ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Hardcore Superstar expose sa vision ouverte du sleaze rock


Hardcore Superstar est sans doute l’un des groupes de hard rock les plus excitants à s’être révélé ces dix dernières années. Après s’être délivré d’une maison de disques qui voulait faire d’eux ce qu’ils n’étaient pas, ils ont pris le contre-pied et ont réalisé leur album éponyme, celui qui leur ressemblerait le plus. Le résultat est un album à la fois fort et très honnête. Hardcore Superstar a démontré, en outre, que le hard rock, le sleaze, le glam, sont des styles qui ne sont pas figés et qui peuvent s’inscrire dans l’avenir.

Street metal est le nom que le groupe a donné à la musique qu’ils pratiquent désormais, un mélange de sleaze rock pour ses mélodies et de heavy thrash pour certains riffs particulièrement pêchus. Huit ans et trois albums après leur éponyme, Hardcore Superstar est de retour avec C’Mon Take On Me, fidèle à sa ligne de conduite ouverte, inspirée et pleine d’énergie.

On en parle ci-après avec le frontman Jocke.

« Lorsque tu nous regardes, tu peux dire : « Oh ! Ces mecs adorent Mötley Crüe ! » Et c’est le cas ! Mais nous adorons aussi des groupes comme Slayer, Anthrax et Suicidal Tendencies. »

Radio Metal : Votre nouvel album C’Mon Take On Me est probablement le plus varié que le groupe ait réalisé jusqu’à présent. Y avait-il un désir de montrer à quel point la palette du groupe est large ?

Joakim « Jocke » Berg (chant) : Ouais. Lorsque tu écoutes l’album, tu te rends compte qu’il contient des styles musicaux différents. Cette fois-ci nous avons même inclus des influences de l’époque grunge. Si tu écoutes la chanson « Stranger Of Mine », tu peux y entendre un peu de Stone Temple Pilots. Si tu écoutes la dernière chanson de l’album, « Long Time No See », il y a un peu de Mother Love Bone. Donc, cette fois, ce n’est pas qu’un mélange de sleaze metal avec du thrash, nous avons également été énormément influencés par le grunge.

En fait, on dirait que le grunge est en train de revenir, notamment avec le retour de groupes comme Alice In Chains ou Soundgarden.

J’adore Alice in Chains et j’aime aussi leur dernier album. Mais je pense que le grunge est plus un style vestimentaire qu’autre chose. Ce n’est pas tant la musique. Car, si tu écoutes la musique, tu te rends compte que c’est du pur rock’n’roll. Donc, pour moi, le grunge est davantage caractérisé par ce que les musiciens portent, si tu vois ce que je veux dire. Je ne comprends pas pourquoi le grunge revient. Mais je trouve que c’était vraiment une très bonne époque. Particulièrement dans ma vie. Je veux dire : j’aime Alice In Chains, Soundgarden et Pearl Jam. Donc je suis content ! (Rires)

Il y a une chanson en deux parties intitulée “Won’t Take The Blame”. Pourquoi l’avoir divisée en deux ?

Lorsque nous avons commencé à écrire la première partie, la chanson originale, nous étions dans le studio à boire quelques bières et à nous amuser. Nous pensions que c’était une sacrée affirmation de dire « Je ne vais pas en assumer la responsabilité » (NDLR : il s’agit de la traduction du titre). Donc, rien que parce que c’était amusant, nous avons imaginé qu’il serait sympa de donner une seconde partie à cette chanson où on entendrait uniquement les paroles du refrain. Et puis nous avions le sentiment que nous n’en avions pas terminé avec cette chanson, la première partie, donc nous avons pensé que clôturer avec une seconde partie la complèterait bien.

L’album démarre avec une introduction plutôt inhabituelle dénommée « Cutting The Slack ». Quel était l’idée ?

En fait, c’est un ami à nous qui l’a faite, un Suédois dénommé Anders Ehlin. Nous avions d’ailleurs fait appel à lui pour notre album éponyme et celui d’après, Dreamin’ In A Casket. Nous lui avons donc dit que nous voulions que cela sonne comme un cirque glauque, un peu effrayant.

Sur C’Mon Take On Me il y a des passages très heavy, comme dans la chanson éponyme, « One More Minute » ou « Are You Gonna Cry Now? ». Ça peut rappeler l’album Dreamin’ In A Casket qui était particulièrement heavy pour un album de hard rock sleaze, que ce soit par ses riffs ou la production très rentre-dedans. Peut-on dire que Dreamin’ In A casket est une référence lorsqu’il s’agit de l’aspect heavy de la musique de Hardcore Superstar?

Ouais, je ne l’ai jamais vu de cette manière mais tu as raison de dire ça. Dreamin’ In A Casket était plus thrashy et orienté heavy metal que tout les autres albums que nous avons faits. Donc ouais, c’est quelque chose que l’on peut retrouver dans les chansons que tu cites également.

« Le thrash et le sleaze viennent tous les deux de la scène punk à la fin des années 70. […] D’une manière un peu tordue, je les vois comme des frères et sœurs. »

Aucun autre album de Hardcore Superstar n’a sonné aussi heavy dans sa globalité que Dreamin’ In A Casket depuis lors. Comment se fait-il que vous n’ayez pas continué davantage dans cette direction, si ce n’est pour des chansons ici et là?

Je ne sais pas. Lorsque tu nous regardes, tu peux dire : « Oh ! Ces mecs adorent Mötley Crüe ! » Et c’est le cas ! Mais nous adorons aussi des groupes comme Slayer, Anthrax et Suicidal Tendencies. Je pense que ce ne serait pas honnête envers nous-mêmes de ne jouer que des chansons metal à la « Are You Gonna Cry Now? ». C’est pourquoi on aime mélanger les styles thrash et sleaze. Donc, lorsque tu écoutes « Are You Gonna Cry Now? », tu y entends des riffs thrashy mais les mélodies sont aussi davantage sleaze. Nous préférons mélanger les genres plutôt que de faire un album purement metal ou un album purement sleaze.

Vous avez souvent déclaré jouer ce que vous appelez du street metal, ce que vous définissez comme un mélange de thrash metal et de sleaze rock, comme tu le disais à l’instant. Sont-ce vos deux principales influences?

Après avoir enregistré l’album No Regrets en 2003, nous sommes partis dans une longue tournée et sur cette tournée nous en avons eu tellement ras-le-bol de l’industrie de la musique et tout ce qui l’entoure que nous avons pris une année de pause, simplement pour réfléchir à ce que nous devions faire, si nous devions faire un nouvel album ou arrêter le groupe. Nous avons fait ça pour contrer la maison de disques. Ils voulaient nous voir sonner comme The Hives, par exemple. Nous nous sommes donc réunis et avons parlé et nous nous sommes dits que cette fois-ci nous n’écouterions aucune putain de maison de disques. Nous sommes Hardcore Superstar, pas eux. Nous avons donc pensé : « Pourquoi ne pas mélanger le thrash metal et le sleaze metal et en faire notre propre style ? » Et le batteur du groupe est arrivé et a dit : « Oh ! Et on pourrait appeler ça du putain de street metal ! » Voilà pourquoi nous avons fini par faire ça. Et je pense que c’est unique et, grâce à ça, nous avons désormais notre propre patte.

Dirais-tu que ces deux genres ont davantage en commun que ce que les gens veulent bien croire ?

Je le crois oui, car le thrash et le sleaze viennent tous les deux de la scène punk de la fin des années 70. Si à l’époque tu jouais du punk, lorsque la période punk est passée, soit tu restais à jouer du punk, soit tu devenais plus heavy et tu faisais du thrash, soit tu gagnais en attitude pour faire du sleaze. D’une manière un peu tordue, je les vois comme des frères et sœurs.

L’album était accompagné d’un communiqué de presse mentionnant que vous aviez eu « les couilles de marier deux styles qui ont grandi en se détestant. » Penses-tu que les audiences hard rock et metal tendent à avoir trop de conflits de genres internes, là où ils devraient plutôt se serrer les coudes, peu importe ce qu’ils écoutent ?

Ouais, je pense que tout le monde devrait être amis ! (Rires) Oui, bien sûr que ce serait mieux s’ils étaient tous unis.

J’ai entendu dire que ton guitariste Vic Zino pouvait jouer de tout, que ce soit du jazz ou du death metal. Le groupe pourrait-il un jour aller jusqu’à inclure des éléments jazz et death metal dans sa musique ?

C’est ce qui est bien avec Hardcore Superstar : tu ne sais jamais ! Peut-être que le prochain album sera un album de black metal ! (Rires) Mais, tu sais, je n’écarterais aucune option. Tu ne peux pas savoir à l’avance quelle direction empruntera Hardcore Superstar.

Mais penses-tu réellement que ça pourrait arriver, le fait d’inclure des parties death metal ?

Ouais.

Sérieusement ?

J’en suis vraiment certain !

« Peut-être que le prochain album sera un album de black metal ! (Rires) Mais, tu sais, je n’écarterais aucune option. »

L’album a été produit par le groupe lui-même et mixé par Randy Staub. Pourquoi ne pas avoir également fait le mixage vous-mêmes ?

Nous avons été dans ce studio à Göteborg pendant cinq mois. Comme tu as dis, nous avons tout enregistré et produit nous-mêmes. Mais lorsqu’est arrivé le moment du mixage, nous voulions un gros son. Qui donc serait meilleur qu’un Américain pour obtenir un gros son ? Martin (Sandvik, bassiste) a sorti le nom de Randy Staub, qui est bien sûr connu. C’était drôle car notre manager est ami avec celui de Randy. Ils se sont donc rencontrés et Randy a dit qu’il voulait le faire, car il nous avait déjà entendu avant et a aimé notre musique. Nous lui avons donc envoyé nos pistes. Il en a mixé une puis nous l’a renvoyée, etc. Randy a simplement fait le mix de l’album et n’a pas eu de décision finale ou quoi que ce soit sur le résultat. Nous sommes restés les patrons.

En dehors de son impressionnante liste de collaboration (avec Bon Jovi, Metallica, Nickelback, Alice In Chains, etc.), qu’est-ce qui vous a décidés à faire appel à Randy Staub pour le mixage de cet album ? Qu’est-ce qui vous a fait penser qu’il était l’homme de la situation ?

Nous aimons Dr. Feelgood de Mötley Crüe et c’est lui qui s’en est occupé. Nous aimons aussi le Black Album de Metallica, par exemple. Nous avons donc voulu un mix entre ces deux albums. Mais si tu écoutes ces albums ensemble, si tu écoutes notre album et ensuite Dr. Feelgood, tu entendras que nous avons un bien meilleur son ! (Rires) On est très satisfait de résultat.

Apparemment, vous avez composé quatre chansons pour James Durbin, ancien finaliste d’American Idol. L’une d’entre elles a été choisie pour son premier album et a bénéficié du jeu de guitare de Mick Mars de Mötley Crüe. Comment cela est-il arrivé ?

En fait, il est un grand fan de Hardcore Superstar et il a un jour dit qu’il avait deux idoles : la première était Steven Tyler et la seconde Jocke de Hardcore Superstar. Je me disais : « Oh ! Wow ! Merci beaucoup ! » J’étais très flatté lorsque j’ai entendu ça. Donc, ouais, il y a cette chanson intitulée « Outcast » sur son album. C’était en réalité Adde, notre batteur, qui a proposé toute l’idée. Peut-être était-ce pour Hardcore Superstar à l’origine, je ne sais pas. J’ai fait le chant en premier et ensuite il a fait son chant et je trouve qu’il s’est vraiment bien débrouillé.

Les trois chansons restantes ont-elles été utilisées pour le nouvel album ?

Certaines parties. Je crois qu’on a utilisé certains riffs mais pas de chanson complète. Mais peut-être seront-elles sur le prochain album, s’il ne finit pas en album de death metal. (Rires)

Martin et Adde, respectivement bassiste et batteur, semblent être les principaux compositeurs dans Hardcore Superstar, ce qui est plutôt inhabituel dans le hard rock, dans le sens où il s’agit là d’un style de musique très centré sur la guitare. Penses-tu que cela donne une approche différente du processus de composition et un résultat qui se démarque par rapport au cas où seulement un guitariste compose les chansons ?

Tu sais, je crois que les sections rythmiques – bassistes et batteurs – n’ont pas trop de problèmes d’égo. Les guitaristes et aussi les chanteurs ont souvent de gros égos. J’ai le sentiment que la section rythmique a toujours les pieds solidement sur terre. Martin et Adde sont de très bons compositeurs. Et je crois que ça a énormément contribué à notre son.

Hardcore Superstar existe depuis 1997 et de nombreux groupes suédois ont suivi vos pas ces dernières années, comme Crashdïet, Crazy Lixx et d’autres. As-tu le sentiment d’être à l’origine d’une nouvelle tendance, d’avoir motivé cette nouvelle scène ?

Ouais, c’est le sentiment que j’ai. Comme tu l’as dit, nous sommes là depuis 1997, il est donc évident qu’on influence un paquet de nouveaux groupes. Je pense que nous avons fait un bon boulot en tant que parents pour tous ces groupes, si tu vois ce que je veux dire. (Rires)

« Selon moi, il est clair qu’il faut se donner à 110% : envoyer toute la puissance dans la voix, c’est ce que j’aime. »

Ces dernières années, Hardcore Superstar a contribué à rafraichir le sleaze rock, plus que tout autre groupe. Penses-tu que les gens se rendent compte que ce style n’est pas qu’une question de faire revivre les années 80 mais qu’il possède bel et bien un avenir ?

Ouais, je crois. Regarde nous : on est là depuis une quinzaine d’années. Si tu proposes vraiment de la qualité dans ta musique, alors tu es là pour rester. Si tu as la volonté de travailler dur et d’atteindre des buts, alors tu es là pour rester. Il y a tant de groupes qui se reposent plus sur l’image que sur la musique. Évidemment, l’image est aussi une composante très importante. Mais en premier, c’est la musique. En second, l’image. Et si tu fais les choses dans cet ordre, tu seras dans les parages pour un bon bout de temps.

C’est quelque chose qu’on a récemment demandé à Martin Sweet de Crashdïet, mais je te pose également la question : dans la mesure où tant de groupes glam et sleaze émergent ces derniers temps de Suède, peut-on considérer la Suède comme la Californie de l’Europe ?

Ouais. (Rires) Je pense que c’est le cas ! Je ne sais pas pourquoi c’est ainsi. La Suède est très éloignée de la Californie. Mais il y a tellement de groupes de sleaze rock en Suède qu’on pourrait presque dire que l’on vit dans une Californie froide, avec de la neige.

Votre album éponyme semble avoir défini en grande partie la manière dont Hardcore Superstar sonne aujourd’hui. A quel point est-il important à tes yeux?

C’est l’album le plus important que nous ayons réalisé. C’est l’album qui a décidé comment Hardcore Superstar devrait sonner. Bien entendu, chaque album est important mais cet album a tout changé pour le meilleur pour Hardcore Superstar. Cet album est arrivé parce que nous étions tous furieux, comme je l’ai dit plus tôt. Furieux contre la maison de disques qui ne voulait rien savoir au sujet de la façon dont nous voulions sonner. La meilleure chose à propos de cet album, c’est qu’il n’a pas été tant réfléchi. Nous avons simplement fait ce que nous voulions faire et nous l’avons fait pour l’amour de la musique. Voilà pourquoi, à mon avis, il est devenu si bon dans un genre pourtant bien connu.

Ta manière de chanter est très intense. Est-ce là la clef d’un bon chant rock : le faire sans retenue ?

Ouais. (Rires) Je me souviens qu’un journaliste m’a un jour demandé s’il était difficile de chanter comme je le fais. J’ai répondu : « Ouais, peut-être pour toi ». Ce que je veux dire, c’est que c’est ma voix. Je ne le fais pas pour déconner ou quoi que ce soit : je chante comme ça, c’est tout. Selon moi, il est clair qu’il faut se donner à 110% : envoyer toute la puissance dans la voix, c’est ce que j’aime.

Quels sont tes références en termes de chant rock ?

J’en ai plein. J’aime Steven Tyler et Jason McMaster, le chanteur de Dangerous Toys. Paul Rodgers aussi.

Interview réalisée par téléphone le 26 février 2013 par Metal’O Phil
Introduction : Spaceman
Fiche de questions : Spaceman
Retranscription et traduction : Spaceman

Site internet officiel de Hardcore Superstar : www.hardcoresuperstar.com

Album C’mon Take On Me, sorti le 1er mars 2013 chez Nuclear Blast Records



Laisser un commentaire

  • Güns n' Fuckin' Crüe ! dit :

    Franchement Hardcore Superstar est je trouve le meilleur groupe de Sleaze avec Crashdiet !
    Etant fan de glam Metal mais aussi de Thrash, je trouve géniale l’idée de mixer ces 2 genres qui sont en réalité très proches !
    Je pense aussi que « C’mon Take On Me » est un de leur meilleurs opus avec l’éponyme de 2005 !
    Vivement qu’ils passent en france !

    [Reply]

  • Pas moi, j’aime bien Are You gonna cry, mais je pense comme Jocke, un album entier trop orienté « métal » me déplairait, ça reste HCSS, il faut que ça reste sleazy !
    Super chouette interview en tout cas 🙂

    [Reply]

  • « Je pense que ce ne serait pas honnête envers nous-même de ne jouer que des chansons metal à la « Are You Gonna Cry Now? » »

    Et pourtant, ça ne serait pas pour me déplaire 🙂

    Le dernier album est génial, et « are you » l’une de mes préférées. Largement au-dessus des 2 extraits qui avaient été dévoilés.

    Interview bien sympathique.

    [Reply]

  • Arrow
    Arrow
    Alice Cooper @ Paris
    Slider
  • 1/3