se bise, se présente aux gérants d’ici et aux musiciens d’ailleurs. S’ensuit la mise en place du matériel pour les balances, distribution des tickets de rationnement pour le bar, prise de possession des loges et des toilettes pour certains, bref la routine.

Les balances, c’est l’occasion de se familiariser avec son espace de travail et avec les protagonistes qui vont contribuer à faire en sorte que tout se passe bien tout au long de la soirée. On arpente la scène en long en large et en quoi ? En travers ! Bravo. On sautille pour en tester la résistance, la souplesse pendant que le batteur fait des noires à la grosse caisse, légèrement en surplomb sur son estrade. On en profite aussi pour prendre quelques repères visuels, bien géolocaliser les bords pour ne pas se casser la gueule dans une tentative de pose outrancière pendant le show. Sans oublier d’apprécier justement la hauteur de plafond afin d’éviter de le démanteler à grands coups de manches lors de chorégraphies certes bien orchestrées mais inévitablement outrancières.

Sur la plupart des dates, nous avons notre propre ingénieur du son Adrien, ce qui nous permet de jouir d’un confort certain car il bosse avec nous depuis maintenant pas mal d’années et il connaît donc notre set à fond. Il est par ailleurs chauffeur, roadie, et ami. Précieux atout pour nous autres sur scène. Merci. Simplement. Balances terminées nous faisons place nette pour Overdivers qui, en passant, a fourni le gros du backline, batterie, cabinets guitare et basse. Les full stack marshall greenback vintage ça avait de la gueule ! Et le cab basse 8×10 ronronnait comme il faut. Merci les gars !

Ok ! Il est l’heure de se dépoussiérer le gosier au bar, où l’on peut apprécier un large choix de bières, et de prendre des forces backstage, où nous attendent une salade de lentille ainsi qu’un hachis parmentier, le tout humecté d’un petit merlot tout à fait honorable. La salle sait recevoir et ça fait plaisir. Dans ce laps de temps, on ouvre la billetterie participative. Pas de tarif imposé : tu donnes ce que tu veux. Et faut avouer que la recette est globalement satisfaisante. c’est étonnant… quand on impose un prix à hauteur des investissements pour une soirée comme celle-ci, il est rare de rentrer dans ses frais. Mais quand on laisse le choix… entre ceux qui ne donnent rien en prétextant devoir au préalable aller faire de la monnaie au bar : « Je reviens de suite ! » mais que l’on ne revoit jamais, et ceux qui lâchent un bleu bifton sans ciller, eh bien il y a un équilibre qui se crée. La tactique est intelligente. Pour l’anecdote, on a même été rémunérés en Mars. C’est toujours sympa un petit Mars avant de repartir !

Chapitre 3 : Back to the future

Plus la salle se remplit, plus les fûts de bière diminuent et les panses se gonflent. Le public est là pour passer une bonne soirée, l’ambiance est chaleureuse et amicale. Le trio Animalize mené par Niels à la basse et au chant entre en scène pour nous dérouler un hard/heavy puissant et bien ficelé. On fait un grand bond dans le temps les amis ! Vestes en jean, cartouchières, bandanas, spandex aveuglants et bottes customisées pour le tableau. Riffs speed, double pédale et soli mélodiques pour l’audio. Ça sonne à l’ancienne et pourtant le groupe dégage une fraîcheur et une sincérité qui font mouche. En tout cas, moi j’adore ! Finalement totalement en adéquation avec la très en vogue « new wave of british heavy metal ». Vivement une galette les gars !

Backstage, Overdrivers est fin prêt pour prendre la scène d’assaut. Look plus sobre : jean, basket, T-shirt, le quatuor semble décontracté et content d’être là. Officiant dans un registre qu’on pourrait qualifier de « high power rock‘n’roll » cher à Airbourne pour les comparaisons contemporaines, le groupe balance les watts à toute berzingue et propose un show ultra carré et puissant du peu que j’ai pu en voir. Tiens, en passant, la voix du chanteur m’a rappelé celle de Marc Storace du groupe Krokus. Cela me donne envie d’ambiancer l’écriture avec un petit « headhunter » des familles. Je mets la platine en route et je reviens.

Bon, j’en ai profité pour me resservir un verre et faire deux-trois grattouilles à mes chattes au passage. J’espère que vous êtes encore là ? Continuons. Je passe rapidement sur le show des Overdrivers car j’ai dû monter en loge me préparer. Permanente, masquara, bas résille… ça demande un petit temps de préparation. Haha je déconne ! À moins que ?… Plus sérieusement allez écouter Overdrivers. C’est ultra efficace en live et leurs morceaux sont pourvus d’une grosse touche d’humour.

De notre côté, c’est le moment où l’on se chauffe un peu les poignets, on checke que tout fonctionne etc. Avec Highway, notre spécialité avant de rentrer sur scène, c’est de se faire un petit filage vocal. On vérifie les enchaînements, les moments ou le chanteur va prendre le public à partie afin de nous laisser le temps de vérifier l’accordage et accessoirement de boire un coup. Bref, on se prépare physiquement et mentalement. Nikko, notre photographe (guess who’s back?) attitré, ami et fervent aficionado du groupe, en profite pour nous regrouper et faire une prière rock’n’roll bien à lui qui a le don de nous galvaniser. (J’ai manqué écrire « gargariser ». Il est tard.) On balance la tape d’intro (la B-O du film Le Dernier Des Mohicans) dans la sono, puis on monte sur scène, affrontant une audience toujours pas rassasiée malgré une entrée et un plat de résistance bien costaud. En termes de gastronomie, les Lyonnais, on le sait, ont tendance à pousser le bouchon… alors soyons généreux pour le dessert ! Pour ceux qui ne connaissent pas Highway, c’est du gros hard rock « in your face » mâtiné tantôt de touches bluesy, tantôt d’une touche plus heavy. Mais globalement on pratique la recette Riff qui poutre ; refrain simple et efficace ; soli avec ventilo dans les cheveux… Passe nous voir à l’occasion ! On te fera un dessin.

Bon on déroule. « King Size » et « I Like It » tirés de l’album United States Of Rock’n’roll de 2011. « Only Rock’n’ roll » de Have A Beer, le premier EP du groupe. À partir de là, nous allons faire la part belle au dernier album en date, IV, sorti il y a maintenant deux ans. Avec notamment « Separate Ways », sur lequel le public réjoui, l’œil humide, peut se délecter de nos harmonies vocales tout en « snappant » les deuxième et quatrième temps de concert avec nous. Petite douceur dans le set avant de ressortir un vieux bulldog des tiroirs, issu de l’album Goodbye Money de 2005. Puis on attaque le final avec « Leave Me Alone », pendant lequel Ben (guitare) et moi-même descendons de scène pour une chorégraphie de manches en synchronisation avec les pêches de batterie finales. Exercice périlleux compte tenu de la quantité de bière au sol. D’ailleurs on se pète la gueule en essayant de remonter sur scène. Rassurez-vous, pas de bobo. Mais ça donne soif ! Et le public en veut encore, alors on enchaîne avec « Have A beer! » sur lequel Ben (chant) fait son show question/réponse avec les plus en voix de la salle.

On termine notre set par un morceau en forme d’hommage aux légendes disparues du rock, une ode à la camaraderie et au gros son, avec le fédérateur « Brotherhood » (IV). On pourrait en rester là mais il ne faut pas oublier le digeo après le dessert ! C’est la tradition. Alors on mélange les trois groupes de la soirée et on balance un « Let There Be Rock » survitaminé en qualité de point final. J’ai laissé ma basse à Niels pour sauter dans la foule dépenser mes dernières forces en coups d’épaules. Rideau. Pour ma part je suis rincé, vidé, sourd… mais heureux. Il y a eu de l’électricité dans l’air. À vrai dire, ça faisait quelque temps que je n’avais pas ressenti le sentiment du devoir accompli en descendant de scène. Ce soir les étoiles se sont alignées, faisant circuler une bonne dose d’énergie entre les groupes et le public.

Chapitre 4 : Blue Oyster Cult

La suite est un peu floue. J’en garde un souvenir en version accélérée. On se rafraîchit, on discute de ci de là, on fait pas mal d’allers-retours pour commencer à plier le matos, entrecoupés de poses photos et serrages de paluches. Je me rappelle que le comptoir à un moment s’est transformé en dancefloor et l’on à pu admirer les déhanchés et attitudes suggestives de certaines. Tandis que dans une autre partie de la salle les pompiers prenaient soin d’une jeune femme très mince qui aurait un peu abusé de la delirium (tremens aussi) selon mes sources. Bref, une soirée tout ce qu’il y a de rock’n’roll. Après avoir plié et rangé le backline on se dit au revoir, que c’était bien, que merci, que faudrait remettre ça, que grave ! Que l’on se tient au jus, etc. Effectivement, le plateau fonctionnait bien, donc essayons de lui faire traverser la France. De Montpellier à Lille en repassant par Lyon of course. On y travaille, soyez-en sûrs !

De notre côté, le groupe se scinde en deux pour la nuit. Une partie dormira chez le batteur et l’autre dans un hôtel des environs. Réveil tôt ! Trop tôt à mon goût mais obligé car notre photographe est aussi ostréiculteur et doit être à Bouzigue avant midi. Si vous passez par là pendant vos vacances, n’hésitez pas à aller déguster les meilleurs fruits de mer de la lagune de Thau à l’Arseillère. Dites-leur que vous venez de la part d’Highway ! C’est d’ailleurs assis en terrasse de l’Arseillère, à l’abri du vent et jouissant d’un soleil agréable ainsi que d’un plateau de coquillages gargantuesque que s’achève notre aventure.

Je tiens encore à remercier Animalize pour l’invitation et l’organisation. Overdrivers pour leur sympathie et leur générosité. Le Rock’n’eat pour son accueil et son investissement. Merci également à Radio Metal d’avoir sponsorisé l’événement. Merci au public qui est venu, merci au public qui est reparti avec un disque ou deux.

Sam Marshal

PS : en bonus je vous donne ma playlist qui m’a accompagné durant l’écriture de ce live report « from the inside ».

HARDCORE SUPERSTAR – « You Can’t Kill My Rock’n’roll »
MOLLY HATCHET – « Flirtin’ With Disaster »
KROKUS – « Headhunter »
AVATAR – « Avatar Country » et « Hail The Apocalypse »
ELECTRIC MARY – « Mother »

Photos : Claudia Mollard



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