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CR De Festival   

HELLFEST 2009 A CLISSON (JOURNEE DU SAMEDI)



Festival : Hellfest 2009
Lieu : Clisson
Date : 20-06-2009 (samedi)
Public : 18 000 personnes environ


Offending

Il y a peu de monde sous la Rock Hard Tent, ce matin, pour assister à la prestation du vainqueur du tremplin Sin Session. Eh bien les absents ont vraiment tort ! Le son est excellent et le groupe pratique un death metal très efficace. Leur musique alterne mélodies épiques puissantes accompagnées d’un tapis de double/blast beat (mention particulière au batteur vraiment impressionnant) et riffs plus hardcore. Le groupe donne une prestation carrée et très dense. Jesus, le chanteur crâne rasé et grosse barbe, est vraiment bon et sa voix rappelle celle de Glen Benton (Deicide) en un peu moins grasse. Sa communication avec le public est également sympathique. On peut juste déplorer le manque de solo de guitare et le fait qu’il aurait été préférable de les voir dans un club. Ou de nuit en tout cas. Souhaitons à Offeding de sortir un album rapidement et de pouvoir à nouveau les voir près de chez nous ! Se – Se


Trepalium

Les Trepalium ont l’honneur d’ouvrir le bal de cette deuxième journée sur les deux scènes principales. Trente minutes : cela aurait du être une durée idéale pour que le combo puisse convaincre le public du Hellfest. En effet les nombreuses longueurs auxquelles nous avons assisté sur les premières parties de la récente tournée de Gojira étaient aussi la conséquence normale et logique d’un set trop long pour une première partie. Mais une fois encore, et malgré un temps réduit qui aurait pu permettre une meilleure exposition de leur musique, les Trepalium ont manqué le coche. Le souci c’est que les compositions du groupe charentais manquent tout simplement d’envergure. Et sur scène c’est justement le côté redondant qui prime sur le reste. Même si les musiciens sont assez énergiques, la voix de KK est extrêmement répétitive et manque de diversité. La prestation globale du groupe en pâtie clairement car on assiste à un show très uniforme. Mais malgré cela, les musiciens ont le mérite d’être en mouvement et de tenter des choses sur les compos, notamment sur le volet jazzy qui, bien que souvent mal exploité, montre que les Trepalium ont le goût du risque. Et pourquoi ne pas penser à enrichir le chant de KK ? Le pari est osé mais pourquoi pas dans le futur. Do – Se


Gama Bomb

Ah le revival du thrash speed des 80’s!!! Gama Bomb partage avec Evile, Bonded By Blood et Municipal Waste cet univers fait de jeans troués, de films gores et de pizzas saucées dans une bière bon marché. Les irlandais démarrent leur show avec un morceau de la B.O. du New York 1997 de John Carpenter. Et c’est un thrash vif et sans prise de tête qui prend le relai. « Zombie Blood Nightmare », « Hell Trucker », « Zombi Brew », les chansons parlent d’elles-mêmes. La voix est limite foutage de gueule tant les aigus de vieilles glaireuses feraient pâlir Udo. Mais on s’en fiche ! Pas besoin d’une voix suave ou bien éraillée quand on a l’assurance. Et le chanteur nous le prouve en se la jouant « Master Of Puppets »: il fait répéter des « Oh Yeah! Oh Yeah » au public qui s’exécute. Joey LaCaze regarde de sa scène les gamins avec un sourire en coin, nous faisons de même avec scepticisme (ça manque de méchanceté et d’épaisseur tout ça !). Mais le public mord à l’hameçon, vox populi… et puis que faire quand un groupe dédie l’un des ces titres à Jean Claude Van Damme ? Fu -Se


Grand Magus

Les matinées de festival ne sont jamais faciles. La plupart des festivaliers sont encore au camping voir sous la tente. Pourtant, en ce samedi, des accords plombants grondent au loin. Puis c’est comme une alarme sonnant le rapatriement des marins égarés qui retentit dans les airs. Ce sont bel et bien les trois Vikings de Grand Magus qui commencent leur set sur le génial “Like The Oar Strikes The Water”. Alors, tous accourent vers la berge où la bataille fait rage. Connu par les non initiés comme étant « l’autre groupe du chanteur de Spiritual Beggars », Grand Magus est bien plus que ça. Naviguant sur les eaux lourdes d’un stoner à tendances heavy voir doom, le navire se fait imposant, incontournable. JB impose son charisme sur la foule comme une chope de bière sur la table après s’être désaltéré. Le groupe ne fait pas de quartier, enchaîne les boulets de canon, tue femmes, enfants et vieillards sans discernement. Le commandant des armées n’en oublie pas pour autant le réconfort de ses hommes avec de nombreux mots de sympathie. Grand Magus achève les survivants par un autre de ses hymnes, le rouleau compresseur « Kingslayer ». A une heure de l’après-midi, les oreilles enfin rassasiées, les membres du bataillon peuvent maintenant s’occuper de leur estomac. Il est l’heure de réclamer pitance. Sp – Se


Outlaw Order

Voici l’Eyehategod en conditionnel, sans Bower et pour speedfreaks. Mike Williams est de retour et se la joue Brujeria façon pêcheur des marais. On nous balance des bras d’honneur, des insultes… c’est Oultaw Order. Les mecs se paient même ouvertement notre tronche sous prétexte que l’on ne comprend rien à leur baragouinage. Quoi qu’il en soit, Mike Williams a beau nous expliquer qu’il s’est couché à 8 heures du matin et qu’il ne devaît pas être encore levé, cette petite racaille a une voix encore plus déchirée que la veille. D’une voix black mince comme un filet à thon, il est passé, en une nuit bien arrosée, à des hurlements hardcore chargés comme un lendemain de cuite à la Nouvelle-Orléans. C’est malsain, c’est du « Al Quaida-core » nous disent-ils ironiquement (ils ont toujours détesté l’adjectif « sludge » inventé pour les qualifier). Et après un set uniquement composé de titres de leur premier album, Dragging Down The Enforcer, la Louisiane a encore convaincu le public des plaisirs du hardcore sudiste et dégueulasse. Fu – Se


Dagoba

Il est 12h55 lorsque les Dagoba entrent sur scène sous un beau soleil. Mais très vite le soleil va disparaître au profit du nouveau paysage lunaire qui se dessine sur Clisson…Le soleil est mort, la poussière est là. Dagoba est dans la place et tout a changé ! Le groupe marseillais a fait une prestation de très grande qualité ce samedi. On peut d’ailleurs affirmer sans soucis que Dagoba a effectué le meilleur set pour un groupe français sur cette édition 2009. Et ce bien loin devant Gojira. Les raisons ? Des circle pit à foison, un Franky à la batterie affolant de précision, un Shawter au chant précis et très bon communiquant avec le public, la bougeotte de tout le groupe…Bref, la prestation des Dagoba fut complètement démesurée à tous les niveaux et c’est ce qu’on aime. Le groupe a littéralement mis le Hellfest à ses pieds par la puissance destructrice de ses compositions. Le son était d’ailleurs très fort pour ce groupe. Ce qui renforçait la pêche des compos. « Back From Life », « The Man You’re Not » ou « The Things Within » sont des hits taillés pour la scène. Nous l’avons une nouvelle fois noté ce samedi. Une super performance. Do – Se


Mad Sin

La musique des allemands de Mad Sin est un mélange de punk et de rockabilly. Résultat : les musiciens du groupe ont tous des coupes à la Elvis Presley. Ce qui n’est pas forcément de bon goût mais c’est ce qui fait aussi leur charme ! Mad Sin : c’est avant tout une grande fête et un côté folklorique assumé comme le montre l’utilisation d’une contrebasse par l’ami Valle. Depuis plus de vingt ans les Mad Sin délivrent au monde des morceaux très courts dont la principale vocation est de faire danser le public. Mais côté son vous reconnaitrez sans nul doute que les compositions des Mad Sin tournent un peu en rond. En effet on a quand même le sentiment que cette musique est certes taillée pour la scène mais que quarante minutes suffisent largement à en faire le tour. Ce qui est mauvais signe en termes d’intérêt, convenons-en. Malgré cela, tous les membres des Mad Sin ont fait une prestation scénique de bonne facture. L’imposant Koefte deVille, au chant, assurant le spectacle à lui tout seul par ses simagrées assez drôles ou en se tapant le micro contre la tête comme un forcené. Bref Mad Sin c’est souvent fun, assez extravagant…et puis voilà. Do – Se


All Shall Perish

All Shall Perish fait partie de cette vague de deathcore américain qui envahit la scène metal depuis quelques années. Mais ils sortent vraiment du lot pour plusieurs raisons : ils sont techniquement irréprochables, les compos sonnent bien et les ASP n’ont pas un look de gonzesses (maquillage, mèches et pantalon slim). Qu’en est-il en live ? Bien que leur son soit très typé (batterie triggée à mort, guitares très denses) il est très bon. A peine votre serviteur a t-il le temps d’apprécier quelques morceaux et de se dire « wouha ce sont des bêtes, ça bouge, j’ai bien fait de venir ! » qu’il reçoit un message de l’ami Spaceman. Je cite : « Y a du sein a l air a Koritni ». Ma cervelle ne fait qu’un tour et le « j’ai bien fait de venir ! » se transforme en « quel concert à la con, je suis entouré de gros métalleux qui puent (comme moi à vrai dire !)». Bon recentrons-nous sur le sujet : en bref un bon concert très énergique et technique et un groupe à conseiller à tous les fans de metal extrême travaillé. Se – Se


Vader

Peter et ses nouveaux acolytes débarquent à 13h40. Le sympathique frontman se met tout de suite le public dans la poche en glissant quelques mots en français : « Clisson! », « français! », « ça va? Ça va? » ! Le nouveau line-up balance de l’avoine. Le guitariste à gauche du chanteur singe son copain en headbanguant de haut en bas tout en maltraitant sa guitare Ran. Malheureusement, et très vite, des problèmes de son font irruption. Pendant les soli, le son de guitare disparaît, laissant seule la batterie dans la sono… C’est notamment l’occasion de se rendre compte que le batteur mérite aussi le respect et n’a pas à rougir à côté des musiciens qui l’ont précédé derrière le kit de Vader. Une fois le problème de son résolu, on entend très bien les soli slayeresque de Peter, en plus concis et plus fous que ceux de Kerry King ! Encore un petit mot dans la langue de Molière, « Merci bien », avant la fin. Un « Back To The Blind » tonitruant, suivi ensuite du titre « Epitaph », enflamment sans mal la Rock Hard Tent. Les morceaux défilent à toute vitesse et la fin du concert approche. Après avoir fait plaisir au public de Clisson majoritairement français, mais aussi composé de nombreux étrangers, vient le temps de se dire au revoir et à la prochaine : « It’s been great to be here ». C’est donc sur un « Wings » fracassant que le groupe tire sa révérence. C’était bon ! Cl – Se


Koritni

Les australiens de Koritni montent sur les planches sous un accueil enthousiaste du public. Il faut dire que le groupe de l’ex-Green Dollar Colour est parvenu, à coups de concerts récurrents, à faire son trou en France. La musique du combo est efficace, immédiatement appréhendée et les musiciens occupent très bien la scène. Koritni bénéficie d’ailleurs de quelques restes de Mötley Crüe : un soutien-gorge se fait la malle au devant de l’assistance. Un imprévu qui ajoute toujours à l’aspect visuel du concert ! Malheureusement, le soufflet retombe un peu en milieu de parcours. Faute à un manque cruel de « tubes », de titres réellement mémorables. Le répertoire de Koritni est certes bien ficelé et très entraînant mais souffre de trop d’uniformité et de redondance. Un défaut qui a pour effet de lasser sur la longueur. Une prestation donc très sympathique et agréable mais qui montre les limites du répertoire du groupe. Sp – Se


skinless

Les Skinless font partie de ces deatheux au tempérament grind : simples, directs, et sarcastiques. Ils attaquent leur show en fanfare avec « The Final Countdown », manière de dire qu’eux aussi peuvent jouer, comme Europe, du Europe en playback. A vrai dire, Skinless est bourré de samples : on entendra la B.O.de Predator, un passage de The Shining, et pour clore leur show, un peu de Bluegrass. En tout cas, ce fut l’un des concerts les plus rock n’roll du Hellfest : le chanteur est un hyperactif dont le jeu de scène dynamique rappelle celui de Christophe des Inhumate. Notre gaillard remporte même la palme d’or du slam : on a rarement vu des vocalistes assez fakirs pour arriver à gueuler sur un lit de mains, de poings, et de doigts (hum). Skinless se permet même de donner explicitement une leçon à Papa Roach en matière de Braveheart, avec en musique de fond, « Thriller » de Mickael Jackson. Et enfin, les New-Yorkais n’hésitent pas à inviter le public à monter sur scène, et on se retrouve avec plus d’une centaine de joyeux larrons éclipsant tous les membres du groupe. Rock n’roll. Fu – Se


Terror

La bande à Ben Barbaud, le responsable du Hellfest, souhaite valoriser au maximum la scène hardcore. Notamment parce que Ben et Yoann sont tous les deux issus de ce milieu musical. Et cela paraît logique car les mouvements hardcore et metal sont assez proches, notamment de par une approche assez familiale de la musique. Mais « familial » ne serait peut-être pas vraiment le terme le plus juste pour évoquer la prestation des Terror en ce samedi 20 juin… ! Le célèbre groupe américain qui vient de passer par Paris avec Hatebreed, Born From Pain et d’autres sommités de la scène hardcore balance une musique hyper carrée et rentre dedans. Et si Scott Vogel, le chanteur du groupe, lance un message de paix pendant le set « je m’fous que ayez des co*illes ou des ch*ttes : on fait tous partie de la même famille ! » force est de constater que ce discours contraste complètement avec l’ambiance du show ! Circle pit et pogos à gogo, public niché sur les piliers maintenant le toit de la salle à deux mètres de hauteur, poussière du tonnerre devenant même un obstacle à la perception ( !) : ce concert de Terror fut incroyable en terme de fureur et de défoulement. Scott n’est pas étranger à ce rendu en parcourant la scène de fond en comble, comme le fera plus tard Mike Muir. On a également l’impression que les compositions des Terror sont véritablement pensées et écrites pour la scène. Le titre « Never Alone » en écoute sur le MySpace du combo confirmant le propos de par l’obligation du headbanguing qu’il nécessite. Bilan : comme le metal, le hardcore a dans sa raison d’être une folie jouissive qui fait toujours plaisir à voir et dont toute la quintessence peut justement se mesurer en live. Terror et son public on livré une performance hallucinante qui méritait vraiment le coup d’?il. A revoir. Do – Ol


Pain

Le groupe de Peter Tägtgren envoie la sauce à 13h40 ce samedi. Pain, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un metal électronique aux relents popisants. Musicalement ça se tient, et sur scène aussi. Peter et ses acolytes sont carrés et, sans en faire des tonnes, ils parviennent à convaincre une foule experte en mélodies facilement assimilables. Le morceau « End Of The Line » est le moment fort du concert. Et oui au début de la chanson, Peter et ses collègues headbanguent tous en même temps pour un effet garanti. « Que ça comme moments forts ?! » me direz-vous ? Eh bien en effet. En résumé, Pain sur scène est une machine assez bien rodée, pas si puissante que cela, qui balance ces riffs millimétrés avec des samples derrière. C’est d’ailleurs un peu le problème de ce groupe aux mélodies parfois simplistes…ça peut tourner en rond rapidement. Alors au bout de quarante minutes de set, on n’aura pas retenu grand-chose d’un show sans grandes surprises. Le pseudo tube « Shut Your Mouth » satisfaisant sans soucis une foule conciliante… Do – Ol


Devildriver

Les membres de DevilDriver arrivent sur scène sur une intro symphonique et Dez Fafara (ex-Coal Chamber) a même une bouteille de vin rouge à la main ! Une façon de montrer qu’il est grand amateur de jaja et de faire un clin d’oeil à la France. C’est « Clouds Over California » qui ouvre les hostilités. Le groupe passe en revue ses meilleurs titres avec « Die (And Die Now) » ou encore « Not All Those Who Wander Are Lost ». Conséquence : le terrain devant la Mainstage 01 devient un véritable nuage de poussière. Le groupe en remet une couche et c’est au tour de « Hold Back The Day » d’être joué, suivi de « These Fighting Words ». Et puis le combo californien décide de nous interpréter un titre du prochain album qui sortira bientôt chez Roadrunner. Mais pour l’instant, l’actualité de DevilDriver est la sortie d’un opus live. D’ailleurs le backdrop reprend l’illustration de la future pochette avec un hibou noir sur fond blanc qui tient dans ses pattes deux os formant une croix. Dez n’en finit pas de solliciter la foule, demandant « qui a vu et qui n’a pas encore vu Devildriver sur scène ». A ces derniers il leur ouvre les bras et dit : « Welcome In The Family ! « . Sympa. Tout le monde est remonté à bloc. Le groupe délivre une excellente performance et le public répond bien aux nombreuses sollicitations du frontman. Sur « End Of The Line », les DevilDriver organisent un circle pit géant qui remue encore une fois la poussière qui peine à retomber. Pourtant le groupe continue à mettre le feu et le bassiste n’arrête pas de faire des hélicos avec ses cheveux tout au long du set. Enfin c’est le calme après la tempête. Le groupe repart sous un tonnerre d’applaudissements pour ce qui fut un excellent concert de ce cru 2009. Cl – Se


Aura Noir

“The ugliest band in the world!” Voilà enfin du thrash Evil, du black thrash qui attaque. On est moche mais on fait des riffs excellents. Et pour cause, l’ami Blasphemer (maintenant ex-Mayhem) est parmi nous. Le son est crade, la basse omniprésente (c’est un plaisir motörheadien) et le chanteur rappelle la fougue d’un Cronos. Aura Noir est si old school qu’à coup sûr ils sont le chaînon manquant entre le punk et le black de la première vague. Voilà des vociférations qui crachent la méchanceté, une voix qui a de l’épaisseur, de l’impact, et de la crasse. Autre bonne chose : cette surprise d’apercevoir que le batteur n’est autre que Hellhammer. Evil comme Sarcofago, intègre comme Bathory, et déchaîné comme Venom. Aura Noir a beau délivrer, de « Conqueror » à « Fighting For Hell », un set assez monotone, voilà enfin un show qui vient couvrir d’un peu de fumée bien noire les métalleux jumpy à bouclettes. Fu – Se


Heaven Shall Burn

Une fois n’est pas coutume, voici Heaven Shall Burn, un groupe qui rentre sur scène avec une intro. On ne compte plus ce genre d’initiative sur les trois jours et ça commence à devenir un effet sans surprise… La douceur du piano cède vite la place à la rage des guitares. Le death-core des Heaven Shall Burn déferle sur le Hellfest. Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout est très bien calibré. Les cinq membres portent tous une chemise rouge et jouent leurs parties avec conviction. C’est l’efficacité à l’allemande ! Sur la guitare d’un des deux gratteux est d’ailleurs inscrit la citation « macht kapput » que l’on pourrait traduire chez nous par « tout casser ». Pourtant, au final, ça ne casse pas trois pattes à un canard. La prestation des HSB est certes très bien faite mais l’ensemble manque d’originalité. Le bassiste a beau se démener et le chanteur réclamer un circle pit sur « Profane Believers », tout cela peine à pimenter une prestation d’un groupe…qui ressemble à plein d’autres. Cl – Ol


Cradle Of Filth

Une chronique live sur deux que l’on peut lire sur Cradle of Filth est très critique… et en mal. Cependant, depuis quelques années, le groupe de Dani aurait progressé dans ce domaine. Pour tout vous dire, en cette fin de samedi après-midi, le groupe anglais n’aura pas convaincu… La voix death de Dani est audible mais lorsqu’il se met à brailler en voix black cela devient un calvaire. Le chant est vraiment insupportable et cela gâche le show pour ceux qui ne sont pas fans du groupe. Ajoutons que voir un groupe de black sur une grande scène, en pleine journée et sous un grand soleil, n’est pas à faire. Le son est brouillon et quand le vent se lève il se met à fluctuer selon les bourrasques… Autant les premiers rangs sont dévoués fait et cause pour Cradle autant, sans vouloir parler pour le reste du public, les autres subissent avec plus ou moins de plaisir le heavy black symphonique de Dani et sa bande. Quelques points positifs tout de même ? Oui, on peut noter la présence d’une charmante claviériste (Il s’agit apparemment d’Ashley « Ellyllon » Jurgemeyer d’Abigail Williams), sorte de croisement entre Simone Simons et une Crucified Barbara, qui enjolivera considérablement ce concert. Le public aura pu profiter d’un « Gilded Cunt » plutôt sympathique. Mais pour apprécier ce concert il fallait vraiment être fan du groupe et de son second degré si particulier… mais pour les autres, quel calvaire ! Se – Se


Immolation

Immolation est réputé pour ses prestations scéniques de qualité. Ross Dolan, le chanteur/bassiste, hurle avec haine et conviction ses paroles. Le guitariste Robert Vigna lève, pour sa part, sa guitare et monte le manche à la verticale pour faire encore plus de démonstration. Les riffs s’enchaînent à une vitesse fulgurante, et il n’y a pas de doute, ces quatre-là maîtrisent leur sujet. Le tempo ne redescend pas souvent, si ce n’est pour des parties incroyablement lourdes. Le groupe est en grande forme, sans doute parce qu’il s’agit seulement de leur deuxième concert de l’année. Les Immolation ont donc beaucoup d’énergie à donner au travers des titres « Den Of Thieves » issu du dernier EP ou encore les plus classiques « I Feel Nothing » ou « Father You’Re Not A Father ». Une belle démonstration de brutal death ! Cl – Se


Moonsorrow

Moonsorrow est un groupe particulier. Son metal ayant évolué au cours des années, il est difficile de savoir ce que le groupe donne en live. Ces premiers albums ont un style avec des morceaux plus courts et plus festifs tandis que les deux derniers opus, ainsi que leur récent EP, présentent des chansons très longues, à tiroirs et progressives. Il semble bien évidemment difficile que le groupe ne joue qu’un seul grand morceau ce soir mais cela aurait été appréciable pour les fans de leurs derniers albums… Le groupe choisit a contrario de jouer des morceaux mid-tempos, festifs et rentrededans de ses premiers opus (un peu à la Finntroll). Le son est clair et équilibré, seuls les claviers sont peut-être un peu trop présents. Ce qui marque c’est le décalage entre l’aspect détendu des musiciens et le fait qu’ils soient barbouillés de faux sang et qu’ils jouent une musique plutôt bestiale. Le groupe est heureux d’être là et communique bien avec le public, ils se plaindront d’ailleurs du fait de ne pas pouvoir jouer fort (digne descendance de Manowar à qui ils dédieront d’ailleurs un morceau) et on aura le droit à un « Vous êtes magnifiques !!! ». Le concert nous aura fourni une multitude de mélodies faciles à retenir et chanter. Bon show donc, même si on aurait rêvé d’un morceau du dernier album ou EP… Se – Se


Soulfly

A peine entré sur scène, Max hurle « Blood, Fire, War, Hate » à plusieurs reprises et entre dans le vif du sujet avec cette chanson qui ouvre aussi Conquer, le dernier Soulfy. Marc Rizzo, comme à son habitude, bouge et joue bien. Marc apporte l’énergie supplémentaire qui manque à Max. En effet notre vieil ours a l’air bien fatigué et ça se ressent dans sa voix. Le groupe entame « Sanctuary » et on se dit qu’on va avoir le droit à un titre de Cavalera Conspiracy. Fausse alerte, il s’agit d’un medley avec le titre « Prophecy ». On aurait d’ailleurs pu se prendre à rêver que Joe Duplantier prenne la basse sur ce morceau car Gojira était présent backstage en attendant de jouer sur la même scène juste après Soulfy…Dommage. Mais que serait Soulfly sans l’esprit de la tribe, de la famille? Ritchie, le fiston, débarque donc pour interpréter une chanson de l’album Conquer. Cavalera père et fils s’époumonent sur ce titre. Mais on s’en tape un peu de tout ce bazar de la tribe… Le public est là pour avoir du lourd et Ritchie manque sincèrement de coffre et de maturité. Heureusement on a enfin le droit aux hits de Sepultura ! « Troops Of Doom » et « Refuse / Resist » sont enchaînés à une vitesse hallucinante et il n’y a pas de repit dans le pit. Un fan est, par ailleurs, invité à taper avec le reste du groupe sur les fûts. Déjà, il n’a qu’une seule baguette à la main ce qui ne fait pas très sérieux, mais il a l’air surtout paumé et ne sait pas trop comment taper un rythme… La suite n’est pas des plus folichonnes, « Roots Bloody Roots » manque cruellement de peps. On regretterait presque Sepultura version 96/97 pendant le Roots Tour où ce titre ouvrait les concerts de manière magistrale. Mais nous sommes à Clisson et Soulfly a aussi d’autres choses à dire. Heureusement « Jump The Fuck up » rattrape un peu le niveau. « Eye For An Eye », avec son final empreinté à « Creeping Death » de Metallica, termine ce set en demi-teinte sur une note positive. Cl – Ol


Clutch

C’est sous la chaleur assommante de fin d’après-midi et une atmosphère poussiéreuse que Clutch entre en scène. Les éléments ne pouvaient pas mieux être disposés pour mettre en avant le desert rock du quatuor de Germantown. L’accroche musicale est immédiate grâce à un répertoire plutôt varié. En effet, Clutch ce n’est pas seulement du stoner, c’est aussi une pincée de soul qui démarque quelque peu le groupe de la masse. Chaque titre interprété fait mouche et le public ne résiste pas aux rythmes dansants de Jean-Paul Gaster. Impressionnant de groove et de feeling, l’homme semble en transe derrière sa batterie. C’est avec son compère Dan Maines à la basse qu’il livre une savante alchimie soul, limite funk, pouvant transformer n’importe quel fan de Napalm Death en Travolta. Avec toutes ces qualités, quel dommage que le groupe ne soit pas plus présent sur scène, car bien trop statique. Malgré ce petit défaut, c’est réellement un très bon moment que Clutch à offert aux festivaliers. Sp – Ol


Gojira

Gojira reprend titre pour titre le set qu’il nous avait proposé en tête d’affiche il y a quelques mois. Durée du show oblige : ils ont dû supprimer le superflu…mais quel superflu ? Nous n’avions déjà plus aucun titre de l’album The Link, fallait-il aussi faire l’impasse sur Terra Incognita ? C’est pourtant ce qu’a choisi le groupe. Mais le Hellfest a aussi son mérite, à savoir des caméras qui nous permettent de mieux apprécier le jeu de batterie de Mario. Du coup, on peut véritablement comprendre en quoi le batteur est toujours réputé être le sportif du groupe. A l’épreuve de force et de vélocité, s’ajoute la sueur aveuglante qui le pousse à jouer yeux fermés. On croirait voir un automate au jeu instinctif, avec un visage impassible et concentré de bonze. Et puis c’est toujours réjouissant de voir que Joe est plus à l’aise dans les échanges avec le public. Cet « Indians » nous raconte que Gojira revient tout juste d’une tournée aux Etats-Unis, et que là-bas, le public est mortel. Implicitement : le public européen est plutôt lymphatique et cul-de-plomb. D’ailleurs, Joe va même l’ajouter clairement. Lynchage du public, mais cela se révèle être un bon moyen de chauffer le public à prouver le contraire sur « Flying Whales ». Le groupe revient après un solo de batterie qui s’apparente plus à un simple interlude. Et on a droit au final à « The Way Of All Flesh », sans le dessin animé cette fois-ci, et au brise-nuque « Oroborus ». Même si Gojira parvient à développer davantage d’images oniriques en salle, l’émotion de la musique des bayonnais reste, elle, intacte. En témoigne le refrain toujours aussi poignant de « The Art Of Dying ». Fu – Ol


Amebix

Connu à l’origine sous l’appellation de « groupe sans nom », Amebix a fait sa carrière entre 1978 et 1987, avant de splitter puis se reformer plus de vingt ans plus tard, en 2008, avec notamment Roy Mayorga (Stone Sour) derrière les futs. L’?uvre d’Amebix ressemble à une sorte d’Orgasmatron enrichi au souffre. Le Crust appelle-t-on ça. Une symphonie géologique primitive. Si la tectonique des plaques était un film, la musique du trio en serait la bande originale. Chaque martèlement de grosse caisse donne lieu à un tremblement de terre. Chaque claquement de basse ouvre des failles vers les entrailles de la terre. Une musique plombée par les roulements de toms, tels des éboulements de rocs dévalant une falaise. Face à ces forces de la nature, la foule semble pétrifiée. Dubitatifs ou hypnotisés ? Difficile de se faire un avis tranché sur une musique aussi originale. Une performance en soit si l’on considère l’âge (de pierre) de la formation. Sp – Ol


Kickback

Kickback ou le « négative hardcore »… « Salut mes p’tites putes » et « on va encore vous baiser » (en référence à leur show ici même en 2007 qui avait été très mouvementé) serviront d’introduction au concert. Très classe, très fin. Il parait qu’il n’y a rien à dire, « c’est Kickback » me répondront tous les coreux à qui j’aurais posé des questions sur l’attitude étonnante du groupe. Apparemment le combo est même adoubé par d’autres formations à l’étranger. N’empêche que pour le spectateur lambda, l’attitude de Kickback semble aussi fine que celle d’un groupe de true black metal evil de MJC. Est-ce du second degré ? Concernant la musique ils alternent les passages classiques HCNY et des moments plus atmosphériques à la Cult Of Luna ou Envy. Difficile de comprendre l’engouement du public pour un combo comme celui-ci même s’il est indéniable qu’il diffuse une certaine énergie. Déluge de crachats dans tous les sens ? La classe, toujours la classe vous dis-je ! Le chanteur va taquiner à plusieurs occasions la foule avec un peu d’ironie : « ça va ? » ; « n’y aller pas trop fort dans la fosse, faut pas s’faire mal ». S’en suit quelques « pd » de la part du bassiste. On a le droit enfin à une chanson dédicacée à différentes femmes de la famille de personnes du public que le chanteur désigne directement. Difficile de traiter un concert tel que celui-là. La musique n’est pas si mal mais parlerait-on de cette formation sans son côté provoque prononcé ? Se – Se


Enslaved

La musique d’Enslaved est une invitation au voyage. Mais pour savourer le trip proposé par les norvégiens, encore faut-il accepter de se faire porter par les compositions intenses pleines de groove mais pas forcément faciles d’accès à la première écoute. Car Enslaved est un groupe qui propose une musique agressive, profonde, et teintée de riffs progressifs. Dans la démarche musicale, une formation comme Tool n’est pas loin. Pas facile d’accès certes, mais tellement enivrant quand on accepte la tentation de l’ivresse…Le public assiste donc à une prestation live d’Enslaved de la même manière que l’on découvre un album du groupe : en le savourant de plus en plus, le temps aidant. Au début du show la mayonnaise peine donc à prendre mais une fois le contact établi, on ne peut que rentrer dans la musique du combo et se laisser prendre par des compositions extrêmement riches. La voix de Grutle Kjellson sait se faire black tout en ayant la possibilité de la moduler vers d’autres contrées plus claires. La force du groupe réside bel et bien dans cette capacité de mélanger de très jolies voix puisque Grultle mais aussi Ice Dale (guitare) et Herbrand (claviers) apportent leur science de la vocalise. Ce savant mélange renforce le caractère unique de la prestation live d’Ensalved. Un set, notons-le, fort bien mis en valeur par un ingé-lumière qui sait très bien amalgamer la musique du combo norvégien avec des lumières tamisées qui ont tendance à osciller entre le bleu et le violet. La prestation, sur le volet musique, est également très riche avec la mise en valeur de Vertebrae, le petit dernier, sans oublier des vieilleries rentre dedans qui n’ont pas manqué de satisfaire les premiers fans du groupe. Un super concert. Do – Ol


The Misfits

Les Misfits : un autre groupe culte de cette édition du Hellfest joue ce soir. Même si les Misfits se font très rares en Europe, eh bien la foule n’est pas des plus denses. Ca fait très longtemps qu’ils ne sont pas venus jouer en France et le groupe a clairement vieilli. Derrière la batterie on aperçoit un petit gars chauve en short et torse nu qui fait penser à Pierre Dac dans le sketch du fakir avec Francis Blanche ! On est très loin de l’image d’un groupe d’horror punk ! Pourtant Robo, concentré sur son instrument, possède un jeu énergique. A la basse, ce n’est pas Glenn Danzig, mais bien Jerry Only avec son intrument au look de tête de mort. A la guitare, on a l’incroyable Hulk…euh non…c’est en fait Dez Cadena grimé en mort dans une tonalité verte. Voilà pour ce qui est du côté horror. Le reste, c’est du punk qui tire vers une musique très rock n’roll. Les titres sont très courts et directs. Ainsi la set-list est sans doute la plus longue du festival pour remplir cinquante minutes de show. On aura le droit à « Halloween », « Green Hell », « Teenager From Mars », « Attitude » qui avait été reprise par Guns N’Roses sur The Spagghetti Incident avec Duff au chant. Aussi « Astro Zombies », « Skulls », « 20 Eyes », et encore « Six Pack », avec un membre des Black Flag qui les rejoint sur scène, sont joués. Dans la rubrique people, on peut voir dans la foule Flockos d’Ultra Vomit ou encore Gorgor de Phazm. Mais le principal reste la musique et là encore ça défile. « London Dungeon », « Dig Up Her bones », et les fabuleux « Last Caress » et « Die Die My Darling » sont mises en avant. Des titres popularisés par Metallica sur le « Garage Days » EP. Après cette déferlante de morceaux, le groupe quitte la scène avec un simple « au revoir ». Les Misfits sont venus, les Misfits ont vaincu. Cl – Se


Machine Head

Le concert de Machine Head a divisé la rédaction de Radio Metal. Pour être honnête la très grande majorité du staff a été subjuguée par la performance du groupe américain. Votre serviteur n’en fait pas spécialement partie car si l’on peut reconnaître à Robb Flynn une pêche d’enfer et une volonté de tout casser, les autres musiciens sont un peu plus renfrognés. Notamment Adam Duce, bassiste de son état, qui a clairement le visage fermé. La continuation logique sur scène des problèmes personnels avec l’ami Flynn ? Le contraste est saisissant en tout cas, surtout pour un combo que nous avions vu ici même en 2007 sans cette différence d’état d’esprit au sein des membres. Reconnaissons à Robb Flynn son indéniable charisme qui lui a permis d’exercer tout au long du set une véritable emprise sur le public. Dès « Imperium », le premier titre, la fosse devient complètement folle et les circle pit, toujours aussi impressionnants, se mettent en place (presque) sans que le frontman de Machine Head n’évoque le sujet. Wouch ! Si l’ambiance dans le pit, sur ce concert de nos amis d’Oakland, fut incontestablement l’une des meilleurs de l’édition 2009 du Hellfest, le choix des titres joués ce soir prête quand même à débat. Trop peu de morceaux de The Blackening furent interprétés même si, reconnaissons-le, cet album avait déjà été bien mis en valeur deux ans auparavant. En tout cas « Old » et « Davidian » font toujours aussi mal à l’impact et Machine Head aura su proposer une set-list variée en mettant toutefois trop de temps entre les chansons. Lorsque le temps est compté, mieux vaut jouer un maximum de titres non ? Mise à part ces légers points de détails, la communion entre le groupe et son public est réel et on pouvait vraiment sentir dans le regard de Robb Flynn que ses « awesome » en direction de la foule venaient du fond du c?ur. Impressionnant. Do – Se


Vision Of Disorder

Avec Vision Of Disorder, voici une autre référence de la scène hardcore New-Yorkaise. L’ambiance est furieuse et la sécurité a du boulot pour récuperer les slammers dans la fosse. Les américains démarrent en trombe et le chanteur est une vraie pile électrique. Les deux guitaristes enchaînent les morceaux et le son est un véritable rouleau compresseur. Dommage pour la quasi absence de lumières…même si le hardcore n’en a pas particulièrement besoin. Ces lumières étaient en effet très discrètes mais, en même temps, c’est de l’énergie et du circle pit que le public souhaite. D’ailleurs, le chanteur n’arrête pas de descendre de la scène pour aller partager son micro avec le public. Et ce sur quasiment tous les refrains. Superbe ambiance et une énergie brute comme sait uniquement nous faire partager le hardcore. Ol – Ol


Cro-Mags

Groupe mythique formé en 1981 par Harley Flanagan, Cro-Mags débarque au Hellfest à 1h du matin ce samedi. Et force est de constater que les fans du style n’ont pas raté l’événement. Cro-Mags a contribué à la création du hardcore avec l’album « The Age Of Quarrel » en 1986 et a influencé différents groupes comme Biohazar, Vision of Disorder et bien d’autres. Malheureusement un line-up sans cesse en mouvement n’a pas aidé le groupe a promouvoir sa musique sur les scènes du monde entier. Malgré cela, les Cro-Mags reviennent en 2009 avec des membres motivés : deux ex-Cro-Mags, Craig Setari, le bassiste de Sick Of It All sans oublier le guitariste de Leeway. La set list de Cro-Mags fut essentiellement basée sur les vieux classiques et les fans n’attendaient, à vrai dire, que ça. Le groupe nous a également offert deux reprises de Bad Brains, une autre formation culte. La son était bon et l’ambiance excellente pour ce rendez-vous avec l’Histoire du hardcore américain. Ol – Ol


Sacred Reich

Comme le faisait remarquer Robb Flynn sur la grande scène, il y avait beaucoup de ses amis sur le festival aujourd’hui. Et nul doute que Sacred Reich en faisait partie. Ce groupe fut, en effet, le bercail de Dave McClain qui officiait au poste de batteur avant son intégration dans Machine Head. L’imposant Phil Rind ne manque pas aussi de parler des groupe « awesome » qui ont joué aujourd’hui. Mais assez parlé camaraderie : venons-en à la musique. A quoi s’attendre de plus que du bon thrash des familles sur ce set ? Un thrash pour les amateurs de veste à patchs encore debout minuit passé avec des litres de bières descendus tout au long de la journée ? Pas grand chose. Pour ceux qui ont encore leurs sens éveillés, il est à noter que l’imposant bassiste/chanteur a encore une super voix. Les membres du groupe ont beau avoir bientôt vingt-cinq ans de carrière, leurs capacités à interpréter justement leur musique est remarquable. Le groupe nous délivre aussi une excellente reprise de « War Pigs » des Black Sabb’. Mais leur compositions sont plus à comparer avec l’école thrash américaine comme les vieilles chansons de Slayer et compagnie. Ainsi le titre « Death Squad » pourrait rappeler « Chemical Warfare ». En bref, un bon moment de thrash à l’ancienne. Cl – Ol


Killing Joke

A Radio Metal nous aimons les combos qui prennent des risques assumés. En interprétant pendant une heure des titres de sa première période, Killing Joke a pris un risque, mais un risque mesuré. En effet d’un côté, pour les trente ans du groupe et avec son line-up originel, la mise en valeur des « Requiem », « Wardance », « Love Like Blood » ou encore « Eighties » se révèle complètement compréhensible. Surtout devant un public du Hellfest qui devient de plus en plus anglais chaque année. La fosse, composée en très grande majorité de quadra, est donc super satisfaite de la set-list. Cette dernière d’un autre côté, et même si elle est très cohérente, délaisse donc les morceaux des quinze dernières années. « Pandemonium », le dernier titre joué, étant l’exception qui confirme la règle. Killing Joke a donc fait un choix et nous devons le respecter. A voir les nombreux sourires dans la fosse, on peut constater que ce choix peut même être qualifié de bonne décision. Les tubes pop son très efficaces, surtout dans ces atmosphères bleutées qui apportent une certaine fraîcheur sur un festival metal. Jaz Coleman est toujours aussi démonstratif et chante même avec Youth sur certains titres. Intéressant. Geordie et Paul Ferguson sont, eux, plus effacés mais on ne leur demande pas d’être différents de toute façon ! On comprendra aisément que la prestation des Killing Joke soit, pour certains, analysée comme la démonstration d’un combo dont les mélodies peuvent paraître un peu vieillottes. Mais ce serait méconnaître le contexte de ce concert et les choix qui en découlent. Bilan : très bon show du Joke qui, bien sûr, ne pouvait pas faire l’unanimité avec les décisions évoquées ci-dessus. Do – Se


Marilyn Manson

Avant, on allait voir le Reverend comme on assistait à la messe. On se frottait au God of Fuck, comme pour enlever toutes les pustules infligées par les êtres moribonds qui s’achoppent à nous. Mais depuis quelques années, on ne va plus voir Manson : on va se rincer l’?il en assistant à la psychothérapie de M. Warner. Du coup, Manson est devenu l’Elephant Man contemporain. « Monstre in fronte, monstre in animo » : un homme conscient de ses failles et de ses faiblesses, mais qui, plutôt que de les farder comme le commun des mortels, débarque avec un air aussi triomphal que pathétique pour les exhiber à la face du monde. Et viennent les quolibets de ces crétins de journalistes, l’ouvrier de la presse qui demanderait limite un supplément s’il devait penser, penser et panser. « Ah non, je ne veux pas faire le report de Manson » entendions-nous de la part de certains de nos con(frère)s dans l’espace VIP. Plus facile de parler Ibanez que de donner du sens. Napoléon de son propre monde, c’est tout bonnement coiffé d’un tricorne que Manson démarre son show. Il s’est fait attendre, il s’est fait huer, mais le voici enfin. Première déception : pas de Twiggy, et Manson déambule autour d’un quatuor grotesque et clo(w)nesque entre Indochine et La Maison De Cire. De la formation initiale, seul Ginger demeure. Néanmoins, Manson est en forme, et sa voix est bonne (bien que trop mise en avant). Notre Antichrist Superstar a choisi de purifier son set de toutes traces de Dita Von Teese ; aucun titre de la période Golden Age Of Grotesque, et Heart Shaped Glasses. Par contre le public peut faire « Hail !» sur « Disposable Teens » et « Love Song ». On aura bien sûr les cultes « Irresponsible Hate Anthem » et « Sweet Dreams ». Entre les titres, on a même droit à du vieux : les samples sortent du grenier avec par exemple « Fuck Frankie ». Le point fort, ce ne sera pas le finish « Beautiful People » ni le retour de la reprise « Rock N’Roll Nigger » (d’après vous, clin d’?il à qui ?). Ce sera en fait « Great Big White World » que chante Manson dans un immense aquarium vide. Isolé dans ce bocal, pris à son propre piège comme Houdini, Manson hurle « I’m not attached to your world ». Et l’on comprend la tragédie de sa petite vie : devenir une big rock n’roll star dans un monde qu’il n’aime pas. Fu – Se




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