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Interview   

Hatebreed : Jamey Jasta préfère rassembler par la musique


Engagé, Jamey Jasta ? Oui et non. De nombreuses choses ne lui plaisent pas dans le système américain, notamment le fameux American Dream, qui est pour lui un vaste mensonge, voire une manipulation. Jasta est un homme qui veut simplement être lui-même et accepté tel qu’il est. Et c’est ce qu’il a trouvé dans le metal et le punk.

Mais jamais l’idée de faire de la politique ne lui a traversé l’esprit car le système politique n’est pour lui qu’une bataille entre adversaires pour avoir le pouvoir et non quelque chose de fédérateur comme la musique. Jasta n’a jamais vu un politicien fédérer autant que la musique, y compris celle de Hatebreed, qu’il voit rassembler toutes les classes sociales et les nationalités aux concerts du groupe.

Hatebreed est un groupe à la fan-base importante et dévouée, qui se déplace à tous les concerts et même les défend, comme dans l’épisode diffamant qu’a connu le groupe avec CNN. Pour ces fans, Hatebreed rend les concerts toujours piquant en changeant systématiquement les setlists. Jamey Jasta nous parle longuement de cette spontanéité qui conduit le groupe à choisir la forme de ses concerts selon l’humeur du moment.

Jasta nous parle également du nouvel album du groupe, à paraître en janvier et un peu de ce que pourrait être le suivant. Mais il précise aussi que, ayant un peu trop négligé sa vie de famille jusqu’à présent, il souhaite s’impliquer plus.

« On s’est dit que si on devait s’inspirer de quelque chose, autant s’inspirer de nous-mêmes. »

Radio Metal : Tu as dit dans une interview qu’on pouvait qualifier le style de Hatebreed de « version hardcore de Celtic Frost ». Est-ce que tu pourrais développer ce que tu entendais par là ?

Jamey Jasta (chant) : Quelqu’un m’a déjà parlé de ça hier et je me suis demandé : « Où et quand j’ai dit un truc pareil ? » [rires] Normalement, je dis simplement que c’est un crossover hardcore/metal. Pour nous, notre dernier album est quand même plus d’influence metal, mais je dis que c’est du crossover parce que tout comme dans les groupes de crossover que j’aime – Suicidal Tendencies, Agnostic Front ou même Leeway ou Cro-Mags – on a cette influence metal tout en gardant des paroles qui font plus penser à du hardcore. ,ce que je dis, c’est qu’on a beau avoir un son metal, nos paroles sont plus personnelles et tiennent plus du hardcore. Mais on adore Celtic Frost. On voulait reprendre une de leurs chansons sur For The Lions, mais pour une raison ou pour une autre elle n’a pas été retenue. On les aime beaucoup en tant que groupe, peut-être qu’ils nous ont un peu influencé pour notre premier album, mais pas tant que ça. Quand on me parle de groupes influencés par Celtic Frost, je pense plutôt à des groupes comme Goatwhore… On fait aussi « OOH ! » et « AAH ! », ce genre de chose, mais c’est à peu près tout.

À propos de votre nouvel album, tu as déclaré dans une interview que si on aime ne serait-ce qu’un album de Hatebreed, il y aura quelque chose pour nous dans celui-ci. Est-ce que c’est une intention délibérée de votre part ? Est-ce que vous avez cherché à couvrir tous les aspects de la musique de Hatebreed ?

Oui, on s’est dit que si on devait s’inspirer de quelque chose, autant s’inspirer de nous-mêmes, parce que, au moins, comme ça les fans entendront des choses avec lesquelles ils sont familiers, et on garde notre recette pure.

Est-ce que le fait que vous fêtiez les dix ans de l’album Perseverance a influencé l’écriture de votre dernier disque ? Est-ce que c’est pour ça que vous avez voulu reprendre tous les aspects de votre musique, en commençant par ceux de cet album ?

Cet album, avec ses arrangements, ses chansons de deux ou trois minutes et ses paroles plutôt positives, nous représente bien, donc à chaque fois qu’on peut essayer de rivaliser avec ça, on le fait. Je pense donc que, en effet, ça a eu une influence sur l’écriture de cet album, mais beaucoup de gens nous ont dit que le disque leur faisait penser à The Rise Of Brutality. Je ne sais pas, c’est difficile à dire. Je trouve que cet album est meilleur que Supremacy et que l’album Hatebreed. On verra ce que les fans en pensent en janvier.

Puisqu’on parle des dix ans de l’album Perseverance : comment le considères-tu maintenant, dix ans après sa sortie ?

Il est super, on en est très fiers. La tournée a été géniale, ça faisait tellement longtemps qu’on n’avait pas joué toutes ces chansons ! J’ai eu l’impression d’avoir 25 ans à nouveau ! Ça a été une tournée géniale parce qu’on s’est bien amusés avec Whitechapel, All Shall Perish et Deez Nuts. Ce serait super si on pouvait venir jouer en France et en Europe avec ces groupes, on s’entendait vraiment super bien.

« Puisque le dernier album est plutôt metal, peut-être que le prochain va plutôt ressembler à du hardcore punk old-school, et être un album comme notre premier, avec des chansons d’1 minute, 1 minute 30, qui ferait 25 minutes au total, très énervé, rapide, agressif, comme notre premier album.

Revenons-en au nouvel album… Puisqu’il couvre tous les aspects de la musique de Hatebreed, est-ce que vous allez expérimenter de nouvelles choses sur le prochain album ? Est-ce qu’on peut considérer cet album comme un résumé de votre carrière avant un nouveau départ ?

Tu sais, j’y ai pensé quand on a fini le mastering de l’album. Je me suis dit : « Et maintenant, où est-ce qu’on va ? » Mais tu sais quoi ? Je pense que puisque le dernier album est plutôt metal, peut-être que le prochain va plutôt ressembler à du hardcore punk old-school et être un album comme notre premier, avec des chansons d’1 minute, 1 minute 30, qui ferait 25 minutes au total, très énervé, rapide, agressif, comme notre premier album.

À propos de vos concert, vous changez de setlist très régulièrement, presque chaque soir. Est-ce que c’est dans le but de conserver un peu de surprise pour vos fans ?

Oui, ça nous oblige à ne pas nous reposer sur nos acquis. Frank [Novinek] est très fort pour me rappeler les chansons qu’on n’a pas encore jouées, celles qu’on a faites en soundcheck et qu’on a répétées, donc, si j’ai envie de les balancer au milieu du set, je peux. C’est ce qui nous différencie de pas mal de groupes et c’est une chose à laquelle nos fans tiennent beaucoup : ils le savent quand ils comparent les différentes setlists des différents concerts dans différents pays. Ça permet que les choses restent intéressantes pour eux, parce qu’ils parlent tous sur Twitter, sur Facebook, sur les forums, tout ça, et ils se disent : « Oh, ils ont joué ‘Confide In No One’, ‘Facing What Confuses You’ », « Non, ici ils ont joué ‘Spitting Venom’ et ‘Betrayed By Life’ ! » Les gens parlent, et puis maintenant on a plus d’une centaine de chansons à notre actif, donc…

Est-ce que tu penses que tu t’ennuierais si tu devais jouer le même set tous les soirs ?

Non, parce que c’est ce qu’on a fait pendant la tournée pour les dix ans de Perseverance et c’était chouette. J’attendais avec impatience certains moments, je me disais par exemple : « Oh, on va bientôt jouer ‘Hollow Ground’ » ou « Tiens, on va bientôt jouer ‘Final Prayer’ »… Je savais à chaque fois ce qui allait venir, donc c’était différent de devoir donner un certain rythme.

Est-ce que vous avez des fans qui vous suivent sur plusieurs dates de la même tournée, ce qui fait que vous devez modifier la setlist ?

Oui, et beaucoup de fans viennent aux meet-and-greet tous les soirs… Certains fans se font même tatouer les concerts auxquels ils sont venus ; ils ont des listes de concert avec notre logo et nos paroles, c’est donc important pour nous de faire que les choses restent intéressantes et fun.

Ce n’est pas trop difficile de répéter puisque le set change tous les soirs ?

Avant de partir en tournée, ce qu’on fait c’est qu’on se rassemble tous, Frank prend l’avion pour venir, on se réunit tous dans la salle de répèt’ et on se demande : « OK, qu’est-ce qu’on veut jouer de The Rise Of Brutality ? » Ensuite, on fait une liste ; parfois, on fait des chansons qui sont plus loin dans l’album, comme « Confide In No One » ou « Beholder Of Justice ». D’autres fois, on fait les quatre premières chansons : « Tear It Down », « Straight To Your Face », « Doomsayer »… Ça dépend. Sur la tournée Perseverance, on n’a pas joué souvent ces chansons parce que c’était une tournée d’un an seulement : on a enchaîné directement avec The Rise Of Brutality l’année suivante. Finalement, on ne jouait plus que « Proven » et parfois « A Call For Blood ». Maintenant, on joue « You’re Never Alone », « Below The Bottom », « Hollow Ground », « Final Prayer » et « We Still Fight ». Ensuite les deux dernières tournées, avec Lamb Of God par exemple, on jouait six chansons de Satisfaction [Is The Death Of Desire] : « Burn The Lies », « Empty Promises », « Before Dishonor », « Betrayed By Life », « Last Breath » et « Driven By Suffering ». Donc, ça dépend vraiment de la tournée et de ce qu’on a répété. Je pense qu’après la tournée Perseverance, on va sans doute jouer la deuxième partie de Satisfaction Is The Death Of Desire, avec « Puritan », « Conceived Through An Act Of Violence », « Worlds Apart », « Burial For The Living », et l’autre partie de For The Lions et de The Rise Of Brutality. Ça dépend, tu vois ?

Concrètement, comment est-ce que vous choisissez votre setlist chaque soir ? Est-ce que c’est improvisé cinq minutes avant le show ?

On fait des groupes de trois ou quatre chansons, généralement, on en parle avant le concert, et Frank fait ce que j’appelle une antisèche où je peux aller regarder ce qu’il y a au cas où j’aie un trou, du genre : « OK, on connaît la moitié de Hatebreed, on connaît ‘Merciless Tide’, on a répété ‘Hands Of A Dying Man’, ‘Everyone One Bleeds Now’ et ‘In Ashes They Shall Reap’… » Je sais que je peux choisir à partir de ces quatre-là, et je sais que je ne peux pas juste lancer n’importe laquelle, par exemple, je ne peux pas arriver et dire : « Cette chanson s’appelle ‘Become The Fuse’ ! » parce que ce n’est pas une chanson qu’on a répétée. Tu vois ce que je veux dire ? Mais il n’y a pas de liste ni d’ordre, et la plupart du temps, je ne regarde même pas mon antisèche, je me contente de lancer la chanson, « Jouons ‘Severed’ ! » ou « Jouons ‘Conceived Through Violence’ ! ».

« Je me suis seulement dit : ‘Tu sais quoi ? L’American dream, c’est de la connerie !’ Cette idée de mariage heureux, de vivre dans une grande maison avec une clôture blanche et un chien… Je n’ai jamais rien eu de tout ça ! »

Changeons de sujet : la rébellion a toujours été le thème principal de votre musique. D’où est-ce que ça vient ?

Je pense que ça vient simplement du fait de grandir en ville. Je me suis seulement dit : « Tu sais quoi ? L’American dream, c’est de la connerie ! » Cette idée de mariage heureux, de vivre dans une grande maison avec une clôture blanche et un chien… Je n’ai jamais rien eu de tout ça ! Je n’ai jamais su ce que c’était. Je voyais les pubs à la télé, les magazines, les journaux, et je me disais : « Quel ramassis de conneries ! » Ces gens ne cherchent qu’à vendre, ils te disent : « Achète ce produit ! » même si ce produit te donne le cancer, te fait grossir et fout ta vie en l’air. J’ai pris conscience des conneries que nous balancent les médias et de plusieurs choses qui me sont arrivées dans ma vie et ça m’a donné envie de me mettre au punk hardcore. J’ai rencontré beaucoup de gens, même dans la scène metal, qui ne voulait pas vivre conformément aux règles des autres. L’un de mes amis au collège, quand j’étais en 6e, était vraiment branché metal et avait les cheveux longs. Je lui ai demandé pourquoi, et il m’a répondu : « Pourquoi pas ? Pourquoi je devrais avoir les cheveux courts ? Pourquoi je devrais être sportif ? Qu’est-ce que ça m’apporterait ? » Je lui ai répondu que je ne savais pas, et que je ne savais pas non plus ce que ça lui apportait d’avoir les cheveux longs. Il m’a dit : « Ça me permet d’être un individu. J’aime la musique heavy, j’aime boire de la bière, j’aime les concerts différents, j’aime aller dans la fosse ! » Je me suis juste dit que c’était cool. Ensuite, j’ai fait la connaissance de gamins qui étaient branchés punk-rock et ça m’a semblé à peu près pareil, ils ne voulaient tout bonnement pas avoir le même style, être comme les autres, ils voulaient penser par eux-mêmes, avoir un moyen d’expression différent associé à un style musical différent. Fondamentalement, c’était la même chose ! C’était juste une forme d’expression différente. Certains avaient des crêtes, d’autres les cheveux longs. Je m’en foutais ! Je trouvais que les deux étaient cool. Quand les gens parlent d’individualisme, de rébellion et de choses comme ça, ça commence toujours à ton échelle. Tu dois faire ce qui te permet de te sentir bien et ce qui t’apporte de la satisfaction. C’est ça que tu devrais suivre dans ta vie ! Si tu aimes t’habiller ou te comporter d’une certaine manière, qui je suis pour te dire ce que tu dois faire ? Je ne suis personne, je suis juste un mec dans un groupe, mais si tu veux être toi-même, c’est quelque chose que je vais accepter, parce que je veux traiter les autres de la manière dont j’aimerais qu’ils me traitent.

Est-ce que tu as déjà songé à te lancer dans la politique pour essayer de faire changer les choses de ce point de vue-là ?

Je n’y ai jamais vraiment pensé, je pense, parce que dans le monde de la politique – je ne sais pas comment ça se passe dans les autres pays et je ne sais pas grand-chose sur la politique aux États-Unis non plus – ils font ce truc où leur but est de détruire l’autre candidat en racontant des mensonges à propos de leur famille et en déformant leurs propos… Par exemple, dans le Connecticut, on a cette femme qui s’appelle McMahon. Elle est mariée à Vince McMahon, le patron de la WWE, un ponte du divertissement. Elle a dépensé des millions et des millions juste en publicité, et les gens ont sorti toutes ces horreurs sur elle dans les magazines… Je ne savais pas trop qui c’était avant tout ça, et ça craignait vraiment des deux côtés, les deux candidats racontaient des saloperies l’un sur l’autre… Je me suis dit : « C’est vraiment bizarre de faire tout ça, de raconter tout ça juste pour se retrouver dans une position de pouvoir… » C’était vraiment la foire d’empoigne, un gâchis gigantesque de temps et d’argent, et en plus elle n’a pas gagné et je ne me souviens même pas du nom du vainqueur cette élection. C’était comme si pour arriver à ça, il fallait sacrifier toute sa dignité. Il faut se transformer en cible vivante, ça a vraiment l’air d’être une vie épouvantable !

« [La politique est] vraiment la foire d’empoigne, un gâchis gigantesque de temps et d’argent. […] C’était comme si, pour arriver à ça, il fallait sacrifier toute sa dignité. Il faut se transformer en cible vivante, ça a vraiment l’air d’être une vie épouvantable ! »

Est-ce que tu penses que la musique est une meilleure manière de t’exprimer que la politique parce que dans la musique, il n’y a pas d’enjeux ?

Il me semble que la musique rassemble tout le monde. À un concert, tout le monde est rassemblé pour profiter de la soirée, de la nuit ou de la journée si c’est à un festival. Tout le monde vient pour se réunir dans la journée, et tout le monde passe un bon moment. Je trouve que la musique est une manière agréable de passer le temps, un bon exutoire et un bon moyen de faire un truc qui te donne l’impression de faire partie de quelque chose. La beauté de la musique, c’est que où que tu ailles dans le monde, on est allé à Moscou en Russie par exemple, les gosses font la même chose qu’ils font lors des concerts à New York ou à L.A. Pareil si on va dans un pays musulman, en Indonésie par exemple, à Jakarta : ils chantent toutes les paroles et deviennent dingues exactement comme les gosses de New York ou de Moscou… Le langage universel de la musique est ressenti dans le monde entier sans qu’il y ait besoin de descendre des gens, de répandre des mensonges à leur sujet. Il s’agÏt de ressembler les gens alors qu’en politique, à mes yeux et selon ce que j’en sais, il s’agÏt de raconter des mensonges, de déformer les propos des autres, de monter les gens les uns contre les autres et de les diviser en fonction de certaines croyances. Je pense que c’est pour ça que je me sens plus en accord avec la musique et que je ne prendrai sans doute jamais le temps de me renseigner plus sur la politique. Tu sais, je n’ai jamais voté, je ne me suis jamais dit en voyant un homme politique : « Tiens, c’est un mec cool, j’aimerais être comme lui ! » Je n’ai jamais ressenti ça, je ne sais pas, c’est peut-être parce que je n’ai pas été influencé par les médias…

Dans un article de CNN publié en août 2012, Hatebreed était accusé d’être un groupe nazi. Vos fans vous ont alors soutenus, et la chaîne s’est finalement excusée pour cette erreur. Est-ce que cet incident a attiré l’attention sur vous, et peut-être même donc attiré de nouveaux fans ? Est-ce que cette erreur regrettable n’a pas eu, en fin de compte, des conséquences positives ?

Oui, je pense que d’une certaine manière, ça a eu des conséquences positives. Ça a vraiment mobilisé nos fans qui se sont réunis pour nous défendre. Des gens du monde entier, du Mexique, d’Asie, de Chine, d’Indonésie, de Malaisie, du Japon, du Canada, d’Europe, même des gens de pays aussi éloignés que l’Afrique du Sud, ont téléphoné, écrit des lettres, des e-mails, posté des messages sur Facebook, des tweets… Je pense qu’ils ont vraiment pourri CNN, et que c’est pour ça qu’ils ont sorti leurs excuses officielles. Ça a vraiment montré à quel point nos fans sont dévoués, et comme notre musique n’a absolument rien à voir avec quoi que ce soit de raciste, d’antisémite, de sexiste, d’homophobe, ou de quoi que ce soit de ce genre. Au contraire, elle rassemble les gens, des gens de toutes orientations sexuelles, de toutes races, de toutes religions, avec des jobs et des vies très différents. Notamment pendant la tournée Perseverance et pendant celle avec Lamb Of God et In Flames, on pouvait voir toutes les couleurs de peau dans le public, des Noirs, des Hispaniques, des Asiatiques, des Amérindiens, des Indiens, des Arabes… Ça a toujours été comme ça. On vient du centre-ville, de la côte Est, de New York, du Bronx, de Staten Island, de Long Island, du Connecticut, du Massachusetts, et ces coins ont toujours été multi-ethniques.

À l’inverse, est-ce que tu as vu des personnes véritablement racistes venir à vos concerts en croyant que les allégations de CNN étaient vraies ?

Non.

On dit que : « Si tu mens suffisamment longtemps, le mensonge devient la vérité. » Est-ce que vous avez fait l’expérience de ce problème ? Est-ce que tu crois qu’il y a encore des gens qui vous perçoivent comme un groupe très négatif ?

Non, je pense que tous ceux qui ne comprennent pas ou prennent la peine de dire qu’on est un groupe négatif, qu’on a un message plein de haine ou quelque chose comme ça, sont juste un peu largués ou stupides. Il y aura toujours des gens largués ou stupides, on ne peut pas choisir les personnes qui vont nous écouter, tu vois ?

OK, et comment est votre relation avec CNN, maintenant ? [rires]

[Rires] Bon, ils ont publié leurs excuses, ils se sont rétractés, et ils ont enlevé notre nom de l’article initial. Ça me va très bien. Je pense que les gens auraient trouvé ça naze si on avait embauché un avocat et porté plainte pour diffamation. Ils auraient pensé qu’on cherchait à se faire du fric… Pourquoi se prendre la tête ? Je n’ai pas besoin de leur argent, ils ont admis qu’ils avaient eu tort, et c’était bien le cas !

« J’ai raté beaucoup de leur vie et quand bien même je veux être créatif, aider d’autres personnes et commencer de nouveaux projets, c’est important pour moi de finir cette grande tournée avec Hatebreed puis d’essayer de prendre un peu de temps chez moi pour moi et ma famille. »

Comme tu es un artiste très occupé, entre Hatebreed, Kingdom Of Sorrow, etc. est-ce que tu peux nous dire sur quoi tu vas travailler pendant les mois voire les années à venir ? Est-ce qu’on peut s’attendre à un nouvel album et à de nouveaux concerts de Kingdom Of Sorrow ?

Non, peut-être quelques concerts, mais rien de plus… On ne va sans doute pas faire plus de dix ou douze concerts durant les deux ans à venir. Je me concentre vraiment sur Hatebreed pour le moment. Si on regarde de 2006 à 2010, j’avais beaucoup de temps, mais maintenant, j’en ai tout simplement beaucoup moins. Ma fille est ado maintenant, ma grand-mère a 83 ans et habite juste à côté de chez moi, ma sœur a trois enfants qui sont en train de grandir ; jusqu’à maintenant, j’ai raté beaucoup de leur vie et quand bien même je veux être créatif, aider d’autres personnes et commencer de nouveaux projets, c’est important pour moi de finir cette grande tournée avec Hatebreed puis d’essayer de prendre un peu de temps chez moi pour moi et ma famille.

Interview réalisée par téléphone en décembre 2012
Retranscription et traduction : Chloé

Site internet officiel de Hatebreed : hatebreed.com

Album The Divinity Of Purpose, sortie le 25 janvier 2013 via Nuclear Blast et Razor & Tie Records



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