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Interview   

Heart Attack : le cœur et la passion


Heart Attack, groupe thrash metal du sud-est de la France, avait sorti l’excellent album The Resilience en 2017. Fort de celui-ci, mais aussi grâce à un nombre important de concerts pour le promouvoir, le groupe est en train de se faire une place du côté des artistes metal français qui montent tels Deficiency, Malkavian ou encore Arcania avec qui ils ont partagé l’affiche. Dernièrement, leur participation à de gros festivals comme le Resurrection Fest, le Motocultor, le Metal Days, ainsi qu’une tournée française à venir avec Decapitated et ACOD en 2019, confirme cette belle montée en puissance. En juillet dernier, ils ont même été invités à assurer la première partie de Megadeth au Transbordeur à Lyon.

Cette date fut l’occasion d’échanger avec le guitariste Chris et d’en savoir un peu plus sur ce groupe venu de Cannes qui commence sérieusement à faire parler de lui. Dans cet entretien, il est question de l’histoire du groupe, de leurs ambitions, leur vision de la scène metal française, et plein d’autres choses…

« C’est dur quand on sort un album de le faire connaître. C’est la musique aujourd’hui… C’est très très dur. Nous aurions aimé qu’il marche un peu plus, mais en même temps nous sommes très contents car tout ce qui nous arrive est fabuleux. »

Radio Metal : Est-ce que tu peux nous parler de l’histoire du groupe ?

Chris Cesari (guitare) : Le groupe a été fondé vers 2008-2009. Je n’en faisais pas encore partie. Au début, c’était un groupe de lycée qui faisait des reprises. Je suis arrivé fin 2009-début 2010 et nous avons commencé à composer. Nous avons eu plusieurs changements de line-up jusqu’à avoir quasiment le line-up d’aujourd’hui. Nous avons sorti notre premier album en 2013, intitulé Stop Pretending, chez Apathia Records. Nous avons beaucoup tourné pour promouvoir cet album en France avant de sortir notre deuxième disque, The Resilience, en mars 2017. Un disque qui a permis au groupe de s’établir un peu plus et de continuer à grimper petit à petit, toujours avec des plans sympas.

A quels plans fais-tu allusion ?

Au début, nous avons commencé par jouer autour de chez nous avec Dagoba ou Loudblast. Puis nous avons eu la chance d’être sélectionnés pour jouer au Metal Corner du Hellfest en 2015. La même année, nous avons joué au Motocultor, ce qui a été deux gros coups d’accélérateur. Pour The Resilience, nous avons également joué en 2017 au Resurrection Fest en Espagne ainsi qu’au festival Les Nuits Carrées avec Trust et Sepultura devant 5 000 personnes. Une date très cool dans un amphithéâtre en plein air. Il y a eu pas mal de concerts de ce genre et nous avons eu la chance de faire de très belles scènes. Nous avons également tourné avec Deficiency et Malkavian, qui sont deux autres groupes thrash, et quasiment toutes ces dates ont été un succès, pratiquement sold-out partout. Nous étions tous étonnés, et ça nous a montré qu’il y a quand même une émulation.

Comment définirais-tu le style musical du groupe ? Quelles sont vos influences ?

Nous proposons une musique qui se situe entre le thrash et le metal moderne. Sans oublier une petite touche de progressif aussi parce que nous écoutons beaucoup de musiques des années 70. En fait, nous n’écoutons pas seulement du metal, mais aussi beaucoup d’autres choses que nous essayons de mettre dans notre musique. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de passages instrumentaux, pas forcément techniques, mais nous axons ça sur les harmonies, les mélodies, les arrangements. Les influences sont Machine Head, Gojira, Metallica, Slayer et tous les gros groupes fondateurs du style.

Comment s’est calée cette date avec Megadeth ?

Nous avons été contactés par mail ! Véridique ! Et le mail nous disait : « Est-ce que ça vous dit de jouer avec Megadeth ? » Bien sûr que non [rires] ! Et nous avons dit oui. Cela s’est fait très vite. Les membres de Megadeth sont très pris avec beaucoup de choses à gérer (meet and greet, balances…) mais tout le monde a été très sympa avec nous. Nous avons juste croisé vite fait Dave Mustaine. Pour nous, c’est un peu un rêve de gamin de faire ce genre de date. Nous avions Megadeth en poster dans notre chambre quand nous avions 15 ans. Donc oui c’est un truc de fou ! Et le rêve est encore plus beau parce que nous sommes complètement libres, nous faisons ce que nous voulons en coulisses. En plus, cette date est sold-out ! Ça va être sympa, en espérant qu’ils vont être intéressés par ce que nous faisons parce que les gens sont venus pour Megadeth. Il ne faut pas l’oublier. Mais c’est vrai que c’est quand même une chance pour nous et un plaisir. Le but pour nous est de s’éclater !

Parlons un peu de l’album The Resilience. Etes-vous satisfait des retours et ce disque vous a-t-il ouvert des portes par exemple pour faire plus de dates ?

Oui clairement. L’album nous a aidés. Après, c’est dur quand on sort un album de le faire connaître. C’est la musique aujourd’hui… C’est très très dur. Nous aurions aimé qu’il marche un peu plus, mais en même temps nous sommes très contents car tout ce qui nous arrive est fabuleux. Mais tu veux toujours plus, surtout quand tu es fier de ton bébé.

Vous faites ça en tant que passion ou vous essayez d’en vivre ?

C’est vraiment de la passion, nous avons tous un boulot à côté. Mais le but est vraiment d’aller le plus haut possible. Si un jour nous avons l’occasion de vivre de notre musique, même si c’est très peu probable, c’est sûr que nous ne laisserons pas passer le coup.

« Toutes les dates avec Deficiency étaient presque sold-out. A Brest, nous avons fait 250 personnes. Nous avons tout vendu en une demi-heure !»

Tu as parlé de la tournée avec Deficiency et Malkavian. Penses-tu qu’il y a une belle scène française ? Et aussi un public pour cela en France ?

Oh oui ! Je pense que le public y est, mais il peut manquer parfois d’un peu de motivation. Quand on voit le public au Hellfest qui fait 60 000 personnes par jour, le public y est. Mais c’est surtout difficile de motiver le public à venir aux concerts plus petits.

Justement la tournée avec plusieurs groupes français émergents a-t-elle bien marché ?

Etonnamment oui, cela a vraiment très bien marché. Toutes les dates étaient presque sold-out. A Brest, nous avons fait 250 personnes. Nous avons tout vendu en une demi-heure ! Il y a eu des dates comme cela à Freyming-Merlebach, près de Metz, où c’était également sold-out. Et toutes les autres étaient très bien remplies, il n’y a pas eu de flop. Pour nous, c’était quand même encourageant parce que nous sommes trois petits artistes émergents. Il n’y avait pas une tête d’affiche monstrueuse. Après, nous sommes aussi trois groupes qui bossent beaucoup, qui tournent beaucoup. Nous sommes assez comparables à ce niveau-là. Cela a vraiment bien marché et nous nous sommes très bien entendus. Le but était vraiment de créer une émulation car, et ce pas uniquement dans la scène metal mais dans la musique en général, il y a beaucoup d’individualisme et de nombrilisme. C’est donc bien que nous ayons pu nous aider. Personne ne s’est tiré dans les pattes, chacun jouait à tour de rôle en tête d’affiche. C’était vraiment très cool ! Nous aimerions qu’il y ait beaucoup plus de choses comme cela, que d’autres groupes créent des choses de ce type, pour vraiment créer une émulation dans la scène metal auprès du public.

Quels sont les ambitions et le futur du groupe ?

Il y a des dates qui arrivent et en parallèle nous composons parce que nous aimerions sortir le successeur de The Resilience vers fin 2019. Cela fera un peu plus de deux ans que The Resilience sera sorti. Nous pensons que c’est le bon moment pour continuer à enfoncer le clou. Il faut continuer à bosser pour ne pas se faire oublier. Continuer à jouer, si possible grandir… peut-être stagner [rires] ! Nous verrons bien. Nous sommes également contents car nous avons tous été endorsés sur ESP récemment, ce qui constitue également un rêve de gosse.

En préparant cet entretien, je suis tombé sur une fake news qui disait que Lars Ulrich avait dit du bien de vous ! Tu peux nous en dire plus ?

Oui. C’était un samedi matin, j’étais à la maison et je m’emmerdais. Sur Facebook, je vois parfois des faux articles et des mecs qui partagent des bêtises. J’ai vu qu’on pouvait même créer notre propre article ! Donc je crée cet article et je le poste sur la page de Kevin (NDLR : le chanteur d’Heart Attack) pour rigoler. Et au final c’est un truc qui a vachement pris, les gens y ont cru, et ça s’est partagé des dizaines de fois ! Il y a même un gros groupe sur Facebook, dont le nom m’échappe, où il y avait eu 300 likes, des dizaines de partages… Etonnamment, cela nous a pas mal servis. C’était juste avant le Hellfest, et du coup des gens venaient nous parler de cela. Ça a été un coup de pub involontaire qui nous a fait rire.

Vous avez eu des passages radio aux Etats-Unis avec l’album d’avant ? Peux-tu nous en parler ?

Nous avons également eu des passages radio pour notre dernier disque en date. Nous n’avons pas eu d’interviews mais pas mal de passages radio. Nous avons fait quelques interviews en anglais au téléphone, dont une en direct à trois ou quatre heures du matin. Nous étions restés éveillés toute la nuit, nous avions picolé et joué à la Wii en attendant pour tenir ! A la fin nous étions assez bleus et c’était assez drôle de parler anglais comme ça.

Interview réalisée en face à face le 5 juillet 2018 par Sébastien Dupuis.
Transcription : Sébastien Dupuis

Page Facebook d’Heart Attack : Facebook.com/heartattackmetal

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