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HELLFEST 2009 A CLISSON (JOURNEE DU DIMANCHE)



Festival : Hellfest 2009
Lieu : Clisson
Date : 21-06-2009 (dimanche)
Public : 18 000 personnes environ


Hacride

Le jeune groupe français débute cette journée du dimanche sous la Rock Hard Tent. Le public est relativement présent et apprécie l’excellent death technique aux fortes influences de metal progressif. Tantôt lourde, tantôt planante : la musique des Hacride captive une assistance bien réveillée qui apprécie à sa juste valeur la musique du groupe. Cette dernière mélange ainsi des samples electro teintés de nappes de claviers avec des riffs tranchants. Tout ça sur des parties de double grosse caisse. La formation commence à avoir une certaine expérience de la scène. Ils ont déjà partagé des affiches avec Dying Fetus lors d’une précédente tournée européenne et ça se ressent. Samuel Bourreau, au chant, est très à l’aise et les deux musiciens à ses côtés maîtrisent leurs instruments tout en secouant franchement leurs têtes. A un quart d’heure de la fin théorique du set, le chanteur annonce déjà le dernier morceau. Doit-on s’attendre à un titre de quinze minutes ?! Eh bien oui! Ce titre condense d’ailleurs parfaitement leur musique et aucune longueur ne se fait ressentir. Un très bon concert pour commencer la journée ! Cl – Ol


Black Stone Cherry

Le réveil est difficile en cette dernière matinée de festival. Nombreux sont ceux qui cuvent deux ou trois nuits d’excès ou tentent de reprendre quelques forces après ces éprouvantes journées. Ceci explique sûrement le fait qu’à 11h, la foule n’est pas vraiment au rendez-vous des Black Stone Cherry. Eh bien tant pis, les absents ont toujours tort car les rockeurs ont décidé d’envoyer du lourd sous le soleil éclatant de la Mainstage 2 ! Révélation de ces dernières années par le label Roadrunner, Black Stone Cherry ravive à la fois la spontanéité des 70’s et la lourdeur des 90’s. Un mélange détonant mené par quatre très jeunes américains qui, soyons clair, ont déjà le talent et l’attitude des plus grands. Chris Robertson, Ben Wells, Jon Lawhon et John Fred Young envoient la sauce sans ménage. Ils sautent, frappent, headbang et se désarticulent au son d’un répertoire à l’accroche immédiate : « Rain Wizard » en ouverture, l’infectieux tube « Lonely Train », le single « Blind Man », etc. Les fils de Led Zeppelin sont dans la place ! Mention particulière pour Wells, une furie scénique (mais comment fait-il pour jouer ?), et à Robertson qui décidément possède un timbre vocal rare. Pour clôturer sa prestation, le groupe gratifie l’audience d’un jam électrique sur le Voodoo Chile du grand Hendrix. La paire rythmique surprend son monde lorsque Lawhon tend sa basse en l’air, à bout de bras, vers son batteur. A ce dernier de seconder la mélodie de guitare en frappant les cordes de la basse au moyen de ces baguettes ! La classe ! Black Stone Cherry a décidément posé la barre très haute en cet éblouissant début de journée. Sp – Se


Adagio

Adagio commence très mal son set puisque il n’y a pas de son de guitare. Stephan Forté a beau jouer les parties sur sa sept cordes, rien ne sort des haut-parleurs en façades. Un comble quand on connaît le talent du bonhomme à la guitare. Le premier morceau perd donc de son intérêt. le public n’entend que la batterie et sa double grosse caisse sur lesquelles sont posées des nappes de clavier symphonique. C’est dans ces moments-là que l’on se rend compte que la basse est trop souvent sousmixée dans le metal. Elle est même quasi inaudible ! Sur scène, personne ne semble se rendre compte du souci. C’est donc le public qui le fera remarquer au groupe à la fin du morceau ! Le combo a déjà commencé le deuxième morceau…mais le problème est toujours présent. Seul le chanteur semble se rendre compte qu’on leur réclame quelque-chose. Ce dernier finit par comprendre et crie aux autres « stop the fucking music ». La musique s’arrête. Stephan Forté finit par comprendre l’étendue des dégâts. On cherche d’où vient le pépin, on essaye à nouveau, mais toujours pas de guitare. Le chanteur meuble comme il peut en entonnant l’intro de « Stand Up And Shout ». Enfin on entend la guitare ! Le concert peut repartir, et véritablement commencer…Christian, le chanteur, descend dans la fosse pour taper dans quelques mains. Mais rien n’y fait, l’ambiance ne prend pas. Peut-être que ce chanteur manque de charisme pour réveiller le public… On peut noter une intention toute particulière : entre deux morceaux, notre ami demande combien il y a de finlandais dans l’assistance puis baraguouine une phrase en finnois. Sans doute un message de bienvenue que seuls quelques-uns auront compris ! « Life is short » affirme t-il avec raison…et le concert aussi. Bilan : en trente minutes, les Adagio n’auront pas du tout convaincu. Dommage. Cl – Ol


Aborted

Un groupe devient culte lorsqu’il grave son nom d’une empreinte bien personnelle. Un groupe devient honorable lorsqu’il traverse la période de crise qui le regarde aussi sournoisement que Damoclès. Aborted est en crise. Les deatheux balancent que le groupe change de bord, devient trop core. Les amoureux de la tignasse s’offusquent que Sven ait coupé ses cheveux. Pourtant c’est bien d’un revers de main que les Belges vont renvoyer ces critiques dos à dos. Si Aborted devient plus core, ça ne devient pas Black Dalhia Murder mais à la rigueur Dying Fetus. On n’a pas affaire aux braillements insupportables d’un barbu tout flasque ; avec Aborted, c’est un chant luciférien qui vous prend à la gorge. Et on regrette les tifs ? Mais Sven peut ainsi davantage montrer qu’il a une gueule, une gueule qui impressionne, des yeux qui bouillonnent. Et puis, quand on sort des titres du Engineering The Dead et de Goremaggedon, comment rester insatisfait ? Svencho ! Sven chaud ! Sven saw ! Fu – Se


ADX

Ecouter du bon speed metal de chez nous : c’est toujours cool. Les parisiens d’ADX envoient déjà la sauce sur album mais qu’en est-il en live ? Récemment Division Blindée, le dernier opus du groupe, est sorti avec quelques hits forts appréciables. Sur la prestation live de ce début d’après-midi on retiendra d’ailleurs « A La Gloire De Dieu » et « Division Blindée », deux morceaux qui sont sortis du lot. Phil, au chant, mène la danse en exhortant le public à bouger. Ses collègues de travail ne sont pas en reste et une très bonne atmosphère émerge de ce concert. Les musiciens ont tous le sourire aux lèvres et paraissent même surpris par l’accueil du public ! Mention spéciale à la prestation de Klod, le bassiste du combo, qui a un jeu vraiment plaisant et dont l’apparence physique, fine barbe et bandeau dans les cheveux, fait un peu penser à Geezer Bulter (Heaven And Hell). En une demi-heure Phil et compagnie ont réussi à faire partager leur musique mélodique. Résultat : nous attendons le prochain concert du groupe au Raismesfest avec impatience ! Do – Ol


Satan Jokers

C’est avec un bonheur non dissimulé que Satan Jokers célèbre ses retrouvailles avec ses fans et généralement le public français. Le bavard Renaud Hantson le mentionnera d’ailleurs à plusieurs reprises, avec une sincérité affichée et toute partagée. Satan Jokers est donc en pleine forme et l’envie d’en découdre n’est certainement pas étrangère à une prestation scénique très dynamique. La prestation s’articule autour d’une sélection homogène du répertoire du groupe, incluant « Get It On », reprise sous forme d’hommage à T-Rex. Un set parsemé d’interludes à l’intérêt contestable. Parmi ceux-ci, Michaël Zurita gratifie son audience de l’hymne américain interprété à la guitare. Un exercice qui sonne peut être trop téléphoné voire hors-contexte pour vraiment passionner. Mais la star de cette prestation est sans conteste le nouveau bassiste de la formation, remplaçant du malheureusement décédé Laurent Bernat et héro national de la basse : Pascal Mulot. Pascal fait le show à lui seul. Généreux dans l’âme, il n’hésite pas à ponctuer son jeu d’envolées mélodiques foudroyantes ou autres slaps furieux. Une générosité qui le pousse jusqu’à jeter sa veste en offrande à la foule. Même si le heavy metal de Satan Jokers peut sembler avoir vieilli, le groupe parvient à capter l’attention avec un plaisir très communicatif. Sp – Ol


Volbeat

Guitar Gangsters And Cadillac Blood, outre son concept qui vaut le coup d’?il, est un album d’une très grande qualité de composition. Les mélodies de la formation danoise sont particulièrement plaisantes et l’annonce de leur venue au Hellfest enchantait tous les fans de rock et de rockabilly. Michael, le chanteur du combo, ayant des intonations qui se rapprochent clairement de celles d’Elvis Presley. Ce serait d’ailleurs la première remarque à formuler. Michael a une voix magnifique à la base et la prestation live du frontman ne fait que souligner l’extrême justesse de son timbre. Ce dernier est superbe et les variations que notre ami utilise le sont tout autant. De plus, sa bonne humeur communicative « et les mecs vous comprenez ce que je dis ? De toute façon vous êtes déjà tous bourrés…donc je peux dire n’importe quoi et vous direz oui quand même ! » ravit le public de connaisseur qui s’est déplacé en nombre. Plus globalement la performance live du combo s’avère, à l’instar des compos, très agréable et Thomas, le guitariste des Volbeat, dévoile à la foule une attitude assez atypique notamment en balançant ses jambes en l’air tout en jouant ! « Guitar Gangsters And Cadillac Blood » comme « Sad Mans Tongue » : tous les tubes du dernier album sont mis en avant et Volbeat réserve même un superbe bouquet final au Hellfest. Les danois nous gratifient en effet de l’intro de « Raining Blood » de qui vous savez ! Des compositions géniales, un set très énergique et plein de bonne humeur, des surprises : tous ces éléments, en seulement quarante minutes, montre que Volbeat est un grand groupe. Vivement les prochains passages du combo en France ! Do – Ol


Keep Of Kalessin

Keep of Kalessin est un groupe dont il est toujours agréable de voir un concert : toujours un bon moment assuré. En guise d’intro Obsidian (guitare) nous montre l’étendue de son talent en exécutant un bon petit solo accompagné par Vyl derrière les fûts. Le son est super et le groupe est très à l’aise sur scène. Le public est également présent en nombre et soutient les musiciens. Ces derniers sont également soutenus par des samples qui renforcent le son du groupe en donnant une image plus grandiloquente de leur musique. Tout le groupe headbangue comme un seul homme, particulièrement Wizziac, le bassiste, qui mouline de la tête comme si sa vie en dépendait ! Ce soir la playlist est centrée sur les deux derniers méfaits du groupe Armada et Kolossus. Les morceaux les plus marquants sont « Crown Of The King » servi en introduction, ainsi que les excellents « Awake The Vultures », « Many Are We » et « Ascendant » (même si le solo a été un peu foiré, bien qu’Obsidian semble en forme). Ce groupe représente le futur du black metal « moderne » puissant, véloce, technique et à l’aise en live. A revoir encore et encore ! Se – Se


Wolves In The Throne Room

Voir un groupe en concert comme Wolves In The Throne Room en Europe semblait difficile. Car c’est un groupe récent de black metal atmosphérique américain composé de membres qui vivent à l’écart du monde… Le concert attaque sur le superbe « Hate Crystal » extrait de l’EP Malevolent Grain et ce sont près de dix minutes de bonheur qui commencent. Le groupe est une tuerie sur album, il pratique une musique très particulière qui se rapprocherait des ukrainiens de Drudkh. Une sorte de black metal atmosphérique. Le passage au live se fait à merveille : le son est parfait car tous les instruments sonnent naturels (enfin une grosse caisse non triggée !) et c’est un vrai bonheur d’assister à ce moment. Les deux guitaristes se relayent au chant tandis que la musique varie entre passages calmes instrumentaux et moments violents accompagnés de râlements et blast beat. Le public est venu soutenir le groupe et il y a beaucoup de monde sous la Terrorizer Tent. Dans les faits les Wolves In The Throne Room sont aidés par la présence, sur le même créneau horaire, d’Holyhell qui n’a pas attiré la foule… Oui, les morceaux de WITTR sont longs mais cela vaut la peine de les écouter car l’ambiance distillée est exceptionnelle. A noter que le deuxième morceau joué est « I Will Lay Down My Bones Among The Rocks And Roots » un petit bijou de plus de dix-sept minutes extrait de l’excellent Two Hunters. Trois morceaux et quarante minutes de concert magique : rien à ajouter. Se – Se


Holyhell

Holyhell est le groupe de l’ex-batteur de Manowar, Rhino. Après un premier EP sorti il y a deux ans, Apocalypse, le groupe nous propose donc son premier album, Holyhell. Cet opus sortant d’ailleurs ce 26 juin. Holyhell propose un metal hyper mélodique plutôt heavy que gothique. Ce dernier terme revenant sans cesse dès qu’une chanteuse prend le micro. Mais pour le coup, les Holyhell n’ont rien de spécial qui s’apparente au mouvement gothique. Sauf peut-être un certain mauvais goût, comme le montre l’énorme bâche derrière la scène avec ses horribles colonnes ! Maria Breon a une voix sympathique sans être extraordinaire. En fait elle est un peu à l’image des compositions du combo : assez mièvre. Maria, d’une manière totalement inexplicable, quitte en outre la scène à de nombreuses reprises lorsqu’elle ne chante pas. Et ce une dizaine (!) de fois ! Assez hallucinant : surtout pour un groupe qui joue pendant seulement trente minutes. Par ailleurs on sent un vrai côté superficiel à l’ensemble. Les musiciens sont assez statiques et on peut légitiment s’interroger sur l’authenticité de ce combo qui ne laisse pas passer beaucoup d’émotions. D’ailleurs, à un moment donné, la voix de Maria a sûrement été doublée par les overdubs…ce qui ne le fait pas du tout si c’est le cas. Et puis les appels récurrents au merchandising sont un peu lassants…mais, comme nous le verrons, c’est traditionnel dans la famille Manowar ! Malgré toutes ces facettes assez superficielles, on notera quand même quelques éclairs comme le tubesque « Prophecy » qui passera bien l’épreuve du live. Bien maigre toutefois. Do – Ol


Kataklysm

Efficace. Ebouriffant. Assommant. Les Québequois ont décidément des sets qui nous clouent au sol. Et ce n’est pas quelques tabernacles et autres caribous qui feront obstacle. Maurizio veut toujours autant voir de la violence, et ses v?ux se réalisent. D’ailleurs, les fans pourront encore jouir du groupe puisqu’il reviendra en France, début 2010. Le son est donc surpuissant, ça hyperblast toujours autant mais…c’est là un death à durée de vie assez limitée. Quand on voit Kataklysm, on adore mais on est vite rassasié. Quand on voit Morbid Angel, on adore et le set nous laisse rêveur. Néanmoins, ces rois du stop and go insèrent de plus en plus de mélodies qui viennent non pas adoucir leur musique mais développer leur violence. C’est donc terrible, mais l’hyperblast aussi peut lasser : c’est plombant de se faire perpétuellement pilonner. Enfin bref, nos HPG du death nous serviront toujours leur culte « In Shadows & Dust » … toujours en nous pilonnant. Fu – Se


Pain Of Salvation

Le quintet suédois Pain Of Salvation débute par « Used », un morceau très rentre-dedans qui subit les aléas d’un son fluctuant. Heureusement, à partir du solo, la situation est rétablie. Ce concert est aussi l’occasion de présenter au public fançais le nouveau batteur (français également) des POS ainsi que leur nouveau bassiste. Tout ce petit monde enchaîne sur le morceau « America » issu du dernier album, l’excellent Scarsick. La musique progressive avec ses nombreuses parties, comme le break de banjo au milieu de ce morceau, est encore renforcée avec l’intégration de nouveaux passages et d’arrangements inédits élaborés pour la scène. L’initiative mérite d’être soulignée car c’est un des rares groupes sur ce festival à proposer quelque-chose de plus musical que ses versions album. Les POS enchaînent avec « Breaching The Core » et son riff très lourd et réussisent même à placer un intermède original avec une basse en slap suivie de guitares funky. C’est tout l’art de Pain Of Salvation de mélanger des styles musicaux différents dans une identité musicale qui leur est propre. Tout le monde groove un max. Daniel revient même sur scène sans sa guitare et arpente les planches seul avec le micro, délivrant quelques parties hip-hop et une attitude qui pourrait rappeler celle de Faith No More. Mais Pain Of Salvation est bien unique. Même si ils viennent de scandinavie, ce que Daniel ne manquera pas de signaler avec autodérision, le groupe est une nation à lui tout seul qui développe ses concepts, ses idées propres. Tous les musiciens jouent leurs parties complexes avec passion tout en bougeant beaucoup. Il n’y aura pas de « Disco Queen » et le morceau de fin ne sera autre que « Handful Of Nothing » et son déferlement de double pédale. Un final bien violent qui nous raccroche à la réalité de ce Hellfest. Ce concert des Pain Of Salvation aura été une parenthèse très rafraîchissante avec ses nombreuses ambiances qui sortent des sentiers battus. Cl – Ol


Dragonforce

Dragonforce, c’est un peu comme Manowar. On peut considérer que c’est le meilleur groupe du monde…ou le pire. Tout, ici, est poussé à l’extrême…d’où leur appellation d’extrême power metal. Les musiques sont ultra speed et la rythmique est vraiment à bloc. Pas étonnant pour un batteur qui vient de la scène black metal. On a même parfois des parties en bast beat qui ne font pourtant pas partie des règles conventionnelles du speed metal. Les riffs sont joués à une vitesse hallucinante et les soli, on en parle même pas…c’est une déferlante de notes. Côté look et attitude c’est pareil. On ne peut pas reprocher aux membres d’être immobiles. Leur prestation est sans doute l’une des plus énergique de ce festival. Ca court dans tous les sens. Question mise en scène aussi, les Dragonforce utilisent plein d’artifices. D’abord il y a les estrades sur le devant de la scène sur lesquelles les membres montent, tour à tour, pour se montrer ou mettre en valeur leurs parties pendant la chanson. C’est le cas notamment pendant l’exécution des soli. Et puis il y a le petit trempoline qui permet de prendre de la hauteur et d’en rajouter encore plus pour se faire remarquer. Et, à ce petit jeu, la médaille d’or revient au claviériste qui porte un super collant spandex jaune fluo qu’il a assorti avec sa coupe de cheveux rose sur une moitié de sa tête… L’effet est garanti et on peut encore mieux l’apercevoir quand il quitte son poste caché derrière ses multiples claviers et débarque avec son synthétiseur (jaune fluo bien-sûr!) en bandoulière sur le devant de la scène. Là il entamme une chorégraphie avec des pas de Kasatchok, reprise aussi par le guitariste rythmique. Ce sont gimmicks sur gimmicks. Herman Li, fondateur du groupe et guitariste soliste, use aussi de petites touches scèniques comme lorsque il tient sa guitare en l’air uniquement par la tige du vibrato pour faire couiner le son et en rajouter encore et encore… Alors Dragonforce sur scène, c’est un peu comme Spinal Tap qui pousse le son à onze : c’est beaucoup de fun qui, pour certains, franchit parfois la limite du ridicule. Cl – Se


Destruction

C’est parti pour quarante minutes de thrash à l’allemande ! Schmier et Mike Sifringer balancent de gros riffs avec leurs guitares Dean. Elles ont vraiment de la gueule ces guitares avec leurs grosses têtes de manche ! Schmier a une forte présence sur scène. Sans doute grace à sa taille, gabari allemand oblige ! Son look, aussi, en impose avec les nombreux piercing aux visages que l’on peut voir en détail sur l’écran géant. Sans parler de ses tatoos sur une peau rouge marquée par le soleil. On pourrait ajouter en fait qu’il ressemble à beaucoup de festivaliers présents sur le site ! Notre gaillard bouge beaucoup sur scène en passant de gauche à droite et vice-versa tout au long du set pour occuper l’espace. Et puis il y a cette marque de fabrique dans le chant avec ses petits cris suraigüs qui font vraiment l’identité de Destruction. Ces derniers jouent des chansons du nouvel album avec notamment le titre éponyme « Devolution ». Suivent ensuite « Life Without Sens », bien-sûr « Thrash ‘Til Death » et « The Butcher Strikes Back ». Le public est également sollicité à l’annonce des paroles « Hail too the Fucking Cross ». Pour finir, c’est « Total Disaster » qui achève ce set classique et moins marquant que d’autres formations plus jeunes…et plus énergiques. Cl – Ol


Orange Goblin

Voilà un groupe typique de la scène stoner : un frontman format période glaciaire, des looks de bikers brûlant d’asphalte l’ère de Ragnarök, et un climat qui fleure à plein nez les bons vivants sympatoches. Et puis il y a ce plaisir nostalgique de reprendre à sa sauce les canons du genre. Imaginez des guitares fuzzées à la Iommi, pensez à des titres avec des soli sans fin à la Freebirds, essayez de concevoir Lemmy retrouvant avec le sourire les Hawkwind. Voilà ce qu’offre un show d’Orange Goblin. Pas besoin de complexité, de corpse paint, ni d’engagement politique. Le stoner doom psyché est à des années-lumière du death, du black, et du grind. Mieux : il est à leur source, et Orange Goblin vient se caler entre les débuts de Woodstock et le triton satanique de « Black Sabbath ». Et donc on vibre, on plane, on ventile sur « Getting High On The Bad Times ». « Orange fucking Goblin loves you » nous lance le chanteur à l’humour jovial. Et on dédie un titre à l’anniversaire d’un roadie, un autre à l’un des piliers du gore italien Lucio Fulci. Avec « So He Lives, So He Moves » et ses choeurs de roadies, on a le « We Are The Road Crew » des Goblin. Leur morceau éponyme vient boucler la prestation des anglais. Un concert qui donne envie de prendre son chopper pour fuir le tryptique « Travail, trahison, trader ». Fu – Se


Pestilence

Un groupe qui revient, ça peut faire plaisir. Un groupe de death old school qui revient, c’est à coup sûr un honneur. Et Pestilence est justement de retour ! Loin d’avoir ce gros son si caractéristique du death new school, on peut jouir des riffs comme on veut avec un son plus proche du thrash. Un son qui rappelle les premiers Obituary, Deicide, et Bolt Thrower. Les Hollandais sont taillés comme des membres de Biohazard et de Noflag, en gros des quaterbacks transpirant la testostérone de canasson. Cela faisait quatorze ans qu’on était sans nouvelles d’eux, alors le public est au rendez-vous. D’ailleurs Pestilence nous le rend bien. Leur set list est garni de titres de leur album Consuming Impulse. Et puis on se croirait vraiment de retour dans les 90’s : une voix à la David Vincent, période Altars Of Madness, du feeling dans la compo, c’est technique (le death est en soi technique) mais Pestilence est tout sauf Necrophagist, Atheist, et The Faceless. Avec un solo de batterie qui a une toute autre pertinence que de servir d’interlude et un morceau final culte, « Out Of The Body », le groupe a prouvé qu’il était bien de retour avec succès (en langage death : avec fracas). Fu – Se


Napalm Death

Le grindcore de Birmingham a de beaux jours devant lui. Il faut bien avouer que c’est un défi herculéen de cueillir un fan de grindcore. Après un concert de Napalm Death, on les voit bourgeonner ici et là. On aime lancer des diatribes contre le grindcore. Après Napalm Death, il n’y a plus rien. Ces ennemis du music business sont définitivement les Huns du metal. Encore une fois, Napalm Death fut La prestation extrême du festival. Qu’il s’agisse des titres du monumental et mammouthesque dernier album, Time Waits For No Slave, comme par exemple « Diktat », ou des fameuses « Suffer The Children », « Scum », et « The Kill », Napalm met les kids dans un état pas possible. On saute des tours en acier qui tiennent le Rock Hard Tent, c’est-à-dire d’environ trois mètres du sol. On aperçoit même Ben Laden qui slamme en nous gavant de bras d’honneur. Le charme de ce live réside sûrement dans l’accord parfait entre les voix de Barney et Mitch : un question-réponse implacable. « Deceaver », « You Suffer », « Nazi Punks Fuck Off » et Napalm Death repart en croulant sous les ovations… « Smells like victory ». Fu – Se


Epica

Voir Epica sur scène est toujours un plaisir. Et pas uniquement pour la magnifique Simone Simons ! Une vraie fraternité se dégage des prestations live du groupe hollandais et en rejoignant la grande scène du Hellfest, le public s’attend au meilleur. Mais très vite les soucis techniques sur le son prennent le pas sur la prestation du groupe. Certes Simone chante toujours aussi bien. Notamment sur le superbe « Chasing The Dragon » qui la met particulièrement en valeur. Malgré cela, on assistera à de nombreuses approximations. Les musiciens se trompant même sur le début d’un titre ! Bref, on a clairement vu un meilleur Epica par le passé. Le statisme des zicos et les problèmes évoqués ci-dessus ont eu pour conséquence un grand sentiment de frustration. Point positif : Isaac Delahaye, qui vient de remplacer Ad Sluijter à la guitare, paraît très concerné par son sujet. Epica fut donc la vraie déception de ce dimanche et l’on a tendance à penser que rien ne vaut l’intimité d’une salle pour trouver une vraie osmose entre le groupe et ses fans. Un set bien mou à oublier rapidement. Do – Ol


Stratovarius

On poursuit notre périple musical avec les finlandais de Stratovarius. C’est avec crainte que nous nous présentons sur la mainstage. Les récents soucis de line-up et des concerts passés insipides au possible nous faisant vraiment craindre le pire. Mais en quarante-cinq minutes, les Statovarius livrent une bonne prestation devant un public heureux d’avoir un bon speed mélodique dans ce crû 2009 du festival de l’enfer. « Speed Of Light », « Kiss Of Judas » ou le final sur « Black Diamond » ont su convaincre l’audience clissonnaise. Polaris, le dernier Strato, n’est pas oublié et on notera le très bon « Winter Skies » ou Timo Kotipelto laisse parler l’émotion. Timo aura bien assuré même si il n’a parfois pas pu pousser au maximum sa voix, notamment sur le refrain de « Black Diamond ». Malgré cela le chanteur assure très bien et c’est un vrai plaisir de voir sa motivation. Au cours d’une prestation très professionnelle, le combo finlandais a su montrer qu’il n’était pas mort et qu’il fallait encore compter sur lui. La volonté de bien faire étant prégnante sur ce concert, le public du Hellfest a récompensé l’attitude des musiciens par des applaudissements nourris. Do – Ol


Black Dahlia Murder

Quand les BDM montent sur scène, une musique pop/dance (genre tube de l’été 99) accompagne les musiciens. Le ton est donné : bonne humeur et gros métalleux. Le groupe est très décontracté et en bien meilleure forme que lors de son dernier passage en France en février dernier. Pendant les premiers morceaux, un figurant déguisé en gorille fait son apparition et anime la scène au côté des musiciens ! Il va même aller taquiner la foule des premiers rangs. Le show commence par un « Everything Went Black » de derrière les fagots et enchaîne à toute bombe sur « Helder Misanthropy ». Cela nous permet d’apprécier l’excellent son du combo. La gestuelle particulière et les nombreux déplacements de Trevor (chant) sont également visibles. Nous sommes, avec lui, entre un cours d’aérobic et l’attitude très dynamique du HxC. Trevor parle beaucoup à la foule « vous avez fumé ou quoi, je veux de l’énergie ». Les autres membres du groupe sont plus statiques mais headbanguent généreusement. Le reste de la soirée se fera avec « I Worship Only What You Bleed », un nouveau titre « Necropolis » (avec la classique alternance de blast beat/tapis de double accompagnée de riffs mélodiques) sans oublier « A VUlgar Picture » ou encore « Miasma ». Le chanteur évoque la possibilité de voir et revoir les Black Dahila Murder en live via leur DVD récemment sorti. On peut noter que les morceaux sont accélérés sur scène et, très rapidement, Trevor nous gâte avec un strip-tease qui le laisse en short, torse nu… Un des moments forts de la journée…pour la gente féminine ! Se – Se


Cathedral

Ah! Le grand Cathedral et son énigmatique frontman Lee Dorian! Celui-là même dont les « Oh Yeah! » résonnent déjà dans toutes les têtes, avant même l’entrée en scène. Depuis la fin de tournée en soutien du fabuleux The Garden of Unearthly Delights, le mutisme des anglais de Coventry n’a que trop duré. Près de trois ans sans aucune nouvelle du groupe, les fans trépignent d’impatience. La discographie de Cathedral possède la particularité de s’ériger en dichotomie : d’un coté le doom oppressant et de l’autre un stoner poisseux et diablement rock n’roll. Pour ce passage au Hellfest le parti pris est en faveur de cette seconde orientation. Peu de doom donc, « Cosmic Funeral » en étant le seul représentant, mais des titres remuants (« Soul Sacrifice », « Hopkins ») faisant monter la fièvre au sein d’une assistance toute acquise à la cause. La communion entre le public et le groupe est complète. Seul bémol, la folie habituelle manque un peu à la prestation, même si le révérend Lee Dorian gratifie l’assistance d’un de ses meilleurs numéros : en s’entourant le câble du micro autour du cou il fait mine de se pendre. Prenons cette prestation comme une belle mise en jambe et espérons que Cathedral reviendra au plus haut de sa forme sur des prochaines dates. Sp – Ol


Queensrÿche

Queensrÿche est un groupe mythique. Quel plaisir de les voir à l’affiche de cette édition 2009 du Hellfest. Le groupe a toujours cherché à innover et Geoff Tate, son chanteur, est l’une des plus belles voix du metal. Nous attendions donc la prestation du groupe de Seattle avec une vraie excitation. Et nous n’avons pas été déçus ! Lorsque Geoff Tate, lunettes de soleil sur le nez et tout de noir vêtu, entre sur scène on se dit que, décidément, il y a des mecs qui ont la classe ! Et ce même si rien ne s’est passé ! Une main sur la tempe en guise de salut et le set démarre. Les Queensrÿche proposent une set-list qui oscillent entre nouveaux titres et perles de l’ancien temps. American Soldier, le dernier opus du groupe, est mis en avant. Son atmosphère particulière est très bien retranscrite en live et un vrai sentiment d’urgence se dégage de l’ensemble. Côté public, les titres « Best I Can », “Walk In The Shadows” et “Empire” recueillent l’adhésion du public la plus visible. Pourtant la performance des Queensrÿche ne peut pas être uniquement résumée à l’égard de ces trois titres. Ce serait sacrément réducteur de ne pas mettre en avant le saxo utilisé à bon escient par Geoff Tate, le duo avec son claviériste et la prestation d’ensemble d’un groupe qui se paye même le luxe de ne pas interpréter de morceaux de l’excellent Operation : Mindcrime. Une faute (presque !) entièrement pardonnée après un set aussi riche que les compositions et la discographie du groupe américain. Une prestation hyper intéressante qui aura d’ailleurs été un peu desservie par les problèmes récurrents (une fois de plus) sur le micro de Geoff Tate. Ce dernier étant trop en retrait dans le mix. Bref, gros concert des Queensrÿche. Et ce Geoff Tate : quelle élégance ! Do – Ol


Mastodon

« Mastodon au Hellfest ?! Oulalala…faut faire gaffe, le son risque d’être une grosse bouse : surtout en plein air ! ». Nous le reconnaitrons aisément, l’équipe de Radio Metal appréhendait grave (ou plutôt vegra pour parler français) le set des américains. Le sludge progressif de Mastodon nous ayant infligé quelques sévices sonores par le passé. Mais nos craintes sont, dès le premier morceau, très vite dissipées. Le son est en fait d’une très bonne qualité et les compositions complexes du combo peuvent ainsi être savourées en toute quiétude. « Oblivion » est quand même un sacré hit et il est toujours plaisant de voir les quatre musiciens aussi concernés par leur sujet. Bill Kelliher est d’ailleurs bien présent et s’est apparemment bien remis de sa récente intoxication alimentaire. Troy Sanders a une attitude scénique qui, lui aussi, fait plaisir à voir. Troy a un regard extrêmement expressif, comme si tout son être était possédé par Belzébuth. L’application extrême des zicos (Brann Dailor est toujours aussi bon), un très bon son et un public réceptif : les Mastodon ont livré une super prestation au Hellfest 2009. Le fait de mettre la barre si haute doit maintenant avoir des conséquences positives pour leurs futures prestations en salle. Le groupe jouera d’ailleurs au Trabendo le 6 juillet prochain. Do – Se


Europe

Depuis la sortie en 2004 du très bon et sombre Start From The Dark, Europe ne perd pas une miette de cette seconde et inespérée jeunesse. Un bel exemple de reconversion et de modernisation pour un groupe souvent jugé « kitch » par les mauvaises langues. D’ailleurs, ce soir, il y a foule devant la grande scène. Il faut être honnête, la majorité n’a pas la moindre idée de ce qu’est Europe aujourd’hui ou même de ce qu’il a été en dehors du succès à double tranchant que fut « The Final Countdown ». En effet, tous sont là pour entendre LE tube hard rock des années 80 ; pour se « marrer » certains disent. Nombreux seront-ils à être agréablement surpris en entendant le reste du répertoire des rockeurs suédois. Alternant entre anciens titres rock n’roll en diable (« Seventh Sign », « Supersticious »), voir même heavy (« Scream Of Anger ») et nouveaux brulots aux riffs acérés et modernes (« The Gateway Plan », « Always The Pretenders », et surtout le riff monstrueux et sous accordé de « Start From The Dark »), Europe a fait le choix de faire trembler les murs et les idées reçues avec. Le groupe est en pleine forme, Joey Tempest navigue sur scène avec une énergie débordante, faisant parfois tourner son pied de micro blanc comme une éolienne au dessus de la foule. Ca tombe bien, il fait encore un peu chaud. Le set se transforme en feu d’artifice grâce à l’irrésistible enchaînement « Rock The Night », « Cherookee » et bien évidement l’immanquable « The Final Countdown » qui a l’effet d’une bombe sur un public déjà comblé. Mission réussie pour Europe qui signe là plus qu’une superbe prestation, un véritable respect du public. Sp – Se


Moonspell

Comme pour beaucoup de groupes, on a le droit avec Moonspell à une intro grandiloquente. Sauf qu’ici elle prend la forme d’une vidéo. Sur l’écran en fond de scène défilent, en effet, des images qui aboutissent à la pochette de l’album. Le charismatique Fernando Ribeiro entre en scène suivi de ses sbires. La vidéo apporte beaucoup au show et renforce le côté théâtral de la musique des portugais. Côté spectacle, le guitariste (qui assure aussi les claviers) a un ventilateur qui lui dresse les cheveux et un projecteur en contre-jour. L’effet est garanti : comme une tempête qu’on se prend en pleine gueule. Il est vrai que Moonspell est revenu depuis quelques albums vers quelque chose de plus extrême. L’interprétation du titre « Finisterra » le prouve bien ce soir. On a le droit aussi aux tubes plus gothiques et surtout moins agressifs tel « Opium ». Le public, qui n’a pas tout à fait rempli le chapiteau, soutient bien le groupe en chantant certaines de ses paroles. Et puis le son est très correct. On n’assiste pas, comme trop souvent avec les groupes de métal extrême, à un concours de double grosse-caisse. Et c’est très bien ainsi. Moonspell aura donc livré Un show carré et maîtrisé. Une bonne performance. Cl – Se


Suicidal Tendencies

« ST ! ST ! ST ! ». Qui n’a jamais chanté sur ces deux lettres majuscules des Suicidal Tendencies ?! La bande à Mike Muir était donc de passage en France pour la promotion de Year Of The Cycos, le dernier album des Suicidal. Lorsque les premières notes de « You Can’t Bring Me Down » résonnent sur la mainstage, le public devient complètement fou ! Mais le plus furieux d’entre nous est incontestablement Mike Muir. Le chanteur du groupe de hardcore/thrash traverse la scène comme un malade mental sans jamais s’arrêter. Mike s’en sort avec les honneurs sur le chant, même si il est compliqué de ne pas être essoufflé lorsque l’on court dans tous les sens en permanence. Surtout quand les variations vocales sont nombreuses. On note donc quelques approximations de sa part, et c’est totalement compréhensible, sur la gestion du souffle. Mais, honnêtement, la prestation des Suicidal ne peut pas être résumée, elle doit être simplement vécue. Il faut voir la folie et l’énergie positive de Mike Muir, la dextérité de l’imposant Eric Moore ou encore l’extrême facilité de Steve Brunner à la basse pour apprécier l’immense prestation de Suicidal sur scène. Quelle claque ! « Send Me Your Money », « War Inside My Head », « Possessed To Skate » et bien d’autres : la set-list était également à la hauteur. Le désir de partage du groupe californien est immense. Il l’est tellement que les Suicidal finissent même leur show en invitant les premiers rangs du public à les rejoindre sur scène ! Conséquence : on assiste à la montée de près de 150 personnes sur scène lors de la dernière chanson des ST. Un très grand moment et un souvenir incroyable pour le public. Au bout de cinquante minutes qui sont passées bien trop vite, les lumières se rallument. Merci au Suicidal pour ce très grand concert. Do – Ol


Dream Theater

il est 22h50 lorsque Dream Theater monte sur la scène principale. Pour ce dernier jour, le public a encore répondu présent et les DT sont accueillis chaleureusement. Et ce même si la majorité du public n’est pas forcément composée de fans de metal progressif. Le premier morceau tiré de Systematic Chaos commence doucement et plante le décor. Le son est excellent et les lumières mettent parfaitement en avant chaque musicien. Les Dream enchaînent avec « A Rite Of Passage » un titre de Black Clouds & Silver Linings, leur nouvel album qui sortira fin juin. Ce morceau s’avère très efficace en live avec une qualité d’exécution des musiciens qui n’est plus à démontrer. Nouvelle preuve avec le morceau instrumental suivant « Erotomania ». Le groupe américain n’arrête pas de tourner et de sortir des albums et malgré cela, la performance live est encore au rendez-vous. James Labrie a connu des périodes difficiles dans le passé mais il a retrouvé sa voix. Notre homme n’a pas fait de fausses notes et James était même mieux qu’au début du groupe ! « Voices » d’Awake fut magistralement interprété et, surtout, le fabuleux « Metropolis » d’Images And Words, où les lignes de chant sont si difficiles à reproduire, fut exécuté de main de maître. Les autres zicos ne furent pas en reste. Jordan Rudess nous a notamment sorti une guitare-synthé qui lui permet de se déplacer et de venir avec John Petrucci au devant de la scène. Bref : magnifique prestation des Dream Theater avec des musiciens talentueux et une set list parfaite pour une heure de show. A très vite Messieurs. Ol – Ol


Electric Wizard

Alors que Dream Theater tente de nettoyer les dégâts infligés par la tornade Suicidal Tendencies, l’orage gronde sous la Terrorizer Tent. Dès le premier accord du sorcier électrique, la terre cède sous l’averse de distorsion. Un torrent de boue sonore se forme. Chaque coulée d’accord rapproche un peu plus la foule de son tombeau. L’atmosphère se fait angoissante, noire, pesante. Pourtant, des éclairs mélodiques déchirants parviennent à percer la purée de poids. Visuellement, seuls quelques faisceaux lumineux balayent la scène. Ceux-ci permettent tout juste de discerner les silhouettes fantomatiques des musiciens. Ces derniers apparaissent tels des spectres venus réclamer vengeance auprès des vivants. Inutile de résister, la voix plaintive de Jus Osborn a déjà pris possession des âmes fébriles. Autant se laisser guider. Le tourment prend alors un goût sucré et psychédélique. L’inévitable noyade se fait douce. Qu’il est bon de se laisser mourir. C’est alors que les lumières se rallument. L’illusion était parfaite. Electric Wizard : assurément l’une des expériences les plus marquantes de ce festival. Sp – Se


Hatebreed

Hatebreed monte sur la Mainstage 02 après Suicidal Tendencies. Difficile de faire mieux après la bande à Mike Muir, tant celle-ci a mis le feu au Hellfest. Eh bien c’était sans compter sur l’énergie de Jamey Jasta qui débarque sur scène en sautillant partout comme peut le faire son aîné. Mais avec la fougue de la jeunesse en plus. Il arbore un sourire qui ne cache pas sa joie de jouer ce soir. Jamey n’arrête pas de motiver la foule à sauter, tout en s’éxecutant lui-même et en agitant un bras de bas en haut. L’autre lui servant à scotcher le micro à ses lèvres pour débiter les paroles de chansons telles que « Straight To YouR Fate ». Après avoir eu l’occasion de voir les Cro-Mags, Vision Of Disorder ou encore Terror, Hatebreed nous balance une reprise des Black Flags. Le chanteur ne manquera pas de remercier tous ces groupes de les avoir influencés. Les autres musiciens se donnent bien et font dans l’efficacité, embrasant littéralement la foule qui en redemande. On peut voir ici et là de nombreux coreux agiter leurs bras et leur jambes dans des chorégraphies se rapporchant souvent des démonstrations d’arts martiaux ! L’ambiance ne retombera pas. Le frontman demande carrément à la foule de se lancer dans trois circle pit ! La tentative échoue. Le public a déjà beaucoup donné ce week-end en répondant positivement aux nombreuses sollicitations pour ce genre d’exercice. On laissera la parole de fin à ce fan dans la fosse pour faire la transition : « Eux, ils ne s’emmerdent pas avec des cheveux longs et les soli, c’est ça l’efficacité » en faisant allusion à Manowar qui jouera juste après sur l’autre Mainstage. Une bonne partie de l’assemblée quittera d’ailleurs les lieux avant que les warriors of metal ne débarquent… Cl – Ol


Amon Amarth

Les Vikings sont de sortie = tous aux abris ! Enfin, tous sous la Rock Hard Tent pour aller voir ce qui se fait de mieux sur la planète des riffs death mélodiques, à savoir le groupe Amon Amarth. C’est donc sur le titre éponyme du dernier album du groupe, « Twilight Of The Thunder God », que les suédois démarrent leur set qui sera, notons-le, directement placé sous le signe de la déflagration…visuelle. Et oui pour voir Amon Amarth sur scène, et ce en salle ou sous une tente, mieux vaut ne pas être épileptique ! Les stroboscopes sont utilisés à la limite du tenable et ce côté boîte de nuit, même si il est là pour valoriser l’idée de puissance, a tendance à lasser rapidement le public. Stroboscope + fumée = fatigue des yeux. Outre cette équation, nous avons assisté à une performance dantesque des Amon Amarth qui étaient, une fois encore sur ce concert, en parfaite osmose avec leur public. Et le fait que Johan soit très drôle est un bonus non négligeable : « maintenant vous allez chanter les paroles, enfin chanter, si vous ne comprenez pas c’est pas grave, c’est du death metal après tout bordel ! ». Un très grand « Guardians Of Asgaard », un super « Twilight Of The Thunder God », un mythique “Runes To My Memory” sans oublier le phénoménal “Pursuit Of Vikings”: le peuple Viking en a eu pour ses frais ! La voix de Johan Hegg est d’une profondeur exceptionnelle et son timbre reconnaissable entre mille n’aura jamais fait défaut tout au long du set. Quand même, voir tous ces vikings headbanguer en même temps : quel pied ! En une heure l’affaire est pliée…et les cornes de brume dans le public peuvent continuer à raisonner. Mission accomplie pour les Amon Amarth. Do – Se


Brutal Truth

A trop aimer un groupe, à trop attendre de lui, on risque la déception. Brutal Truth vient ici nous présenter son dernier album, Evolution Through Revolution, et c’est ainsi que les New-Yorkais, vont jouer les douze (!) premiers titres de ce nouvel opus. Nous avons donc droit à tout, de « Sugar Daddy » en passant par l’excellente « Get A Therapist… Spare The World ». Le groupe n’a pas changé en vieillissant : Dan est toujours défoncé en live, Kevin arbore son désormais fameux chapeau de cow-boy et chante toujours pieds nus (hommage à Henry Rollins), Rich blaste toujours avec cet air crispé (mais quelle nervosité !), seul Gurn n’est plus là et c’est Erik, un collègue de Nuclear Assault, qui se colle désormais à la gratte (guitare pas assez mise en avant, d’ailleurs). C’est la deuxième partie du live qui est vraiment impressionnante. Tous les vieux titres sont joués plus vite : « Still not loud enough ! Still not fast enough ! ». « Dementia » sera même jouée plus vite que sur le live Goodbye Cruel World ! Autre petit plaisir : Kevin qui gobe le micro et imite les cris du gorille (Cf. la pochette de Sounds Of The Animal Kingdom ?) Le groupe nous quitte après « I Killed My Family », Kevin nous dit ciao… Mais Rich ne doit pas l’entendre ainsi et ne veut pas en découdre. Il commence un solo de batterie, blaste tout seul. Du coup, les autres reviennent, au bout de quelques minutes, tout penauds. « Enfin merde ! C’est fini là ! », semblaient-ils penser. Et là on a le Brutal Truth qui fait plaisir : grind, humble, et simple. Eux : « Bon…Vous voulez qu’on vous joue quoi ? ». Nous : « Sisterfucker ! ». Et le groupe redémarre avec la reprise d’Eyehategod après 1h15 de grindcore boosté. Kevin perd enfin les pédales et commence à se fracasser le front à coups de micro. Le public, provenant de multiples horizons musicaux, semblait jusque là plutôt morne. Enfin il réagit et on peut conclure que Brutal Truth est fédérateur, surprenant et atypique. « Sisterfucker Part 1 », « Sisterfucker Part 2 », et Brutal Truth laisse les grindfreaks face aux Kings Of Metal… ou face à leurs duvets : brutale vérité. Fu – Ol


Manowar

Jusqu’à présent tous les groupes n’ont été en fait qu’une vaste première partie, rien de plus qu’une introduction, un « apéro » (comme dirait les beugleurs abrutis du camping) pour le seul vrai groupe de metal, les rois du metal, j’ai nommé Manowar. Cela fait des années que Manowar n’a pas joué en France à cause des restrictions sonores (Joe DeMaio nous en parlera à plusieurs reprises, notamment de l’Elysée « Montmerde » qui leur avait interdit de jouer assez fort…) et des rumeurs circulent sur le fait que, toute la journée, le son des scènes principales a été bridé pour que Manowar soit de loin le groupe jouant le plus fort. On parle 140 décibels.

La scène affiche un mur d’amplis couleur métallisée assez impressionnant. Nos quatre « true metal warriors » montent sur scène à exactement 0h12 et le concert commence avec la chanson « Manowar », Eric Adams est très en voix et fait participer le public. Le chanteur sera en constante communication avec les festivaliers, les faisant chanter ou prodiguant de (trop) longs discours. Même si dans ce domaine le sieur DeMaio restera imbattable ! Le son est effectivement fort mais peut-être que trois jours de festival ont habitué nos oreilles et, sincèrement, jusqu’au milieu de la foule c’est vivable. Au-delà, il est vrai que le son devient trop fort. S’en suit une grosse dizaine de titres (si l’on se trompe rectifiez-nous !) qui feront s’étaler le concert jusqu’à 2h55 du matin !

Playlist :
« Manowar »
« Blood Of My Enemies »
« Hand Of Doom »
« Brothers Of Metal »
« Call To Arms »
« Heart Of Steel »
« Sleipnir »
« Loki Gods Of Fire »
« Kings Of Metal »
« solo bass »
« The Gods Made Heavy Metal »
« Warriors Of The World United »
« Kill With Power »
« Hail And Kill »
« The Crown And The Ring ».

Durant tout ce long set (pas si long si on enlève tous les moments de speech et les quelques événements) seul Eric Adams est vraiment actif. Joey DeMaio (basse) et Karl Logan (guitare) se contentent de prendre des longues poses laconiques ou de jouer ensemble en bougeant leurs guitares en même temps à la ZZ Top… Scott Columbus (batteur) est remplacé pour cette tournée par Donnie Hamzik qui s’en sort plutôt bien malgré quelques pains.

La set list de la soirée est excellente même s’il manque quelques vieux classiques (notamment des extraits de Sign Of The Hammer) qu’on aurait apprécié à la place des extraits du dispensable dernier album. Après un solo de basse affreux (sérieusement ce mec a du talent pourquoi nous impose t-il quelque chose d’aussi mauvais ?!) à base de distorsion, floyd, larsens et tapping en son aigu, DeMaio nous fait un énième speech comme quoi « si on vous emmerde et que vous êtes un true warrior dites leur « fuck »… » A ce moment-là, les autres membres du groupe réapparaissent, Adams récupère le micro et nous réexplique l’histoire de l’Elysée « Montmerde ». On avait osé demandé à Manowar de jouer moins fort, refus de nos « true metal kings » qui annulent le concert quelques heures avant son début… Il explique également que Manowar ne voulait pas léser ses fans en jouant moins fort, et qu’ils voulaient revenir avec « style ». Donc les Manowar ne manquent pas de remercier le Hellfest d’avoir eu les « couilles d’acier » (oui « balls of steel » ça sonne mieux en anglais) pour les avoir fait venir. C’est donc à ce moment que les Manowar font monter sur scène Ben Barbaud et Olivier Garnier, respectivement organisateur du festival et chargé de promo, pour leur remettre un trophée du meilleur goût : des boules en acier. La classe absolue !

Qui n’a jamais rêvé d’une paire de couilles en acier à mettre sur télé, sur le patchwork à Mémé et sous le canevas de tantine Lucette ?!

On continue sur un gimmick bien connu du groupe qui consiste à faire monter une personne du public pour le faire devenir un « true warrior of metal » à l’aide d’une bière, d’un t-shirt à l’effigie du groupe et d’une guitare de la réserve personnelle de Karl… Il suffit d’y croire… Ces gars sont de sacrés commerciaux car, pour vous faire passer la pilule (30 Euros le t-shirt quand même !), les Manowar précisent qu’ils rendent « beaux, forts et puissants ». Après avoir supporté le solo de DeMaio, on a le droit à quelques minutes d’une souffrance relative en écoutant Cazu, l’heureux marseillais du forum de Radio Metal choisi par Eric Adams. Enchaînement sur la chanson « The Gods Made Heavy Metal », toujours avec notre Cazu national et un son dix fois moins fort pour lui que pour le reste du groupe. A la fin du morceau, la guitare lui est offerte. Bravo mec ! Le concert suit son court, tout le monde assure et les hymnes s’enchaînent. Il est 2h30 quand « Hail And Kill » résonne dans l’enceinte du Hellfest. Pendant ce morceau quelques ridicules petites fusées pètent dans le ciel et, au cours des deux ou trois minutes de larsen qui suivent le départ des musiciens, on se dit que Manowar est vraiment le Kiss du Metal ou plutôt le « Kiss du pauvre »…

MAIS CE N’EST PAS FINI !

Le groupe revient pour nous dire qu’ils seraient des enfoirés de partir de la sorte et c’est reparti pour un discours Joey « vendeur de t-shirts » DeMaio ! La musique repart de plus belle avec l’excellent « The Crown And The Ring » accompagné cette fois-çi par un superbe feu d’artifices digne d’un 14 juillet. Il est 2h55, on en a eu plein les yeux et les oreilles et même s’il fait sacrément froid on est heureux. Donc retirons l’expression « Kiss du pauvre » : surpris que nous sommes par la classe finale du concert.

Et si leurs t-shirts rendaient vraiment plus puissants finalement ? Se – Se




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  • « Cela fait des années que Manowar n’a pas joué en France à cause des restrictions sonores (Joe DeMaio nous en parlera à plusieurs reprises, notamment de l’Elysée « Montmerde » qui leur avait interdit de jouer assez fort…) et des rumeurs circulent sur le fait que, toute la journée, le son des scènes principales a été bridé pour que Manowar soit de loin le groupe jouant le plus fort. On parle 140 décibels. »

    Toute la connerie du métalleux de base en 2 phrases. Magnifique.

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  • En tout cas, je vois que vous n’êtes pas fermés au groupe puisque vous passez certains de leur titres.A quand une fréquence ? D’ailleurs je n’arrive pas à écouter les titres qui passent sur ce site.Quelle configuration faut il avoir? C’est tout pour aujourd’hui.Bonne continuation.

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  • C’est vrai qu’en tant que fan d’Epica,il est logique qu’on n’ait pas eu la même impression sur leur prestation ce jour là.

    Quand je parle de critiques régulières , je m’appuie notamment sur le compte rendu de cette prestation ainsi que sur le commentaire de Metal’O Phil au Metal Female Voice Fest (pratique comme nom de festival)du 17 et 18 Octobre « Un constat d’autant plus flagrant sur le dernier opus. Epica brasse de l’air, mais le fait bien, ce qui rend le concert à la fois plaisant et ennuyeux  » .C’est un peu excessif voire violent non ? C’est peut être un groupe qui se prend trop la tête avec ses réflexions philosophiques ? Mais bon, comme dit l’addage, « tous les goûts sont dans la nature » .

    Une question plus générale et peut être stupide.Vous parlez de heavy Metal pour Hollyhell.Est ce que vous incluez ce style dans le metal ou dans le hard rock ?C’est juste histoire de trancher un débat soulant entre métaleux.

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  • Hello Emeric,

    Epica notre tête de turc ?! Arf nous au sein de la radio on pense que c’est plutôt Spaceman notre tête de turc !! 🙂

    Epica est un groupe qu’on a beaucoup vu en deux ans et demi d’activité et on a trouvé sur ce coup que c’était pas folichon …

    Quand a Queensrÿche eh bien moi j’ai bien accroché même si j’en attendais plus. Il y avait une vraie ambiance sur ce concert mais la vraie clownerie du Hellfest était, nous sommes d’accord, Manowar…

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  • Désolé pour ce commentaire tardif mais je viens juste de découvrir votre site.Je dois dire que votre compte rendu est d’une très grande qualité.C’est admirable de voire encore des connaisseurs du Métal se donner autant de mal pour faire des critiques aussi étoffées.Je partage complètement vos points de vue sur Dragonforce,Moonspell,Kataklysm et la plupart des groupes évoqués sauf un : Epica. J’ai d’ailleurs remarqué que vous ne ratez jamais une occasion de les descendre.C’est dommage.Dire que leur concert a été l’une des grosses déceptions de la journée,c’est réducteur.Que dire des « performances  » de Dragonforce,Manowar,Queensryche…..qui m’ont fait fuir la mainstage au bout de 10 minutes ? Hélàs pas grand chose.
    Dire que le groupe(Epica) est statique…..hum hum….avez vous vu les concerts de Cradle et Heaven and Hell ? C’est vrai que c’est curieux que Epica se soit trompé dans l’intro de l’une de leurs chansons.C’est d’autant plus étonnant que c’est très rare que ça leur arrive mais ce n’est qu’un détail.Dans les premeirs rangs,on a été assez indulgent.Le concert ,dans son ensemble, a été plutôt agréable et d’une assez bonne facture.En revanche,je le concède,il est vrai que l’ambiance de leurs concerts pendant leurs tournées est nettement plus appréciable et électrique.

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