Les mélanges dans la musique engendrent souvent de nouvelles étiquettes. C’est ainsi que depuis près d’une décennie les Suédois de Hardcore Superstar revendiquent fièrement ce qu’ils ont baptisé le street metal, un genre à la croisée du thrash metal et du sleaze rock. Deux genres que Jocke, chanteur de la bande avec qui nous nous sommes récemment entretenu, rapproche volontiers et qui, d’après lui, ont davantage en commun qu’on veut bien le voir, en particulier leurs origines qui se retrouvent dans la scène punk de la fin des années 70 : « D’une façon un peu incroyable, ils sont frère et sœur » affirme-t-il.
Il est sans conteste que c’est sur l’album de 2007, Dreamin’ In A Casket, que Hardcore Superstar a été le plus loin dans cette démarche en mélangeant une attitude festive et une approche fédératrice purement sleaze/glam à des riffs intenses étonnement heavy et thrashy, rappelant parfois la patte d’un Anthrax, par exemple.
En rĂ©alitĂ©, Ă y regarder de plus près, la musique de Hardcore Superstar n’est pas tant une question de mĂ©lange de thrash et de sleaze que du caractère bien trempĂ© d’un groupe plein d’énergie, aux influences variĂ©es et qui ne s’impose pas de cadre clairement dĂ©terminĂ©. On peut le dire : Hardcore Superstar est parfois dans l’ambigĂĽitĂ© si on cherche absolument Ă le caser dans un compartiment, en l’occurrence le plus Ă©vident, celui du glam / sleaze rock. A vrai dire, Jocke nous confiait mĂŞme, sans doute avec un brin de plaisanterie (quoique), ne pas exclure la possibilitĂ© d’intĂ©grer des influences death metal dans sa musique Ă l’avenir !
L’extensibilitĂ© de ce spectre musical, le nouvel album intitulĂ© C’Mon Take On Me, le dĂ©montre parfaitement. Il est d’ailleurs, Ă ce jour, probablement la plus diversifiĂ©e des Ĺ“uvres du groupe. MĂŞme s’il faut reconnaĂ®tre que la balance globale penche tout de mĂŞme nettement du cĂ´tĂ© sleaze et continue Ă osciller autour du repère que constitue l’album Ă©ponyme de 2005. Un album Ă©ponyme qui a dĂ©fini dans les grandes largeurs le style Hardcore Superstar pour les annĂ©es suivantes, que ce soit les chĹ“urs, l’aspect festif, le cĂ´tĂ© rock’n'roll de la plupart des riffs, les refrains terriblement fĂ©dĂ©rateurs et une vraie intensitĂ© dans l’interprĂ©tation (cette frappe de mule Ă la batterie et ce chant sans retenue).
C’est ainsi que des riffs Ă©laborĂ©s et plus typiquement power thrash se fondent dans le single « One More Minute » – bel exemple de melting-pot avec, en plus, sa guitare acoustique et ses chĹ“urs urbains virils – mais aussi dans le sombre et nerveux « Are You Gonna Cry Now », ou certains breaks virulents sur le pourtant hymnique titre Ă©ponyme. Mais c’est aussi du grunge que l’on retrouve dans le couplet groovy de « Won’t Take The Blame, Pt. 1 » – alors que sa seconde partie contraste en reprenant le refrain en mode folk/americana -, dans la ballade sudiste « Stranger Of Mine » dont les couplets auraient presque pu ĂŞtre Ă©crits par Alice In Chains (n’y a-t-il pas un peu de Layne Staley dans ce chant ?) ou un riff de couplet pouvant Ă©voquer Stone Temple Pilots dans le festif « Too Much Business ». Et c’est mĂŞme un stoner bien gras que s’approprie « Are You Gonna Cry Now » dans un autre de ses riffs.
Pour autant C’Mon Take On Me est loin d’ĂŞtre disparate. Bien au contraire, il se montre consistant et cohĂ©rent de bout en bout, au point de faire oublier ses influences, au profit de l’apprĂ©ciation des chansons en tant que telles. VoilĂ d’ailleurs l’une des forces du groupe : savoir dissimuler dans un socle commun les diverses Ă©tiquettes qui traversent l’album. Il y a d’ailleurs fort Ă parier que les musiciens eux-mĂŞme n’y pensent mĂŞme pas lorsque vient le moment d’Ă©laborer leurs albums. Après tout, d’aucuns estiment que les meilleurs sauces ne sont pas faites avec des dosettes mais Ă l’œil et, surtout, au goĂ»t. Le feeling, voilĂ l’Ă©lĂ©ment-clĂ© qui permet Ă Hardcore Superstar de cuisiner sa tambouille musicale tantĂ´t sucrĂ©e, aigre-douce ou Ă©picĂ©e.
C’est du rock mesdames et messieurs ! Et dans le rock, ce sont les chansons qui comptent.
Album C’mon Take On me, sortie le 1er mars 2013 chez Nuclear Blast







































Si seulement on pouvait avoir une date en France, aaaah, si seulement…
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Il y a toujours le Hellfest