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CR De Festival   

HELLFEST 2009 A CLISSON (JOURNEE DU VENDREDI)



Festival : Hellfest 2009
Lieu : Clisson
Date : 19-06-2009 (vendredi)
Public : 18 000 personnes environ


Orakle

Lourde tâche que celle d’ouvrir un festival de l’envergure du Hellfest. Le poids des pointures Ă  venir doit certainement se faire Ă©crasant et chauffer des festivaliers sur la rĂ©serve ne doit pas ĂŞtre Ă©vident. Il est 11h du matin, Orakle s’apprĂŞte Ă  combattre le jour. En effet, le black metal clair obscur du combo d’Angervilliers sied mieux aux nuits Ă©toilĂ©es qu’aux matinĂ©es humides. Pourtant, lorsque l’oracle daigne s’ouvrir, une certaine magie opère. Par intermittence, un voile tĂ©nĂ©breux, perdu Ă  cheval entre rĂŞve et cauchemar, parvient Ă  masquer la lumière qui tente de pĂ©nĂ©trer dans l’enceinte. Orakle propose une musique Ă  la maĂ®trise mature mais qui pourtant gagnerait Ă  dĂ©velopper plus de sa personnalitĂ©. L’ombre d’Arcturus et d’Emperor n’est en effet jamais bien loin. De mĂŞme, un peu plus de travail sur la prĂ©sence scĂ©nique et un charisme serait Ă  dĂ©velopper. Une fois ces quelques barrières tombĂ©es, assurĂ©ment, la magie sera complète. Le groupe Ă©tant encore jeune, avec seulement deux albums Ă  son actif, il y a fort Ă  parier qu’Orakle saura combler ses petits dĂ©fauts. Sp – Se


Gokan

Gokan n’a, lui non plus, pas la tâche aisĂ©e lorsqu’il pĂ©nètre sur la grande scène du Hellfest. En effet le combo nantais s’est vu octroyer le droit de fouler les planches de Clisson Ă  la dernière minute. La situation gĂ©ographique du groupe facilitant leur accession rapide au site du festival. Le malheur des uns fait donc le bonheur des autres puisque c’est le forfait de Bring Me The Horizon qui permet au Gokan de s’exprimer devant le plus grand nombre. Le combo Ă©volue dans un death metal teintĂ© de hardcore. Une musique que l’on qualifiera de classique qui ne rĂ©volutionnera sĂ»rement pas le genre mais qui a le mĂ©rite d’extraire le public clissonnais de sa torpeur matinale en Ă©vacuant ses dernières ( ?) vapeurs d’alcool. La musique des Gokan facilite le headbanguing et, au final, on se doit de souligner que si le groupe ne met pas en avant des compositions extraordinaires, il parvient Ă  prendre tout l’espace de la grande scène du Hellfest. Ce qui est dĂ©jĂ  une sacrĂ©e victoire pour cette jeune formation qui a vu le jour en 2005. Do – Se


Squealer

On change de scène pour assister Ă  la prestation des Squealer. Un groupe de heavy qui vient « revivre ce que l’on a vĂ©cu par le passĂ© » comme le souligne son chanteur, Pascal Bailly. Une petite intro au clavier et ça dĂ©marre pour trente minutes d’un show oĂą l’on ne dĂ©gagera aucune longueur. L’enthousiasme de Pascal et de ses collègues fait plaisir Ă  voir et c’est avec une joie non dissimulĂ©e que le public du Hellfest savoure les tubes de cette formation qui a connu son heure de gloire dans les annĂ©es 80. On peut souligner la très bonne prestation de tous les membres de Squealer qui n’hĂ©sitent pas Ă  participer aux backing vocals pour un très bon rendu. « What You Gonna Do » se rĂ©vèle ĂŞtre un sacrĂ© morceau dont le refrain vous restera dans la tĂŞte pendant de longues heures ! Seul bĂ©mol sur la prestation des Squealer : un son global moyen. Do – Se


Melechesh

On raconte que Melechesh a dĂ» fuir Jerusalem, sa terre natale, car les « autoritĂ©s » religieuses faisaient trop de pression sur ces derniers… On peut comprendre que le black metal, qui plus est largement inspirĂ© ici par la mythologie sumĂ©rienne, peut froisser les plus orthodoxes. Mais faire jouer un groupe de black metal Ă  l’heure de l’ami RicorĂ©, n’est-ce pas lĂ  la vĂ©ritable hĂ©rĂ©sie? Quoi qu’il en soit, le groupe a un très bon son et le public accueille Ă  bras ouverts gammes orientales et folklore mĂ©sopotamien. Le leader guitariste et chanteur, Ashmedi, est dĂ©cidĂ©ment matinal, en atteste la fureur avec laquelle il Ă©viscère sa guitare. Certes la voix est très monocorde, mais leur set Ă©nergique gagne la foule Ă  l’haleine encore fĂ©tide. Le groupe n’a d’ailleurs pas fait les choses Ă  moitiĂ©: il nous propose une bonne flambĂ©e de titres de Emissaries, dernier album en date et excellent opus. On se fait donc plaisir avec « Deluge Of Delusional Dreams » et « Ladders To Sumeria » entre autres. Et avec « the last song for tonight… euh today! » comme le lance Ashmedi, « Rebirth Of The Nemesis », les Kings Of Fire (« Melechesh » en HĂ©breu) prouvent que le public mĂ©talleux apprĂ©cie justement ce bon bol d’air frais musical, et ce dès le dĂ©but du jour – enfin, il est quand mĂŞme 13h… Fu – Se


Karma To Burn

Le soleil est finalement de retour lorsque Karma To Burn entre en scène. On aura chaud tout au long de ce set de stoner instrumental explosif. La musique des Karma To Burn sort directement d’une usine Ă  riffs oĂą s’active le trio. Le batteur, Rob Oswald, a une excellente frappe derrière son kit simpliste. Richard Mullins et William Mecum, respectivement bassiste et guitariste, balancent des gros riffs qui font mouche. Leur complĂ©mentaritĂ© est exemplaire et le trio groove du tonnerre. Donner les titres des morceaux jouĂ©s est ici dĂ©licat. Comment se rappeler du nom des chansons quand elles sont simplement nommĂ©es sur album par des numĂ©ros ?! On regrettera quand mĂŞme l’absence de titres du premier album qui, contre la volontĂ© des musiciens, comportait un chanteur. OĂą est donc passĂ© un hit comme « Twin Sisters And Half A Bottle Of Bourbon »? Cette fameuse chanson reprise (forcĂ©ment) Ă  la sauce instrumentale sur le deuxième album du groupe sous le pseudonyme de « One ». Mais bon, on ne leur en voudra pas trop. Le set est suffisamment accrocheur pour intĂ©resser le nĂ©ophyte et satisfaire le connaisseur. Cl – Se


Girlschool

Bruits de Harley mĂ©langĂ©s Ă  des guitares saturĂ©es en guise d’ouverture : pas de doutes ce concert des Girlschool s’annonce bien ! Les amies des Motörhead (une tournĂ©e avec les deux groupes est d’ailleurs prĂ©vue en Angleterre en novembre) commencent d’ailleurs leur set par un rythme de batterie se rapprochant très clairement du morceau « Overkill » des anglais. Mais malheureusement de gros soucis techniques viennent saborder le dĂ©marrage du set et, pendant de longues minutes, les techniciens du combo londonien s’affèrent sur la guitare de Jax Chambers. Cette dernière garde le sourire et plaisante mĂŞme avec le public en affirmant « c’est un record du monde, j’ai rĂ©ussi Ă  casser mon ampli sans avoir jouĂ© une seule note ! » Bref, comme vous le notez justement, ce concert des Girlschool est placĂ© sous le signe de la bonne humeur et le fait qu’Enid Williams, la bassiste du combo, Ă©prouve pour sa part des difficultĂ©s au chant ne change rien Ă  la donne…CĂ´tĂ© son on retiendra surtout le titre « Spy », tirĂ© de Legacy , le dernier Girlschool oĂą figurent d’ailleurs en guests Dio et Tommy Iommi. Le mot « Girlschool » peut donc briller sur le haut de la scène : le public est clairement satisfait de la prestation des quatre filles. Ces dernières faisant partager avec joie un heavy pourtant pas forcĂ©ment inoubliable…Mais, vous le savez, les anglais sont de plus en plus nombreux Ă  venir au Hellfest donc c’est sous les vivat de la foule que la formation quitte la scène. Do – Se


Taake

Taake investit la scène sous l’ombre de la Rock Hard Tent. Cette pseudo obscuritĂ© est toujours mieux qu’un grand soleil pour apprĂ©cier leur black metal. Ils sont cinq et le corpse paint est de rigueur pour jouer leur musique Ă©pique, un peu Ă  la Satyricon, avec des soli qui sentent bon le rock n’roll. Le son est correct et permet vraiment d’apprĂ©cier le très bon black de cette formation norvĂ©gienne. De plus, les membres du groupe sont très expressifs. Hoest, le chanteur torse nu, exibe ses tatouages dont une croix inversĂ©e en plein sur son abdomen. Le bassiste nous fait de beaux hĂ©licos pendant que les guitaristes sont concentrĂ©s sur leurs manches. Derrière, le batteur martyrise sa double pĂ©dale et, pour une fois, elle n’est pas surmixĂ©e. Le public prĂ©sent en masse apprĂ©cie Ă  sa juste valeur les morceaux dont certains extraits du dernier album. Un peu Ă  l’Ă©cart de la foule, on peut mĂŞme croiser Gaahl (God Seed) en compagnie de son nouveau chĂ©ri ! Rubrique people mise Ă  part, Taake est l’une des sensations black metal de ce Hellfest 2009. Cl – Se


God Forbid

Dans le New Jersey, une parole sage instaure qu’il est bon pour le transit intestinal de s’infliger un bon coup de thrash mĂ©lo après un kebab rachitique et hors de prix. VoilĂ  qui tombe bien, les amĂ©ricains de God Forbid sont lĂ  pour ça. L’intro est pompeuse et grandiloque Ă  souhait, voilĂ  qui aide Ă  oublier le mouton pas cuit. Et dès le deuxième morceau du groupe, notre ami Byron, leur frontman Ă  dreadlock, ordonne le « jump » : et une deuxième bonne chose pour la digestion ! Certes l’estomac se noue quelque peu lorsque notre Doc’ commence Ă  chantonner… mais notre intestin grĂŞle peut se rassurer: ses cordes vocales capricieuses s’Ă©chauffent et dès « Empire Of The Gun », le chant clair devient entraĂ®nant. Byron continue de son cĂ´tĂ© Ă  chauffer le public et on a droit au premier circle pit du Hellfest. Le vocaliste noir de peau se fait mĂŞme Ă©picurien et nous souhaite de bien profiter de la vie avec de la bière, de l’herbe (goddamn electric?), le tout avec, en guise de fond de scène, une statue de la libertĂ© amputĂ©e d’un bras. Doit-on y voir que lorsque la libertĂ© n’a plus son flambeau, le seul guide est un hĂ©donisme populacier? Mystère… Au final, le groupe nous quitte sous les applaudissements; l’Epicure du simplet plaĂ®t (saint-plaie-plaĂ®t) et le public apprĂ©cie le mĂ©lo-thrash des amĂ©ricains, un style qui devient nĂ©anmoins vraiment commun ces temps-ci. Fu – Se


Backyard Babies

On attendait un grand set des Backyard Babies. Et force est de constater qu’un certain sentiment de frustration se dĂ©gage de nos rangs après la prestation du combo. Pourtant les hits sont de sortie. Le petit dernier des Backyard Babies, leur album Ă©ponyme, recèle en effet beaucoup de pĂ©pites rock/punk. Le morceau « Degenerated » en Ă©tant un bon exemple. Mais sous un soleil de plomb les Backyard ont dĂ» mal Ă  transmettre des Ă©motions particulières. Dregen, le deuxième guitariste du combo, est le plus dynamique et bouge du mieux qu’il peut. Mais ce dernier, bien que très mobile, paraĂ®t dans ce monde et, Ă  l’instar de ses collègues, sous l’effet de diffĂ©rentes substances…Le public est, pour sa part, rĂ©ceptif et n’hĂ©site pas Ă  applaudir en remerciements un groupe qui, Ă  l’instar de beaucoup d’autres, fait vraiment la diffĂ©rence dans l’intimitĂ© d’une salle. Do – Se


Blockheads

Et voilĂ  la crème du grindcore Ă  la française ! Nancy ?uvre aussi bien pour le grind que pour l’oxymore: concernant Blockheads, on associe le simple et l’efficace, on rĂ©unit bordel et organisation, succès et sobriĂ©tĂ©. Pas besoin d’un papier du « spĂ©cialiste  » Man?uvre, main d’?uvre de l’Ă©piderme du metal. Pas besoin de fabriquer un nouveau CrĂĽe Fest (nom d’une scène du Hellfest en « hommage » aux Mötley CrĂĽe) pour donner de l’importance aux tabloids et aux make-up du metal, injection d’un peu de bling-bling dans la sphère de l’humilitĂ©. Non. Avec Blockheads, on reste sobre, et c’est tragiquement pour ça que les grindeux continuent Ă  jouer dans des tentes, sous une odeur gĂ©nĂ©rale de pisse, de sueur et de merde. « Vous en demandez pas trop ? Alors autant vous faire jouer dans les Ă©curies ». Blockheads: ici, tout le monde hurle, personne ne joue au poseur. Mais on se permet nĂ©anmoins d’autres dĂ©lires: Xav’ imite Lee Dorrian (Cathedral, ex-Napalm Death) en se pendant avec son fil de son micro. Après une intro dĂ©goulinante de sludge, on accĂ©lère et « Despair », « Greed » ou encore « Buenos Aires » sont crachĂ©s par les vieux potes des Mumakil. On se fait mĂŞme plaisir en reprenant « Horrified » des très influents Repulsion. Après un show Ă©nergique (on attend encore de voir les Blockheads statiques), le groupe nous laisse. Et, bien que Xav’ avait la voix sacrĂ©ment esquintĂ©e, on a enfin eu un groupe qui nous a fait comprendre pourquoi cette scène s’appelait la Terrorizer Tent. Fu – Se


Destroyer 666

Destroyer 666 est un groupe australien qui officie dans l’underground black/thrash depuis près de quinze ans. Les Destroyer 666 se produisent Ă  la mĂŞme heure qu’Eyehategod. Ce dernier joue sur la Mainstage 2 et si Destroyer 666 est certes culte pour les fans d’extrĂŞme, il reste quasi inconnu pour un grand nombre de mĂ©talleux. L’affluence est donc plutĂ´t moyenne en ce milieu d’après-midi sous la Rock Hard Tent. Le concert attaque Ă  toute vitesse, la musique oscille entre riffs Ă©piques et plus rock’n’roll. Le tout accompagnĂ© par un jeu de batterie typique du thrash avec, bien Ă©videmment, des blast beat. Pour ceux qui s’attendaient Ă  une sorte de Venom : c’est ratĂ©. Quelques passages mid-tempo et la voix de Warslut se rapprochent du groupe prĂ©cĂ©demment citĂ©. Cependant, le reste de la musique fait bien plus penser au Gorgoroth et Marduk du milieu des annĂ©es 90. Les soli de Shrapnel ne sont pas très impressionnants et connaissent quelques soucis techniques (larsen). Mais ces soli collent Ă  la musique basique et un peu clichĂ©e du groupe. Seule la chanson “I Am The Wargod (Ode To The Battle Slain)”, extraite de l’album Phoenix Rising, sort du lot avec son intro plus douce et son rythme assez lent. En rĂ©sumĂ© : Destroyer 666 est un bon groupe live car la musique est bien retranscrite. Le groupe est carrĂ© et il ne faut pas lui en demander plus… Se – Se


Eye Hate God

Quand il parle de la scène de Nola, l’ouvrier de la presse ne peut s’empĂŞcher d’employer les mots « bayou », « crasseux », « marĂ©cageux », « malsain » et bien-sĂ»r, « bluesy ». Devrons-nous tomber dans la redite avec Eyehategod, un groupe Ă´ combien mĂ©sestimĂ©? Encore un combo qui n’a pas compris combien le fard et la fellation sont importants pour rĂ©ussir. C’est aussi sĂ»rement pour cela que la Nouvelle OrlĂ©ans est une pute agonisante… quoi qu’il en soit, cela doit faire Ă  peu près neuf ans qu’Eyehategod n’est pas repassĂ© en France, et c’est d’abord un maigre accueil qui se presse face Ă  eux. Après une intro bien Ă  eux (un concentrĂ© de bruits de larsen et de guitares couinantes), le groupe lance un medley rĂ©unissant « Blank » et « Shoplift ». Mike Williams est complètement saoul; tenant Ă  peine debout, ses airs pathĂ©tiques (au sens le plus pur du terme) miment ce qu’est le sludge: du hardcore crade, lent et sudiste. Le clou du set sera probablement cette jolie surprise: Jimmy Bower (ici guitariste) qui se fait remplacer, le temps de quelques riffs, par son ami Phil Anselmo. VoilĂ  qui montre combien Nola possède une scène mĂ©talleuse des plus soudĂ©es. Fu – Ol


Nashville Pussy

Dans le trip rock n’roll : je demande Nashville Pussy ! Le combo amĂ©ricain originaire de la ville d’Atlanta vient prĂ©senter au public français From Hell To Texas, son dernier album. Nashville Pussy c’est Blaine Cartwright au chant, certes, mais c’est aussi (et surtout) la formidable Ruyter Suys Ă  la guitare. Cette dernière, par son attitude scĂ©nique, fait souvent penser Ă  Angus Young. Ruyter assure le spectacle Ă  elle seule avec ses soli enflammĂ©s et sa capacitĂ© Ă  se rouler par terre Ă  l’image du fantastique guitariste citĂ© prĂ©cĂ©demment. Mais on a quand mĂŞme connu Ruyter encore plus dynamique et le groupe a tendance Ă  se reposer un peu trop sur son sens du spectacle…Car mise Ă  part quelques Ă©clairs de Ruyter, et mĂŞme si les Nashville envoient bien la purĂ©e (ce qui n’est pas nĂ©gligeable) leur prestation d’ensemble manque de relief et de surprise. Les chansons « Come On, Come On » ou « Speed Machine » faisant, malgrĂ© tout, toujours plaisir Ă  nos dĂ©licates oreilles. Do – Se


Soilent Green

Nola part 2: Soilent Green ! Des quatre groupes de la Louisiane prĂ©sents au Hellfest, Soilent Green est probablement le plus brutal. D’ailleurs le mag Rolling Stone ne dit-il pas que Soilent Green fait partie des dix groupes les plus heavy du moment ? Ben, le beugleur, est en grande forme et le montre: ses vocaux bien caverneux rĂ©sonnent dans le Terrorizer Tent. Se gargariser Ă  l’eau des marais tous les matins, voilĂ  l’astuce. La petite tragĂ©die de leur set sera probablement cette minute sans guitare, mais nos larrons ont survĂ©cu Ă  deux accidents de van, ils ont donc vu pire. Leur titre « It’s Was Just An Accident » peut en tĂ©moigner, certes ironiquement. « Antioxydant » nous donnera une de ces vues originales comme en regorge le Hellfest: une poupĂ©e gonflable qui slam. Un dernier titre, « Sewn Mouth Secrets », et c’est le frontman qui fait sa plongĂ©e. Un set excellent, et un hommage obligĂ© Ă  Brian Patton, qui vient d’enchaĂ®ner deux sets: le monolithe Eyehategod et le nerveux Soilent Green. Fu


Misery Index

Misery Index est très attendu par la branche extrĂŞme des fans du Hellfest. Tout le monde est Ă  bloc et explose dès les premières notes du concert. Les festivaliers sont surexcitĂ©s et, d’entrĂ©e, on assiste Ă  des circle pits de folie. La double grosse caisse est Ă  fond. Par consĂ©quent, on entend beaucoup moins les guitares, mĂŞme si Sparky Voyles et Mark Kloeppel s’en donnent Ă  c?ur joie. Le premier ressemble un peu Ă  un Dimebag Darrell qui aurait troquĂ© sa barbichette rose contre une grosse barbe Ă  poils blanc ! Sparky fait virevolter sa guitare tout en promenant ses mains sur le manche avec une grande dextĂ©ritĂ©. Son compère, en plus de jouer des riffs ultra techniques, se met parfois Ă  chanter en alternant avec le bassiste/chanteur (une habitude dans le milieu extrĂŞme) Jason Netherton. Les chansons comportent aussi des moshparts qui font headbanguer le public. Ce dernier peut donc se livrer Ă  son dĂ©foulement favori avec plaisir… Cl – Ol


Buckcherry

Fort de quatre albums exemplaires, s’adonnant Ă  un hard glam de haute volĂ©e, les Buckcherry font honneur Ă  la CrĂĽe Fest Stage. Malheureusement peu rĂ©putĂ© en Europe, ce groupe a pourtant connu son heure de gloire au pays de l’oncle Sam grâce a son premier album Ă©ponyme sorti en 1999 et plus particulièrement son tube « Lit Up ». A tel point que certains voyaient en ces jeunes loups les nouveaux Guns’N Roses. Tatouages au vent, le charismatique Josh Todd arbore une dĂ©gaine Ă  la sculpture fine et marquĂ©e. Dès l’amorce de la prestation il apparaĂ®t clairement que Buckcherry n’est pas en terrain conquis. Le public reste immobile, attentif, l’air lĂ©gèrement amusĂ©. Face Ă  lui, un pantin se dĂ©sarticule comme pendu aux cordes des guitares. Josh Todd ne s’économise pas. Josh Todd a la classe, mĂŞme s’il affiche un air lĂ©gèrement agacĂ© lorsque le public ne suit pas sur le fameux single. LĂ  oĂą dans sa patrie d’origine le refrain au texte provocateur aurait tĂ´t fait d’engendrer un massif « I love the cocaĂŻne », ici c’est le flop. Pourtant Josh insiste et profite d’une accalmie pour inciter la foule Ă  scander des « cocaĂŻne » : le succès est bien timide. MalgrĂ© tout, Ă  mesure que le set avance, une frange du public prend ses repères et se laisse emporter par la dĂ©ferlante hard glam. Comment ne pas succomber Ă  cette rythmique digne de la paire Sorum/McKagan ? Comment ne pas apprĂ©cier ce duo de guitaristes hauts standing, crachant leurs flammes sur une fosse dĂ©jĂ  brĂ»lĂ©e par le soleil ? Le set se clĂ´t sur un autre morceau phare de la discographie du groupe : le très sexy « Crazy Bitch », prĂ©cĂ©dĂ© d’un jam posant l’atmosphère et mis en scène par l’attitude particulièrement sexuelle de Josh. Une prise de contact tiède qui, espĂ©rons-le, se rĂ©chauffera avec le temps. Buckcherry a le talent, au public de trouver le c?ur et les oreilles pour l’accueillir. Sp – Ol


Torche

Torche est un putain de groupe ! Désolé pour cette grossièreté initiale mais, quand même, allez jeter une oreille sur le MySpace des américains pour constater avec nous que les compositions de cette formation déboîtent. Torche c’est une sorte de Queen Of The Stone Age avec un côté pop un peu plus prononcé. Le trio a littéralement mis le feu à la Terrorizer Tent. Steve Brook n’y est indiscutablement pas étranger. Frontman plein de charisme, Steve balance ses riffs pleins de groove à une assistance motivée. Jonathan Nuñez, le bassiste, n’est pas en reste puisque notre homme n’arrête pas de headbuanguer à s’en rompre les cervicales. Torche c’est donc la première claque de la journée avec notamment la mise en avant de percussions qui apporte une touche tribale à cette musique aux relents stoner. Signalons d’ailleurs que le groupe est très proche des Kylesia (une autre formation ayant joué au Hellfest cette année) puisque les deux formations tournent ensemble en Europe. Pas étonnant, dans cette optique, de constater certains points communs entre les deux formations. Les deux plus marquants étant des compositions intenses de grande qualité (bien que plus courtes pour Torche) avec un penchant naturel pour les percussions. Un des deux batteurs de Kylesia venant d’ailleurs rejoindre le groupe sur scène pour un très bon moment de tribalisme. Un grand concert. Do


Samaël

On peut lĂ©gitimement reprocher Ă  SamaĂ«l un certain manque de cohĂ©rence. En effet Above, le petit dernier du groupe, n’avait, par exemple, pas Ă©tĂ© prĂ©vu pour sortir sous le nom SamaĂ«l…mĂŞme si cela a finalement Ă©tĂ© le cas. On ne savait donc pas Ă  quoi s’attendre en live de la part d’un groupe qui nous rĂ©serve toujours des surprises et que l’on a, en consĂ©quence, souvent du mal Ă  suivre. Mais sur le concert de vendredi dernier, on se doit de souligner la recherche de clartĂ© de la formation suisse. AxĂ©e sur les morceaux agressifs de sa discographie, les SamaĂ«l ont pendant quarante-cinq minutes livrĂ© au public du Hellfest un show carrĂ© accompagnĂ© d’un très bon son. Vorph, particulièrement en verve, a montrĂ© l’étendue de sa panoplie vocale. Notamment sur un titre comme « Rain » jamais Ă©vident Ă  retranscrire sur scène. « Into The Patengram », « The One Who Came Before » ou encore le dĂ©but du set sur “Under One Flag” furent de très bons moments. « Slavocracy » et ses danseuses apportant une touche Ă©rotique appropriĂ©e Ă  la musique du combo. En d’autres termes nous avons assistĂ© Ă  un super concert des suisses mĂŞme si, comme toujours, la grande discographie du combo ne permettra jamais de satisfaire tous les fans. Surtout sur un show aussi court. A revoir donc…et très vite ! Do – Ol


Kylesia

Grosse affluence sous la Terrorizer Tent. Que ce soit grâce au bouche Ă  oreille ou par curiositĂ©, il faut croire que tous se sont passĂ©s le mot pour assister Ă  la sensation sludge du moment, Kylesa. Il faut dire que depuis l’avant-dernier album le groupe s’est offert le luxe inhabituel d’un second batteur. En effet, au centre de la scène la double batterie – siamoise pourrait-on dire – interpelle de suite. Les deux batteurs entrent en scène par les cĂ´tĂ©s. Chacun rejoint son espace. Puis, c’est par un rythme tribal que dĂ©marre la prestation. Autant le dire tout de suite, la puissance dĂ©gagĂ©e par les deux frappeurs est poignante. A leur tour, Phillip Cope Ă  la basse et Laura Pleasants Ă  la guitare, ajoutent leur texture sonore Ă  ce « Scapegoat » d’ouverture. Chez Kylesa, le chant, c’est comme la batterie : ça marche par deux. D’un cotĂ© la demoiselle se fait sauvage avec des cris hardcore dĂ©chirants. De l’autre son voisin de scène assène des grognements dans un style plus caverneux. Une bonne complĂ©mentaritĂ©, enrichissant Ă  merveille le sludge psychĂ©delique proposĂ© ici. Kylesa dĂ©gage une Ă©nergie assurĂ©ment enivrante et hypnotique. Certains sont surpris en transe, emportĂ©s par les mĂ©lodies lancinantes de « Only One » ou le dĂ©jĂ  classique « Unknown Awarness ». On notera vers la fin un solo de batterie particulièrement captivant et mettant en avant la synchro impressionnante des deux frappeurs. Kylesa, une affaire Ă  suivre de très près. Sp


Voivod

Avec le très bon Infini, Voivod vient tout juste d’immortaliser ce qui pourrait bien ĂŞtre ses ultimes paroles. Peut-ĂŞtre est-ce l’une des dernières fois oĂą le nom de Voivod apparaĂ®tra Ă  l’affiche ? Pour dĂ©buter son set, le quartet sort la carte d’identitĂ© : le punk « Voivod » dĂ©ferle en trombe sur une foule de fans particulièrement rĂ©ceptifs. Denis « Snake » BĂ©langer sait y faire pour mettre le public dans sa poche. Le blondinet frisĂ© n’hĂ©site pas Ă  prendre la foule Ă  partie, en français et avec un capital sympathie des plus irrĂ©sistible. D’ailleurs, il profite d’une de ses nombreuses interventions pour prĂ©venir que ce soir quelques surprises sont justement Ă  prĂ©voir. La première est dĂ©jĂ  lĂ , dĂ©masquĂ©e par les fans les plus anciens, mais sous les yeux déçus des petits nouveaux n’apercevant pas Jasonic derrière sa basse. En effet, l’ex bassiste de Metallica a laissĂ© sa place Ă  Blacky, bassiste historique revenu rendre hommage Ă  son ex collègue malheureusement disparu en 2005. Piggy n’est plus lĂ , mais il est dans tous les esprits. « Soyez certains qu’il nous regarde de la haut » affirme Snake en pointant son doigt vers le ciel lumineux. C’est Dan Mongrain, compatriote quĂ©bĂ©cois et guitariste du groupe Martyr qui a enfilĂ© les baskets de Piggy. Lui-mĂŞme fan de l’OVNI canadien, Dan fait honneur Ă  la mĂ©moire de son prĂ©dĂ©cesseur en prenant soin de ne pas altĂ©rer son ?uvre. En milieu de set Snake annonce l’arrivĂ©e d’un invitĂ© très spĂ©cial : Eric Forest, chanteur de Voivod entre 1994 et 2001, venu tout spĂ©cialement pousser la chansonnette en duo sur « Tribal Convictions ». Une belle leçon d’humilitĂ© que de voir ces deux chanteurs, que l’histoire Ă  en quelque sorte rendu « rivaux », se donner la rĂ©plique, s’embrasser comme deux vieux copains et mĂŞme s’amuser Ă  faire la ronde comme des imbĂ©ciles ! Ambiance bon enfant garantie. La dernière sucrerie arrive en bout de parcours avec la fameuse et très personnelle reprise du « Astronomy Domine » de Pink Floyd. Un titre qui envoie l’assistance contempler les Ă©toiles, la dernière demeure d’un musicien unique en son genre. Sp – Se


Papa Roach

Comme on traĂ®ne des pieds pour aller voir ce groupe de seconde zone de la minable apogĂ©e du nĂ©o-mĂ©tal…Papa Roach aurait dĂ» mourir, les mecs auraient dĂ» splitter ou tomber dans la drogue… et finalement non, ils ont glissĂ© sur les modes: du nĂ©o-mĂ©tal Ă  la mode Ă©mo-rock Ă  minette (plĂ©onasme?) stylĂ© BB Brunes, il y a un gouffre qu’ils ont traversĂ© d’un pas. VoilĂ  comment ils ont survĂ©cu. Et hop, on garde son identitĂ© en intitulant son dernier album « Metamorphosis », un peu comme les boys bands nomment leur come back « rĂ©surrection » ou « renaissance ». Et voilĂ  qui renverse la donne: dès la première pulsion, on s’aperçoit qu’on est lĂ  face Ă  l’un des shows les plus vitaminĂ©s de la soirĂ©e. Les mimiques du chanteur rappellent de plus en plus la bouille de Dero, le frontman de Oomph! Autre clin d’oeil: un petit « Hey! Oh! Let’s go! » lancĂ© au public! Le vocaliste Ă  ressort incite mĂŞme le public Ă  splitter pour faire un braveheart… pas très puissant cet affrontement! Mais finalement, Papa Roach s’en tire bien: les vieux pontifes reconnaissent l’Ă©nergie, les die-hard fans la sentiront (peut-ĂŞtre) back stage…hum, hum. Fu – Ol


Wasp

S’il y a bien un groupe que nous souhaitions voir au Hellfest 2009: c’est vraiment WASP. Blackie Lawless est une des figures majeures de notre style musical et WASP fait tout simplement partie des groupes cultes de la scène heavy. Donc les voir sur scène est une expĂ©rience qui, forcĂ©ment, a pour consĂ©quence une attente très forte. Blackie, c’est avant tout une voix incroyable et un vrai charisme. Ce dernier n’a, malgrĂ© la prise de poids, pas baissĂ© au cours des annĂ©es et mĂŞme si le physique de Blackie se rapproche d’un certain Al Jourgensen…sa mobilitĂ© sur scène est cent fois supĂ©rieure ! Notre homme bouge bien et sa prestation scĂ©nique est de qualitĂ©. Mais, pour ĂŞtre honnĂŞte, un bĂ©mol subsiste sur sa voix car mĂŞme si Blackie chante juste, l’émotion et la profondeur que l’on peut retrouver sur les albums du groupe ne sont pas vraiment prĂ©sents ce soir. Dommage. Pourtant les tubes sont de sortie « Wild Child », « I Wanna Be Somebody », « The Idol », « L.O.V.E. Machine » « Take Me Up » et bien d’autres : la set-list proposĂ©e par les amĂ©ricains est variĂ©e et sait trouver l’amalgame juste entre fureur et plages moins rapides. Le son, comme Ă©normĂ©ment de concerts ayant eu lieu sur les deux scènes principales cette annĂ©e, laisse Ă  dĂ©sirer. Un peu comme les horribles bottes blanches du sieur Lawless …mais ça c’est une autre histoire ! En moins d’une heure les WASP ont convaincu l’assistance du Hellfest mais on s’attendait Ă  encore mieux de la part de cette formation qui doit vraiment ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme l’une des meilleures dans son genre. Do – Ol


Down

DĂ©cidĂ©ment Wasp ne veut pas en dĂ©coudre et Down s’impatiente. La (nouvelle) bande Ă  Anselmo dĂ©marre et nous avons donc le plaisir d’assister Ă  un combinĂ© peu comestible de stoner barbouzeux et de guitar-hero Ă  make-up. Le groupe a dĂ©jĂ  le public dans sa main lorsque Phil dĂ©die « Lifer » Ă  Dimebag. Pour la petite histoire entre les deux comboys from Hell, lisez donc le report du Doc’ sur le concert de Down Ă  Caluire, près de Lyon. Une setlist honorable sera dĂ©livrĂ©e, et ce bien que le son des grattes soit trop prĂ©sent (certes du stoner de nom de Dieu Iommi, mais lĂ  ça grĂ©sille un peu trop quand mĂŞme). Manquent Ă  l’appel quelques excellents « tubes » du dernier album: pas de « I Scream », pas de « On March The Saints » ni de « Never Try ». Par contre, un gros cheers pour « Nola Is A Dying Whore », un Ă©norme cheers pour « N.O.D. » et les dĂ©jĂ  cultes « Stone The Crow » et « Bury Me In Smoke ». Le meilleur moment? Non, ce ne sont pas les gros plans sur Kirk et sa face moitiĂ© bĂ»cheron bourru moitiĂ© nounours mal lunĂ©. Ce n’est pas non plus l’arrivĂ©e de Joey La Caze Ă  la batterie pour jammer sur « Bury Me In Smoke ». C’est tout simplement Phil Anselmo Ă  lui seul: notre grand pilier du metal n’est pas complètement pĂ©tĂ©, il a bonne mine et sa crĂŞte lui donne fière allure. Et que dire de son petit « Stairway To Heaven » a cappella en guise d’au revoir? Down, trois albums et dĂ©jĂ  gravĂ© dans la pierre. Fu – Se


Entombed

LG Petrov et ses hommes prennent d’assaut la Rock Hard Tent pour trois quart d’heure de death old school Ă  la suĂ©doise. Notre homme est très en forme et sait haranguer la foule comme personne, se plaçant souvent Ă  une extremitĂ© de la scène. S’agenouillant mĂŞme parfois pour ĂŞtre plus proche du public. D’ailleurs, ce dernier rĂ©pond bien Ă  la prestation du groupe qui pioche des titres dans les nombreux albums de sa longue carrière. Les classiques sont passĂ©s en revue comme « The Voice » Ă  l’instar des nouveaux morceaux issus de « Serpent Saints ». Son titre Ă©ponyme Ă©tant d’ailleurs excellent. Le pit s’en donne Ă  coeur joie sur les titres les plus violents et on peut voir de nombreux slammers passer sur la foule et finir de l’autre cĂ´tĂ© de la barrière. Oui vraiment : le death metal old school Ă  la suĂ©doise est dĂ©fendu avec ferveur ce soir par l’un de ses plus dignes reprĂ©sentants. Grosse prestation des Entombed. Cl – Se


Pig Destroyer

20h50 : Le trio amĂ©ricain de grindcore Pig Destroyer, formĂ© en 1997, dĂ©barque sur scène. Les Pig Destroyer ont un son unique et la particularitĂ© de ne pas possĂ©der de bassiste. Fait Ă©tonnant : la Terrorizer Tent n’est pas très remplie et l’ambiance bien moyenne car très attentiste. Le fait de distinguer Ă  peine les visages du chanteur et du guitariste n’arrange pas la situation. Le grindcore proposĂ© par Pig Destroyer traduisez « Tueur de flics » est particulièrement aggressif et repousse les limites du genre Ă  chaque album mais Ă©galement sur scène. Malheureusement, la prestation du combo reste très figĂ©e et la communication avec le public hyper rĂ©duite. Les musiciens donnent mĂŞme l’impression de jouer un peu dans leur coin. Ce set des Pig Destroyer est donc rĂ©servĂ© Ă  un public averti et spĂ©cialisĂ©. Note spĂ©ciale pour le guitariste (Scott Hull) qui a une dextĂ©ritĂ© impressionnante avec sa main gauche. Ol – Ol


Anthrax

Dans cette Ă©dition 2009 du Hellfest, Anthrax figure parmi les groupes les plus attendus au tournant. Après l’Ă©viction du charismatique John Bush pour une reformation en pĂ©tard mouillĂ© avec Belladonna, Anthrax a Ă©tĂ© contraint de se trouver une nouvelle voix (voie?). Le nom de Corey Taylor plana pendant un temps, puis c’est un jeune inconnu, Dan Nelson, qui fut dĂ©signĂ© au commandement de l’arme de destruction massive. Scott Ian avait lui-mĂŞme avouĂ© vouloir reprendre les choses oĂą ils les avaient laissĂ©s avec le gĂ©nial We’ve Come For You All. Force est de constater que Dan apparaĂ®t aux oreilles comme un John Bush deuxième du nom. Le jeune chanteur impressionne par sa voix très mature et un charisme dĂ©jĂ  bien affirmĂ©. Les fans de la seconde pĂ©riode d’Anthrax se voient rassurĂ©s. D’autant plus lorsqu’ils entendent le nouveau titre « Revolution Screams », une boucherie ravageuse affublĂ©e d’un refrain très accrocheur. Mention particulière Ă  un Charlie Benante bluffant (quel impressionnant roulement de caisse clair !). Dommage, par contre, que la grosse caisse ait Ă©tĂ© mixĂ©e si forte. Autre point noir : oĂą sont passĂ©s les titres de l’aire John Bush ? Unique rescapĂ© de cette Ă©poque bĂ©nie : le tube « Only ». Quand au reste du set, dĂ©but sur « Indians », fin sur « I Am The Law » et au milieu, pèle mĂŞle, « Caught In A Mosh », « Mad House » et pas moins de trois reprises : les dĂ©jĂ  fameuses « Got The Time » et « Antisocial » ainsi que le « New Noise » des Refused. MalgrĂ© une set list trop orientĂ©e sur la première pĂ©riode discographique, les hymnes sont lĂ  et Anthrax fait le show. Rien que pour ça, le plaisir est immense. Sp – Se


Repulsion

Repulsion remplace au pied levĂ© Deicide, qui annule pour la seconde fois sa participation au Hellfest. Les amĂ©ricains n’ont beau avoir sorti qu’un seul vrai album, Horrified en 1989 (quel galette les amis !), le groupe a un statut ultra culte pour la scène grindcore. Le concert ayant commencĂ© vingt minutes avant l’heure annoncĂ©e, beaucoup de fans auront loupĂ© les premiers morceaux. Le son est brouillon mais bon…on a tendance Ă  penser que c’est propre au genre ! MalgrĂ© le statut du groupe il y a peu de monde sous la Rock Hard tent car, dans le mĂŞme temps, Anthrax dĂ©chire tout sur son passage. Cependant le public prĂ©sent est très rĂ©actif malgrĂ© l’abondance dĂ©sagrĂ©able de stroboscope. Le titre « Six Feet Under » est annoncĂ© par Scott Carlson (chant/basse) comme « jouĂ© par le guitariste le plus rapide au monde » (pourquoi pas…) et agrĂ©mentĂ© d’un sobre solo sur sa Flying V. Sorte de mix entre Motörhead, Venom et Napalm Death le concert sera sympa mais un peu ennuyeux vu la linĂ©aritĂ© du style. MalgrĂ© tout, mention spĂ©ciale Ă  un Scott très Ă  l’aise avec le public ! Se – Se


Jarboe

On a beau ĂŞtre professionnel, on reste des mĂ©tallurgistes et l’affect vient nous titiller. C’est vrai quoi ! Si vous deviez choisir entre voir deux des forgerons du heavy metal et Jarboe, vous opteriez pour qui ? Heaven And Hell avec Iommi et Butler ou le trip psy(chĂ©dĂ©li)co-expĂ©rimental? Du coup, on arrive Ă  dix minutes de la fin du set de l’envoĂ»tante demoiselle. Sa heavenly voice fait bien sĂ»r penser Ă  Lisa Gerard, mais Jarboe n’est pas Dead Can Dance. C’est bien du metal. Il y a aussi cette une profondeur sonore des plus inquiĂ©tantes qui transforme le Terrorizer Tent en catacombe pour vieux cĂ©nobites. Mais la force de Jarboe, c’est d’allier ces nappes de voix, qui partent en Ă©chos sans fin, Ă  des rythmiques tribales. Des percussions qui Ă©voquent le jeu d’Igor Cavalera voire de Mike Bordin. Imaginez Louisa John Krol chantant sur No Curaçao Dos Deuses. Dix minutes après, nous Ă©tions chez les disquaires ambulants pour cueillir la merveille. Amateur d’ambiances, Jarboe est une Ă©tape obligĂ©e sur la longue voie qui mène vers un nouvel orphisme sonore. Fu


God Seed

L’appellation « Gorgoroth » Ă©tant finalement attribuĂ©e Ă  Infernus, guitariste originel du groupe, c’est sous le nom de God Seed que la bande Ă  Gaahl effectue son concert. Le ton est donnĂ© avec l’installation de deux acteurs (une femme et un homme) entièrement nus, cagoulĂ©s et attachĂ©s Ă  deux croix. Chacun situĂ© sur un bord de la scène… Le son est Ă©tonnamment propre et la batterie, contrairement Ă  beaucoup de groupes d’extrĂŞme, sonne naturellement. Gorgoroth ayant toujours reçu des critiques pour un son particulièrement mauvais en live. Ce soir ce n’est donc pas le cas et la set list est principalement axĂ©e sur des titres mid-tempo. Le groupe est un peu poseur. Tous ayant un regard totalement hallucinĂ©, sauf King le bassiste plus « dĂ©conneur ». MĂŞme si cela reste relatif : notre homme ayant un jeu de scène proche de celui d’Abbath (Immortal). Gaahl a, pour sa part, une prĂ©sence particulière : Ă  la fois proche mais lointain dans son regard. Etrange. Sa voix est un peu lassante Ă  la longue surtout qu’elle a moins d’épaisseur que sur album. Le groupe ne communique pas du tout avec le public : mĂŞme pas de « bonjour » ni de « au revoir », et rien entre les morceaux. Dans les faits, c’est tant mieux car cela colle parfaitement avec l’atmosphère de leur musique. Les vieilles compos bĂ©nĂ©ficient d’un vent de fraĂ®cheur avec un jeu plus rapide et plus propre que sur les productions audio du combo. Parmi les meilleurs morceaux on peut citer : « Carving A Giant », « When Love Rages Wild In My Heart » et “Revelation Of Doom”. Le groupe aura vraiment fait une bonne impression ce soir. Est-ce un hasard ou bien est-il en train de devenir un très bon groupe live ? Se – Se


Heaven And Hell

Heaven And Hell, ou Black Sabbath pour les intimes, fĂŞte la sortie d’un album acclamĂ© par la presse et le public. D’ailleurs, la bande Ă  Iommi est l’un des rares groupes Ă  mettre tout le monde d’accord. Il n’est donc pas surprenant de constater la grande affluence devant la scène ornĂ©e de deux portails funèbres. Visuellement, l’attention est d’abord portĂ©e sur la batterie monstrueuse de Vinny Appice. Une batterie ornĂ©e de toms et cymbales situĂ©s Ă  des endroits totalement improbables. Une disposition qui permet Ă  Vinny de faire le show, l’obligeant Ă  se contorsionner pour atteindre certains Ă©lĂ©ments. Mais l’homme vers lequel tous les regards sont bien vite braquĂ©s n’est pas lui. Ni mĂŞme les pourtant lĂ©gendaires Geezer Butler et surtout le grand Tony Iommi. Non, tous n’ont d’yeux que pour Ronnie James Dio. « C’est lui le boss », se dit Ă  lui-mĂŞme un festivalier. En effet, c’est lui le boss. De par son charisme, sa classe, son talent, sa voix divine, sa taille… heu non pas sa taille… Dio est le vieux chien qui ferme le clapet Ă  tous les jeunes chiots. A plus de 70 ans, la perfection conservĂ©e de son organe vocal est un mystère. Deux titres seulement viennent reprĂ©senter The Devil You Know : le dĂ©jĂ  culte « Bible Black » et « Fear ». Mais avec une heure de disponible et un rĂ©pertoire touchant les cieux, impossible de ne pas faire de concession. ArrĂŞtons de chipoter et profitons des instants magiques que sont « The Mob Rules », « Children Of The Sea », « I », « Time Machine », « Falling Off The Edge Of The World », « Die Young » et le monumental « Heaven And Hell ». Un morceau Ă©ponyme intense, incrustĂ© d’un long solo dont seul Iommi a le secret. Le jeu théâtral de Dio prend ici toute sa dimension. A la reprise du dernier couplet, le visage Ă©clairĂ© par une unique lumière rouge, le petit frontman se change en diable et laisse Ă©chapper un cri horrifique. Effet surprenant et saisissant. Une prestation inoubliable et sans fautes. Sp – Se


Saint Vitus

La prĂ©sence de Saint Vitus, annoncĂ© après la dĂ©fection d’Edguy, est une preuve supplĂ©mentaire que cette Ă©dition du Hellfest aura mis un point d’honneur Ă  mettre en avant la scène stoner/doom, une scène trop stĂ©rĂ©otypĂ©e, pourtant vĂ©ritablement passionnante. Un gros bon point pour la programmation du Hellfest 2009. Et les doomsters ne s’y sont pas trompĂ©s, venus ce soir en masse soutenir l’un des parrains du style et son frontman Scott « Wino » Weinrich, figure emblĂ©matique de cette scène. Après la grandeur Ă©pique de Heaven And Hell, Saint Vitus revisite l’esprit du Black Sabbath des dĂ©buts. La lourdeur et les ambiances 70’s sont de mise. Une teinte psychĂ©dĂ©lique en plus, renforcĂ©e par des couleurs vives vomises de l’écran gĂ©ant. Effet champignon hallucinogène assurĂ©. Cependant, ici, on parle bel et bien de doom et la lenteur prime : speed kills Ă©nonce l’écran. Alors, Ă  minuit, la fatigue se faisant sentir, une partie du public tombe comme un nuage de mouche. Seuls les amoureux de sensations lourdes restent et savourent Ă  sa juste valeur l’eau bĂ©nite de Saint Vitus. Ce dernier a bien pris soin d’honorer leur confiance et interprète la quasi-totalitĂ© du mythique Born Too Late. Qu’importe les autres, laissons les dormir. Sp – Ol


Mötley Crüe

En voyant le dĂ©cor se construire sur la CrĂĽe Fest Stage, tous pressentent le gros show Ă  l’amĂ©ricaine des Mötley CrĂĽe. Le son agressif d’une Harley retentit dans la sono et c’est Ă  la tombĂ©e du rideau que « Kickstart My Heart » dĂ©boule en trombe sous l’euphorie des glameurs. MĂ´tley CrĂĽe : c’est quatre personnalitĂ©s distinctes. Vince Neil, mĂŞme si certains peuvent ĂŞtre agacĂ©s par sa voix nasillarde, rĂ©alise une vraie performance physique. Le blondinet arpente la scène de long en large et sans relâche. Difficile Ă  suivre ! Tommy Lee n’hĂ©site pas Ă  sortir de son kit pour venir taquiner la foule. Nikki Sixx joue la carte du charisme et de l’élĂ©gance. Quant Ă  Mick Mars, malgrĂ© une maladie qui diminue ses mouvements, il se venge par le biais de soli hargneux et redoutablement efficaces. Les saints de LA enchaĂ®nent une palette de tubes sous un dĂ©cor chaotique et un dĂ©luge de lumières : « Wild Side », « Shout At The Devil », « Live Wire », « Look That Kills », « Primal Scream ». MĂŞme le petit dernier se fait remarquer grâce aux mĂ©morables « Saint Of Los Angeles » (quel titre !) et « Motherfucker Of The Year ». Une sĂ©lection tout simplement irrĂ©sistible, Ă  la limite de l’indĂ©cence. A ce propos, une partie de la gente fĂ©minine se laisse aller et quelques mamelons font surface. Avec Mötley CrĂĽe le show est autant sur scène que dans le public. En rappel, Tommy Lee s’installe derrière un piano et dĂ©bute les accords d’une des plus belles balades du hard rock, « Home Sweet Home », repris Ă  tue tĂŞte par les fans. On peut leur reprocher une attitude de sales rock stars mais MĂ´tley CrĂĽe, sur scène, assure avec des hymnes Ă  la pelle. Peu de groupes peuvent prĂ©tendre Ă  tant de talent. Sp – Ol


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