ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Chronique   

Hardcore Superstar – Abrakadabra


Hardcore Superstar a voulu remonter le temps. Pas nécessairement pour revenir à l’époque de ses idoles, non. Simplement à l’époque de son black album (2005), encore aujourd’hui considéré comme l’un des opus préférés de ses fidèles. L’artwork d’Abrakadabra, son nouveau méfait, en reprend d’ailleurs les codes, avec cette main, cette fois monstrueuse, qui vient saisir l’étoile du logo du groupe. L’objectif d’Hardcore Superstar est simple : proposer une dizaine de titres rock les plus naturels possible en respectant l’instinct des premiers moments de l’écriture. Abrakadabra veut restituer la magie du rock dans son plus simple appareil, un point sur lequel il est difficile de le prendre en défaut.

Fait révélateur de cette « remontée dans le temps » : le producteur Johan Reiven a été de nouveau sollicité, déjà à l’œuvre sur… le black album justement. Contrairement aux deux efforts les plus récents du groupe, Hardcore Superstar a décidé de ne plus s’autoproduire et de s’adresser à la seule personne qui comprend la vision du groupe, une fusion étrange entre du sleaze et du thrash, deux genres a priori aux antipodes. Johan Reiven a réalisé les désirs du groupe en habillant les compositions d’une production épurée : Abrakadabra sonne comme une prise live légèrement polie. Rien d’inédit en ce qui concerne les productions rock actuelles. Les premières notes d’Abrakadabra sont tout de même déstabilisantes : il faut pousser le volume pour rendre justice à l’énergie des musiciens. Après quoi, la frappe de mule de Magnus Andreasson alias Adde fait d’autant plus effet, captée ainsi au naturel. Pas d’overdubs ou de samples pour camoufler les prises originales des musiciens. Le groupe embrasse sa recette la plus probante : des riffs inspirés du sleaze et du hair-metal – ce qu’« Influencer » laisse entendre de manière explicite – et des plages plus agressives qui ponctuent par exemple « Catch Me If You Can » et ses soli effectués à grande vitesse. La principale différence avec les inspirations glam des années 80 vient, encore une fois, du jeu d’Adde. Ce dernier s’échine à martyriser ses fûts : le riff principal de « Catch Me If You Can » traumatise une cymbale tandis que le binaire de « Forever And A Day » illustre cette philosophie atypique. Magnus « explose » sa caisse claire tandis que ses compagnons se laissent aller à un rock langoureux aux cheveux aériens.

Si on peut louer cette volonté d’authenticité dans la restitution du son, force est de constater que la production d’Hardcore Superstar accuse quelques déséquilibres. Cette dualité dans le son du groupe ne profite pas toujours de la crudité de la production. Parfois, ce cachet sonore particulier fait tout le charme d’un titre, à l’image de « Give Me A Smile » et ce son de guitare compressé qui contraste avec les ouvertures mélodiques dont est capable le groupe. C’est justement ces dernières qui pâtissent le plus d’une production « instinctive ». « Give Me A Smile » peine à donner de l’ampleur à son refrain, les chœurs de « One For All » restent quant à eux timorés. D’un côté on apprécie ce côté « cassette audio » et de l’autre on peine à se défaire de nos habitudes de productions plus léchées. Surtout qu’Hardcore Superstar ne propose pas vraiment un rock sans artifices. Il multiplie les effets de reverb’ et les enchevêtrements de leads. Sur ce plan, Hardcore Superstar se montre inspiré : le groupe peut proposer un riffing brutal à la manière de « Dreams In Red » avant d’en revenir à ses frasques glam et heavy sans perdre en cohérence. Hardcore Superstar vaut le détour rien que pour cette science de l’amalgame.

Si l’on adhère à la production, Hardcore Superstar propose une synthèse de son savoir-faire avec Abrakadabra, qui ravira sans doute les amateurs de son black album, même si, finalement, il n’en fait pas une copie – l’analogie vaut surtout pour la méthode. Hardcore Superstar pratique un hard rock presque insolent que le timbre nasillard de Joakim Berg incarne parfaitement. Le groupe cultive toujours cette impertinence de croiser deux univers, mariant puissance et riffing percutant aux mélodies sucrées et fédératrices, et réussit à maintenir le tout en équilibre. On ne sait trop comment, c’est justement la magie de l’opus.

Lyric vidéo de la nouvelle chanson « Abrakadabra » :

Lyric vidéo de la nouvelle chanson « Fighter » :

Clip vidéo de la chanson « Weep When You Die » :

Clip vidéo de la chanson « Dreams In Red » :

Chanson « Chanson Catch Me If You Can » :

Album Abrakadabra, sorti le 25 mars 2022 via Gain. Disponible à l’achat ici



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Tool + Brass Against @ Paris
    Slider
  • 1/3