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Live Report   

Hardcore TransClub


Artistes : Sick Of It AllMadball
Lieu : Villeurbanne
Salle : Transbordeur
Date : 26/10/2010

Et c’est parti pour une petite soirée riche en hardcore ! Pour tous les amateurs du style, s’il y avait un concert à ne pas rater, c’était bien un de ceux composant cette tournée. Et pour cause, ce sont deux véritables mastodontes du hardcore new-yorkais qui sont réunis sur cette affiche. Très alléchant sur le papier, vous ne trouvez pas ? Et quelle ne fut pas la joie des vaillants Lyonnais en mal de moshpits de voir une petite escale de cette réunion Madball/Sick Of It All dans ce cher Transbordeur ! Non, décidément, on ne pouvait pas louper ça… Et Radio Metal n’était pas seul à se le dire puisque c’est dans un Transclub archi-complet que la dream-team du hardcore compte bien nous en mettre plein la face. Vu la carrure des groupes réunis ce soir, il va sans dire que ça ne vaut pas vraiment la peine de perdre son temps en préliminaires inutiles, autant tout de suite passer au gros du morceau.

Freddy Cricien (Madball)
Début des hostilités: Madball. Leur dernier passage français accompagné de Punishable Act ne datait pourtant pas de bien longtemps mais la Boule Folle revient déjà titiller les planches de l’Hexagone. On pourra donc crier à l’indigestion mais il n’empêche que dans ce court laps de temps est sorti son dixième album, Empire. N’allez pas croire qu’en vingt ans, les New Yorkais ont changé leur recette car ce n’est définitivement pas le cas. On pourra peut-être leur reprocher ce point mais en ce qui concerne le live, Madball met tout le monde d’accord : un véritable rouleau compresseur prêt à tout écraser sur son passage.

Des titres pas très originaux sur galette peut-être mais qui prennent une véritable dimension en live. Des morceaux qui doivent se déguster dans un climat de moiteur et de mélange de corps. Le groupe monte sur scène et met tout le monde d’accord, même si le public n’a pas réellement eu d’échauffement à se mettre sous la dent. Les musiciens se donnent sans compter, en particulier Freddy Cricien, chanteur de son état et véritable maître de cérémonie de la bande. Il reste très rarement statique et ne se gêne pas pour haranguer une foule d’abord très sage, un peu trop d’ailleurs. Comme quoi, les préliminaires peuvent avoir des avantages parfois.

Qu’importe, la horde ne se laisse pas démonter et continue son show comme si de rien n’était… Jusqu’au moment où un courageux ose monter sur la scène à la fin du premier quart du set. La réaction de Freddy ne se fait pas attendre sur cet « attentat » de leur espace vital : « Yes, this is your stage ! ». Il n’en faut pas plus pour que l’action se répète à l’infini ! Les moshpits commencent à se mettre en place, les slams deviennent monnaie courante. La température commence donc à monter d’un cran. Non, que dis-je, elle est carrément passée jusqu’au bout de la fiole d’un coup. Car c’est ça le hardcore, un véritable bazar chaud bouillant, un sauna violent tout en étant respectueux. Une véritable unité entre le groupe et son public, comme si l’un et l’autre ne faisait qu’un. Aucune ombre au tableau : la prestation est nickel, le son également, aucun blessé à déplorer. Madball nous prouve une fois de plus qu’il a bien mérité son statut de leader de la scène et ceci n’est sûrement pas prêt de s’arrêter, aucun doute là-dessus. Quarante-cinq petites minutes qui auront fait exploser n’importe quel pèlerin victime d’hypertension au final.

Hoya Roc (Madball)

On se demandait bien comment leurs collègues allaient faire pour autant marquer les esprits après une telle prestation. Mais Sick Of It All a de la ressource et font littéralement exploser le thermomètre dès leur entrée en scène. Si dans Madball, c’était Freddy Cricien qui assurait le plus gros du show, dans le clan du second, c’est le guitariste Pete Koller qui peut se targuer de plus marquer les esprits. Ce dernier est en effet un véritable pois sauteur incapable de rester sur place. Imagine-t-il que les planches sont chargées et prêtes à décharger du trente mille volts s’il restait plus de deux secondes sur place ? Allez savoir. En tout cas, son dynamisme et les sourires narquois qu’il lance au public entre deux traversées de scène assure une part capitale du show.

Son frangin au micro, Lou, n’est pas non plus en reste. Même s’il s’avère plus statique, son chant est plus que convaincant tant il semble proche de la rupture. A se demander même comment il a pu garder sa voix depuis vingt-six ans ! Eh oui, déjà vingt-six ans et pas une ride. On vous l’accorde, on voit que les mecs commencent à être marqués sur leurs trognes mais la musique, elle, reste toujours aussi diablement efficace ! Tantôt hardcore, tantôt plus punk, paraissant presque metal par moments, leur répertoire est bien plus varié que celui de leurs confrères ayant ouvert les hostilités. Moins de chances de s’ennuyer pour les non-initiés au hardcore. Quoique, peut-on réellement s’ennuyer lorsqu’on fait face à ce genre de show ? Car même le plus rebuté au style ne pourra pas se lasser d’une telle énergie, tant du côté de la scène que du côté de la fosse.

Pete Koller (Sick Of It all, source : MySpace)

Le public est encore plus surexcité qu’auparavant et les terroristes qui investissent de temps à autre la scène se lâchent totalement, allant même jusqu’à occuper les micros des musiciens ! Attentat qui n’a pas l’air de déranger le groupe, bien au contraire. Une fois encore, une véritable communion entre les deux parties, deux inséparables qui ne pourraient agir l’un sans l’autre… sauf que cette fois, ce n’est pas dans un sauna que cela se passe mais dans une vraie fournaise infernale ! Les moshpits prennent bien plus d’ampleur, tout le monde mange dans la main du groupe de la première seconde jusqu’à la toute dernière. En définitive, Sick Of It All est très loin d’être un rouleau compresseur mais un véritable tank lourd chargé de munitions aussi efficaces les unes que les autres ! L’assaut est peut-être court (une heure) mais c’est presque morts qu’on ressort de la salle, une fois que Sick Of It All finit son rappel et serre les mains trempées des premiers rangs, l’air satisfait d’avoir ravagé un Transclub qui n’en demandait pas tant.

Clopin-clopant, les gens quittent la salle tels des zombies surexcités d’avoir eu leur dose de chair. Une soirée mémorable, courte mais d’une intensité rare. D’ailleurs, on se demande les raisons du choix du Transclub et non de la grande salle. La petite scène était archi-complète, empêchant l’accès aux gens qui voulaient acheter leurs billets sur place.

Et de ces retardataires, il y en avait beaucoup… malheureusement pour eux !



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  • Et un bon report, un !

    La grande classe cette soirée.
    C’était bon enfant, personne ne s’est fait casser les dents !
    C’est plus les gros que les pieds dans la gueule qui faisaient chier au niveau slam…
    Et les termes en rapport avec la guerre sont bateaux mais appropriés.
    Les frères Koller sont toujours aussi monstrueux…

    Next show, prochainement :
    27/11 SELENITES / ALEA JACTA EST / NORMAN COX / 8 SINS @ LA MARQUISE

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  • WhoDoYouThinkIAm dit :

    Bon report, bien écrit, ça fait du bien à l’heure d’internet et de les cris galvodais. Par contre, vous allez me taxer de réac peut-être, mais l’utilisation abusive pour un oui, pour un non, des termes « attentat » et « terroriste » par les médias, les politiques, tout le monde en quelque sorte, m’emmerde. Ne galvondons pas ce qui n’est pas anondin.
    Sinon je n’ai pas vu toujours que du respect dans les public hxcx cf « un sauna violent tout en étant respectueux » mais de la viloence tout court.

    [Reply]

    Margoth/RM

    Vu que tu râles, je dirais que tu es satisfait donc :). Pour la question du lexique terrorisme, je ne ferais aucun commentaire. C’est simplement pour imager de façon légère et varier un peu les plaisirs pour moi.

    Pour ce qui est du respect, je vois très bien de quoi tu veux parler. Moi également, j’en ai vu qui s’amusait plus à distribuer des pains dans le nez et des coups de pieds dans les chevilles à te briser les os dans des concerts de hardcore. Dans le cas de ce soir-là, je n’ai vu personne dans ce délire-là… Tout le monde faisait l’effort de rattraper les autres dans les slams, relevait les autres quand ils tombaient… Non, vraiment une bonne ambiance et du respect (et j’étais dans les premiers rangs donc dans les endroits les plus propices aux débordements justement). Après sans vouloir jouer mon anti-hardcoreux, j’ai eu l’impression de voir plus de metalheads que de hardcoreux purs et durs… Ceci expliquant peut-être cela ^^

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