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Chronique   

Heidevolk – Velua


Heidevolk - VeluaPenser que l’apanage de la culture viking et de la musique nordique appartiendrait aux seuls pays scandinaves serait une erreur. Le groupe néerlandais Heidevolk en est un exemple remarquable aux côtés notamment de leurs compatriotes d’Omnia ou des Russes d’Arkona, et qui en désormais cinq albums en près de treize années de carrière est parvenu à se forger une identité propre, se singularisant par la mise en avant, dans ses thèmes et paroles, de l’histoire et de la culture hollandaise avec une grande prédilection pour ce qui a trait à la province de Gueldre de laquelle il est originaire, le tout englobé sous un prisme folk et païen, et chanté exclusivement en langue natale. Toujours engagés dans cette quête d’authenticité, les Bataves accomplissent encore un ambitieux lustrage documentaire. Mais est-ce bien suffisant pour venir balayer les limites atteintes par son monotone prédécesseur – Batavi – qui en 2012 marquait quelque peu le pas dans l’avancée d’Heidevolk ?

Le groupe a d’abord souhaité garder intacte sa clef de voûte, à savoir un chant assuré par deux voix masculines, respectivement celles de Mark Bockting et de Lars Vogel, ce dernier ayant remplacé voilà deux ans Joris Van Gelre, l’un des membres fondateurs du groupe créé en 2002. Le nouveau duo superpose ses lignes de chant sur les refrains et les alterne sur les couplets (en clair et saturé), le tout sur un ton chaud et un peu pompeux qui peut surprendre les oreilles non-rompues au style déployé par le combo. Heidevolk a ensuite poussé sa plume encore plus loin pour cette cinquième pierre qui se concentre sur la région forestière de la Veluwe, jouxtant la ville d’Arnhem, une zone géographique associée à bon nombre de faits historiques, contes et légendes, dont la plupart alimentent les paroles des chansons. Parmi les pièces qui retiendront l’attention, « Herboren In Vlammen » (en français : « renaître dans les flammes ») est assez représentatif. Il s’agit d’un morceau épique, très mélodique et fédérateur narrant le récit d’un homme jaloux dont le frère épouse la femme de ses rêves et qui met le feu au nid nuptial du couple, les tuant tous les deux. À titre de malédiction pour ce crime, l’assassin entre chaque soir en combustion instantanée et erre sans âme ni but à travers la forêt de la Veluwe. Moins sordide mais tout aussi dramatique, le heavy « De Vervloekte Jacht » (« la chasse maudite ») et son refrain en cavalcades évoque l’histoire d’un homme qui délaisse sa famille au profit des plaisirs de la chasse, finissant par être maudit par son père mourant, condamné à perdre sa vie de famille et chasser à jamais. L’émotion transpire aussi sur « Urth » en dépit d’un refrain des plus convenus ou sur le progressif « Velua ». « Richting De Wievenbelter » amène la dernière grosse pièce de l’album, consistant en une ballade avec ses sifflements entêtants, ses chœurs féminins prenants, son refrain puissant et unificateur.

En dehors des quelques incursions d’un violon joué par Irma Vos, le folk metal déployé par Heidevolk apparaît malgré tout classique et dépouillé, le groupe ne se risquant pas à user d’autres instruments traditionnels. Et c’est peut-être là où le bât blesse, à savoir que le combo se prive d’une profondeur musicale supplémentaire qui aurait peut-être apporté à ce cinquième opus un vent de fraîcheur bienvenu. Velua accorde bien quelques séquences entraînantes, et peut s’écouter bien sagement le soir venu près du réconfortant feu de cheminée d’une cabane perdue au fond des bois, mais souffre de la même linéarité rencontrée sur Batavi. Et même si ses éléments metal font taper du pied sur le sol de temps à autre, la texture s’avère assez monocorde. Sans parler d’immobilisme musical, les Néerlandais inspirent le sentiment d’une fin de cycle. Ce manque d’entrain, de tapage, de sarabande qui caractérise particulièrement la seconde moitié de l’album aboutit à une forme de remplissage. On attend désormais beaucoup plus d’Heidevolk, qui en l’espèce ne devrait rassasier en partie que la cohorte de ses fans inconditionnels.

Visionner le clip pour la chanson « Winter Woede » :

Album Velua sortie le 20 mars 2015 chez Napalm Records.



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